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Ecco the Dolphin est une série de jeux mythiques, adulés par certains, détestés (souvent à cause de sa difficulté) par d'autres. Il n'empêche que la saga aura laissé une empreinte aussi visible qu'indélébile, à l'image des étoiles qui ornent le front de son héros marin. Mes premiers tests d'Ecco remontent à loin, très loin, du temps où je rédigeais mes premiers écrits pour mon blog. C'est dire. Nous étions alors en été 2005 et à l'heure de cette relecture, ça fait désormais 20 ans. 20 ans que je n'ai plus rejoué à ces titres mythiques et à l'image de certains tests qui ont été entièrement refaits (tels que Sonic 2, Final Fight, Axelay, Fatal Fury, Streets of Rage et j'en passe), ça fait bien longtemps que je vois passer ces vieux articles, trop courts et trop mal écrits, comme les ruines érodées d'un temps où j'avais encore tout à apprendre. Bref, 20 ans ont passés, ma culture vidéoludique s'est grandement enrichie, tout comme ma façon de rédiger mes articles et de les mettre en page.
Voilà pourquoi, 2 décennies plus tard, je me suis décidé de ressortir cette bonne vieille Mega Drive et son Mega-CD, et de re-tester en bonne et due forme, les 2 épisodes d'Ecco. Au passage j'en ai profité pour tester (avec mes filles) Ecco Jr, auquel je n'avais encore jamais joué. Bref, je voulais rendre un meilleur hommage à ces jeux d'anthologie qui n'ont toujours pas trouvé leur pareil dans notre beau divertissement. De plus, si vous voulez savoir d'où vient l'ancien nom de notre site, vous êtes clairement au bon endroit. Les 3 jeux ont été testés indépendamment, dans leur version cartouche (Mega Drive) puis CD-Rom (Mega-CD). Un dossier/review assez complet et long à lire, voilà pourquoi nous vous proposons un "chapitrage", afin d'accéder directement au contenu que vous voulez lire. Bien sûr on espère que vous lirez tout, mais dans le cas d'une lecture morcelée, vous accéderez plus facilement à l'endroit où vous vous êtes arrêté(e).
Bonne lecture à toutes et à tous. ^_^

Pour 
Chronographier l'âge d'or du jeu vidéo est un vieux débat mais beaucoup pensent qu'il se situe dans les années '90, n'en déplaise aux jeunes joueurs beaucoup, et moi le premier, la 4e Génération de consoles fut l'âge d'or du jeu vidéo dans sa globalité. Alors je sais, certains vous diront que c'était aux alentours de la 3e Génération (celle des consoles 8-bits comme la NES), d'autres encore argueront que le véritable âge d'or ne fut atteint que lors que la 6e Génération, celle des PlayStation 2 et DreamCast. Cependant les vrais experts (pas les geeks qui pensent avoir la science infuse) vous l'affirmeront, c'est bel et bien la Génération des consoles 16-bits qui fut l'un point des grands points d'orgue du jeu vidéo. Ceci dit je ne renie absolument pas les hypothèses disant qu'avec l'avènement de la 3D, il n'est pas impossible que la 5e Génération (celle des 32 et 64-bits à savoir les Saturn, PlayStation et Nintendo 64) fut un second âge d'or, comme quoi nous vivions une époque vraiment formidable. Et c'est vrai que la 4e Génération fut à ce point si marquante, qu'aujourd'hui encore (plus de 30 ans après) bien des jeux de cette période font encore parler d'eux. Certains d'entre eux ressortent même à l'unité sur les Stores de nos machines récentes, on a eu des tas de compilations et même des consoles Mini à l'insoupçonnable succès, preuve que la 2D a encore son mot à dire.
Alors je sais, on peut prétendre que du fait que je sois un vieux gamer de plus de 40 ans et que j'ai connu "dans la vraie vie" cette période charnière, fait que j'ai forcément une empathie, un amour inexplicable poussé par une nostalgie d'un temps que je ne retrouverai jamais, comme une fenêtre sur le passé où sans le savoir, je brûlais inconsciemment la flamme de ma jeunesse. Je l'avoue, il y a sûrement une part de vrai. Maintenant que ceux qui ont commencé leur parcours de joueur avec la PS3 ou la PS4 prennent une bonne bouffée d'humilité car bien des jeux Indé d'aujourd'hui s'inspirent des œuvres de l'époque et vous remarquerez qu'une grande majorité des titres qui ont aujourd'hui plus de 10 ans (en mettant de côté les suites, qui remettent un jeton dans la machine) finissent par être oubliés, alors que les grands titres 16-bits eux, perdurent dans le temps.
Bref 
C'est en 1991 que la carrière de la Mega Drive va décoller et en 1992, elle connaitra sa plus grande année, en enchainant les hits ! Et 1993 ne sera pas en reste... assez bavasser sur ce vieux débat qui fera toujours autant enrager les vieux gamers face aux jeunes, les uns prétextant qu'on a tout inventé, les autres évoquant que c'est aujourd'hui qu'on a les meilleurs et les plus beaux jeux (et les 2 ont raisons, personne n'a vraiment tort), le sujet du jour porte sur Ecco the Dolphin. Le premier épisode a vu le jour en décembre 1992, et la date est mine de rien très importante. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que c'est à ce moment-là que la Mega Drive vivait le sien, d'âge d'or ! En effet, j'en ai déjà parlé 100 fois mais la console de SEGA est arrivée très tôt sur le marché (en octobre 1988 au Japon) et pourtant, elle fut longtemps boudée par le public, qui préférait rester sur NES, ou au pire sur Master System, les consoles 8-bits étant à l'apogée de leur carrière à ce moment-là. Il faut dire que malgré un Hardware très prometteur, les premiers jeux Mega Drive étaient assez lamentables. On ne va pas revenir sur cette longue liste de titres à la réalisation déplorable, mais on notera malgré tout quelques exceptions comme Castle of Illusion, Revenge of Shinobi ou encore Thunder Force III. Pas encore de quoi inciter les acheteurs à passer à la caisse, mais une réputation de console surpuissante (en comparaison des consoles 8-bits) qui monte doucement.
Et puis vous le savez, en mal d'une mascotte qui allait durablement marquer les esprits, c'est en 1991 que débarque Sonic. Véritable point de départ de la carrière de la machine de SEGA, le jeu fut une révolution et c'est à ce moment-là que les ventes vont véritablement décoller. C'est aussi à cet instant précis que la Mega Drive va réellement nous dévoiler son potentiel technique, avec des graphismes superbes, colorés, détaillés, à des années lumière de ses premiers titres. Si l'année '91 a véritablement marqué un tournant pour la console et même pour SEGA, le constructeur ne s'est pas reposé sur ses lauriers. Bien au contraire, il va alors pérenniser son savoir-faire et proposer les meilleurs jeux du support.
En 
Le 2e épisode d'Ecco sort un peu plus d'un an et demi après, et le succès est à nouveau au rendez-vous 1991 nous avons eu du lourd avec Streets of Rage, Wonder Boy V, QuackShot... et les bouchées furent doublées l'année suivante avec une pléthore d'excellents titres dont le nom résonne encore aujourd'hui : Sonic 2 bien sûr, mais aussi Thunder Force IV, Streets of Rage 2, World of Illusion, Kid Chameleon et j'en passe. Des suites oui, afin de capitaliser sur une licence qui marche, mais aussi des jeux originaux et c'est là qu'entre en scène Ecco the Dolphin.
Fort de cette maitrise technique désormais acquise, un certain Novotrade pose sur la table un concept intéressant : prendre les commandes d'un dauphin, dans une aventure sous-marine en rien semblable avec ce qui existe actuellement. Novotrade est un studio né en 1983 à Budapest (en Hongrie) mais leur expansion fut rapide, notamment grâce à des jeux originaux. D'abord développeur sur micro-ordinateur (notamment sur C64 puis Amiga), peu à peu ils délaissent ce secteur pour se concentrer sur les consoles. Ils ont réalisés quelques portages (comme California Games sur Mega Drive, Jungle Book ou Castlevania sur Amiga) mais c'est véritablement avec Ecco the Dolphin qu'ils vont sortir de l'ombre. A partir de là ils développeront quelques titres assez connus comme The Lost World : Jurassic Park sur Mega Drive ou l'étrange Kolibri sur 32X.
En 1994 ils sortent une suite, nommée Ecco the Dolphin II au Japon, Ecco : The Tides of Time (Les Marées du Temps dans sa version française) en occident. Ils développeront également des portages de grande qualité pour le Mega-CD, avec une bande-son magnifique et des cinématiques en images de synthèse, loin des adaptations faignantes de certains studios. En 1995, en fin de vie de la Mega Drive, le studio sortira Ecco Jr, un spin-off qui s'adresse aux plus jeunes et où nous jouons 3 personnages (dont Ecco dans son enfance) mais sans la difficulté caractéristique de la série, et surtout sans l'histoire, sans la qualité de réalisation et sans l'intérêt des opus canoniques. Il en va de même pour les portages Game Gear et Master System des 2 premiers titres qui, adaptation sur consoles 8-bits oblige, ont beaucoup perdus au passage.
Entre 
En 1996 Novotrade deviendra Appaloosa mais le studio enchainera les échecs. Il fermera en 2006 dans l'anonymat le plus total, laissant orpheline la saga Ecco the Dolphin temps, le studio s'est installé aux Etats-Unis et en 1996 il change de nom pour devenir Appaloosa Interactive. Malgré les succès critiques et commerciaux des 2 premiers épisodes d'Ecco le dauphin, le studio ne disposait pas d'une réputation à toute épreuve et je dirais même qu'à part Ecco, ils n'ont sortis aucun véritable best-seller. Il suffit de voir la longue liste des jeux développés, comportant un maximum de portages et quelques jeux originaux, pour se dire que finalement, pas grand-chose ne sort du lot. Un épisode original d'Ecco devait sortir sur 32X mais fut annulé à cause de l'abandon du support, C : The Contra Adventure et Contra Legacy of War sur PlayStation ont fait un four.
La tentative de retour de leur best-seller via Ecco the Dolphin : Defender of the Future sur DreamCast et PS2 a fait un bide (le jeu avait pourtant ses qualités) et ils finiront tristement leur carrière en 2006, avec Jaws Unleashed. Adapté de la série de films "Les Dents de la Mer", après 6 longues années de développement, le jeu est un flop monumental (le concept du requin tueur sera repris des années plus tard par Maneater, développé par Tripwire Interactive et ce, avec un certain succès). Au final, qu'on parle de Novotrade ou d'Appaloosa, on ne retient finalement que 2 jeux : Ecco the Dolphin et Ecco The Tides of Time, ces 2 épisodes étant sortis sur Mega Drive et sur Mega-CD. Et c'est justement de ces 2 jeux-là que nous allons parler plus en détails dans les lignes qui suivent...

