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Sur Internet on peut lire des choses comme ça : pas de 4K (les jeux sont limités au 1080p sur PS5 et Xbox Series), MGS1 est en 30 fps, pas de HUB qui regroupe les jeux, toujours pas de portage de l'excellent Twin Snakes alors que le premier Metal Gear Solid pique sévèrement les yeux. Konami nous vend juste la HD Collection de 2011 à 60€ sans Peace Walker et sans aucune différence graphique (aucun relissage, aucune amélioration des textures). C'est un peu cher non ? D'autant plus lorsque la version Xbox 360 tourne encore parfaitement sur Xbox Series X...
En un sens c'est vrai, tout est vrai, et je suis d'accord, cette Master Collection vol.1 pue le foutage de gueule à plein nez, ça sent le produit opportuniste codé par une équipe de 10 personnes en moins de 3 mois, tout en reprenant le contenu de la HD Collection développée par Bluepoint Games et en sachant que malgré tout, ils allaient en vendre pas mal et se faire une dernière fois une coquette somme sur le dos de cette série qui a marqué l'histoire du jeu vidéo.
Bienvenue sur le test de Metal Gear Solid : Master Collection vol.1.
Comme nous le faisons assez souvent désormais, notre test sera découpé en plusieurs chapitres. On va commencer par une grosse intro, suivies des généralités, viendront ensuite les "reviews" dans l'ordre de sortie (et non dans l'ordre chronologique de la série), à savoir les épisodes 2D / 8-bits, puis Metal Gear Solid 1, Metal Gear Solid 2 et enfin Metal Gear Solid 3. Tout ça vous est présenté sous la forme d'un menu, juste ci-dessous. Un "chapitrage" qui vous permettra d'accéder directement au contenu que vous voulez lire. Bien sûr on espère que vous lirez tout, mais dans le cas d'une lecture morcelée, vous accéderez plus facilement à l'endroit où vous vous êtes arrêté(e).
Sur ce, bonne lecture à toutes et à tous. ^__^

Il 
Du début des années '80 jusqu'au début des années 2010, Konami était un grand éditeur qui proposait d'excellents jeux fut un temps où Konami était un grand éditeur, il possédait d'excellents studios et proposait de très bons titres, encore appréciés aujourd'hui. Ancien grand de l'Arcade on se souvient tous de Gradius, Twinbee, Contra, des premières adaptations de Tortues Ninjas, X-Men, Les Simpsons... un succès qui s'est largement confirmé sur consoles 16-bits avec des jeux tels que Tiny Toon, Super Probotector, Sunset Riders, Axelay, Batman Returns, Cybernator, Parodius, Goemon, Rocket Knight et Sparkster, sans oublier la mythique licence des Castlevania. A cette époque, le studio était si doué qu'ils développaient des versions pour Mega Drive d'un côté et pour Super Nintendo de l'autre (notamment à cause d'habiles contrats d'exclusivités que faisait signer Nintendo soit dit en passant).
Puis vint l'ère de la 3D et encore une fois, Konami a relevé le défi avec une tout autre frange de joueurs. Comment ne pas penser au raz-de-marée Dance Dance Revolution et Silent Scope sur Arcade, quand la PlayStation accueillait le premier Silent Hill et le premier Metal Gear Solid ! A l'aire de la PS2, l'éditeur a cartonné avec sa série sportive ESPN, Pro Evolution Soccer (PES) est devenu la nouvelle référence du jeu de foot, Beatmania a fait des ravages, et si Castlevania a eu dû mal à sortir la tête de l'eau, c'est pas grave car derrière on a eu Silent Hill 2 et 3, ainsi que Metal Gear Solid 2 et 3.
Malheureusement, le passage à la génération suivante fut plus difficile, c'était fini le temps de l'opulence où Konami sortait 20 à 30 jeux par an mais en attendant, on a eu droit à quelques pépites comme les Castlevania : Lords of Shadow (véritable renouveau de la série), Silent Hill Homecoming et Downpour, PES qui caracole toujours en tête des ventes et surtout un Metal Gear Solid 4 magistral ! Ceci dit, on sent que l'industrie commence à être frileuse, la prise de risque commence à se faire rare, les suites s'enchainent (comme nous venons de le voir) et surtout on voit apparaitre les premières compilations HD. Car la grande évolution technique des consoles de 7e Génération, c'était bien le passage à la HD et c'est pour ça que sont sortis (entre autre) les Silent Hill HD Collection et Metal Gear Solid HD Collection, les 2 licences porteuses de l'éditeur, celles qui font encore sa renommée.
Et 
Le Kojima-gate a eu lieu en 2015 et durant presque 10 ans, Konami s'est fait oublié du paysage vidéoludique... puis un jour, tout a basculé. Konami impose à Hideo Kojima de créer Metal Gear Solid V alors qu'il avait clairement dit que le 4 signait la fin de la série, pour au final nous sortir un jeu en demi-teinte (et oui désolé, je ne l'apprécie pas tellement celui-là). PES se fait peu à peu doubler par FIFA, et lorsque Konami vire Hideo Kojima comme un malpropre alors qu'il est la figure de proue de la marque et son plus prolifique réalisateur (un conflit interne qui prendra des proportions inexplicables au point que désormais on le nomme le "Kojima-gate"), pour Konami c'est le début de la fin. La société ne s'investit plus dans les jeux vidéos, seul le Pachinko les intéresse, leurs licences sont désormais à moitié mortes et la société est tellement vue d'un mauvais œil, que plus personne ne veut en entendre parler. Entre 2015 et 2020, Konami ne sortira qu'une poignée de jeux à la qualité discutable (Metal Gear Survive... sérieusement ?), et au final seule la petite PC-Engine Mini sera une réussite... modeste mais une réussite quand même.
Après avoir passé des années en sous-marin, un matin Konami s'est réveillé et s'est dit qu'il serait bon de reprendre son patrimoine en mains. D'un côté nous avons eu Silent Hill : The Short Message, un contenu gratuit assez sympathique (j'y ai joué mais je ne l'ai pas testé) avec pour objectif de redonner le goût de Silent Hill aux fans. Nous avons également eu la promesse du Remake d'un second opus unanimement apprécié (je vous rassure, c'est aussi mon épisode préféré :). En face, on nous a promis un Metal Gear Solid Delta : Snake Eater, car Konami veut "remaker" les œuvres de Kojima "dans l'ordre chronologique" mais avant ça, ils ont sortis Metal Gear Solid : Master Collection vol.1, une nouvelle compilation HD de la célèbre série. Et croyez-moi, il y a beaucoup à dire à son sujet... en bien comme en mal.
Alors je vous l'annonce de suite, bien qu'elle fut développée par plusieurs studios, cette compilation reprend quasi à l'exact la Metal Gear Solid : HD Collection sortie sur PS3, Xbox 360 et PS Vita en 2011. D'un côté, à l'image de la Legacy Collection, on récupère du contenu comme le premier Metal Gear Solid, et d'un autre on en perd, avec l'absence de Peace Walker et bien entendu l'épisode 4. Cette nouvelle édition nous propose mine de rien un sacré contenu, dont voici la liste exhaustive :
Jeux


En 
Cette première compilation propose pas mal de contenu, notamment les 3 premiers Metal Gear Solid résumé, de 1964 à 1984, nous jouons Big Boss, et à partir du premier Metal Gear (se déroulant de 1995), nous jouons Solid Snake (dont l'histoire s'arrête en 2014). Le dernier opus canonique (Revengeance) nous fait jouer Raiden devenu cyborg à la Gray Fox, dans un jeu type beat-them-all. Entre le fait de ne pas jouer Snake (Solid comme Naked), que ce ne soit pas un jeu supervisé par Kojima et qu'il fut développé par Platinum Games et non part Konami, je considère (et je ne suis pas le seul) cet épisode comme un spin-off. Si bon soit-il, il ne fait pas vraiment parti de la série (même si son histoire est, semble-t'elle, "canon"). Personnellement, je m'arrête à Metal Gear Solid 4, qui signe une magistrale conclusion à la saga initiée par Hideo Kojima. Dans cette commilation on note la présence du Snake's Revenge de la NES, qui ne fut porté qu'une seule fois auparavant, c'était dans la version japonaise du sublime Twin Snakes. D'ailleurs les Metal Gear 1 et 2 sont les versions traduites en français issues de Metal Gear Solid 3 : Subsistence, sorti en 2006 chez nous.
