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Aussi 
Cette suite débarque un peu moins de 2 ans après le premier opus, et cette fois, il sort également sur PC étrange que ça puisse paraitre, le premier Bad Company n'est jamais sorti sur PC. Une curiosité marketing quand on pense que la licence Battlefield est née sur PC et que les portages consoles/PC sont désormais monnaie courante (la réalité à demi-avouée par DICE c'est que le moteur graphique, le Frostbite Engine 1.0, est soit disant inadapté au PC, car il a été concçu à l'origine pour les consoles PS3 et Xbox 360 - vérité ou mytho, difficile à savoir). Qu'à cela ne tienne, DICE et Electronics Arts remettent le couvert 2 ans plus tard avec un Bad Company 2 toujours "pensé pour la console" mais qui nous fait cette fois l'honneur de débarquer sur PC. Les Battlefield sont toujours comparés à une autre grosse licence : Call of Duty. D'ailleurs les Bad Company sont en confrontation directe avec les Modern Warfare. Il faut dire que les 2 jeux se talonnent à moins de 6 mois d'intervalle et que leur leitmotiv est assez semblable.
Si le premier (bien que très bon) titre de DICE n'atteignait pas l'excellence de Call of Duty 4 : Modern Warfare, il avait pour lui 3 facettes bien sympas qui le rendait un poil plus original et moins académique. Tout d'abord la destruction massive (et c'est sans doute ce qui manque le plus à la licence d'Activision), un terrain plus ou moins ouvert et enfin un humour bien sympa, qui tranchait avec le sérieux de ce type de jeux. Au final Bad Company était une vraie bonne surprise, une bouffée d'air frais ! Il était beau, bien mené, il ne lui manquait plus qu'une mise en scène et un scénario digne de ce nom pour en faire un hit. Maintenant que Call of Duty : Modern Warfare 2 a raflé tous les suffrages à la fin de l'année 2009, voyons si DICE a corrigé ses erreurs et scrutons ce Bad Company 2 pour voir s'il a l'étoffe des héros.
Notre 
On retrouve l'équipe de "bras cassés" du premier épisode, avec une mise en scène bien mieux travaillée aventure commence en 1944, en pleine guerre du Pacifique. Dans la peau d'un commando américain, nous avons pour mission de rapatrier un scientifique japonais. Lorsque j'ai vu que le jeu commençait en '44, j'ai eu très peur que "l'effet Treyarch" ou "Medal of Honor" avec leurs obsessions pour la Seconde Guerre Mondiale, viennent me pourrir l'expérience. Heureusement pour nous il n'en est rien car cette "Mission Aurora" durera seulement 20 minutes et servira de prologue à l'histoire principale, une histoire qui met en scène une nouvelle menace (ça nous change du nucléaire) et qui reprend un ennemi laissé en vie (Preston Marlowe l'a laissé filé) dans le premier opus : le colonel Kirelenko. Donc après le prologue, on retrouve notre héros malgré lui, ainsi que son équipe de bras cassés. Mais déjà ici, beaucoup de choses ont changé, à commencer par les briefings, autrefois tous similaires.
Désormais on a une construction scénaristique plus poussée, on a plus de cut-scenes, des ballades en hélico et même des loadings façon vue satellite (ça ne vous rappelle aucun jeu concurrent, ça ?). D'ailleurs certaines scènes sont bien immersives comme on aime, explosives même, rendant honneur à des modélisations toujours superbes. Mais on regrettera que les animations soient parfois limites (les mouvements sont peu réalistes par moment, trop spasmodiques). Si la synchro labiale était à peu près potable dans le premier opus, ici la désynchro atteint des sommets, sans doute par manque de travail sur la mise en scène. En scrutant bien le jeu, on s'aperçoit qu'en fait ce sont des vidéos créées offline avec le moteur du jeu (alors qu'elles étaient gérées en temps réel autrefois), dont la qualité est un peu juste par moment, notamment parce que ça pixellise.
Mais 
Ce qui faisait la "magie" du premier épisode, à savoir l'humour, a disparu. Qu'elle déception :( ça, ça ne changerait rien au fait que le scénario soit sympa, si seulement le script n'était pas aussi décousu et si certaines questions ne restaient pas en suspens. Certes on retrouve la narration (en voix off) de Marlowe (une bonne idée reprise du 1 qui donne un aspect cinématographique à l'aventure) mais qu'est devenue Miss Juillet et surtout qu'est devenu l'or ? Rappelez-vous, les 4 chercheurs de fortune sont partis avec un camion plein d'or à la fin du premier épisode, histoire qu'ils puissent prendre une retraite anticipé et ma foi, bien méritée. Mais cet aspect du jeu est totalement occulté, comme si la Bad Company n'avait jamais vécue cette histoire-là. D'une retraite ils sont directement retournés bosser, sans demander leur reste, comme si DICE avait volontairement mis ça de côté, en faisant reprendre du service nos joyaux lurons. C'est un peu laid tout ça, surtout pour la pérennité des personnages.