Ecco 
Ecco est sorti en décembre 1992, clôturant ainsi une année fabuleuse pour une Mega Drive au mieux de sa forme le Dauphin est un jeu né en décembre 1992 en occident (il ne verra le jour que 7 mois plus tard au Japon - pour une fois qu'on est servis les premiers, on ne va pas se plaindre ^_^). Il voit le jour sur une Mega Drive en pleine maturité et qui a vécue sa plus grande année vidéoludique ! Comme évoqué en intro, la carrière de la 16-bits de SEGA ne fut pas fulgurante comme sa principale concurrente (la Super Nintendo), en réalité elle a eu un début de carrière très difficile, limite intimiste. Sa renommée s'est faite sur le long-terme, lorsque peu à peu les développeurs ont commencé à maitriser son Hardware et à proposer des jeux de plus en plus ambitieux.
Et 1992 fut clairement son apogée, avec d'excellentes ventes de consoles et des jeux qui atteignaient facilement le million d'exemplaires écoulés (ce qui était énorme à cette époque-là). Cette année là, la Mega Drive a reçu parmi ses meilleurs titres tels que Desert Strike, Rolling Thunder 2, Kid Chameleon, le magnifique Wonder Boy V, Alien 3, l'excellent Global Gladiators, Chiki Chiki Boys, World of Illusion, Super Monaco GP II, The Legend of Galahad, Gods, Lemmings (oui il y avait pas mal de portages venant de l'Amiga), Road Rash II, TMNT Hyperstone Heist, mais aussi et surtout son triptyque de l'excellence qui sont Sonic 2, Streets of Rage 2 et Thunder Force IV. Autant dire que si la Super Nintendo faisait un carton à travers le monde, la console 16-bits tout de noir vêtue ne s'est pas laissé abattre, elle a donné tout ce qu'elle avait, elle s'est battue et fut le support le plus rentable et le plus vendu d'un SEGA autrefois au meilleur de sa forme. Arrivé en toute fin d'année, Ecco the Dolphin est venu clôturer une année magistrale pour le constructeur et sa console.
L'existence 
Le producteur Edward (dit Ed) Ettore Annunziata aime les Pink Floyd et les histoires d'extra terrestres, et ses influences sont bien visibles dans ses jeux d'Ecco the Dolphin a fait l'objet de nombreuses rumeurs dans l'industrie, avant qu'elle ne soit finalement révélée par SEGA en 1992 en tant qu'exclusivité. Après avoir décidé de créer un jeu autour des dauphins, le producteur Edward Annunziata a mené des recherches sur le sujet et s'est notamment inspiré du livre "Sounding" de Hank Searls qui expliquait comment les créatures marines utilisent l'écholocation. Annunziata avait envisagé de nommer le personnage "Delphinus" d'après la constellation, mais Al Nilsen (le directeur marketing de SEGA) a suggéré le nom "Botticelli the Dolphin" (?), citant la popularité des personnages nommés d'après des artistes italiens, comme les Teenage Mutant Ninja Turtles. Paniqué, Annunziata s'est tourné vers son patron, Clyde Grossman, qui lui a suggéré Echo, qui faisait allusion à la capacité d'écholocation du dauphin. Annunziata a adoré l'idée. Etant d'origine italienne, il a choisi l'orthographe Ecco, car elle peut signifier vaguement "je vois" dans cette langue (voir avec le son) est ce que l'écholocation permet aux dauphins de faire.
Autre explication plausible : c'est une référence à John C. Lilly, un scientifique controversé qui croyait en une organisation extraterrestre appelée "Earth Coincidence Control Office" (ou E.C.C.O) et il était également connu pour son travail avec les dauphins. Une inspiration qui se retrouvera justement dans le scénario du jeu. Annunziata étant un grand fan des Pink Floyd, il y fait également référence dans ses jeux. L'avant-dernier niveau s'intitule "Welcome to the Machine", qui porte le nom d'une chanson de l'album des Pink Floyd sorti en 1975 : Wish you were here. Sa suite directe (Ecco : The Tides of Time) présente également un niveau appelé "New Machine", du nom de cette chanson en 2 parties issue de l'album "A Momentary Lapse of Reason" (1987) des Pink Floyd.
Bref, Ed Ettore Annunziata a travaillé quelques temps sur divers jeux. On le connait pour son implication sur Chakan, Spider-Man, X-Men, Kolibri, Vectorman ou encore le fond de chiotte qu'est Cyborg Justice. Sur les 2 épisodes d'Ecco sur Mega Drive, il est également producteur et designer, donc on peut lui imputer les qualités et faiblesses de ces titres.
L'histoire 
L'histoire d'Ecco the Dolphin est capilotractée certes, mais elle est mature et plutôt bien écrite. On aurait juste aimé une mise en scène plus travaillée nous raconte qu'Ecco est un dauphin vivant avec son groupe dans une baie paisible. Alors qu'il s'amuse à bondir hors de l'eau, un mystérieux cyclone s'abat violemment sur eux, en aspirant toute la communauté et toute la faune locale. Lorsque le calme revient, Ecco est désormais seul et comme tout héros de jeu vidéo, il prend alors son courage à 2 nageoires et va explorer les fonds marins à la recherche de réponses et si possible, sauver famille et amis. D'autres dauphins lui conseillent alors d'aller trouver "Big Blue", une vieille baleine bleue connue pour sa sagesse et qui pourra certainement l'aider. Après déjà bien des aventures, Ecco retrouve Big Blue qui lui apprend que ce mystérieux typhon frappe la Terre tous les 500 ans. Ne pouvant lui en divulguer d'avantage (je vous rappelle qu'une baleine bleue ne vit environ 80 ans, ce qui est déjà pas mal en soi), elle lui conseille donc de retrouver l'Astérite, la plus vieille créature vivant sur Terre : formée d'un grand nombre d'orbes et prenant la forme d'une double hélice d'ADN géante, l'Astérite est un être très puissant.
Malheureusement cette dernière est "incomplète" (il lui manque une boule) et donc Ecco va tout faire pour l'aider, notamment en voyageant dans le temps, grâce à une machine cachée dans la cité engloutie de l'Atlantide. Oui ça devient très capilotracté mais vous allez voir, ce n'est pas fini. Une fois l'orbe retrouvée et l'Astérite en pleine possession de ses moyens, elle va donner des pouvoirs à Ecco : plus besoin de récupérer de l'air pour s'oxygéner et son sonar devient dès lors une arme. Ecco découvre enfin que le cyclone est en réalité l'œuvre d'une race extra-terrestre nommée "Vortex" qui, en dépit de sa technologie avancée, ne peut plus produire sa nourriture. Lorsque les planètes s'alignent, les Vortex moissonnent la Terre et prélèvent un grand nombre d'être vivants. Si vous voyez la base du scénario de la première trilogie de Mass Effect, ce n'est peut-être pas une coïncidence.
Désormais "upgradé" grâce aux pouvoirs de l'Astérite, Ecco va pouvoir affronter les Vortex, la bonne affaire... Et oui, c'est toujours plus simple d'envoyer un troufion faire le sale boulot, plutôt que de se salir les mains en personne, même si avec sa forme double hélicoïdale, je me doute que l'Astérite n'avait peut être pas d'autre choix. Ecco remonte donc le temps, au moment où sa famille se fait aspirer sauf que cette fois, il fera parti du voyage et ira affronter la Reine Vortex en personne. Un véritable super héros ce cétacé-là...
Bon, 
Dans sa version européenne, la boite contient (en général) un petit livret avec la traduction des textes du jeu. Une très belle initiative de la part de SEGA vous en conviendrez, le scénario part un peu dans tous les sens et c'est là qu'on voit clairement les influences de John C. Lilly sur le scénario, une trame sans doute écrite par Annunziata. Ceci dit on notera l'originalité de l'intrigue qui, pour un jeu de 1992, n'avait aucun équivalent, pas même dans les plus étranges RPGs de son temps. Le jeu n'offre aucune intro, en réalité notre jeune Ecco se balade tranquille dans la baie et nous vivrons le drame extraterrestre de nos yeux. D'ailleurs du haut de mes 16 ans (mon frère n'avait alors que 9 ans et pour répondre à votre question, oui nous jouions beaucoup ensemble quand on était jeunes) j'ai été grandement surpris. C'était sans doute le but. Par la suite, la mise en scène ne proposera quasiment jamais de "pseudo cinématique", la narration se veut "environnementale" (et j'ai toujours trouvé ça nul à chier), le tout accompagné tout de même de quelques textes.
Alors il faut le savoir, les dialogues à "sens unique" sont uniquement en anglais, les caractères étant très gros, les phrases sont toujours très courtes et vont à l'essentiel. Etant donné le public visé, il aurait été plus judicieux que les textes soient traduits en français mais la cartouche étant limitée à 8 Mb (ou ne voulant pas faire cet effort-là, les jeux traduits étant encore très marginaux à l'époque), SEGA a tout de même consenti à un bel effort. En effet dans la boite, en plus de la notice, se trouvait un livret avec la traduction de tous les textes en français (et pas seulement, il y avait également d'autres langues). Une bien belle idée car mine de rien, même si l'anglais reste la langue universelle, au début des années '90 elle restait encore assez hermétique (je vous rappelle qu'Internet n'existait pas encore).
D'ailleurs ce petit livret fait toute la différence pour notre version européenne. En effet sur eBay par exemple, pour un même état de la boite, de la cartouche et de la notice, la présence du livret de traductions double immédiatement le prix ! A l'heure où j'écris ces lignes (en 2025), Ecco the Dolphin n'est pas un jeu excessivement cher puisqu'au complet (notice, boite, livret, cartouche) et dans un très bon état, on le trouve dans une frange de prix allant de 30 à 50€. On est loin des tarifs franchement abusés de certains jeux Neo-Geo ou Super Nintendo.

Ainsi 
Dans cet univers, beaucoup de passages sont verrouillés par des Glyphes, des cristaux géants qui ne vous laisseront passer que si vous avez une "autorisation" donc commence notre aventure aux commandes du brave Ecco le dauphin, avec ce qui était l'un des gameplays les plus originaux de la décennie. Souvent assimilé à un pseudo shoot-them-up par la presse spécialisée de l'époque, Ecco the Dolphin est un jeu d'aventure / exploration où on peut librement se déplacer dans le niveau. J'entends par là qu'à moins d'avoir des barrières physiques, on pouvait aller où on veut, en vu de récupérer une "Clé-Glyphe" ou autre objet qui nous permette de déjouer les nombreux puzzles du jeu. Etant donné qu'on joue un mammifère marin, Ecco dispose d'une jauge d'oxygène : il doit donc remonter à la surface pour reprendre sa respiration, ou trouver des poches d'air. Pour remonter sa santé, il doit se nourrir en mangeant des petits poissons.
Les 3 touches du gamepad Mega Drive sont utilisées. Avec la croix directionnelle on se déplace sur 360° en toute liberté, la touche C permet d'accélérer la nage, la touche B permet de foncer le museau en avant (utile pour choper des poissons ou attaquer les ennemis) et la touche A permet d'activer le fameux sonar. En maintenant cette touche, on peut géolocaliser le niveau et ainsi obtenir une carte des lieux. Plus tard, le sonar aura d'autres fonctions comme activer des Glyphes : des sortes de cristaux géants qui peuvent soit nous parler (?) soit nous barrer la route, nécessitant en premier lieu à trouver "un glyphe de passage".
Une fois que l'Astérite dopera ses facultés, Ecco deviendra super badass et n'aura plus besoin de respirer et le sonar sera une arme offensive particulièrement efficace contre les Vortex, ces bestioles venues de l'espace et dont le design rappelle sans mal celui d'Alien (c'est d'autant plus vrai pour la reine, qui fut une véritable phobie pour mon pauvre petit frère, qui en a cauchemardé durant des années).