Vous l'avez déjà remarqué, cette compil' est marquée d'un "vol.1" et Konami a déjà précisé qu'au minimum un "vol.2" verrait le jour. Car oui, malgré une très jolie liste de jeux, il manque encore un paquet de gros hits : Portable Ops, Peace Walker, Ground Zeroes, Phantom Pain, Guns of the Patriots, Rising Revengeance et bien entendu The Twin Snakes. Faisons donc une petite mise au point. Tout le monde gueule et s'insurge sur le fait que Twin Snakes (qui est le remarquable Remake du premier opus exclusif à la GameCube) n'a jamais été porté sur d'autres supports. Et bien c'est exactement comme Bayonetta 2 et 3 : Nintendo a financé une partie du projet, donc vous ne verrez probablement jamais Twin Snakes (ainsi que les suites de Bayonetta) sur une autre console ! Oui c'est dégueulasse et injuste mais le monde du jeu vidéo est injuste, et Nintendo malgré la belle auréole que beaucoup lui mettent sur la tête, sont encore plus conservateurs que les autres.
Ne rêvez pas, Twin Snakes n'arrivera probablement jamais sur une autre machine, pas même le PC, parce que Nintendo s'est octroyé l'exclusivité. Et si cette exclusivité n'est pas à vie, elle risque de durer encore longtemps parce qu'à l'heure où j'écris ces lignes, ça fait déjà 20 ans que le jeu est sorti sur GameCube, 20 ans qu'on le réclame sur d'autres supports, 20 ans que Konami a les mains liés par le genre de contrat vicelard que Nintendo adore faire signer...
Quand 
Ne rêvez pas, le superbe Remake du premier opus, The Twin Snakes, ne sortira probablement jamais sur un autre support... à cause de Nintendo ! aux autres jeux, notamment l'exceptionnel Metal Gear Solid 4 que j'adore, je croise les doigts pour qu'il soit présent dans le vol.2. Car ce jeu n'est pas spécialement exclusif à la PS3, mais pour l'instant, il ne l'a jamais quitté. Pourquoi ? Et bien parce qu'à l'époque, il était le jeu le plus volumineux de son temps en atteignant presque 10 Go (en 2008 c'était énorme vu que la plupart des titres ne dépassaient que rarement les 4 ou 5 Go). C'est cette démesure qui l'a empêché de sortir sur Xbox 360, car il aurait fallu au moins 3 ou 4 DVDs, du moins c'est le communiqué officiel de Konami et Kojima sur le sujet. On n'est pas à l'abri d'un bon gros mytho des familles et d'une exclusivité signée en douce par Sony.
En attendant, avec cette première compilation, on a déjà de quoi faire puisque ce sont pas moins de 3 grands jeux qui sont inclus, auxquels s'ajoutent 4 jeux bonus et des bonus justement, cette compil' n'en manquent pas. Après c'est vrai, pourquoi ressortir une telle compilation, alors que la HD Collection (qui est plus complète) est encore en circulation et ne coûte plus si cher aujourd'hui ? Et bien les raisons sont finalement assez simples, et la première d'entre elles c'est que la HD Collection a désormais plus de 10 ans et si la version Xbox 360 est rétrocompatible avec les Xbox Series, ce n'est pas le cas de la version PS3 qui elle, n'est compatible qu'avec elle-même !
Entre temps il y a eu la Génération PS4 et maintenant qu'elle fait de la résistance (puisqu'elle est sortie il y a 12 ans de ça), revoir Metal Gear fait bien plaisir. C'est fou comme les gens râlent non-stop pour tout et rien ! Après tout on ne vous oblige pas à acheter cette nouvelle édition que je sache ? Elle est destinée à ce celles et ceux qui ont du nouveau matos et qui ne possèdent pas l'ancienne édition. Moi-même j'avais la Legacy Collection sur PS3 mais je n'ai plus de PS3 depuis quelques années déjà, donc je suis bien content de revoir les Metal Gear Solid sur ma PS5 (car je n'ai plus de PS2 non plus...). Premier point, il faut savoir que cette compilation a d'abord été lancé en octobre 2023 sur les Stores dématérialisés. L'édition physique n'était à l'origine disponible que sur les consoles les plus récentes, mais en mars 2024, Konami a tout de même consenti à éditer une version physique sur PS4.
Pour 
Pourquoi les gens se plaignent ? La HD Collection a aujourd'hui plus de 10 ans, et elle n'est plus forcément accessible au plus grand nombre... l'anecdote, c'est mon frère Aquel qui me l'a offert pour mon anniversaire, en version physique PS5. Si tu lis ceci, encore merci à toi frérot, ça me va droit au cœur. ^.^ En marge de la compilation, il faut savoir que chaque "gros jeu" est disponible individuellement sur les Stores au prix de... 20€ pièce ! Vous avez bien lu, le portage du premier Metal Gear Solid dans son antique robe PlayStation est vendu 20 balles ! Recomptez avec moi, 3 jeux à 20€ ça fait bien 60€ sauf qu'au passage, vous n'aurez pas les 4 épisodes 8-bits sortis sur NES et MSX2. Donc sérieusement, ceux qui s'astiquent le manche en disant que le démat' c'est mieux, se foutent le doigt dans l'œil. Premièrement, mon frère a acheté (pour moi) le jeu day one au prix de 50€ en physique, dans lequel tout est inclus. Dans cette édition j'ai même eu droit à un petit bonus à télécharger (quelques morceaux d'OST), quand en face la vente à l'unité vous arnaque à plein tube. D'autant qu'au moment où j'écris ces lignes, on peut déjà trouver cette compilation (en état neuf) pour la moitié de son prix initial, quand les Stores des constructeurs vont afficher le prix max durant quelques années encore.
Bref, à mes yeux le démat' c'est bien uniquement pour certains titres Indés qui ne peuvent pas avoir de sortie sur disque ou cartouche, et ne venez pas me beurrer l'oignon en disant que le physique pollue plus que le démat' car c'est archi faux. Quant à la vente à l'unité, non seulement vous n'aurez pas accès aux premiers titres (puisqu'ils ne sont pas vendus séparément) mais en plus vous vous ferez purement et simplement arnaquer (à moins que vous vouliez étaler les achats sur plusieurs mois).
Pourquoi vous parler de tout ça ? Et bien parce que c'est cette "forme de vente" qui fait que nous n'avons pas un HUB central qui réunit tous les jeux. En insérant votre disque, vous installerez les jeux un à un (les 4 jeux 8-bits sont compilés dans un seul et même contenu) et malheureusement ils fonctionneront de façon indépendante, mise à jour comprise. OK c'est un peu décevant mais bon, on ne va pas en faire un fromage non plus. Disons que comme ça, vous pourrez peut-être mieux gérer votre espace disque, comme par exemple sur Xbox Series X et PS5, où une fois que vous aurez fini un épisode en particulier, vous pourrez le transférer sur le disque dur externe, ou simplement n'installer que ce qui vous intéresse. C'est une façon de voir les choses positivement.
Après 
Comme souvent, Nintendo se fout de la geule du monde puisque la cartouche de la version Switch ne contient quasiment rien, tout est à télécharger ! je l'avoue, 60€ la réédition d'une vieille compilation déjà sortie il y a 10 ans de ça (même si c'est réducteur), c'est cher ! Ceci dit niveau durée de vie, vous en aurez pour votre argent car si vous comptez jouer et finir chaque jeu (sans parler des bonus) vous en aurez pour au moins 60 heures. C'est vraiment pas mal et à ça s'ajoute la montagne de contenu bonus, comme les Master Book et les Missions VR de Metal Gear Solid 1, ainsi que les missions spéciales et les modes des 2 opus suivants. Certes le cœur du contenu c'est clairement l'histoire qui tourne autour de Big Boss et de Solid Snake, mais difficile de bouder son plaisir tant le contenu est pléthorique. C'est ça qui justifie le prix, même si je ne vous apprends rien en vous conseillant de l'acheter en promo pour un rapport qualité/prix encore plus élevé.