Enfin, le dernier aspect qui a le plus changé, c'est l'ambiance. En finissant le premier épisode vous vous en êtes sûrement aperçu(e), l'humour perdait du terrain. Désormais, même si Sweetwater et Haggard s'envoient encore quelques vannes, l'humour est passé à la trappe. Certes le conflit est plus sérieux, moins intimiste, mais ne cherchez plus les super blagues à mourir de rire, il n'y en a tout simplement plus ! Il suffit de voir l'artwork du jeu... il est si sérieux, si badass qu'au final, il ne reste plus aucune place pour cette fantaisie qui faisait tout le charme du premier opus.
Alors l'un dans l'autre, on avouera que c'est mieux fait, plus prenant, le jeu implique plus le joueur mais d'un autre côté, entre un scénario bof-bof et mal mis en scène par moment, un humour jeté dehors comme un malpropre alors qu'il faisait partie intégrante du jeu, et un conflit contemporain particulièrement calqué sur un titre dont j'ai évoqué le nom maintes fois, je me demande si Bad Company n'aurait pas simplement perdu de son âme dans cette suite...
Tout 
Preston peut enfin porter 2 armes, mais au prix qu'il n'a plus de gadget le monde s'en doute, comme pour le premier jeu, les modes multi sont riches, permettant à ceux qui ont un service en ligne, de profiter de son jeu encore quelques heures. C'est d'ailleurs l'argument massue de cette suite, et ce pour les 3/4 des joueurs du monde. Mais de mon côté, je n'aime pas tuer mon prochain, je préfère m'occuper essentiellement de tuer des IAs, des intelligences artificielles qui n'ont d'intelligent que le nom. Car il n'est pas rare, dans l'aventure solo, de contourner un gars et de le shooter dans le dos. Qu'il ne nous voit pas d'accord, mais qu'il ne se retourne pas lorsqu'on rate son tir et qu'on plante ses douilles dans le mur juste à côté de lui, là je dis non les mecs ! Pire, le jeu s'arrange souvent sa sauce avec les scripts, car il n'est pas rare que nos coéquipiers, qui étaient derrière nous, se retrouvent pile devant (alors que c'est impossible à moins de traverser les murs) et qu'on en vient à leur tirer dessus pensant que ce sont des ennemis. C'est quand même débile, d'autant que dans le premier volet, il ne me semble pas avoir eu droit à ce genre de tour de passe-passe.
Heureusement pour nous, le gameplay a été amélioré, pas de façon flagrante mais par ajustements. On commencera par le fait qu'il n'y a plus de seringue. Autrefois infinies, elles permettaient de se remettre instantanément la santé à 100%, ce qui était certes très irréaliste mais bien pratique. Désormais Preston Marlowe voit son "énergie" remonter au fil du temps, comme ça se fait de plus en plus aujourd'hui. En parlant de gadget, la visseuse réparatrice de véhicules a (elle aussi) dégagée. Même si une fois encore la forme était mal employée, le fond était sympa. Désormais si un véhicule se fait laminer, il n'y a aucun recours.
En 
L'arsenal est toujours aussi étoffé et les caisses d'armes rendent bien service parlant de véhicules, qui sont bien entendu à l'honneur dans ce nouveau Battlefield (puisque la licence s'est avant tout forgée une réputation avec ça), désormais on peut conduire et tirer en même temps. Là aussi on pourrait critiquer un certain non-sens du réalisme mais ça permet de rouler et de shooter en même temps, plutôt que de switcher entre les positions au sein du véhicule, ce qui hachait un peu les ballades (on l'a déjà vu dans Crysis et c'est toujours aussi efficace). Du coup la vue est uniquement à la première personne (plus de vue extérieure), et grand sérieux oblige, on n'a plus du tout de station de radio, même locale. C'est par contre un vrai bon point, Preston transporte désormais 2 armes. Même si parfois on nous impose les pétoires, il est quand même agréable de pouvoir en changer selon les besoins et les affinités. Et justement, cerise sur le gâteau, en plus de pouvoir ramasser toutes les pétoires ennemies laissées à terre (des "guns" qui sont en plus localisées sur le radar), notre personnage a accès à des caisses d'armes.