Pour 
Le Reine Vortex fait office de boss final et y arriver est un véritable cauchemard ! Quand au design, oui il est très inspiré par l'univers d'Alien être tout à fait honnête, vu par le prisme du jeu vidéo, je trouve que le scénario est très bon. Son fond de mystère, son aventure temporelle, ses phases d'exploration, l'ambiance absolument génialissime qui se dégage du jeu, le rendent aussi original que captivant. C'est sûr, on était très loin du scénario d'un Streets of Rage ou du gameplay assez simpliste d'un Toki. Cependant il y a quelque chose qui vous choquera dès le premier niveau (juste après la phase de prologue) : la difficulté ! Car mine de rien, on ne parle pas d'un sous-marin, on parle bien d'un animal, fragile de surcroit, qu'on doit nourrir et oxygéner. Et déjà là se pose les premières galères.
Même si les niveaux sont parfois très longs, il n'y a aucun checkpoint (comme dans Sonic par exemple), donc si vous mourrez d'asphyxie ou que votre santé tombe à zéro, vous reprendrez le niveau dès le début. La cartouche ne dispose pas de pile mais on a tout de même un système de passwords, qui permet de reprendre là où on s'est arrêté, et c'est sans doute pour cette raison que les sadiques de chez Novotrade nous font reprendre l'aventure du tout début, à chaque mort subie. Quoi... j'ai dit sadique ? Vous êtes sur(e) ? En effet, Annunziata a un jour déclaré qu'il ne supportait pas qu'un jeu puisse être fini en une après-midi. Il voulait que les gens en ait pour leur argent, que le jeu si chèrement acheté leur résiste le plus longtemps possible et pour ça il n'y a pas 20 solutions : soit vous faites un jeu extrêmement long... soit (vous l'aurez deviné) vous faites un jeu extrêmement dur !
Le 
Dès les premiers niveaux vous allez être confronter à l'un des jeux les plus difficiles de tous les temps ! Sans Cheats Codes, il est presque impossible de le finir... même homme avouera des années plus tard que cette difficulté était finalement exagérée, car sans tricher, le pourcentage d'humains capable de finir le jeu doit être extrêmement faible. Car on peut faire une estimation de la durée du jeu, qui tourne autour des 5 à 8 heures environ, mais c'est sans compter sur le nombre ahurissant de morts que vous allez subir (et "subir" est bien le verbe adéquat), tout en vous disant que sans tricher, il y a de fortes chances pour que vous ne finissiez jamais ô grand jamais cette aventure !
Car tout, absolument tout a été fait pour vous pourrir la vie. Des pics qui vous crèvent les yeux, des zones où on doit faire des dizaines de choses sans avoir d'endroit où reprendre de l'air, des pièges qui nous défonce ("one shot" serait plus précis) la gueule, des ennemis d'une agressivité encore jamais vu ou encore des pièges tous plus vicieux les uns que les autres. Avec beaucoup d'acharnement, vous arriverez à rencontrer Big Blue, peut-être même l'Astérite si jamais vous êtes vraiment bon, mais une fois passé la moitié du jeu, l'enfer qu'est déjà ce titre deviendra encore plus infernal !
Et c'est vraiment dommage car je le dis souvent : personnellement je préfère 1000 fois un jeu que je torche en 2 heures mais qui me donne du plaisir, et sur lequel je vais revenir régulièrement pour m'éclater, plutôt que 8 heures d'une souffrance abominable, sous de faux prétexte de durée de vie et de rentabilité. Prenons l'exemple de Streets of Rage 2, auquel je rejoue régulièrement en co-op' avec mon frère : ce titre on l'a essoré au moins 100 fois depuis 30 ans et pourtant, on s'éclate toujours autant. Ecco the Dolphin, je l'ai fini 3 fois (en étant ado, lors de mon test initial en 2005 et aujourd'hui) et peut-être qu'un jour j'y rejouerai par curiosité et nostalgie, mais sachant ce qui m'attend, je recule toujours l'échéance. Vous voyez où je veux en venir ? Heureusement pour nous, il existait des Action Replay et autre Game Genie pour nous sauver la vie, mais aussi des passwords ainsi que des cheats codes. Prenons un instant pour détailler tout ça.
Nous venons de le voir, Ecco the Dolphin est sans doute l'un des jeux plus difficiles de l'histoire du jeu vidéo mais fort heureusement, les développeurs ont eu l'intelligence d'implanter des codes de triche (même si de mes yeux, la vraie intelligence aurait été de faire une aventure plus équilibrée). Mais bon, plus de 30 ans après sa sortie, il est un peu tard pour espérer changer les choses pas vrai ? Sur cartouche, le jeu propose pas moins de 27 niveaux, et tous comportent un password. Je ne vais pas vous faire une liste car j'estime que cette aventure doit être faite de bout en bout, et pour ça, rien de mieux que des codes pour se faciliter la vie.
Vous 
Les cheats codes sauveront votre partie mais n'effaceront pas tout challenge : il faut encore arriver à avancer dans des niveaux souvent très complexes êtes une personne fière et sûre d'elle, le "die & retry& ne vous fait pas peur, vous avez écrasé des tas de jeux réputés ultra difficiles donc vous voulez vous frotter à Ecco the Dolphin sans tricher... grand bien vous fasse ! Mais à mon avis, vous finirez à un moment ou un autre par céder aux sirènes des cheats codes, tant ce jeu est impraticable sans ça. Bien sûr vous arriverez à avancer, petit à petit, au prix d'un acharnement homérique et d'une patience biblique, mais je vous garantie qu'une fois arrivé aux 3 derniers niveaux (c'est-à-dire "The Tube" puis "Welcome to the Machine") vous vous heurterez à un défi littéralement insurmontable. Mais soit, si souffrir est votre plaisir, faites comme vous le sentez.
Pour les autres, pour les vrais être humains, ceux avec une patience plus ou moins limitée et une simple envie de jouer (celles et ceux pour qui jeu vidéo doit rimer avec détente et plaisir), je vous souhaite "bon cheats codes" pour ensuite vous laisser découvrir une aventure (mine de rien) mémorable. Car oui, regardez les notes, à mes yeux Ecco the Dolphin est un grand et magnifique jeu ! Son aventure est aussi originale qu'exceptionnelle et comme évoqué, il dispose d'une ambiance magique qu'aucun autre titre n'a jamais ne serait-ce qu'effleuré.
Après je dois l'avouer, malgré la présence des codes, certaines galères perdurent. Quand il faut par exemple déplacer (en temps limité et avec précision) une couronne d'oursins pour ouvrir le passage, idem lorsqu'on doit pousser avec précision un coquillage qui brisera les rochers nous barrant la route, le tout avec une jouabilité totalement inadaptée à l'exercice car trop peu précise... il y a de quoi crisper. Notamment lorsque ça fait 15 fois qu'on essaie et qu'on n'y arrive toujours pas. Et encore, dites-vous bien que tout ça, c'est sans la pression de la santé et de l'oxygène, vous pourrez donc prendre votre temps, sans quoi je vous laisse imaginer avec qu'elle angoisse et qu'elle panique il faut réaliser l'irréalisable.
Car 
Malgré sa simple cartouche de 8 Mb, Ecco the Dolphin est l'un des plus beaux jeux de la Mega Drive ! oui, aussi agréable soit la prise en main d'Ecco tant qu'on ne fait que se balader, dès qu'il s'agit d'être précis et/ou rapide, c'est une autre histoire. Notez également que le jeu met beaucoup en avant l'aspect exploration, parfois même labyrinthique, lors de certains niveaux. Ainsi dites-vous bien que même sans avoir à surveiller son oxygène et sa santé, "vous ne roulerez pas sur le jeu" et un certain nombre de défis sera toujours à relever.
C'est d'autant plus vrai que le pauvre Ecco fait un bruit abominable lorsqu'il se fait toucher et que ce bruitage va rapidement vous casser les noix durant certains passages où les ennemis sont si nombreux et si agressifs, que vous n'aurez d'autres choix que d'encaisser un max de dégâts pour avancer. Et notre pauvre Ecco se fait parfois littéralement violer par le jeu, il se fait "gang banguer" de toutes parts, soit par des bans d'ennemis bien trop nombreux pour tenter quoique ce soit, soit judicieusement placés pour ne jamais pouvoir anticiper leur arrivée et se faire toucher à plusieurs reprises, quoiqu'on fasse. Des sadiques je vous dis, des sadiques. D'ailleurs il est étonnant de voir qu'à l'image du reste de la faune marine, Ecco est victime des Vortex mais ça n'empêche en rien que tout le monde est contre lui ! Les requins je veux bien, mais pourquoi les crabes, les poissons globe, les raies... ? Croyez-moi, dans ce monde-là elle n'est pas facile la vie de dauphin...
Bien que la cartouche soit modeste, avec un poids classique d'à peine 8 Mb, nous sommes face à l'un des plus beaux jeux de la console. Le niveau de détail est vraiment époustouflant, les couleurs sont éclatantes, le scrolling est très vif, et le design est vraiment superbe. Et aussi fou que ça puisse paraitre, les niveaux sont également très variés. Le premier quart se déroule dans ce qui semble être des eaux chaudes, tropicales, avec des couleurs chatoyantes et beaucoup de vie marine : des jolis bans de poissons, un superbe poulpe, des orques, nos premiers requins et une myriade de méduses. Ensuite, à la recherche de Big Blue, nous sillonnerons les mers arctiques et sa désolation de glace, où désormais les requins tigres sont en surnombre, tout en étant très voraces. Le pire étant les araignées de mer dont la taille est effrayante...
Ensuite 
On joue également à Ecco pour son ambiance unique, son dépaysement et la variété de ses niveaux c'est la rencontre avec la célèbre baleine bleue, paisible et majestueuse, suivi d'une Astérite particulièrement intrigante. A chaque niveau le curseur de la difficulté augmente d'un cran, mais la curiosité nous pousse à continuer et le voyage vers le passé nous permettra de visiter l'Atlantide, ainsi que la Terre du temps du jurassique ! Enfin, une fois l'Astérite reconstituée, il sera temps de visiter l'antre des aliens, où on troque le plaisir de la découverte, pour des niveaux atrocement difficiles, nous présentant un design que Giger n'aurait pas renié. Notez que la version japonaise propose une originalité. En effet, lors du combat final qui nous oppose à la reine Vortex, en occident si on meurt on recommence le niveau "Welcome to the Machine" qui est sans réfléchir le plus difficile de tout le jeu ! Mais dans la version japonaise, Ecco se fait aspirer par la reine. Commence alors un level original (nommé "the stomach", l'estomac en français - un niveau bien entendu affreusement dur) où si on s'en sort vivant, on recommence directement le combat final. Cette version étant sortie après celle que nous avons eu, on peut estimer que cet ajout à été implanté entre temps.
Bref, qu'on se le dise, Ecco the Dolphin est une merveilleuse prouesse technique, et même s'il est bien plus beau en début d'aventure que sur la fin (les belles couleurs chatoyantes d'une eau tropicale aidant) le résultat est tout de même très impressionnant. Quand on pense à la vieille gueule des premiers jeux Mega Drive, on peut se dire que la console revient de loin et comme je le dis souvent, quand un développeur s'en donnait les moyens, la console de SEGA était capable du meilleur.
Du côté de la partie audio, vous le savez, la 16-bits de SEGA n'est pas la machine la mieux lotie qui soit. Je ne reviens pas sur l'atroce bruitage qu'Ecco émet lorsqu'il est maltraité, cependant Novotrade a eu l'intelligence de faire des faiblesses du DSP de la console, une force.

Comment ? 
Ayant réussi à faire de ses faiblesses une force, la bande-son est vraiment superbe, apportant beaucoup d'ambiance et de mélancolie au jeu Et bien en utilisant à bon escient les qualités du processeur sonore. Pour se faire, toutes les musiques usitent d'une bonne basse, les sonorités métalliques servent de liant mélodiques, et la plupart des compositions proposent des morceaux souvent vaporeux et mélancoliques. Il faut dire qu'être un dauphin paumé au milieu de ce bourbier, avec sa famille disparue, entouré d'ennemis et de lieux au moins aussi dangereux, ça n'a rien de réjouissant. Bien sûr certaines sonorités peuvent paraitre un peu étranges, mais le moins qu'on puisse dire c'est que globalement l'OST est une vraie réussite, en plus d'être d'une originalité avérée.
Quant à la version Mega-CD, Novotrade ne s'est pas fichu de nous, mais ils auraient pu aller bien plus loin. Sortie à peine 8 mois plus tard, cette édition n'apporte aucune rectification du jeu de base : c'est exactement la même aventure, les mêmes niveaux, les mêmes ennemis judicieusement placés pour vous pourrir la vie. Ainsi donc, du côté de la difficulté, ne vous en faites pas, elle est toujours belle et bien présente. Aucune concession n'a été faite, aucune correction, toujours pas de niveau de difficulté... c'est toujours l'exact même jeu épouvantablement difficile. Heureusement, les cheats codes sont également toujours présents ! Ce sont les même que sur cartouche et vous retrouverez donc le fameux menu "the dolphin", avec son select stage, son invincibilité, son oxygène infinie, etc.
Si le jeu en lui-même ne change pas, tant dans son game-design que son gameplay, cette version CD apporte tout de même 6 niveaux supplémentaires. Novotrade travaillant déjà sur la suite, ces niveaux sont 100% originaux mais on sent déjà l'inspiration insufflée par sa suite qui ne sortira qu'un an après. C'est assez flagrant lorsqu'on aperçoit les roches ou le bateau échoué, des designs que ne nous retrouverons que dans la séquelle. Ces 6 niveaux supplémentaires devraient vous prendre une bonne heure de plus.