Notez une fois encore que Nintendo se fout de la gueule du monde car sur Switch, les 3 Metal Gear Solid ne sont pas compris dans la cartouche. Ils doivent être téléchargés séparément pour un total de 25 Go environ, auxquels il faut rajouter 12,5 Go si on veut visionner les vidéos bonus. Oui, encore une fois c'est à cause de Nintendo car ce sont eux qui ont la mainmise sur les cartouches, qui les fabriquent et les fournissent aux éditeurs, exactement comme à la bonne vieille époque des consoles à cartouches. Et on le sait, depuis quelques années déjà, Nintendo et son Totem d'Immunité ne font que de la merde. Ce fut déjà le cas sur certains jeux et ici on recommence : Nintendo fournit la cartouche la plus petite possible, laissant aux joueurs le soin de télécharger le reste. Obsolescence programmée ? En fait non, c'est juste une radinerie de crevards ! Car si à l'époque de la Super Nintendo on pouvait comprendre que les jeux étaient plus chers, parce que les ROMs et les puces additionnelles étaient coûteuses, aujourd'hui il en est tout autre.
Les Game Cards de la Switch ne sont que des cartes SD verrouillées et vous le savez, la Mémoire Flash ne coûte presque rien de nos jours. Ainsi la différence entre une cartouche de 8 Go et une autre de 32 Go doit se compter en centimes ! Mais pour Nintendo un sou est un sou, voilà pourquoi ils ont fournis vraisemblablement une Game Card d'à peine 8 Go, alors que l'installation complète (jeux + contenus bonus) dépasse les 30 Go. Qu'elle bande de sales rapias... Je comprends que ce soit la seule console portable de cette Génération, mais je ne pigerai jamais pourquoi c'est cette console là qui se vend plus que les 2 autres. C'est à croire que plus Nintendo entube les gens et plus ça se vend... moi ça me dépasse.
A présent, nous allons (un peu) détailler chaque jeu. Alors attention, on ne va rentrer dans les détails, ni dévoiler tout le scénario ou encore détailler le gameplay. En fait nous allons parler de comment se joue chaque épisode vu par le prisme d'un joueur actuel, comment ça a vieilli, est-ce que les graphismes sont restés propres, etc... Ici nous allons donc survoler le sujet, afin de rester sur les rails d'un test de compilation. Notez enfin qu'ici je ne donne mon avis qu'après avoir à nouveau terminer chaque titre, ce qui m'a pris un sacré bout de temps. Allez, c'est parti...
En 
C'est toujours plaisant de rejouer au premier Metal Gear, à nouveau dans sa version traduite en français 1986, à l'âge de seulement 23 ans, un certain Hideo Kojima rentre chez Konami, un studio japonais qui commence à se faire une solide réputation, notamment grâce à quelques titres à succès comme Gradius, Rush'n Attack, Twinbee ou encore Yie Ar Kung-Fu. Aussi dingue que ça puisse paraitre, pour son premier job au sein de la boite, Kojima est directement propulsé "directeur assistant". Etrange pas vrai ? Un bleu-bite qui débarque dans les studios, en général il s'occupe des notices, de faire le café, à la rigueur il devient graphiste mais n'est jamais propulsé tout en haut de la hiérarchie d'une équipe de développement, quand bien même il n'est qu'assistant. A croire que déjà à l'époque, la chance lui souriait. Kojima développe alors le jeu Penguin Adventure, un jeu d'épreuves pas très passionnant pour ce fana de manga, de robot et de cinéma. Dès la fin de ce développement, il monte encore en grade (à croire qu'il fait sacrément bien le café... ou alors qu'il a épousé la fille du PDG de Konami) et prend alors une triple casquette : planification, scénariste et directeur, autant dire le gars le plus important de l'équipe. Pour quel jeu ? Et bien figurez-vous que c'est déjà pour le tout premier Metal Gear.
Le jeu sort en juillet 1987 au Japon, sur le micro-ordinateur MSX2. Très peu connu chez nous, le MSX2 est un micro 8-bits assez populaire au Japon, quand chez nous on était plutôt branchés C64, Amstrad CPC, Amiga et Atari ST. Malgré tout, le jeu sortira en Europe en septembre 1987, tout en faisant l'impasse sur les Etats-Unis... étrangement. Et oui c'est dingue, à seulement 24 ans et à son 3e projet (son premier fut Lost World mais il n'est jamais sorti) Hideo Kojima était déjà le grand boss d'une team de développement, et c'est pourquoi il va enfin pouvoir imposer son histoire, sa vision du jeu d'action et ses idées. Et c'est fou de voir comment déjà, à l'époque, ses idées étaient novatrices. Kojima se voit donc chargé de concevoir un jeu d'action militaire. Les restrictions techniques du MSX2 vont l'amener à imaginer un concept basé sur l'infiltration et la notion de fuite (plutôt que sur le combat), et qui ne requiert pas l'affichage d'un grand nombre d'ennemis à l'écran.
Premier 
A la sortie de cette Master Collection, ce premier Metal Gear a pas moins de 36 ans ! Les graphismes et les mécaniques de gameplay risquent d'en refroidir plus d'un... bon point, on valide avec les touches X (sur PlayStation) ou A (sur Xbox) et on fait retour avec O (sur PlayStation) ou B (sur Xbox). Je parle de ça car dans Metal Gear Solid c'est inversé, et c'est franchement perturbant. Les options nous proposent 6 langues différentes, dont le français. En effet, à l'origine Metal Gear (sans le Solid) n'était traduit qu'en japonais et en anglais. Certes il y avait peu de textes, et le dialecte était compréhensible même avec un niveau scolaire assez bas, mais lorsqu'est sorti Metal Gear Solid 3 : Subsistence, à l'époque Konami avait fait l'effort de traduire le jeu en plusieurs langues. Oui, à l'époque Konami respectait ses fans et faisait du bon travail, mais les choses ont bien changé depuis.
Ces mêmes options nous offrent quelques réglages audio et des paramètres vidéos, avec un décalage de l'affichage et / ou un wallaper, puisque ce premier opus 2D s'affiche naturellement en 4:3. Le menu nous permet aussi de consulter le Master Book (où on apprendra des tas d'infos sur la série) ainsi que le Screenplay Book, où on peut découvrir le script précis et les dialogues du jeu. Malheureusement tout est en anglais et surtout c'est forcément bourré de spoilers, donc il vaut mieux le consulter qu'une fois la série finie.
Lors du portage inclus dans MGS3 Subsistence, Konami avait consenti à un bel effort en matière de difficulté. On retrouve donc ce choix entre une difficulté "facile" (sans doute plus adaptée à un public moins patient), ou une difficulté dites "originale". Je ne vais pas vous détailler le jeu en entier, ça reste un vieux titre intégralement en 2D et en vue de dessus, à la difficulté assez élevée, qui vous demandera pas mal d'investigation et une énorme dose de patience. Ce n'est pas que le jeu soit mauvais, bien au contraire, c'est juste qu'à la sortie de cette compilation il a 36 ans. Oui, 36 ans ! C'est juste une éternité et il est clair qu'aujourd'hui on aura beaucoup de mal à encaisser ses mécaniques ultra dépassées ou encore ses graphismes en 2D (8-bits), dont les pixels sont gros comme de pneus.
Par 
A part cette illogique histoire de cartes, le plus gonflant dans Metal Gear c'est que la même musique va tourner en boucle tout au long du jeu ! exemple, la sauvegarde n'est effective que lorsqu'on passe dans les niveaux d'ascenseur. C'est seulement ici que le "time code" changera et que vous reprendrez votre aventure si vous perdez (ce qui arrivera très souvent, je vous le garantis). Et c'est très frustrant car parfois on va perdre plus de 20 minutes d'un jeu impeccable, juste parce qu'on a oublié un petit détail ou que notre santé était trop basse. C'est vraiment rageant car rien n'empêchait les développeurs du portage, de nous proposer une "quick save" (une sauvegarde rapide) qui aurait rendu tellement de service, tout en rendant ce Metal Gear bien plus abordable. Bref, c'est encore un fail.
L'autre point bien gonflant, c'est la gestion calamiteuse des cartes d'accès. En effet, les cartes de niveau 3 n'ouvrent que les portes de niveau 3. Idem pour les niveaux 1, 2, 4, etc. En gros, à chaque porte qu'on croisera, il faudra jongler entre une multitude de cartes, car par un illogisme décérébré, les cartes de haut niveau n'ouvrent pas celles qui sont descendantes. C'est aussi stupide que rapidement énervant. Autre point qui tape largement sur les nerfs : la musique. C'est pas compliqué, en temps normal vous entendrez toujours la même. Une boucle d'une durée correcte, faussement suspens histoire de donner une ambiance sympa à cette aventure, le problème c'est qu'au bout d'une heure à entendre toujours la même chose, vous n'en pourrez plus ! Personnellement j'ai fini par jouer avec le son coupé et croyez-moi, ça a beaucoup moins de charme ainsi.