Il subsiste toujours les caisses de ravitaillement en munitions, mais les caisses d'armes permettent en plus de changer
ses sulfateuses contre n'importe qu'elle autre débloquée auparavant. Au total il y a 26 "arguments de mort" à disposition,
reprenant plus ou moins l'arsenal du premier opus : snipers, lance-roquettes, fusils d'assaut, fusils à pompe... Il est
parfois énervant de voir disparaitre sa précédente arme si on prend celle au sol mais ça reste rare et le jeu a le bon goût de conserver nos armes entre 2 niveaux.
Répertoriées en 3 grandes caractéristiques (dégâts, précision et cadence de tir), on retrouvera avec contentement les lance-grenades accrochés aux meilleurs fusils, les grenades à mains (avec la possibilité de retarder le lancé... mais sans le smiley) et on aura même plaisir à se servir du fusil à pompe (plus encore si c'est USAS-12, un automatique à chargeur), car contrairement au précédent épisode, ici il est vraiment puissant.
C'est 
Plus de seringue mais une santé qui remonte toute seule. C'est si "classique" pour le genre... d'ailleurs un délice de voir que DICE privilégie le surnombre ennemi à la résistance. Il n'y a rien de plus frustrant que de voir un gars qui encaisse un chargeur entier avant de rendre l'âme. Ici et comme précédemment, les ennemis sont "plus humains" et quelques balles suffisent. C'est dans l'ordre des choses. Ça n'empêche pas Bad Company 2 d'être plus difficile que le 1. On meurt plus souvent mais ça n'est pas rageant pour autant, l'aventure restant malgré tout très abordable (surtout sur consoles où le jeu semble plus "arrangeant" que sur PC). Afin de varier les plaisirs, les développeurs ont tout fait pour qu'on n'ait pas l'impression de toujours réaliser les mêmes actions. Bien sûr les ballades à véhicules (jeep, quad, tank...) sont les plus réminiscantes, mais il y a aussi des sauts en parachute, des séances de snipe et autre assassinats sans faire de bruit. Car c'est une nouveauté, on dispose désormais d'une attaque de mêlée et ce, sans sortir le couteau de façon manuelle.
Pareillement, si les maps sont toujours cloisonnées au gré des scripts et semblent plus réduites qu'avant, le jeu permet généralement d'aborder les assauts selon 3 manières différentes : soit on snipe de loin toute éventuelle menace, soit on joue les bourrins et on explose tout, soit on se la joue classique, les couilles dans une main, le fusil dans l'autre, en se mettant à couvert dès que la santé l'exige (et il existe le plus souvent, plusieurs chemins parallèles). Enfin, la destruction massive a été améliorée (dans un sens mais pas dans l'autre, je détaillerai juste après), et c'est sans doute ce qui manque le plus à des titres comme Call of Duty : Modern Warfare.
Je 
Le jeu varie beaucoup ses ambiances, ses décors et ses approches m'excuse de parler si souvent de "Call of", mais Bad Company 2 y fait vraiment penser, et sans réellement parler de plagiat, il faut reconnaitre que DICE s'en est beaucoup inspiré. La destruction massive donc, est plus poussée, ce qui fait qu'un ennemi caché derrière un mur, une barrière en bois (qu'on explose à la simple mitrailleuse !) ou autre, pourra très bien être atteint. Ça marche aussi dans le sens inverse, d'où un certain sentiment d'insécurité qui apporte un vrai plus aux combats. Des combats toujours plus nerveux puisqu'on n'est à l'abri nulle part, le surnombre ennemi aidant en ce sens. Enfin sur l'éternelle question "clavier/souris ou manette", je vous laisse faire votre choix. La souris est plus précise certes, mais j'ai toujours détesté le clavier pour tout le reste. La manette est plus immersive, on a la vibration, mais forcément on perd en réactivité et en précision...
Reprenant plus ou moins la configuration des touches du premier Bad Company, il est alors difficile de se sentir dépaysé même si on aurait aimé configurer ses touches soi-même (plutôt qu'elles soient imposées), ou tout du moins mettre la touche "reload" sur une gachette (comme dans Halo) plutôt que sur une touche d'action (comme dans Call of). On retrouvera aussi une jouabilité pas mal imprécise, ce qui nous force à régler la sensibilité au minimum pour avoir un tantinet de précision (c'est sans doute pour ça que le jeu est aussi plus permissif sur consoles que sur PC). Malgré mes critiques et le fait que le jeu ne soit pas encore parfait, il faut reconnaitre qu'il est sacrément efficace. Rares sont les moments de pause, c'est explosif à souhait et particulièrement immersif par moment, ce qui rend hommage à un développeur qui a cherché à faire de son Bad Company 2, l'un des meilleurs titres du genre.