Il 
La version Mega-CD offre exactement le même jeu, pour le meileur comme pour le pire est par contre dommage que le jeu se serve à nouveau de passwords, au lieu d'utiliser la pile interne du Mega-CD. Le top, ça aurait été d'avoir les 2 en même temps, mais on sent bien que le code a été transposé plus ou moins tel quel, puisque les développeurs n'ont pas cherché à corriger les quelques bugs qui trainent, à rendre la jouabilité plus souple, les puzzles moins complexes ou encore à adoucir de façon générale la difficulté (oui j'en reviens encore là dessus). Fidèle à lui-même, bien que le CD-Rom apporte un substantiel confort d'espace de stockage ne limitant plus les productions, le jeu est trop identique à la version cartouche. Et c'est un peu dommage car on le sait, le Mega-CD est bien plus performant que la Mega Drive seule, il dispose d'un CPU plus puissant (plus rapide en réalité), plus de RAM et même un processeur à effets type Mode7. Et pourtant, Novotrade n'a pas jugé bon d'implanter quelques effets graphiques ou encore d'améliorer les animations, comme le Ptéranodon qui n'est toujours qu'un sprite fixe.
Enfin, c'était également l'occasion de traduire le jeu en plusieurs langues. Au lieu de ça, les textes sont toujours écrits en anglais et c'est rasant de devoir sortir le livret pour avoir la traduction. Dernier point, malgré la présence du CD-Rom, la séquence de fin est strictement identique à celle sur cartouche... Franchement c'est décevant dans le sens où Novotrade avait toute la place nécessaire pour développer une séquence plus longue et plus gratifiante.
Maintenant sachez-le, si vous avez le choix entre la version cartouche et la version CD, c'est cette dernière qu'il vous faut ! Et la raison est assez simple : en plus des 6 niveaux supplémentaires (qui sont en plus très beaux), nous avons quelques agréables nouveautés et vous allez le voir, pas des moindres... Premier point, nous avons de nouveaux bruitages, plus réalistes, comme lorsqu'Ecco plonge (ainsi que 2-3 petites choses ça et là, mais seul le fan de longue date y portera cas). Ensuite, l'intro a été entièrement refaite, elle est plus longue et plus travaillée qu'à l'origine. Mais si vous pensiez que le jeu proposerait des cinématiques en images de synthèse, et bien ce n'est pas tout à fait ça. Nous l'avons vu, l'intro a été refaite et la fin est strictement identique, c'était donc mal barré pour en avoir plus.

En 
Les réelles plus-values de la version CD sont les niveaux supplémentaires et la nouvelle bande-son, qui est absolument fantastique ! réalité, une fois arrivé en Atlantide (vers la moitié de l'aventure) nous aurons plusieurs glyphes qu'on pourra "consulter". Chacun d'entre eux nous propose une vidéo type documentaire. Premier souci, le doublage n'est qu'en anglais et nous n'avons aucun sous-titre (et cette fois, le livret de traduction ne vous sera d'aucune utilité). 2e souci, le cadrage est carré et ne représente que 25% de la surface d'affichage. Le rendu est comme toujours sur Mega-CD, pixellisé et délavé par le manque de couleurs. Et puis on ne va pas se mentir, ces documentaires n'ont pour ainsi dire aucun intérêt, notamment pour le joueur qui va un peu s'en foutre, et c'est d'autant plus vrai pour le joueur non anglophone qui ne va strictement rien comprendre à la voix-off. Rappelez-vous qu'en 1993, la majorité des joueurs étaient des ados et contrairement à ce que pensent les amerloques, il y a plus de gens sur Terre qui ne parle pas l'anglais, que l'inverse.
Mais la vraie grosse nouveauté de cette édition, c'est surtout sa bande-son. Composées par Spencer Nilsen, les musiques sont à la fois harmoniques et mélancoliques, apportant cette touche de tristesse qui retranscrit à merveille le drame vécu par Ecco. Il est clair que, même si les musiques de la version cartouche sont magnifiques, celles de cette version CD sont infiniment plus belles encore. C'est l'une des plus exceptionnelles bandes-son que j'ai entendu dans un jeu. Un véritable chef d'œuvre acoustique. Il faut dire que ce compositeur américain a frappé fort, avec de véritables sons de cétacés (notamment des chants de baleines), couplés à des mélodies somptueuses. L'homme sera largement félicité pour sa prestation, dont c'est plus ou moins le premier travail (il aurait visiblement bosser sur Chakan mais vue la chiasse acoustique qui sort de ce jeu, je doute un peu de l'info). Spencer Nilsen œuvrera à nouveau sur la suite d'Ecco, mais aussi sur la version américaine de Sonic CD dont les musiques sont bien meilleures qu'au Japon et en Europe. Le compositeur n'avait que 32 ans à la sortie d'Ecco sur Mega-CD, et sa carrière se terminera aussi subitement qu'elle aura débuté, en 2008.

En
Note
parlant d'Ecco the Dolphin, vous entendrez souvent le terme d'OVNI vidéoludique. Et c'est vrai, nous sommes bien en présence d'un jeu unique, d'un concept qui ne trouvera que très rarement écho dans la sphère du jeu vidéo (on peut citer EVO Search for Eden, il est sorti au même moment sur Super Famicom mais les 2 jeux n'ont finalement pas grand-chose en commun). Ecco the Dolphin est une preuve de plus que lorsqu'un développeur veut sortir un superbe titre, techniquement très abouti, c'est également possible sur Mega Drive. Comme quoi, quand on veut, on peut comme on dit. Proposant parmi les plus beaux graphismes d'une console aux performances souvent sous estimées, les images parlent d'elles même : Ecco est un titre magnifique qui vous transportera dans un univers unique, enveloppé d'une ambiance tout à fait singulière.
Malheureusement, ce premier épisode comporte aussi son lot de casseroles comme ces puzzles alambiqués, ces phases qui demandent une précision impensable, alors même que la jouabilité n'a pas été étudiée pour l'être. En plus de ça il faudra constamment surveiller sa jauge d'oxygène, faire en sorte de remonter sa santé, car mine de rien, les ennemis sont très nombreux et très agressifs, sans compter qu'en plus de ça, les niveaux sont également jonchés de pièges de toutes sortes. Autant vous le dire, à moins d'être un excellent joueur, vous ne finirez probablement jamais le jeu... Ou alors, vous utiliserez de salvateurs cheats codes, sans quoi je pense que moi-même, je ne vous parlerais même pas de ce jeu.
Quand à la version Mega-CD, sortie quelques mois plus tard, elle s'avère finalement moins aboutie qu'espérée. En effet, on aurait apprécié une rectification de la difficulté (ou plusieurs niveaux de difficulté, histoire de compenser un peu), de meilleures animations, quelques effets graphiques, des vidéos en images de synthèse en vue de développer le scénario ou encore la traduction des textes, étant donné que désormais, ce n'est plus la place qui manque. Mais vous n'aurez rien de tout ça. Cependant j'adore cette version car elle apporte pas moins de 6 niveaux supplémentaires mais aussi et surtout une magnifique bande-son en qualité CD.
Déjà très bon sur cartouche (malgré ses airs métalliques et ses notes parfois étranges) l'OST est une merveille acoustique, l'aventure d'Ecco en est magnifiée ! Dans tous les cas, que ce soit sur cartouche comme sur CD-Rom, Ecco the Dolphin est un titre original qui a su tirer le meilleur de son support. Dès ce premier épisode, il aura marqué les esprits non pas pour sa difficulté légendaire, mais bel et bien pour son scénario, sa réalisation et son ambiance unique.
Sortie 
Cette fois les textes sont traduits en plusieurs langues (dont le français) et via un cheat code, on peut même avoir du hongrois 1 an et demi après un premier opus ayant reçu un très bon accueil auprès des critiques comme du public, cette suite qui se nomme tout simplement Ecco the Dolphin II au Japon, prit finalement le titre d'Ecco : The Tides of Time, qui sera traduit par Ecco : Les Marées du Temps en France. A ce propos, SEGA prenait de plus en plus soin de son auditoire francophone et pour l'occasion, nous avons eu droit à une pochette traduite en français, ainsi que des textes joliment convertis dans la langue de Molière (il y avait aussi de l'anglais, de l'espagnol, de l'allemand et bien sûr du japonais - via un cheat code, on peut également déverrouiller la langue hongroise car n'oublions pas que Novotrade est à l'origine un studio européen). Sincèrement ça fait plaisir d'être ainsi choyés, preuve que SEGA avait beaucoup de considération pour son public issu du vieux continent, d'où des sorties le plus rapprochées possibles. La preuve encore une fois avec un jeu qui ne mettra que 3 mois à faire le trajet du Japon (car oui cette fois il a d'abord vu le jour au Pays du Soleil Levant avant d'arriver chez nous) jusqu'à l'Europe, là où Nintendo mettait parfois des années à nous servir.
Cette fois, un grand nombre de nouveautés viennent agrémenter un jeu qui, autrefois, était finalement assez proche de la perfection (hormis sa difficulté, pas besoin de revenir là dessus). Tout commence par une superbe intro, où si vous avez déjà configuré la langue, tous les textes seront en français. L'intro est longue, très joliment amenée et elle nous posera les bases du scénario, tout en faisant un rapide résumé du précédent opus. L'écran titre est à nouveau très joli, et lorsqu'on lance son jeu, on se retrouve dans une sorte cavité sous-marine fermée. C'est en réalité un menu principal interactif. En effet c'est d'ici que vous pourrez accéder aux passwords (et non toujours pas de pile de sauvegarde), que vous configurerez la langue des textes ainsi que vous choisirez la difficulté du jeu. En allant simplement à droite, vous commencerez l'aventure en mode "normal" mais un mode "facile" est également disponible, ainsi qu'un mode "difficile" spécial gros masochiste avec cuir, fouet et bâillon. Un mode dédicacé à celles et ceux qui aiment souffrir plus que de raison et pour qui douleur rime avec plaisir.

L'histoire 
L'histoire est une nouvelle fois capillotractée mais on salue les efforts de mise en scène et l'aspect mature de l'écriture de cette suite directe se déroule quelques temps après la fin du premier opus. Alors qu'Ecco parcourt les océans, un violent séisme sous-marin le blesse et lui fait perdre les pouvoirs que l'Astérite lui avait donné. En cherchant ce dernier, Ecco rencontre un orque qui lui explique qu'un être monstrueux est parvenu dans la caverne de l'Astérite, l'a détruit et a sèmé ses globes un peu partout dans les profondeurs de l'océan. Peu après, Ecco rencontre un dauphin à l'apparence étrange du nom de Trellia. Elle se présente comme venant d'un futur lointain et comme étant l'une de ses descendantes. Dans son monde, les dauphins ont développés de longues nageoires effilées, ils possèdent la faculté de voler et sont dotés de pouvoirs télékinésiques. Elle lui dit qu'un "vieil ami" souhaite lui parler et entraîne Ecco dans son époque.
Ecco rencontre alors l'Astérite du futur qui lui explique que la reine Vortex a survécu et l'a suivi sur Terre lorsque ce dernier a ramené ses amis. Il ajoute que lorsqu'Ecco est revenu, son pouvoir a divisé le flux du temps en 2 parties. Il existe alors 2 futurs possibles : un monde où les océans vivent en paix et un monde dominé par les Vortex. De retour à son époque, Ecco part alors à la recherche des orbes qui constituaient l'Astérite car celui-ci ne peut être entièrement détruit, seulement divisé. Sa quête le confronte aux Vortex, qui se sont installés et multipliés dans les océans terrestres. Ecco doit également voyager dans le temps afin de retrouver les 2 dernières orbes de l'Astérite au sein du futur des Vortex.
Une fois complet, l'Astérite demande à Ecco et ses semblables de s'unir et d'affronter les Vortex. Ecco parvient à s'infiltrer dans le cœur du domaine Vortex et combat à nouveau la reine. L'Astérite demande ensuite à Ecco d'aller détruire la machine temporelle, située dans la cité d'Atlantis. En s'y rendant, le cétacé découvre une larve de la reine Vortex en train d'utiliser la machine pour se réfugier dans le passé et attendre son heure. Mais la future reine se trouve projetée trop loin dans le temps, à l'ère préhistorique. Ne pouvant imposer sa domination aux organismes primitifs, cette dernière est piégée et n'a d'autre choix que d'intégrer lentement son espèce à l'écosystème local. Devenant ainsi une part entière de la race des arthropodes (dont font parti les étranges trilobites), les Vortex ne sont plus une menace. Ecco décide d'utiliser la machine plutôt que de la détruire et disparait dans les marées du temps...