Après ça reste un jeu 8-bits, avec ses limitations naturelles. Pensez bien qu'à l'époque la cartouche contenait une ROM d'à peine 1 Mb (soit 128 Ko - il était également disponible en version disquette), donc les décors sont assez redondants, ça reste de la 2D vue de dessus sans aucune prétention, les animations sont clairement faites à l'arrache (à peine 2 frames) et notre personnage ne change absolument jamais de tenue, même lorsqu'il est déguisé. Idem, qu'il porte une arme de poing ou lance-missiles, on dirait qu'il tire depuis la hanche avec une bonne vieille MP40.
Les 
Il est étonnant de voir que le scénario, les personnages et les points-clés du gameplay de ce premier opus formeront la base de tous les épisodes suivants déplacements se font uniquement selon les 4 points cardinaux, idem pour nos tirs, même si de leur côté les ennemis ne se gênent pas pour tirer en diagonales. D'ailleurs la vision des ennemis se fait également par un système en croix, ce qui amène à quelques aberrations, qui peuvent (heureusement pour nous) nous rendre service. Enfin, il n'y a pas de scrolling, le changement d'écran est séquentiel. Oui ça fait beaucoup mais avec un peu de recul, il ne faut pas oublier que le jeu a 36 ans. Et puis, avec un peu d'humilité, on s'aperçoit que certains pans du titre sont vraiment réussis.
Le level design (par exemple) est vraiment très bon. Le design de certains éléments est également très réussi, comme les tanks, certains bâtiments ou encore les boss. D'ailleurs vous remarquerez vite que dès ce premier opus, Kojima a imposé "sa patte" avec par exemple des boss assez extravagants. Et puis aussi fou que ça puisse paraitre, tout ce qui fait "la magie d'un Metal Gear" répond déjà présent !
Fumer des clopes pour voir les lasers, les rations, les prémices du Codec et du Soliton, les cartes d'accès, le fameux carton, le combat à mains nues, le double inventaire, le Hind D, le Metal Gear en tant que boss final, Solid Snake, Big Boss, Gray Fox... c'est hallucinant de se dire que tout ça sera reconduit, sous une forme ou une autre, dans tous les épisodes de la série. Ce premier Metal Gear, malgré ses difficultés à nous proposer une mise en scène travaillée, propose malgré tout un excellent scénario et une aventure qui a fait honneur à son support de l'époque. Même si vous ne le finissez pas, je vous conseille d'y jouer au moins un petit peu, à minima pour votre culture ludique.
Fort 
Le premier Metal Gear fut porté sur NES, mais il a subi pas mal de modifications au passage et il est bien plus difficile que sur MSX2 du succès de ce premier volet, le jeu sera adapté sur NES à peine quelques mois après (en décembre 1987). La raison est simple : la NES est la console la plus populaire de son époque, et mine de rien le gameplay du jeu s'accommode très bien d'une jouabilité à la manette. Il faut savoir que les 610 Mo d'installation de ce package, ne contient que les Metal Gear 1 et 2 du MSX2. Pour trouver les versions NES, il faut se rendre dans le "Bonus Content", qui comporte également les Digital Graphic Novels.
Metal Gear fut donc adapté à la NES, et cette fois il verra le jour aux Etats-Unis. Cependant ce portage n'est pas "canon" à la série. La raison est finalement assez simple, le développement n'a pas été supervisé par Kojima (qui bossait déjà sur Snatcher et qui enchainera sur Metal Gear 2) ni même développé par son équipe. Bien que le jeu se soit bien vendu (1 Million d'exemplaires rien qu'aux Etats-Unis), il comporte un certain nombre de modifications. C'est cette version qui servira de bases aux portages sur Commodore 64 et PC sous DOS (une version Amiga fut également annoncée mais elle n'a jamais été commercialisée). Et finalement, elle vaut quoi cette version NES ? Sortie au Japon à peine 5 mois après la version MSX2, cette adaptation reprend le fameux Metal Gear d'origine... dans les grands traits.
Le scénario, les personnages, l'ambiance sont OK, cependant le level design a été lourdement modifié depuis la version MSX2, au point qu'en comparaison directe, on n'a pas vraiment l'impression de jouer au même jeu. En effet, c'est loin d'être un portage pur et simple, c'est plutôt une réinterprétation du jeu de Kojima. Disponible en version américaine ou japonaise, vous aurez déjà la mauvaise surprise de vous apercevoir que le titre n'est pas traduit en français. Après techniquement, ça reste un jeu NES qui date de 1987, les graphismes sont pas mal, bien que les animations en 2 frames sont vraiment faites à l'arrache. Le jeu nous propose plusieurs réglages de l'écran comme des filtres, un cadrage en 4:3 ou 16:9, des "skins" afin d'habiller les bords ou encore une option de lissage que je vous déconseille d'activer sans quoi l'image devient toute floue.
Au 
Sorti 3 ans plus tard, Metal Gear 2 décuplait la formule initiale ! Tout est meilleur : gameplay, graphismes, bande-son... final, cette nouvelle vision de Metal Gear n'est pas si mal, mais elle comporte un vrai bon point, et un très mauvais. Le bon point c'est qu'en pressant les 2 gâchettes hautes (L1+R1 sur PlayStation) on ouvre un menu. Ici on peut régler son écran, ses paramètres audio, changer la configuration des touches (c'est toujours une bonne chose) mais aussi et surtout réaliser une sauvegarde rapide ! Oui, une Quick Save ! On a 8 emplacements pour organiser son avancement dans le jeu et croyez-moi, ça rend bien service. D'ailleurs s'ils l'ont fait pour ce jeu, pourquoi ne pas avoir fait de même avec le vrai Metal Gear ? Car franchement, ça manque...
Ceci dit, si vous trouviez le Metal Gear de la MSX2 difficile, ce n'était rien à côté de celui-ci ! Cette version est atrocement dure et frustrante ! Car une fois encore, Snake entâme sa mission pour sauver le monde, mais pour ça il part à poil : pas d'arme et pas de ration. C'est totalement absurde et irréaliste, et c'est justement le fait de se pointer nu comme un ver qui fera en sorte qu'on se fasse bouffer par tout ce qui passe. Bref, c'est à tel point que je n'ai pas eu le courage de finir le jeu... ça m'a gonflé bien avant et de toute façon, cette version ne vaut pas l'originale.
Metal Gear Solid 2 : Solid Snake est sorti en juillet 1990 sur MSX2, uniquement au Japon. C'est la suite directe du premier opus mais il faudra attendre 2006 et la sortie de Metal Gear Solid 3 : Subsistence, pour avoir enfin un portage traduit en français. Car en effet, ce Metal Gear 2 fut déjà disponible ailleurs que sur MSX2, c'était sur l'excellent MGS Twin Snakes version japonaise, mais le jeu n'étant pas encore traduit à l'époque, il ne fut donc pas proposé au public occidental. C'est évidemment la version traduite que nous retrouvons ici (celle issue du Subsistence), avec une formule grandement enrichie depuis le premier épisode.
Avec 
Si Snake's Revenge perd son intitulé "Metal Gear" c'est parce qu'au final cette réinterprétation n'a plus grand chose à voir avec le grand jeu qu'est Metal Gear 2... une ROM qui a quadruplé de volume (4 Mb), le jeu est devenu bien plus beau, plus travaillé et si cette fois il n'y a pas eu de version disquette, c'est parce que la cartouche contenait un DSP audio. Vous l'aurez compris, le son a pris une substantielle envolée, avec des musiques vraiment superbes et très travaillées (à hauteur d'une machine 8-bits, entendons nous bien). Certes plus difficile que le premier opus, Metal Gear 2 est également bien plus ambitieux. Que ce soit le gameplay, l'ambiance, la prise en mains ou même la qualité de la mise en scène, on voit déjà là les grandes ambitions que Kojima préparait pour sa série, avec encore une fois des bases qui seront réutilisées dans la plupart des épisodes suivants. Enfin, je ne l'ai pas évoqué mais dans Metal Gear 1 et 2 nous jouons Solid Snake, et dans le premier opus nous sommes même aux ordres d'un soi-disant Big Boss...