Le 
Bad Company 2 est un très beau jeu... on aurait juste aimé avoir du 60 fps sur consoles Frostbite Engine avait déjà illuminé nos consoles en 2008, et le revoilà plus en forme que jamais dans une version 1.5 plus aboutie mais malheureusement moins fignolée. Je sais c'est contradictoire mais en fait le jeu est à la fois plus beau et plus bugué. C'est plus clair là ? Prenons le cas des cut-scenes. Lors du prologue j'ai été choqué de voir les blindés japonais avancer sans que les chenilles ne tournent (oui oui, même sur consoles comme quoi ce n'est pas un bug réservé au PC), ou encore que le mec qui conduit lors de l'évasion, ne tourne jamais le volant dans les virages. Ensuite il est affligeant de voir l'herbe traverser le plancher des maisons, ou encore le blizzard passer dans le salon d'une habitation vide... alors que les portes sont fermées ! Par ailleurs, à l'image du premier Bad Company, il y a beaucoup de baraques, toutes identiques et généralement désespérément vides...
Dernier détail, la destruction massive est encore plus prononcée qu'avant, avec plus de bâtisses qu'on réduit en gravillons, des barrières en bois qui volent en éclat sous le feu des mitrailleuses, des pans de mur qu'on ruine à coup de grenades ou de roquettes... et après on s'étonne qu'une simple caisse en bois ou une chaise résiste à tout un chargeur ! Dans la destruction il y a vraiment 2 poids 2 mesures, comme la nature (notamment les arbres) qui se dégrade bien moins qu'auparavant. Rappelez-vous, dans le premier volet, il était littéralement possible de couper les arbres en 2... Bad Company 2 subit donc un vrai problème de finitions, sans doute imposé par sa date de sortie (ce que le premier n'avait pas subi puisqu'il était moins attendu).
Alors 
La destruction massive est toujours aussi jouissive :) Dommage qu'elle soit si "sélective" évidemment on se sent quelque peu déçu, surtout que c'est pas mal aliasé mais il me serait difficile de finir ce chapitre sur un si mauvais apriori. En effet Bad Company 2 est avant tout un très beau jeu, qui plus est varié. Si on a bouffé de la cambrousse jusqu'à plus faim dans le premier opus, ici les développeurs ont cherchés à varier à tout prix les environnements, ce qui donne une aventure nettement plus éclectique. De la Bolivie avec ses forêts et ses éclairages feutrés absolument somptueux, à la nuit d'encre dans ce Japon des années '40, le Canada, le désert, la Cordillère des Andes, l'Alaska... on voyage et c'est autant de superbes décors qu'on arpente. Les textures sont travaillées, les modélisations sont, encore une fois, vraiment superbes, bref si les détails agacent, dans sa globalité Bad Company 2 éclate la rétine ! D'autant qu'il est plus rapide qu'avant, plus nerveux et que la destruction est toujours aussi impressionnante.
Pas encore irréprochable mais largement exploitée, on restera quelques fois bouche-bée lorsqu'un hélico s'écrase à nos pieds ou qu'une tour de surveillance s'écroule devant nos yeux. Le moteur physique travaille toujours aussi bien. Enfin, signalons que le "mouvement de tête" est cette fois plus raisonnable (merci les gars) et la gestion des particules est vraiment bien étudiées. Les fumées sont particulièrement "volumineuses" et lors des vents de sables ou de neige, on s'y croirait ! Au final Bad Company 2 fascine plus qu'il ne déçoit, parce que la beauté et la variété des décors, la puissance du moteur physique et des scènes toujours plus impressionnantes, plus immersives, priment sur quelques facettes mal travaillées. Une bonne chose pour lui.
L'une des facettes qui m'a le plus plu dans le précédent épisode, c'est le son. Musiques décalées, excellent doublage et bruitages particulièrement explosifs, il n'y avait quasiment rien à redire. Sur cette suite, si la qualité reste malgré tout au rendez-vous, on ne retrouve malheureusement plus le même souci du détail. Si DICE a eu le bon goût de mieux gérer les effets de reverb (notamment dans les maisons), à contrario ils ont alourdis leur jeu de nouveaux bugs.
Je 
Côté son, la qualité est là mais encore une fois, ça manque de finitions commencerais par le fait que la synchro labiale ait été mise au placard, alors qu'elle se révélait "correcte" dans le premier Bad Company et soulignait les mérites d'un très bon doublage. En parlant de doublage, on retrouve le casting original (ce qui est une excellente chose), ainsi que de vrais professionnels de la voxographie. Le résultat est là, la qualité est bien présente et fait honneur à notre belle langue.