Une 
La fin se déroule réellement en 2 étapes mais pas sûr que les joueurs des années '90 aient découverts d'eux même la seconde partie chose est sûre, une fois encore le scénario est travaillé, bien que son côté tiré-par-les-cheveux soit de plus en plus fantasque. De même, si la mise en scène est bien mieux finie et que les textes sont désormais en français, les tenants et aboutissants ne sont pas toujours clairs, voilà pourquoi je me suis permis de vous livrer l'entièreté du scénario (désolé pour le spoil mais le jeu ayant plus de 30 ans aujourd'hui, je pense qu'il y a prescription). Notez tout de même qu'il y a 2 fins successives : la première est obtenu lorsqu'on tue la reine, commence alors une séquence assez classique où la joie est revenue au sein du lagon (nous sommes de retour au tout premier niveau). Cependant, cette séquence laisse rapidement planer un doute, notamment lorsqu'on reprend les commandes du jeu une fois les crédits passés. En fouinant un peu (via l'exact parcours du tout début d'aventure) on se retrouve à faire un passage en 3D assez difficile et si on le réussit, on arrive dans un niveau qui se nomme... Epilogue !
C'est ici qu'on revoit l'Astérite pour la dernière fois et qu'elle nous dit de détruire la machine à voyager dans le temps. Après avoir pris un autre téléporteur, nous revoilà en Atlantide et qui c'est qu'on aperçoit ? La larve Vortex ! Et vous aurez beau faire tout ce que vous voulez, vous ne la stopperez jamais, elle sera systématiquement devant vous et elle prendra toujours le contrôle de la machine avant Ecco. Le résultat donne le second épilogue, qui est un peu tristounet et ne laisse pas beaucoup de place pour une suite. Pourtant, le jeu vous donne un password secret et visiblement ce code aurait servi pour le 3e épisode. Car oui, Novotrade voulait faire une trilogie mais finalement ils ne sortiront que le spin-off Ecco Jr (qui est loin d'être aussi bon), quand la licence ne refera surface qu'avec Defender of the Future, sorti 7 ans plus tard sur DreamCast. Le jeu n'ayant pas rencontré le succès et la console ayant été prématurément stoppée dans son élan, il sera adapté sur PS2 un an et demi plus tard, mais là encore le succès ne fut pas au rendez-vous. Résultat la licence est morte et enterrée depuis maintenant plus de 20 ans...

Il 
Le gameplay n'a pas beaucoup changé et malgré le choix de la difficulté, vous vous doutez bien que le jeu est toujours aussi difficile ! n'empêche que la narration est mieux travaillée qu'autrefois, il y a pas moins de 120 messages et le fait que les textes soient directement traduits, y'a pas à dire, c'est vraiment un plus. On aurait sans doute aimé une fin un peu moins triste (d'autant que la musique n'aide pas à sauter de joie tant celle-ci est un peu déprimante), mais à minima on ne peut pas dire que l'épilogue fut bâclé, tant le niveau nommé Epilogue se veut finalement long et riche en révélations.
Du côté du gameplay, vous vous doutez bien qu'Ecco se manie plus ou moins de la même manière que la première fois. On retrouve l'écholocalisation, la nage rapide ainsi que le coup de boost, la jauge d'oxygène et celle de santé (qu'on remonte toujours en mangeant quelques petits poissons durant une charge). Mais n'allez pas croire que Novotrade s'est reposé sur ses lauriers. Certes au fond le gameplay reste plus ou moins identiques mais il y a aussi un paquet de nouveautés et vous allez le voir, la plupart sont uniquement là pour vous pourrir la vie. Vous pensiez que suite à un premier opus largement trop difficile et critiqué pour ça, Novotrade ferait un effort sur la difficulté ? Et bien c'était mal connaitre les bonhommes, déjà parce que la difficulté légendaire du premier Ecco a (en partie) fait sa réputation (à l'image de Viewpoint ou Ghouls 'n Ghosts par exemple), ensuite parce que le jeu est produit par la même équipe dirigée une fois encore par Ed Annunziata, môsieur je veux pas que mes jeux soient torchés en un claquement de doigts, je préfère donc faire souffrir tout le monde !
Après saluons le bel effort du choix de la difficulté (qui n'est absolument pas clair dans la démarche, bien que la mise en place soit tout à fait originale) qui, il est vrai, facilite ou intensifie le jeu. J'ai joué quelques niveaux dans les 3 modes et je dois avouer que le mode facile est tout de même plus abordable. Le mode normal est déjà bien abusé et le mode difficile... no comment, vous vous doutez bien de ce que je pourrai en dire. Sachez tout de même que le choix de la difficulté n'influe pas sur la séquence de fin (comme c'est souvent le cas), donc n'hésitez pas à jouer en facile car vous le verrez très vite, il n'a de "facile" que le nom. En réalité, le choix de la difficulté influe principalement sur le nombre d'ennemis que vous rencontrerez, notamment lors des phases en 3D.

Au 
Les passages aériens et hors de l'eau sont parmis les pires du jeu ! C'est à s'arracher les cheveux de la tête par poignées entières !!! niveau de la prise en mains et du gameplay général, cette séquelle est très proche du premier opus. Il faudra toujours déjouer des puzzles sous-marins à base de blocs, dévier les forts courants grâce à quelque chose (un roc autant qu'une carapace de tortue marine) ou récupérer des passes auprès des glyphes. Ayant perdu ses pouvoirs, Ecco devra à nouveau chercher de quoi se ré-oxygéner, et se nourrir en cas de blessures. J'ai d'ailleurs trouvé que les développeurs avaient moins abusés sur les labyrinthes et les zones où Ecco suffoque. Généralement il y a toujours de quoi reprendre de l'air, et toujours des petits poissons à proximité. Cool, le jeu est plus abordable alors ? En réalité... pas vraiment. Le level design a beaucoup changé. Certes on retrouve des niveaux classiques où on doit par exemple retrouver les bébés de maman orque (ce qui a sans doute donner des idées pour concevoir Ecco Jr) et des niveaux purement sous-marins où on retrouve vite ses marques. Mais dès qu'on arrive dans le futur, c'est l'enfer ! Le jeu devient plus aérien (puisque les congénères d'Ecco peuvent voler !) et on devra alors souvent passer d'un bassin à un autre... des bassins bien évidemment en l'air, comme ça si on chute, on doit tout recommencer.
Et ici commence les emmerdes : certes il y a moins d'ennemis et ils sont un peu moins agressifs (et j'ai bien dit "un peu"), il y a donc moins de passages où on se fait pourrir la vie par des requins, des araignées de mer ou des poissons globe qui n'ont qu'une envie : faire de votre carcasse leur petit déjeuner. Non désormais, c'est véritablement la construction des niveaux le problème. Bien trop souvent Ecco doit se déplacer hors des eaux, et si vous trouviez ça déjà bien relou dans le premier opus, dites vous qu'ici ce sera bien pire, avec de longs passages hors de l'eau. Et vous imaginez ce que ça donne un dauphin hors de l'eau ? Oui, ça ressemble à un tétraplégique qui se débat dans des sables mouvants...