De son coté Snake's Revenge est encore une fois un portage NES "inspiré" de ce second épisode. Il est la suite directe du premier opus paru sur NES, mais reste "non canon" par rapport à la saga, car là aussi, le jeu a subi de nombreuses modifications. Une fois encore il n'a pas été développé par l'équipe originelle et n'a pas été supervisé par Hideo Kojima, qui à ce moment-là travaillait déjà sur Policenauts. Plus porté sur l'action, comme le veut la tradition des jeux console, vous remarquerez que de toute façon le titre se permet de même plus de porter le nom "Metal Gear". Et ça se comprend puisque Snake se prend pour Rambo. Cette fois notre héros du jour prend son flingue avec lui, il jouera également des poings, mais les ennemis sont très nombreux, ils débarquent par surprise et vous poutrent en quelques coups à peine. Donc on prend les mêmes et on recommence : nous avons accès au même menu "in game", ce fameux menu où on peut changer sa config', ses paramètres audio et vidéo, et où on peut réaliser une "quick save".
Mais bon vous l'aurez compris au ton que j'emploie, la difficulté est à nouveau très frustrante car ça fait pas 2 minutes qu'on joue, que déjà on enchaine les "game over". Et dire que je pensais que les versions NES seraient plus abordables, j'avais clairement tout faux ! Bien entendu cette version "hors série", cette réinterprétation de Metal Gear 2 est loin de valoir l'original, une fois encore le jeu n'est pas traduit en français et bizarrement cette édition n'a pas vu le jour au Japon. Vous aurez donc droit à une version américaine et à seulement celle-là.
On 
Le premier épisode Solid ("solid" pour marquer le passage à la 3D) aura été un énorme succès, propulsant Kojima au rang de star du JV ! le sait, la sortie de Metal Gear Solid créa un réel engouement pour la série. C'est d'ailleurs grâce à ce succès soudain (pour une série certes appréciée mais qui passait encore sous les radars) qu'Hideo Kojima fut couronné du saint qualificatif de "génie". Cependant, dès cet opus on sent que le bonhomme a un égo assez démesuré puisque son nom (particulièrement dans les crédits) apparait un peu partout, notamment dans les frasques de Psycho Mantis. Et oui, le grand maitre du "brisage" de 4e Mur, affichait déjà son prénom lorsque ce boss mythique nous faisait ses cabrioles. Pour l'anecdote, lorsque j'y ai joué pour la première fois en 1999 (à sa sortie française), je pensais réellement que ma console avait cramé ! Il faut dire que les PlayStation étaient réputée pour être fragiles et en ce temps-là, j'en était déjà à ma 2e machine (ma série 1000 ayant eu des classiques bugs de lentille environ 1 an après son achat). Bref, le premier Metal Gear Solid est donc sorti entre 1998 et 1999 sur PlayStation, et il ne sera porté sur PC qu'en 2000.
Au lancement du jeu, on nous demande à qu'elle version nous voulons jouer : l'édition classique, l'édition dédiée aux Missions Spéciales, l'édition dédiée aux Missions VR ou encore l'édition Intégrale, qui n'a pas vu le jour chez nous (le jeu n'est donc proposé qu'en anglais ou en japonais) mais qui offre tout le contenu que le studio a créé sur la base de ce même titre. Le copieux menu nous propose également de jouer dans d'autres langues que le français, mais pour ça il faudra télécharger du contenu en ligne. Perso, jouer en anglais ou en japonais ne m'intéresse pas car justement j'apprécie ce premier épisode pour son doublage en VF.
Alors certes, le doublage était déjà assez limite à l'époque, et vous vous doutez bien qu'il passe encore moins bien aujourd'hui. Ceci dit pour avoir à nouveau fini le jeu, je peux vous dire qu'au final ce n'est pas le doublage de Snake le pire. En fait, je dirai même que le travail voxographique d'Emmanuel Bonami n'est pas si mal, même s'il force un peu. Depuis, vous avez sûrement remarqué que David Hayter en fait au moins autant, et là personne n'est venu le critiquer pour ça.
A 
MGS1 est le seul épisode doublé en français. OK le doublage est coussi-coussa mais c'est tellement agréable... vrai dire, certains pans du doublage français sont même très bons ! Lorsque Meryl est touchée, prête à mourir, on ressent toute la mélancolie de ce passage marquant. Psycho Mantis est également très bon dans son jeu d'acteur, le Colonel, Master Miller, Otacon, la douce Mei Ling et ses anecdotes dont on se contrefout... franchement, plus de 20 ans après, ça passe encore très bien. Non le vrai souci, ce sont les doubleurs de Liquid Snake et d'Ocelot, qui eux sont catastrophiques ! On croirait qu'ils doublent un dessin animé pour enfants. Sérieusement, je sais que le doublage n'en était qu'à ses débuts, mais là quand même, c'est lamentable comme prestation !
Et ce qui est marrant c'est que tout le monde a craché sur cette VF, mais pas forcément sur eux, uniquement sur le doubleur de Snake parce que voilà, c'est lui qu'on entend le plus et c'est vrai, il en fait peut-être un peu trop. Tout ceci est malgré tout bien dommage car à cause de la réception du public (croisé avec la flemme de Konami de s'investir d'avantage dans les doublages localisés), et bien MGS1 est l'unique épisode en VF. Et c'est regrettable car même si le doublage est un peu bof-bof, il est tellement plus agréable de suivre son jeu tel un film interactif, plutôt que de lire ses saloperies de sous-titres qui nous font rater des tas de détails...
Pour en revenir au menu, il est toujours aussi agaçant de valider avec O (sur PlayStation) ou B (sur Xbox), et de faire retour avec X et A. C'est contre-intuitif, tout simplement parce qu'à l'époque, les japonais avaient configuré leur PlayStation ainsi. Il est dommage de ne pas pouvoir réellement changer ça : si les options permettent de modifier les touches à sa convenance, alors ça ne concorde plus avec ce qui est indiqué à l'écran. Le menu nous permet aussi de consulter le Master Book ainsi que le Screenplay Book. Enfin dernier point intéressant, on peut paramétrer son affichage, y ajouter un wallpaper ou des scanlines, car oui, le premier MGS s'affiche en 4:3, comme à la bonne vieille époque. Cette adaptation simule la présence de 2 Memory Cards, au moment de passer du disque 1 au disque 2, il le fera tout seul (sans même qu'Otacon nous dise de le faire) et malheureusement, nous n'avons toujours pas de sauvegarde rapide (quick save). C'est vraiment dommage car ça aurait apporté beaucoup de confort au jeu, car on ne va pas se leurrer, ce premier épisode 3D fonctionne sous un émulateur et implanter une telle sauvegarde n'avait rien de sorcier.
Pour 
Passer de Metal Gear 2 à ce premier opus "Solid" fut une petite révolution, même si les bases de la série furent naturellement conservées tout vous dire, dans Metal Gear Solid on meurt très souvent. Non pas que le jeu soit difficile, mais il est très porté sur l'infiltration, la discrétion et les combats sont tellement mal fichus, qu'au final il vaut mieux éviter toute confrontation. Maintenant je l'avoue, la difficulté n'est jamais vraiment frustrante... sauf sur la fin de l'aventure, où on subit un sale pic. En effet, la lutte contre Metal Gear puis le combat contre Liquid Snake, ont de quoi énerver. Ce n'est pas infaisable, loin de là, mais ça reste nettement plus ardu que tout le reste du jeu, et ce manque d'équilibre peut crisper. Bref, j'aurai grandement apprécié d'avoir une sauvegarde manuelle et rapide, ce qui m'aurait évité beaucoup de Game Over...
Par contre, vous le remarquerez très vite, le jeu a été plus ou moins laissé tel quel. En premier lieu il est assez décevant de voir qu'autant de mots sont restés en anglais (comme à l'origine). Quand on pense que tous les sous-titres et tous les doublages sont en français, il est regrettable qu'ensuite tout le reste soit resté en anglais comme "save", "press start", "life", "card" et tellement d'autres. Bien entendu, au fond ça ne gêne en rien la progression mais je trouve que quelque part, déjà à l'origine, la traduction avait été bâclée. Et on pouvait espérer (secrètement) que ce soit corrigé (mais fallait pas trop y compter). Rêver de ce genre de corrections relève du fantasme...