Malheureusement, en plus des problèmes de synchro, il n'est pas rare qu'on entende les communications radio comme si les persos étaient à côté, alors qu'ils sont à l'autre bout de la carte (comprenez sans l'effet distordant adéquat). C'est un peu laid, surtout pour un jeu de 2010 (il m'est arrivé quelques fois de me retourner pour voir si le gars n'était à côté de moi, tant on le croirait). DICE a tout de même conservé cette superbe option qui nous laisse le choix entre VF et VO, pour les dialogues alliés comme ennemis (qui de leur côté sont japonais, espagnols...). Autre point sensible, si autrefois la musique se la jouait cool et détendue avec notamment des airs jazzy (surtout au début du jeu, la fin étant plus sérieuse), désormais il faut oublier tout ça. Le ton est plus grave et les musiques sont devenues, elles aussi, plus dramatiques. A grand coup d'orchestrations et de compositions cinématographiques, l'ambiance a radicalement changée.
Enfin les bruitages conservent leur corps mais ne sont plus aussi débridés. J'entends par là que l'explosion d'un bâtiment ne vous arrachera plus autant les oreilles, tout comme des armes, semble-t'il, plus "calmes". Attention toutefois, le jeu garde une très bonne vivacité. Ça explose de tous les côtés, c'est très dynamique, les pétoires sont "expressives" comme j'aime et les explosions détonnent bien. C'est juste que j'ai pratiqué les 2 jeux à 3 jours d'intervalle et que dans cette suite, je n'ai pas retrouvé la violence acoustique d'autrefois. Il n'empêche qu'encore une fois, à part quelques bugs finalement pas très gênants, la recette prend bien. Donc la qualité est là, et c'est ça qu'il faut souligner... tout du moins plus que les fautes de goût ou les changements radicaux d'ambiance.
Alors
Note
qu'il était un peu déjanté, voire rigolo (sur le premier opus, j'ai bien explosé de rire 2 fois en pleine partie à cause de vannes absolument géniales), Bad Company 2 est devenu sérieux, peut-être même trop. Il a perdu la désuétude qui faisait une partie de son charme pour devenir un FPS militaire plus "dans les rangs", plus conventionnel, à tel point qu'on pourrait presque l'appeler Call of Duty : Bad Company 2, une sorte de Modern Warfare bis. Car c'est un fait, il est difficile de passer après le jeu d'Infinity Ward et d'en subir autant les comparaisons. Il faut dire que toute l'originalité qui faisait du premier Bad Company un sérieux concurrent de Call of Duty 4 (humour, map ouverte), a été mis de côté et Bad Company 2 se cale un peu trop sur son mentor, Modern Warfare 2. Ceci dit DICE n'a pas le talent d'Infinity Ward pour raconter les histoires, même si (avouons-le) c'est toujours mieux que lors du premier opus. Après le succès (mérité) du précédent épisode, DICE a cherché à rendre une copie plus nette, plus travaillée, plus immersive, plus explosive et en un sens, c'est chose faite. On peut le dire, l'aventure en vaut la peine : plus nerveux que jamais, le jeu est aussi plus difficile car les ennemis sont souvent en surnombre, ce qui dynamise d'une bien belle façon les combats. C'est d'ailleurs le décor qui morfle le plus, devenant un vrai champ de bataille, un "battefield" à chaque affrontement.
Ajoutons à ça un rendu graphique vraiment superbe, très détaillé (bien qu'aliasé sur consoles), une gestion de la physique qui rend sans pareille une destruction particulièrement jouissive, avec en plus des environnements bien plus variés qu'autrefois (idem pour les situations, qui cherchent toujours à diversifier les plaisirs) et des véhicules toujours aussi bien mis en avant. S'il est dur de passer après un Modern Warfare 2 à l'unanime succès, Bad Company 2 se place juste derrière lui, en bon second sur le filon des FPS militaire à vocation "dramatique". Une formule qui a beaucoup plu puisqu'il s'est vendu 3 fois plus que le premier volet (un succès qui n'est pas seulement dû à sa sortie sur PC). Maintenant que penser du changement d'orientation ? Il faut dire que l'humour et les blaguounettes faisaient partie intégrante du premier Bad Company, et on l'aimait pour ça. C'est très subjectif mais je pense que c'était une erreur d'occulter cette facette originale du jeu. Je conclurai donc en disant que Bad Company 2 est un superbe FPS, pas forcément meilleur que le premier épisode mais "différent" car sa "callofdutisation" l'a rendu plus mature. Il a perdu son identité au profit d'un plus grand succès commercial...