Et 
Prêt(e) pour une bonne crise de nerfs ? Car certes les ennemis sont cette fois moins chiants, mais le level design est un véritable enfer par endroit ! Et ne parlons même pas des boss... que dire des boss ? Car oui désormais il y en a plusieurs. Le premier, la méduse géante, nous poursuit dans un long couloir qui flotte en l'air et qui bien sûr, est rempli de trous et de pièges... comme si le boss seul, n'était pas assez dur à éviter comme ça. Résultat c'est la chute, souvent, très très souvent, et fort heureusement on ne doit pas refaire le niveau, juste l'affrontement. Mais déjà là, dites-vous que la crise de nerfs n'est pas loin, notamment après un niveau déjà hyper crispant.
Oui le jeu parait moins dur parce que notre dauphin préféré a moins tendance à se faire harceler par des ennemis en surnombre et judicieusement placés pour nous emmerder. La vérité, c'est que la difficulté a pris une autre forme : le level design ! Car on a beau dire, mais les cheats et le debug menu ne vous seront d'aucune aide lorsqu'Ecco doit jouer les filles de l'air, en activant à la volée des sortes de tremplins aériens ou qu'on doit choper (en plein vol) l'un de nos congénères du futur. Il aurait fallu rappeler à Novotrade que l'élément naturel du dauphin c'est l'eau, pas l'air ! Le pire c'est que cette difficulté de salope intervient surtout au début du jeu, lorsqu'on arrive dans ce futur alternatif où les dauphins peuvent désormais voler. C'est un véritable enfer et il y a de fortes chances qu'au bout d'un moment, lorsque vous aurez siphonné toute votre patience, vous preniez tout simplement un password pour changer de niveau, afin de voir si l'eau ne serait pas plus bleue chez le niveau voisin.
Car c'est un fait, on nous demande une précision de chirurgien avec un dauphin finalement peu minable dans des endroits exigus, sans parler de la manette qui ne se prête absolument pas à l'exercice (il aurait fallu un stick analogique à la rigueur). Bref, ces passages sont extrêmement frustrants et pourtant, vous ne serez qu'au premier quart du jeu, vous laissant imaginer les épreuves tout droit venus des 7 cercles de l'enfer, qui vous attendent ensuite.
A l'image du premier épisode, dont la difficulté est un véritable rempart au plaisir d'y jouer (on peut même dire que ça gâche le jeu), The Tides of Time propose à nouveau des "cheats codes" et un "debug menu". Après avoir choisi votre niveau de difficulté (ou après avoir entré le password du niveau que vous voulez atteindre), mettez la pause pile au moment où Ecco vous fait face. A ce moment là pressez les touches suivantes : A - B - droite - A - C - A - bas - A - B - droite - A. Pressez à nouveau Start pour enlever la pause et vous vous apercevrez que l'oxygène et la santé sont infinis.
Comme 
Les passages "en 3D" partent d'une bonne idée mais ils se révèlent vite très chiants nouveauté notable, nous avons donc des phases en 3D. Ce que Novotrade entend par "3D" c'est qu'on voit Ecco de dos, nageant droit devant avec un scrolling type shoot-them-up 3D, façon Starwing ou Space Harrier pour vous donner une idée. Le but est alors de traverser des anneaux qui apparaissent successivement, des anneaux "magiques" car ils furent crées par les Atlantes spécialement pour Ecco (c'est un confrère dauphin qui nous livre l'info en début de jeu). Franchement les gars, si c'était pour faire ça, fallait pas vous donner cette peine. ^_^
Chaque passage dans un anneau vous rapproche de la rive d'en face en modifiant peu à peu le décor à la surface, et fait une sorte de faire un "reset" de l'image, en effaçant également les ennemis présent à l'écran. Car bien évidemment, vous ne pouviez pas voguer tranquillou d'une rive à l'autre, il fallait bien sûr qu'on nous colle toute une batterie de pièges et d'ennemis. Déjà que Ecco est peu maniable de profil, dites-vous que c'est bien pire en vue de dos. En plus de ça, certains anneaux sont hors de l'eau et il faut avoir un timing de Rollex pour connaitre l'instant précis où sauter, sans quoi vous perdez le checkpoint. Car bien évidemment, histoire de nous faire chier jusqu'au bout, il faut enchainer les anneaux et si vous en ratez plus d'un, il faut recommencer la chaine du début.
Je disais donc que ces niveaux de merde étaient déjà assez difficiles comme ça, mais en plus les développeurs se sont permis de rajouter divers ennemis qui, selon le niveau de difficulté, sont de plus en plus nombreux. Autant dire que malgré la jolie nouveauté et l'originalité de ces passages intermédiaires, ce sont surtout de bonnes grosses galères. Et c'est pas fini, l'autre grosse nouveauté c'est qu'à des moments très précis du jeu, Ecco pourra se transformer en requin, en méduse, en mouette et en un banc de poissons. C'est super original ! Généralement il faut atteindre une "sphère de pouvoir" pour se transformer (on ne fera pas ça à volonté) et ça permet de rejoindre la suite d'un niveau autrement inaccessible. Sur le papier, l'idée est géniale mais comme toutes les bonnes idées développées par Novotrade, c'est encore une fois la difficulté qui va vous pourrir la vie.
En 
Idem pour les transformations : ça part d'une excellente idée, mais ça devient rapidement très pénible à cause de la difficulté (et dans ces passages là, les cheats codes ne fonctionnent pas) effet, les dauphins se régaleront de manger les poissons, les méduses se feront également bouffer voire exploser par d'autres dauphins, la mouette est chassée par les aigles et bien évidemment c'est à nouveau les dauphins qui attaqueront le requin. Alors certes, le concept est très intelligent car quoi de mieux qu'une méduse pour voguer sagement au milieu d'un banc de méduse ? Quoi de mieux qu'un requin pour nager paisiblement dans un lagon infesté de requins ? Quoi de mieux qu'une mouette pour atteindre une hauteur qu'un dauphin, aussi "sauteur" soit-il, ne pourra jamais atteindre ? Mais là encore, ces passages sont extrêmement difficiles. Si encore en mouette le plus souvent une chute nous fait retomber à l'eau et qu'il nous reste plus qu'à recommencer, parfois c'est la mort avec pour punition de devoir reprendre le niveau... depuis le début !
Il y a environ 40 niveaux dans le jeu (mais seulement 24 passwords, différents selon le niveau de difficulté) et personnellement, je trouve que cette aventure est encore plus difficile que la précédente ! Encore plus frustrante et complexe. La durée de cette aventure est d'environ 4 à 6 heures mais je peux vous dire que sans tricher et sans aide (car bien souvent on ne sait jamais quoi faire, surtout dans les phases du futur), vous allez y passer un temps considérable. De toute façon, même avec santé et oxygène infinis, le jeu se révèle ultra laborieux, déjà pour trouver son chemin, pour comprendre certains mécanismes complètement à l'ouest ou pour déjouer un level design où tout a été fait pour nous compliquer la vie. Personnellement, j'adore les Ecco mais sincèrement, chez Novotrade c'était des sadiques et des tortionnaires, qui n'ont pas réfléchi une seule minute à quel point ils allaient frustrer leur public, notamment les plus jeunes.
Qu'un jeu soit difficile, je le comprends, c'est un choix. Prenez un Alien 3, un Earthworm Jim, un Another World ou même un Vectorman, ce sont tous des jeux qui proposent un challenge corsé. Difficile oui, mais pas impossible. Avec les Ecco, c'est non seulement plus dur que ces 4 jeux réunis, mais en plus de ça, rien n'a été fait pour faciliter un tant soit peu la vie du joueur, tout a été conçu pour rendre les pires passages le plus frustrant possible, afin d'en faire l'un des pires "die & retry" jamais conçus ! Un état d'esprit de connards (excusez du peu) qui gâche un jeu absolument génialissime, tant sa réalisation et son ambiance sont uniques. Heureusement que les passwords et les cheats codes sont là, afin de contrebalancer un peu un état de fait qui, sans ça, aurait rendu ces 2 jeux impraticables pour le commun des mortels.
Vous le savez sans doute déjà, SoloGamerTest prend ses racines dans GRAVITORBOX, un site que j'ai entretenu de 2009 à 2025, avant qu'il ne soit remplacé par celui-ci. Et pour répondre à cette question qui vous brûle les lèvres, oui, le nom de ce site est issu d'Ecco : Les Marées du Temps ! En effet le niveau "gravitorbox" se situe plus ou moins au milieu de l'aventure. Ce niveau est véritablement fascinant, avec son design futuriste, ses tubes à courant, et ses aliens arborant un nouveau look (ils ont naturellement évolués depuis le présent, puisque ces niveaux se déroulent dans le futur). C'est ce niveau qui mène au "globe holder", une sorte de boule géante qu'on doit éclater (et c'est pas une mince affaire !) et qui renferme les derniers globes manquants de l'Astérite. Un niveau difficile à l'extrême mais qui m'avait littéralement hypnotisé la première fois que j'y ai joué. Le nom "gravitorbox" m'est resté en tête durant des années et lorsque j'ai ouvert mon 2e site, c'est ce nom là qui est ressorti. Pour en savoir plus, notamment sur la chronologie des événements et pourquoi GRAVITORBOX est devenu SoloGamerTest, je vous invite à lire l'histoire du site...
Depuis 
Avec sa belle cartouche de 16 Mb, Ecco 2 fait parti des plus beaux jeux de la Mega Drive ! décembre 1992 et la sortie de Streets of Rage 2, la Mega Drive a enfin sauté le pas des cartouches de 16 Mb. Et même si la Neo-Geo rigole à gorge déployée tout en haut de sa montagne, mine de rien ça a permis aux développeurs de proposer des jeux toujours plus ambitieux. Après la performance technique d'un premier opus assez irréprochable de ce côté-là, nous dévoilant un design somptueux, une palette de couleurs intelligemment utilisée et même un scrolling étonnamment véloce, on s'est tous dit que Novotrade ne pourrait que difficilement faire mieux. Et bien tout faux ! A l'image d'un Sonic 2 qui surclasse son prédécesseur, Les Marées du Temps surclasse Ecco the Dolphin premier du nom. Les couleurs sont encore plus éclatantes, le design est vraiment sublime, le scrolling est rapide, fluide, les animations sont plus travaillées et les décors sont étonnamment variés.
Dans le présent les roches et la faune sous-marine sont vraiment superbes, on aura même quelques passages avec des navires échoués et les dégradés sont parmi les plus riches que j'ai vu sur cette console, preuve que malgré les limitations techniques de la Mega Drive, on peut aussi avoir de superbes jeux, parfaitement colorés, tout en offrant un ahurissant niveau de détails. Dans le futur le design change assez sensiblement, la flore devient plus étrange, la roche plus polie, les ennemis ont un coup de crayon atypique, on y découvre la nouvelle forme des Vortex (qui ont muté avec le temps) ainsi que des installations plus futuristes, avec des blocs fait de béton, le tout avec des angles bien droits.
Bien qu'en petits nombre, les boss en impose, d'ailleurs certains sprites (comme le Globe Holder, le boss final, Big Blue ou le boss de la Méduse) sont vraiment de grande taille. Bien que pas équipée de processeur à effets type Mode7, la console affiche sans mal de somptueux effets de transparence et des distorsions superbement fluides. Enfin les phases en pseudo-3D où nous voyons notre mammifère marin préféré vu de dos, sont plutôt réussis. Une fois encore, la Mega Drive n'est pas équipée comme la Super Nintendo, donc les zooms sont travaillés image par image.
Le 
La bande-son de la version cartouche est aussi hypnotique que superbe ! C'est vraiment du beau boulot, donnant au jeu une ambiance unique scrolling (le fond de mer) est plutôt réussi, mais on ne peut pas en dire autant des ennemis qui s'affichent de façon un peu abrupte et donc l'effet de zoom manque de fluidité. Ceci dit l'ensemble tient plus que correctement la route et de toute façon ce n'est pas sur ces phases intermédiaires qu'on attendait le plus le jeu. Car oui, Ecco 2 fait clairement parti des plus beaux jeux de la console, fièrement placé au panthéon des plus beaux titres à côté des Streets of Rage 2, Thunder Force IV et Sonic 2.
Et on termine comme toujours avec la bande-son. Du côté des bruitages, la qualité a été réhaussée. Certains ont été repris tels quel (ceux qui étaient déjà parfaits à l'époque) et d'autres ont été refaits. C'est notamment le cas du gémissement qu'Ecco émet lorsqu'il est touché : bien plus discret et bien moins pénible, on sent que désormais il encaisse en silence, en serrant les dents. Blague à part c'est bien mieux ainsi et la panoplie de bruitages est de meilleure facture.
Pour la version cartouche, on retrouve bien entendu ce son si particulier, qui avait fait en grande partie le charme du premier volume. Cette fois, ils furent 4 à la baguette : Attila Dobos, Andy Armer (alias DMP), David Javelosa et András Magyari. Seul ce dernier a participé au premier OST et on peut dire que le quatuor a fait un excellent travail sur cette séquelle. Encore plus douce et mélancolique que la précédente, la bande-son offre aux joueurs des mélopées enivrantes dont on ne se lasse pas. Elles sont plus nombreuses et diversifiées que par le passé (il faut dire que la cartouche est également 2 fois plus étendue, ça aide) et on ne se plaindra pas d'avoir, comme c'est rarement le cas, une bande-son qui a méritée toute l'attention de ces créateurs de génie. Plongeant le joueur dans les profondeurs insondables de cette tristesse marine, les musiques sont des chef-d'œuvres de la composition 16-bits... ni plus, ni moins.
Après je l'admets volontiers, certaines sont un peu étranges et les sonorités de la Mega Drive donnent parfois des sons à la qualité variable. Cependant une fois de plus les compositeurs ont fait des faiblesses du DSP de la console, une force. Avec une grosse utilisation des basses ainsi que des mélodies superbes et hypnotisantes, laissez de côté l'aspect un peu cheap de la qualité, et laissez vous emporter par la mélancolie qui se dégage de ces pistes qui donnent une ambiance aussi incroyable qu'envoutante.
Il faut le savoir, Ecco the Dolphin et The Tides of Time (sa suite) dans leur version Mega-CD, ne sont jamais sortis individuellement au Japon (contrairement à chez nous). Se suffisant des versions cartouches, je ne sais pas pourquoi SEGA of Japan estimait que les versions CD n'étaient pas utiles, alors qu'on ne va pas se mentir, c'est bel et bien au Japon que le Mega-CD a eu le plus de succès, et qu'il a reçu le plus de jeux. Au final une compilation sortira tardivement, en février 1995 (plusieurs mois après le lancement des Saturn et PlayStation), réunissant les 2 épisodes d'Ecco the Dolphin en version CD-Rom. Cette compilation porte le nom d'Ecco the Dolphin CD et en effet, elle est finalement sortie avant la version européenne mais chez nous, à cette époque-là (en juin 1995) les PlayStation et Saturn n'étaient pas encore sorties (bien que ce n'était qu'une question de semaines).

Avant 
Cette fois la version Mega-CD ne propose aucun nouveau level. Par contre nous avons des vidéos bonus et une exceptionnelle bande-son d'arriver à la conclusion du jeu, je me dois de vous parler de la superbe version Mega-CD, qui est sortie à peine quelques mois après la version cartouche (sauf en Europe où elle a eu un peu de retard). Autant vous le dire tout de suite, Ecco : Les Marées du Temps sur Mega-CD fait bien mieux que son illustre prédécesseur. On y retrouve bien entendu tout le contenu de la version cartouche, d'ailleurs les cheats codes et le debug menu répondent toujours présents (et heureusement !). Et niveau plus-value de cette édition, cette fois nous avons été gâtés. En effet, il est à nouveau facile d'être un peu déçu par la mauvaise utilisation du CD-Rom en ce qui concerne les cinématiques en images de synthèse. Pourquoi Novotrade, au lieu de laisser l'intro classique, n'a pas proposé des CGi, qui étaient la grosse sucrerie de l'époque ? Idem, pourquoi avoir laissé le double épilogue en l'état, alors qu'une vidéo aurait été tellement plus gratifiante pour le joueur qui en a chié des ronds-de-chapeau pour en arriver là ?
Honnêtement je n'en sais rien, mais on peut se dire que Novotrade ne voulait sans doute pas trop se fouler et proposer une version Mega-CD vite développée. Il faut dire que si le support avait ses qualités, il n'était pas non plus ultra répandu (2,5 millions de machines à travers le monde, contre pas moins de 40 millions de Mega Drive classiques). Ainsi les développeurs (comme SEGA qui devait sans doute financer le développement étant donné qu'ils étaient éditeurs et possesseur des droits de la licence) ne voulaient pas trop en faire car intégrer de nouveaux éléments (comme de nouveaux levels) ça demande de remettre les mains dans le code.
Ainsi cette fois il n'y aura aucun nouveau niveau (contrairement au premier opus qui comportait quelques levels supplémentaires) et une fois encore, c'est au travers des plusieurs glyphes que le jeu vous proposera des vidéos bonus. Cette fois pas de documentaire, les 7 chapitres nous offrent des vidéos en images de synthèse qui résume toute la première aventure d'Ecco, du lagon et sa tornade, jusqu'à l'antre des Vortex, en passant l'Atlantide, l'Astérite et la rencontre avec Big Blue.