Sorti en septembre 1998 au Japon, Metal Gear Solid était déjà compatible avec la DualShock, version améliorée, vibrante et analogique du pad de base. Bien entendu vous pouvez toujours essayer de jouer en mode "Tank" mais franchement, c'est hyper désagréable et puis dès l'origine, on sent que le jeu était fait pour être joué au DualShock. On se souvient tous de Pycho Mantis qui faisait "avancer notre manette" par la pensée.
Sur 
La prise en mains a beaucoup vieillie et la vue de dessus n'aide pas. Mais MGS1 reste quoiqu'on dise un jeu mythique... PS4 et PS5, le bouton Select est remplacé par le pavé tactile mais à part ça, MGS se joue exactement comme à l'époque. Et je dirai que c'est ici qu'il trouve sa première grosse critique : si bonne soit-elle, la prise en mains a beaucoup vieillie. Normal me direz vous, le jeu a pris plus de 20 ans dans la gueule, moi aussi d'ailleurs et du fringuant adolescent que j'étais, je suis désormais un vieux quadra. Ainsi va la vie. ^_^ Il n'empêche que ce qui a beaucoup vieilli, c'est ce con de Snake qui se plaque dos au mur à toutes les occasions (et c'est vraiment très chiant), ces phases de combats franchement à côté de ses pompes où Snake vise plus ou moins automatiquement mais où les ennemis ont systématiquement le dessus, ce sniper dont le zoom est tellement puissant qu'il ne servira réellement que 2 fois, ou encore ces objets qui sont désactivés au bon vouloir des développeurs, sous peine de trop nous faciliter la tâche.
On note aussi pas mal d'allers-retours (surtout sur la fin du jeu) ainsi qu'un nombre de boss allant croissant. Dans les dernières heures, nous allons affronter Sniper Wolf, Raven, Metal Gear et Liquid quasiment à la file... c'est trop ! Alors que le début d'aventure est parfaitement équilibré, on dirait que sur la fin ils ont mis tout ce qu'ils pouvaient, faute de faire rentrer tout ça de façon plus distillée et cohérente. Dernier détail, on ne peut pas dire que la jouabilité soit un exemple de précision, et surtout, la vue de dessus est une purge ! Voulant sans doute reprendre ce qui a fait le succès des 2 premiers opus, Metal Gear Solid propose lui aussi cette vue totalement inadaptée à un jeu en 3D.
Car ce qu'on peut admettre d'un jeu 2D ne l'est plus ici : entièrement en 3D, il est incompréhensible de ne pas avoir une vue type TPS comme dans Syphon Filter ou Tomb Raider. Ça aurait tellement plus agréable, tellement plus immersif, et surtout on aurait vu les gardes de loin ! Du coup le Soliton (le radar) ne sert qu'à éviter les ennemis proches, si on court dans leur direction, généralement on se fait choper ! Et là bonjour les galères, car comme évoqué, les combats sont mal fichus et inadaptés, donc à moins de pouvoir se planquer quelque part, ce sera Game Over... encore.
L'autre 
Metal Gear Solid c'est aussi une histoire de dingue, surmontée d'une mise en scène 5 étoiles pour son époque point qui me chiffonne dans cet énième portage, c'est justement que rien n'a changé. On est toujours sur l'émulation d'un jeu PlayStation vieux de plus de 20 ans. Alors certes, on a 2 petites améliorations puisque les textures n'ont pas la bougeotte lorsque l'écran est fixe, ensuite une option nous permet de lisser le framerate. Ainsi on passe en 60 fps, ce qui rend cette aventure nettement plus agréable à parcourir, notamment sur ma TV 4K de 65" où le 30 fps est devenu insupportable. Ainsi on se retrouve avec le vieux rendu d'époque, avec Meryl et ses seins en triangle façon Lara Croft première édition, des visages figés, des mains plamées, des textures grossières et même une image un peu floue. D'ailleurs en lançant le jeu, le logo de Konami pique carrément les yeux. Sérieux les gars, ça manque de boulot tout ça ! Je l'avoue, j'aurai surkiffé que ce premier Metal Gear Solid subisse le même traitement que Tomb Raider I-III Remastered : il serait sorti sublimé, avec des textures retravaillées sur un moteur graphique flambant neuf... ça aurait été le pied ! Mais fallait pas trop y compter, Konami ne sort cette compilation que pour se faire du fric, pas pour remettre à neuf ce chef-d'œuvre d'antan.
Car oui, Metal Gear Solid, malgré les années qui esquintent nos gueules à grand coup de rides profondes, reste un véritable chef-d'œuvre du 10e Art ! Mettez de côté l'aspect technique, cette jouabilité mal adaptée, ce gameplay vieillot ou encore son doublage, et derrière vous aurez tout de même un scénario complexe et parfaitement mis en scène, des personnages superbement écris, un Lore titanesque qui frise le sans-faute, ainsi que les cinématiques les plus Hollywoodiennes et impressionnantes de son époque...
Metal Gear Solid c'est pas juste un jeu d'action / infiltration, c'est une aventure épique qu'on se doit de vivre au moins une fois dans sa vie, et tant pis pour ses défauts car il serait vraiment dommage de passer à côté de l'affrontement contre Psyco Mantis, la touchante scène avec Meryl, le jeu de cache-cache avec Sniper Wolf drogué au Diazépam, la rencontre avec Ocelot, la scène de torture, le combat contre Gray Fox... autant de scènes mythiques ! Rejouer à Metal Gear Solid (ce que je n'avais pas fait depuis 2008) fut pour moi un véritable moment de bonheur et tant pis pour le Twin Snakes, si un jour Konami développe un nouveau Remake de ce chef d'œuvre du jeu vidéo, j'espère sincèrement qu'il sera au moins aussi bon et mémorable que celui-ci, qui est l'un des tous meilleurs jeux de la vétérante PlayStation.
Vous 
Dans MGS2, on ne jouera Snake que durant 2 heures. Le reste du temps on se farcira Raiden et croyez-moi, la saveur n'est pas la même... allez peut-être trouver ça drôle (ou pas) mais le portage de Metal Gear Solid 2 est moins volumineux que celui du premier (il y a quand même 2 bons Giga de différence). Bref, MGS2 est sorti en novembre 2001 au Japon et aux Etats-Unis, puis en mars 2002 en Europe, exclusivement sur la console la plus populaire du moment, j'ai nommé la PlayStation 2. Le jeu sera ensuite réédité en version "Substance" (une édition agrémentée) sur Xbox, PC et à nouveau sur PS2 entre 2002 et 2003. Le plus étonnant c'est de se demander "pourquoi" la GameCube n'a pas eu cet honneur. Niveau puissance, elle était largement supérieure à la PS2 et à l'heure de la sortie du jeu, elle était déjà dans les rayons, même en Europe. Peut-être est-ce dû à la faible capacité de ses disques optiques (qui ne faisaient que 1,5 Go) mais très vite plusieurs titres ont multipliés les mini-DVDs, comme Resident Evil (Rebirth), qui en contenait déjà 2.
De toute façon, au prix des disques optiques face à celui des cartouches, tout en sachant que c'était là une faiblesse technique de la GameCube, Nintendo ne faisait pas trop la fine bouche. Bref, je ne comprends pas pourquoi cette absence, ceci dit les joueurs Nintendo ont reçu une très belle compensation en la présence de Metal Gear Solid : Twin Snakes (sorti en 2004), qui est l'un des meilleurs opus sorti à ce jour et qui depuis plus de 20 ans, est resté exclusif à la console de la marque.
Retour sur Metal Gear Solid 2, qui fut une véritable claque technique pour l'époque. Si la pochette arbore bel et bien la trogne de notre héros préféré (ou du moins, c'est bien lui qu'on voit en grand), en réalité Kojima et son équipe nous l'ont bien fait à l'envers. Si vous n'êtes pas aux faits, sachez qu'on ne joue Solid Snake que durant la mission prologue (qui dure moins de 2 heures) et tout le reste du jeu se fera avec un bleu-bite nommé Raiden. Le comble du vice c'est qu'on croisera Snake un paquet de fois durant l'aventure, sans jamais jouer avec lui. Oui c'est complètement absurde, c'est comme si dans un jeu Super Mario Bros on jouait Birdo. A l'image du Canada Dry, ça en aura la couleur mais pas le goût. Et cette idée complètement débile fera son bout de chemin jusqu'à la Xbox puisqu'Halo 2 nous fera le même coup en 2004. Parfois c'est à se demander d'où les développeurs sortent des idées aussi connes pareilles.