Alors 
La bande-son de la version Mega-CD a été à nouveau composé par Spencer Nilsen et c'est encore une fois un véritable chef d'œuvre ! bien sûr, ces vidéos sont aujourd'hui très datées, les animations ne sont pas naturelles et si on ne connait pas le premier jeu, j'avoue que l'enchainement des événements peut paraitre assez confus. Le pire étant le chapitre 7, qui n'a queue ni tête car Ecco semble balancer des rayons laser (?), la Reine Vortex ressemble plus à une machine qu'à un alien, et lors de leur voyage retour sur Terre, les dauphins semblent comme voler à travers l'espace. Autant les 6 premiers sont une grande réussite artistique, autant là les créateurs ont fait n'importe quoi (peut-être ont-ils manqué de temps et n'ont pas pu peaufiner leur travail). Car ce n'est pas Novotrade qui a conçu ces vidéos, mais un studio à part, spécialisé dans le domaine (mais qui n'est crédité nul part).
Maintenant il faut aussi voir le bon côté des choses, en 1994/95 ces vidéos nous ont explosé les mirettes ! Comme toujours Novotrade s'acclimate des défauts de son support pour en faire une force et visiblement ces vidéos-là ont été conçus dès l'origine avec ses limitations de couleurs. Le résultat donne des vidéos vraiment superbes, très détaillées et parfaitement colorées (dans la limite des 64 couleurs sur 512 nuances qu'offrent la console). Le Chapitre 1 par exemple, nous offre une explosion de couleurs chatoyantes, notamment pour tout ce qui est des poissons tropicaux et autres coraux. C'est du beau boulot, d'autant plus que ces vidéos ne vont pas spécialement à l'essentiel : tel un film, mises bout à bout, ces cinématiques durent plus de 15 minutes. Après c'est sûr, on aurait préféré une intro, un épilogue et quelques séquences durant le jeu (exactement comme on pourrait le voir aujourd'hui) mais ne boudons pas notre plaisir, ces 15 minutes-là étaient un véritable cadeau pour les joueurs de l'époque.
Enfin, c'est une nouvelle fois le très talentueux Spencer Nilsen qui a composé et produit l'OST de cette version CD-Rom, qui profite bien évidemment de son support pour nous en mettre (comme autrefois), plein les oreilles ! Et c'est bien cette bande-son qui révèle tout l'intérêt de cette seconde édition. Toujours aussi superbe et de grande qualité, il faut tout de même reconnaitre que dans cette suite, l'OST est un peu moins bon. Les compositions sont plus tribales, plus rythmées, au détriment de la mélancolie et des mélodies d'autrefois. Attention, la bande-son reste magnifique, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit... cependant il faut admettre qu'elle est un cran en dessous de la précédente itération. Ainsi, à technique de rendu équitable, je peux comprendre que certains préfèrent l'OST de la version cartouche (j'en fais parti).
Quiconque
Note
a aimé le premier volet des aventures d'Ecco, appréciera forcément cette suite directe. Ecco : Les Marées du Temps offre une aventure mémorable, la consécration d'un jeu totalement à part dans la ludothèque de la Mega Drive et même de toute la Génération des consoles 16-bits. Cependant au sommet de son art, on regrettera que certains passages sont (n'ayons pas peur des mots) super chiants, car le level design exige une précision que le jeu n'offre pas, à l'image de ces phases en pseudo-3D qui sont bien réalisées et qui "auraient pu être sympas" si elles n'étaient pas si longues et si difficiles. D'ailleurs certains passages sont vraiment tordus et de façon globale, la difficulté est si élevée que potentiellement, elle vous gâchera le plaisir de la découverte, la sensation de liberté, la joie de découvrir de nouveaux lieux et d'en comprendre les nouvelles mécaniques... parfois très capilotractées.
Heureusement pour lui (et pour nous), cet Ecco 2 propose à nouveau des passwords ainsi que des cheats codes, afin d'arriver à palier (du moins en partie) cette difficulté volontairement sadique. D'ailleurs, si c'était bel et bien les ennemis le vrai problème du premier opus, dans cette suite je dirai que le véritable ennemi du joueur est le level design. Devant réaliser des phases de jeu ultra frustrantes comme sauter de bassin en bassin, affronter une méduse géante dans un tube flottant ou se déplacer péniblement dans des structures terrestres... l'originalité est certes de mise, mais bon sang rien n'a été fait pour nous faciliter la vie, c'est même tout le contraire !
Cependant il ne faut pas s'arrêter à ces aspérités, car Ecco 2 c'est aussi une ambiance en tout point singulière, une aventure passionnante, avec en plus un jeu intégralement traduit en français, ce qui était extrêmement rare à l'époque. Pour couronner le tout, la réalisation graphique tire parfaitement parti des capacités d'une console dont on n'aurait jamais soupçonné le potentiel à ses débuts. Désormais en fin de carrière (nous sommes au milieu de l'année 1994, les premières consoles 32 et 64-bits ont déjà émergées), la Mega Drive et le Mega-CD sont parfaitement exploités et ils nous offrent des graphismes absolument splendides, une animation fluide, le tout porté par une bande-son hypnotique, mélancolique, magistrale.
Déjà superbe et hypnotique sur cartouche, l'OST se révèle encore meilleur sur la version CD, avec une qualité naturellement accrue et tout le génie artistique d'un Spencer Nilsen toujours aussi inspiré. Au niveau du contenu, cette version sur CD-Rom est strictement identique à celle sur cartouche, et c'est d'ailleurs l'un de ses rares défauts. Pas de nouveau level, pas de cinématique d'intro ou de fin, c'est l'exact contenu de la version cartouche, à laquelle on a ajouté un fantastique et inoubliable OST. Certes elle apporte une dimension encore plus épique et mélancolique au jeu, mais difficile de ne pas être un peu déçu malgré les 15 minutes de vidéos bonus que nous propose cette édition, car si belles soit-elles, elles ne font que résumer la précédente aventure, au lieu d'agrémenter la nouvelle.
Malgré tout, Ecco : Les Marées du Temps reste un jeu qu'on ne peut pas oublier. Certes il y aura la souffrance d'une difficulté épouvantable, mais il y aura aussi la beauté d'une aventure incomparable qui arrive à surclasser la précédente itération sur quasiment tous les plans. En un mot comme en cent, que ce soit sur cartouche comme sur CD-Rom, cette séquelle fait parti des plus grands titres de la console...

Etant 
En 1995, à la sortie d'Ecco Jr, le monde du jeu vidéo était en plein dans le virage de la 3D et SEGA ne voulait pas investir dans un dernier (véritable) épisode d'Ecco donné que dans ce dossier nous n'avons évoqué que les Ecco sortis sur Mega Drive, il serait sans doute anormal de ne pas le clôturer en parlant d'Ecco Jr. Comme je l'ai déjà évoqué, à l'origine Novotrade voulait faire une trilogie de sa série, un peu comme l'ont fait les Streets of Rage, les Shinobi (car oui n'oublions pas Shadow Dancer), les Desert Strike, les Golden Axe, les Mortal Kombat, et en quelque sorte les Sonic (puisque le 3e opus et le Knuckles devait à l'origine ne faire qu'un). Comme quoi vous voyez, les jeux actuels ou même le cinéma récent, n'ont clairement rien inventé. Cependant, à la sortie d'Ecco 2 (Les Marées du Temps / Tides of Time) nous étions déjà en 1994 et sachez-le, depuis la fin de l'année 1993, la 5e Génération de consoles avait déjà commencé. Et oui, ne l'oublions pas, la fameuse Génération des consoles 32/64-bits n'a pas débuté avec les PlayStation et Saturn, mais bel et bien avec les Amiga CD32, Jaguar et autre 3DO. Ces trois-là n'auront eu qu'un succès d'estime (voire pas de succès du tout) et il est vrai que c'est à la sortie des consoles de SEGA et Sony que la fameuse Gen' des consoles 3D a véritablement décollé.
Tout le souci pour SEGA (éditeur et détenteur de la licence) c'est qu'à ce moment-là il fallait déjà voir vers l'avenir, d'autant qu'entre temps Novotrade avait déjà développé le très beau mais étrange Kolibri sur 32X. Ainsi développer un nouveau jeu 16-bits sur une console en passe d'être abandonnée, ce n'était pas tellement dans les plans de SEGA, d'autant que contrairement au passage de la 3 à la 4e Génération (des 8 aux 16-bits), cette fois le renouvellement sera fulgurant et hormis du côté d'un Nintendo qui fera perdurer sa Super NES, les joueurs sont rapidement passés à autre chose.
Il 
Un épisode Mega Drive + Mega-CD + 32X était en développement mais ne verra jamais le jour. D'ailleurs, aucun épisode Saturn ne sortira non plus... est également à noter qu'à la même époque, Novotrade était en train de développer un nouvel épisode d'Ecco pour le combo Mega Drive + Mega-CD + 32X (si si ça existe, 5 jeux exclusifs sont même sortis sur ce format ultra élitiste), qui développait un max de puissance. Le résultat aurait pu être très impressionnant en couplant la puissance du 32X aux capacités de stockage du CD-Rom. Mais on le sait, le Mega-CD n'a eu qu'un succès modeste et le 32X fut un échec commercial. Le projet fut donc abandonné et on aurait pu penser que ce qui a été développé servirait à un potentiel épisode Saturn, mais ce ne fut pas le cas. A la place de ça, ils sortiront des jeux Jurassic Park pour les consoles de SEGA et des médiocres jeux Contra sous licence Konami pour la PlayStation. J'ai toujours trouvé ça idiot de voir un studio exceller dans un domaine mais tout faire pour en changer, au risque de sortir un mauvais titre. Et ici, nous en avons un très bel exemple.
Il faut aussi dire que depuis la sortie d'Ecco Jr et Kolibri, Ettore Annunziata a commencé à bosser dans d'autres studios, abandonnant son cher Ecco. Pour dire, il n'a même participé au Defender of the Future... Bref, retour en 1995, c'est dans ce contexte incertain que Novotrade International (à quelques semaines de devenir Appaloosa Interactive) sort Ecco Jr, un spin-off de la série d'Ecco le Dauphin. S'il est aussi peu connu en Europe c'est parce qu'il n'est pas sorti chez nous (et vous allez vite comprendre pourquoi), le bougre n'ayant vu le jour qu'aux Etats-Unis, en Australie et au Japon, entre avril et août 1995.
A ce moment-là les Saturn et PlayStation se mènent une guerre sans merci au Pays du Soleil Levant, la Saturn est déjà arrivée aux USA et en Europe, et la PSX ne va par tarder à lui emboiter le pas. Sachant qu'à ce moment-là nous vivions la "révolution de la 3D", le pauvre petit Ecco Jr est totalement passé inaperçu. Ceci dit le contexte historique n'est pas le seul élément à prendre en compte. En effet en tant que spin-off, Ecco Jr se destine avant tout à un public très jeune : les gosses de moins de 10 ans. Prévu pour également sortir sur 32X, cette version fut rapidement abandonnée (de toute façon l'add-on n'a eu qu'un succès mondial anecdotique) et les joueurs heureux de retrouver Ecco au sein d'un nouveau jeu, ont rapidement déchanté.
Autant mettre les choses au clair tout de suite, la belle pochette bleue que vous voyez ci-dessus n'est pas européenne, elle est australienne ! Oui en Australie ils avaient le même genre de boites que par chez nous, d'ailleurs eux aussi étaient en PAL 50 hz. Ceci dit pour pouvoir jouer à Ecco Jr sur votre console européenne, il vous fallait quand même un adaptateur de dézonage. Vous vous demandez alors : mais où est passé la pochette japonaise ? En voilà une question qu'elle est bonne ! ^_^ Il faut le savoir, Ecco Jr a, en grande partie, été développé pour la SEGA Pico, une console destinée aux enfants, basée sur l'Hardware de la Mega Drive. La Pico devait elle aussi se connecter à une TV, les jeux étaient stockés sur des cartouches propriétaires et se présentant un peu comme un PC portable, on retrouve une croix de direction, un seul bouton d'action ainsi qu'une pseudo-tablette avec stylet.