On 
A force d'être moqué, à partir de MGS2 le doublage occidental sera uniquement en anglais et c'est bête à dire, mais on a gravement perdu en immersion pourra en dire autant d'un scénario toujours plus capilotracté : le bras de Liquid Snake, Vamp le suceur de sang, Olga et ses vieux poils d'aisselles qui me donnent toujours autant la gerbe, ou encore Fortune qui évite les balles comme un répulsif naturel... J'aime bien Kojima, son folklore, sa vision du jeu vidéo mais faut avouer que parfois c'est tellement gros, qu'il faut activer immédiatement le mode "second degrés" au risque de trouver ça si absurde et indigeste, qu'on décrochera. Après on suivra l'histoire comme un bon film hollywoodien, déjà parce que ça reste un jeu vidéo et que les idées les plus barrées n'ont jamais cessées d'être un moteur de notre beau média, ensuite parce que la mise en scène était d'une qualité encore jamais vu à l'époque ! La fameuse scène où Snake marche sur le pont par une pluie battante, pour mieux se jeter la tête en avant, afin d'atterrir sur le cargo... au début des années 2000, ça nous a mis une claque !
Bien entendu, depuis ses 20 dernières années, on a vu bien mieux mais comme toujours avec ce genre de compilation, il faut se remettre dans le contexte, juger par rapport à son année de sortie, aucunement faire des comparaisons complètement idiotes en disant que face à un Red Dead Redemption II c'est dépassé. C'est comme comparer la puissance d'un PC de Gamer de 2002 à celui du même Gamer en 2022. 20 ans plus tard les technologies ont évoluées et forcément, les techniques de rendu aussi. Ceci dit je dois admettre que le jeu était tellement avant-gardiste à l'époque, qu'il conserve de très beaux restes. Franchement, même aujourd'hui le résultat a encore beaucoup de gueule.
Du côté du doublage, après l'échec du premier opus (qui n'était finalement pas si lamentable que ça), Konami a fait le choix de ne plus retenter l'expérience, d'autant plus qu'ainsi (avec seulement un doublage anglais pour l'occident, et un japonais pour l'Asie) ils avaient une meilleure rentabilité. Car oui, le Japon ce n'est que 125 Millions d'habitants mais ils ont eu droit à une localisation, et l'Anglais sert pour le reste du monde, dont les Etats-Unis, cible principale du marché. Le reste ce ne sont que quelques millions de ventes éparses et ce, pour une multitude de doublages. Je comprends que l'investissement n'en vaille finalement pas la peine même si au fond... ça fout les boules ! Et oui, au final ceux qui se font ba*ser, c'est nous et personne d'autres.
Ainsi 
Le scénario est très bon, la mise en scène est somptueuse, cependant je trouve que certains personnages vont trop loin : le bras de Liquid Snake, Fortune et surtout Vamp... sérieusement, ça manque de crédibilité donc c'est désormais David Hayter qui double la voix de Solid Snake, et croyez moi, le gars en fait des tonnes ! Après, même si je déteste lire des sous-titres, j'avoue qu'on finit par s'y faire. Et si jamais vous trouvez que ça va trop vite, que vous n'avez pas le temps de tout lire avant que ça passe à la phrase suivante, vous pouvez désactiver la progression automatique de la conversation, avec le passage à la ligne suivante en pressant une touche. Ce n'est malheureusement valable que sur les phases de dialogues via Codec, lors des cinématiques il faudra vous débrouiller. Notez également que les phases de dialogues sont parfois très longues (de l'ordre de 15 à 20 minutes) et que durant tout ce temps, vous ne pourrez pas mettre la pause ! Car oui le jeu est toujours aussi bavard, si ce n'est plus que dans le 1, et s'il y avait bien un ajout à faire dans cette énième adaptation, c'était bien celle-ci. On notera que le doublage japonais peut être activé (moyennant un téléchargement), d'ailleurs les options nous proposent à nouveau les classiques Master Book et Screenplay Book.
Autre détail, cette fois on valide bien avec X/A et on fait retour avec O/B comme c'est le cas dans la majorité des jeux. Mine de rien, c'est mieux ainsi. Par contre une nouvelle fois beaucoup de textes sont restés en anglais, et pire encore, la traduction comporte un nombre assez ahurissant de fautes ! C'est souvent des fautes de frappe (comme si le gars derrière son clavier était pressé au cul pour boucler la localisation), mais il y a aussi quelques mots mal conjugués ou mal orthographiés. Tout ceci aurait dû être rectifié, et c'est là qu'on sent vraiment le portage opportuniste, en aucun cas le besoin de faire les choses bien.
Etant donné que c'est la version "Substance" qui est à l'honneur, on retrouve également tout le contenu de cette réédition. Le sous-menu "missions" nous propose des missions alternatives, des missions VR, il y a même les "Snake Tales" qui sont d'autres missions alternatives (oui ça fait beaucoup de "mission" mais il n'existe pas vraiment de synonyme pour ce mot-là ^.^). Autant dire que si l'histoire principale vous tiendra 13 à 15 heures environ, avec tout le contenu annexe vous en avez pour facilement 40 heures de jeu ! Encore faut-il avoir la patience et l'envie de s'y frotter. Dans cet épisode les tutos sont à base de vidéo (c'est franchement laid, c'est même plus vraiment un tuto du coup) et le sous-menu où on choisit sa difficulté et/ou le choix de faire la mission du Tanker avec Solid Snake est simplifié, moins ambigüe qu'à l'origine.
Du 
La prise en mains reste correcte et la réalisation tient encore la route. En gros, MGS2 a de beaux restes même si on aurait forcément aimé une réelle actualisation de tout ça côté du gameplay, on sent qu'à l'époque de gros efforts ont été consentis. Malheureusement on n'aura toujours pas de véritable vue à la 3e personne et trop de passages sont encore une vue de dessus ou assimilé. De même, Snake et Raiden ne savent toujours pas se déplacer accroupi, ce qui peut causer quelques couacs lorsqu'on se met à courir sur une surface bruyante. En attendant, la vue FPS (pour shooter un ennemi) est sympa, la visée automatique fait son boulot, la maniabilité est plus précise, plus confortable, Snake / Raiden ne passe son temps à se coller au mur, les cartes n'ont plus besoin d'être "portées" pour activer une porte, il suffit juste de l'avoir dans son inventaire.
Bref, entre 2 épisodes on sent que beaucoup de réglages ont été fait, et même la difficulté semble avoir été mieux équilibrée, évitant les inutiles pics du premier épisode. Au final la vraie difficulté, c'est parfois de savoir où aller et quoi faire. Par contre méfiez-vous des "nœuds" car si vous avez déjà la carte des lieux, ça ouvre un menu d'options (oui c'est illogique) et l'avant-dernier choix vous ramène à l'écran titre. Vous la voyez venir la quenelle ? Et oui, j'ai personnellement perdu 30 minutes de jeu à cause d'un truc aussi crétin que ça, et d'une mauvaise manipulation. Mais vous, comme moi, ne ferez sûrement l'erreur qu'une seule fois... Je dois admettre que MGS2 n'est pas mon épisode préféré. Jouer Raiden (à la place de Snake) durant de longues heures, c'est une indescriptible frustration. Ceci dit ce changement de personnage s'explique largement par le scénario.
Techniquement, le jeu a plus de 20 ans et soyons honnêtes, il s'en sort avec les honneurs. Certes l'épisode de la Big Shell se renouvelle peu en terme de décors, mais globalement c'est vraiment joli... pour un jeu de 2001. Pour vous dire, j'ai joué sur la TV du salon (4K de 65") et franchement, c'est passé crème. Je me doute que ce sera encore meilleur sur un écran plus modeste, où certains détails seront naturellement affinés. Bref c'était pas gagné et pourtant MGS2 s'en sort haut la main, surtout lorsqu'on enchaine juste après un premier opus qui (de nos jours) pique sévèrement les yeux.