Si 
Ecco Jr ne propose aucun scénario, et les textes sont uniquement en anglais ou en japonais (selon la version) je dis que les amateurs des jeux Ecco ont sûrement déchanté en achetant Ecco Jr (en import), c'est bien parce qu'au final, ce spin-off n'a plus grand-chose à voir avec ses prédécesseurs. En effet, on peut résumer les 2 premiers Ecco par des jeux d'aventure à la difficulté titanesque, mais aussi à la réalisation de très haute volée, portés par une superbe bande-son, proposant un scénario mature et une aventure ne trouvant nulle part ailleurs son pareil. Pour faire simple, Ecco Jr nous propose de jouer Ecco à l'âge enfant, accompagné d'un orque et d'un autre dauphin dont les noms sont Tara et Kitnee. Je vous le dis de suite, jouer l'un ou l'autre ne change strictement rien, c'est uniquement esthétique. Cependant le scénario aurait pu être séduisant : vivre les premières aventures de notre mammifère marin préféré aurait pu donner quelque chose d'intéressant, et mieux encore, étant donné qu'il y a 3 personnages, on aurait pu avoir 3 mini-histoires imbriquées. Mais en réalité, il n'y en a tout simplement pas d'histoire ! C'est la première déception...
Retour à une simple cartouche de 8 Mb (afin de limiter le temps de téléchargement via SEGA Channel), n'étant sorti que sur les secteurs NTSC, le jeu n'est donc disponible qu'en anglais ou en japonais, et les textes ne font que présenter la mission du niveau en cours. Pour dire, à l'allumage du jeu c'est direct l'écran titre, il n'y a même pas de véritable intro, on se contente de démos tournantes et de quelques lignes de textes présentant vaguement le contexte du jeu. Le programme se veut donc plus éducatif, sensibilisant les jeunes joueurs à la vie marine, qu'un véritable jeu vidéo avec son challenge et son avancée dans une histoire (qui ici, elle n'existe de toute façon pas).
On presse "Start", on choisit son animal marin puis comme d'habitude, on va à gauche pour rentrer un password, ou à droite pour commencer son aventure. Dédié aux gosses, les mots de passe sont extrêmement simples (à peine 3 caractères) et permettent de reprendre sa partie, l'aventure n'étant composée que de 18 niveaux. Mais avant de vous dire que c'est déjà pas si mal, sachez que le jeu ne propose AUCUNE DIFFICULTE ! AUCUNE !
Avez-vous remarqué que les artworks des jeux Ecco sont presque tous signés Boris ? En effet, je dis "presque" car certains (notamment ceux issus des versions japonaises) ne le sont pas, mais en ce qui concerne les versions occidentales, on peut clairement voir sa signature sur la pochette des jeux. Boris Vallejo (ci-contre c'est un auto-portrait) est un illustrateur américain d'origine péruvienne, né en 1941 (à la sortie du premier Ecco, il avait déjà 52 ans). Il est particulièrement connu pour ses œuvres dépeignant des mondes fantastiques, avec des guerriers antiques musculeux, de belles princesses dénudées et toutes sortes de créatures plus ou moins fantaisistes. Il illustrera ainsi de nombreuses couvertures de livres, des affiches de films, des pochettes de disques et bien sûr des jaquettes de jeux vidéo. Travaillant beaucoup pour SEGA, parmis les plus connus on retrouve Gynoug, Golden Axe II, Turrican (version Mega Drive), Phantasy Star IV, et bien entendu Ecco the Dolphin, Ecco : The Tides of Time ainsi que Ecco the Dolphin : Defender of the Future. Après 20 ans de participation sur des "covers" reconnaissables, il cessa de travailler avec les éditeurs, pour se consacrer à son Art de façon indépendante. Pour Ecco Jr, ce n'est pas Boris Vallejo qui s'est occupé de l'illustration (et ça se voit au premier coup d'oeil) mais un certain Brian Ransom, qui a déjà travaillé sur le Menacer 6 Game Cartridge et Dr Robotnik's Mean Bean Machine. C'est pas vraiment le même standing...
En 
La difficulté est tout simplement inexistante dans cet épisode, le jeu se destinant aux jeunes enfants réalité les ennemis ne font que de la figuration, ils ne nous touchent jamais, il n'y a aucun piège dans le décor (aucun pique, aucun mécanisme qui va tenter de vous écraser) et bien entendu aucun Vortex à l'horizon ! Si autrefois on était agressé de toute part et que la difficulté crevée littéralement le plafond, ici on prend l'exact contraire. La difficulté est donc au ras-des-pâquerettes. Ecco et ses amis ne peuvent pas faire de coup d'accélération (via la touche B), mais ils gardent la faculté de sauter par dessus les rochers, uniquement en accélérant (via la touche C) le mouvement se faisant plus ou moins automatiquement. Ce n'est pas un mal tant sur les 2 jeux principaux, réaliser de tels sauts était parfois galère.
Ceci dit il n'y a pas de super labyrinthes à déjouer non plus et pour tout vous dire, le jeu est si facile qu'on ne dispose d'aucune barre de vie (puisqu'on n'est jamais blessé), il n'y a aucun timing ainsi qu'une jauge d'oxygène. Pas besoin de remonter à la surface pour reprendre de l'air, au final Ecco et ses potes sont littéralement immortels et n'ont pas besoin de respirer. Pour un programme éducatif, c'est finalement assez limite puisque ça ne reflète pas la réalité, mais du coup le public cible ne sera jamais frustré par des notions de mort ou le fait de recommencer un niveau. Voilà pourquoi ce spin-off s'oriente vers les très jeunes enfants, qui ont une patience assez limité et qui ne supporterait pas la difficulté légendaire des 2 premiers opus. C'est d'ailleurs marrant de se dire que les Ecco sont parmi les pires défis qu'un gamer puisse s'infliger et que là la difficulté a été baissé au point zéro. Comme quoi chez Novotrade on ne sait pas se contenter d'un juste milieu, c'est soit un extrême soit l'autre.
Le but d'Ecco Jr est finalement simple : au cours des 18 niveaux, notre petit cétacé va devoir jouer à des mini-jeux. Il s'agira de retrouver des animaux perdus tels qu'une otarie et sa balle, ainsi que toute la panoplie marine (poisson, dauphin, orque, espadon, poulpe) avant de rejoindre le glyphe de sortie. Plus intéressant, à d'autres niveaux il faudra réunir des cercles musicaux disséminés un peu partout, retrouver un trésor, chasser les perles au sein des huitres (qui ressemblent à des moules géantes mais soit) ou encore briser des cristaux à coup de sonar. En parlant de sonar, on ne plus obtenir la map du niveau, il sert uniquement à repérer approximativement la zone où se situe notre prochain objectif. D'ailleurs j'estime que le jeu peut aider les gosses à développer leur sens de l'orientation et ce n'est clairement pas un mal.

En 
Le jeu propose 18 niveaux mais se finit en moins d'une heure. Par contre pour faire découvrir le JV à un tout jeune gosse, Ecco Jr est parfait soi les mini-jeux demandent toujours un certain sens de l'exploration, mais par la même, c'est la dimension "aventure" qui a disparue dans ce spin-off puisqu'il n'y a plus aucune énigme, plus aucun puzzle à déjouer. Si les 18 niveaux tournent plus ou moins autour du même concept, par 3 fois on aura aussi un "Jeu du Loup" qui consiste à refourguer l'anneau qui tourne autour de notre animal, à celui qui sera le plus proche, puis à rejoindre le plus vite possible la sortie. La tuile c'est que la maniabilité n'est pas très précise (elle ne l'a jamais été sur cette série) et le jeu se permet même de tricher puisqu'un poursuivant peut très bien se retrouver face à nous d'une seconde à l'autre, nous refilant au passage ce dont on voulait se débarrasser. Même si ce n'est pas foncièrement difficile, ces passages-là on quelque chose de stressant et un enfant, qui n'aura pas forcément la dextérité adéquate, risque d'y passer un moment sans pour autant y prendre plaisir.
Du point de vue d'un adulte, Ecco Jr ne présente donc aucun challenge, au bout d'un quart d'heure on s'ennuie ferme, cependant pour un enfant, ça peut être cool. Imaginez donner la manette à votre fille ou votre fils, qui aurait entre 5 et 8 ans, ça peut clairement l'amuser. Je dirai même que le jeu est parfait si vous voulez le ou la familiariser avec le jeu vidéo, sans qu'il y ait la moindre frustration ou la moindre violence. Maintenant on peut aussi se demander comment Novotrade en est arrivé là. En effet, comment lors d'un "brainstorming" au sein du studio, Annunziata et son équipe (car oui, c'est toujours lui qui est derrière le projet) ont pu se dire : "bon les gars, on a fait souffrir des millions de personnes avec nos jeux mais c'est désormais fini ! On va créer cette fois un jeu pour les gosses, sans aucune difficulté ! Mieux encore, on ne va pas se fouler, on va reprendre une partie du gameplay, les assets, les sprites, les éléments de décors déjà créés et on va torcher ça vite fait, bien fait !!". Perso, je ne vois pas les choses autrement.
Réduction de cartouche oblige et visiblement aucune envie de faire mieux non plus, Ecco Jr est aussi très court. Chaque niveau se torpille en moins de 5 minutes et à moins de coller la manette à un gosse qui essaie encore de faire rentrer son cube de bois dans un trou bien rond, il devrait finir cette concise aventure en moins d'une heure. Suivra alors une courte séquence de fin, aussi peu travaillée que le reste du jeu, et emballé c'est pesé ! Dans ces conditions vous vous doutez bien qu'il n'existe pas de debug menu et le seul cheat code disponible ne fait que débloquer le select stage.
Techniquement, 
Les graphismes sont globalement jolis, malgré quelques couacs au niveau des décors. La bande-son est par contre assez décevante c'est un fait, Ecco Jr reprend beaucoup d'éléments des 2 premiers jeux. Les fonds marins sont généralement très jolis, en reprenant les somptueux décors bleutés d'autrefois. Par contre je ne sais ce qui s'est passé pour les roches du premier plan, mais c'est parfois extrêmement mal fait ! On dirait que les développeurs ont laissé place à des stagiaires qui ont collés les tuiles un peu n'importe comment. En résulte un effet brouillon très moche et très loin du savoir-faire du studio. Heureusement les stagiaires n'étaient pas là en permanence, et d'autres niveaux semblent tout à fait normaux. C'est étrange tout ça... Dans son ensemble et quand on n'a pas cet effet brouillon, le jeu est plutôt joli, même si on reste loin de la "proche perfection technique" des 2 opus canoniques. On notera tout de même qu'un niveau sert plusieurs fois, à plusieurs épreuves, et donc les développeurs auraient dû prendre le temps de soigner leur réalisation. C'est aussi ça qui me fait dire que le développement a été torpillé en quelques mois à peine et finalement, avec le peu de contenu proposé, je suis sûr qu'avec un peu d'optimisation une cartouche de 4 Mb aurait suffi (précisons que le premier Sonic tient justement sur une telle cartouche, comme quoi rien n'est impossible).
Enfin côté musique, on retrouve Andy Armer, accompagné de 2 nouvelles têtes (Gabor Foltan et Laszlo Fazekas) pour un résultat assez décevant. Aucune piste connue (et appréciée) n'a été reprise et les nouvelles compositions sont sans inspiration, sans attrait, platonique au possible. On ne retrouve plus ce côté mélancolique, avec ses sonorités saturées et métalliques. Désormais place à la joie d'une bande de copains qui pataugent dans la marre. Certaines pistes sont vaguement inspirées de ce qu'on a déjà entendu dans la série, d'autres font plus penser à un jeu de plate-formes 8-bits. Vu par le prisme "d'un jeu pour enfant", on peut dire que oui, ça fait le job. Mais pour un jeu de la licence Ecco the Dolphin, je peux vous dire que c'est bof-bof. Sur les 15 pistes que compte l'OST, seules 3 sortent réellement du lot, le reste étant tellement passe-partout, que très vite on n'y prête même plus attention.
Ecco
Note
Jr n'est pas du tout le jeu auquel je m'attendais. Je pensais sincèrement que nous allions vivre les premières aventures du jeune héros marin, dans un jeu certes un peu moins complexe, mais qui resterait intéressant et surtout dans la continuité de la série. Qu'elle ne fut pas ma surprise lorsque je me suis aperçu qu'il n'y avait pas d'intro, pas d'histoire, aucune jauge de vie ni d'oxygène, et au final aucun challenge ! Alors certes les 2 premiers opus étaient trop difficiles, mais là c'est véritablement trop facile. Ma fille de 11 ans a torché le jeu en moins d'une heure et elle qui joue généralement à la 3DS et à la Switch, était déjà trop âgée pour le public visé. Car certes on nous propose 18 niveaux mais ils sont très courts, les objectifs ne se renouvellent pas et ne comportent absolument aucun piège. C'est juste de l'exploration, avec un gameplay simplifié dans des décors un peu torché vite fait, basé sur le contenu précédemment créé. Sérieusement, ça sent le développement un peu opportuniste (le jeu a rapidement été porté sur SEGA Pico, qui est destiné aux enfants) et je dirai même bâclé.
D'ailleurs malgré quelques jolis passages, j'ai bien du mal à comprendre pourquoi certaines parties du décor sont si mal raccordées, pourquoi l'OST est si banal, pourquoi ce spin-off se révèle sans intérêt une fois passé un certain âge, alors même qu'il a été développé par l'équipe originelle. Car oui, si les Ecco sont de somptueux et originaux jeux d'aventure à la difficulté hardcore, ici la dimension aventure a totalement disparue, au même titre que le moindre challenge. Malgré tout, le jeu reste mignon, l'ambiance est détendue au possible, il n'y a aucune pression, aucune violence... en gros ça sent bon le jeu certifié BIO et Green Peace, que vous pourrez mettre entre toutes les mains, même les plus jeunes. Bref, Ecco Jr est un peu comme tous les spin-offs (Sonic Spinball et Sonic 3D Blast en tête de liste) : c'est sympa mais ça ne vaut clairement pas les épisodes canoniques. Ainsi donc, si vous êtes un gosse de moins de 10 ans, dites-vous que la note attribuée vous concerne, dans le cas contraire vous pouvez ôter au moins 5 points tant Ecco Jr n'aura aucun intérêt pour vous...