Quand 
Hormis le thème principal, qui est manifique, la bande-son n'a rien d'exceptionnelle. Je dirai même que les airs de saxo sont carrément hors de propos... à la mise en scène, Kojima oblige, elle est de haute volée ! Certes le VOST nous gâche un peu la fête, mais il est clair que l'ancien chouchou de Konami avait un sacré temps d'avance sur la concurrence. On termine par la musique dont le mémorable medley d'ouverture fut composé par le grand Harry Gregson-Williams. Un thème absolument magnifique et qui marqua les esprits, mais ce sera malheureusement le seul. En effet Harry Gregson-Williams n'a bossé que sur ce thème là, le reste de l'OST a été composé par Norihiko Hibino et le pédigrée n'est clairement pas le même. Le pire, c'est que le bonhomme manquait d'expérience à la sortie du jeu (il n'avait participé qu'à 2 autres titres auparavant et pas les plus marquants en plus), résultat l'OST souffle autant le tiède que le froid.
Certains thèmes sont pas mal du tout (comme celui de Fortune ou lorsqu'on est repéré) mais le reste bat de l'aile. Sérieusement, le thème commun avec son vibrato de saxophone... c'est complètement hors de propos ! Et puis à partir de cet épisode, la série devenant de plus en plus cinématographique et le jeu vidéo allant également dans ce sens, on ne retrouvera plus jamais de superbe bande-son comme dans le premier opus. C'est vraiment dommage car tout à fait entre nous, la musique type ciné c'est sympa mais ça manque de charme je trouve...
Dans tous les cas Metal Gear Solid 2 reste un très bon jeu. Si on met volontairement le VOST et Raiden de côté pour se concentrer sur l'essentiel, on trouve que le jeu est bon, la réalisation tient encore très bien la route, l'histoire est intéressante, superbement mise en scène et on a de grosses améliorations de la jouabilité et du gameplay. A sa sortie, la toute jeune PlayStation 2 n'avait qu'un an et demi, et la sortie de MGS2 fut marquée au fer rouge. Car tel un diesel qui met du temps à monter en température, la PS2 aura eu des débuts un peu difficiles et Metal Gear Solid 2 signait un peu le début de l'opulence puisque c'est bel et bien à partir de 2002/2003 que la machine va commencer à enchainer les hits...
On 
On retrouve la version Subsistence de Metal Gear Solid 3 mais le contenu bonus a été supprimé termine en beauté avec l'excellent Metal Gear Solid 3 qui a vu le jour fin 2004, dans sa première édition. En effet, nous le verrons dans les lignes qui suivent, à l'origine un peu trop basé sur le gameplay du second opus, la caméra était fixe ce qui était particulièrement gênant, surtout dans la forêt en début d'aventure (nous verrons que d'autres vieux travers de la série ont tout de même la peau dure). 2 ans plus tard sortira Metal Gear Solid 3 : Subsistence, version ultime du même jeu, blindé de bonus. Cette édition offrait plus de liberté avec la caméra, la correction de nombreux bugs mais aussi l'ajout de 2 autres DVDs, qui offraient un sacré paquet de contenu bonus, dont la présence des Metal Gear 1 et 2, enfin traduit en français. Autant dire que malgré les ventes déjà excellentes de la première version, les fans se sont rués sur cette nouvelle édition, qui a reçu des notes dithyrambiques de toutes parts (et un très beau 19/20 dans nos colonnes).
Evidemment, comme elle est "upgradée" (je vous rappelle qu'à l'époque de la PS2 les jeux ne pouvaient pas être mis à jour via Internet) c'est celle-ci qu'on a ensuite retrouvé dans les divers portages car une fois qu'on a goûté à la caméra libre, impossible de revenir en arrière. Sachez aussi que cette fois il n'y a pas eu de rééditions sur PC ou Xbox, le jeu restera exclusif à la PlayStation 2 jusqu'à la sortie de la compilation HD Collection en 2011. Classiquement on retrouve un menu principal très stylé qui nous propose le Master Book et le Screenplay Book, le doublage est intégralement en anglais mais si vous le souhaitez, le doublage japonais est disponible en téléchargement.
Il y a par contre une bizarrerie lorsqu'on s'apprête à lancer le jeu : on nous demande à qu'elle version on souhaite jouer. Au menu nous avons la version japonaise (si on a déjà téléchargé le pack de doublage) mais aussi américaine ou européenne. La différence n'est pas flagrante mais comme vous le savez, les européens sont toujours servis en derniers (bon OK nous ne sommes pas réellement les derniers si on compte l'Australie, l'Amérique du Sud ou l'Afrique qui eux, sont vraiment délaissés - disons qu'en tant que 3e gros secteur mondial, il est toujours frustrant de recevoir nos jeux avec plusieurs mois de décalage).
Pour 
MGS3 est chronologiquement le tout premier épisode de la série. On y vivra la mission de Big Boss dans une aventure aussi émouvante que passionnante faire simple, étant donné que nous fûmes livrés en dernier, la version européenne comporte quelques babioles supplémentaires comme des peintures additionnelles, un nouveau mode de difficulté (European Extreme), un mode Demo Theater (qui permet de revoir les cinématiques du jeu), un mode duel (qui permet d'affronter successivement tous les boss du jeu) et même un mini-jeu (Snake vs. Monkey). Au fond il n'y a rien d'exceptionnel et que vous jouiez à une version ou une autre, l'histoire sera identique. Malheureusement pour ce qui est des vrais bonus (comme le film de 3h30), la plupart du contenu a disparu. Certes Metal Gear 1 et 2 sont bien présents dans la compilation, mais n'espérez pas tout retrouver comme à la belle époque de la PS2. Ce contenu était certes dispensable, mais c'était une sacrée plus-value. Une fois encore, plutôt que de proposer des tutos jouables, ils se présentent sous forme de vidéos incrustées. C'est nul, certes, mais ça reste toujours mieux que de ne rien avoir. Lorsqu'on choisit sa difficulté, à nouveau on cherche à nous embrouiller en nous demandant si on aime MGS1, le 2 ou le 3 (moi j'aime bien le fait de jouer à MGS3 en disant que j'aime justement le 3). Juste un conseil : évitez de dire que vous aimez MGS2...
Cette fois l'histoire se déroule en 1964, durant la guerre froide. Le joueur incarne Naked Snake, un soldat d'élite de l'unité Fox qui deviendra par la suite le futur Big Boss. Sa mission est de libérer Sokolov, un ingénieur soviétique de génie. Il sera conseillé dans sa quête par Major Zero. L'ancien maître de Snake, The Boss, est passée du côté ennemi et a reconstitué son ancienne unité (l'Unité Cobra - encore des serpents), regroupant des soldats aux pouvoirs surnaturels. Snake doit donc aller libérer Sokolov, emprisonné dans une base par le colonel Volgin, un étrange croisement entre Ivan Drago (Rocky IV) et une anguille électrique. Il est aidé dans cette tâche par EVA, un agent spécial infiltré dans la base, et un brin dévergondée...
Premier point, en début de partie le jeu laisse planer le doute sur l'identité de notre personnage : il cache son visage et se fait appeler Jack... une goutte de sueur perle donc le long de notre dos, et ce, jusqu'au moment de la révélation. Vous n'êtes pas sans savoir (du moins je le suppose) que Solid Snake est un clone génétiquement parfait de Big Boss (il y aura aussi Liquid Snake et Solidus Snake) et justement, on retrouve ce visage bien connu et apprécié, un joli retour aux sources après le couteau planté dans les reins des fans avec l'épisode 2.
Autre 
Cet épisode se veut un plus réaliste que le second, un peu moins fantasque... d'ailleurs la mise en scène est ahurissante de précision, une vraie prouesse technique à l'époque détail, vous l'aurez vite remarqué, les dates ne correspondent pas et pour cause, dans cet épisode on ne joue pas Solid Snake mais bel et bien Big Boss (et gardez vos alertes aux spoils, c'est bon le jeu a 20 ans tout le monde c'est ça). Le jeu se déroulant dans les années '60, il est donc le tout premier épisode de la saga, si on suit l'histoire dans l'ordre chronologique. Il sera suivi par Portable Ops (1970), Peace Walker (1974), Ground Zeroes (1975), Phantom Pain (1984) et c'est seulement en 1995 que Solid Snake prendra le relai dans le tout premier Metal Gear (sans le Solid).
Véritablement révolutionnaire, la mise en scène est entièrement gérée en temps réel et pour cause, le camouflage que nous choisissons ainsi que l'arme de poing (avec ou sans silencieux) apparaissent à l'écran. Tant mieux, ainsi nous n'avons aucune différence entre la cinématique et le jeu lui-même. Et je ne plaisante pas lorsque je dis "évolutionnaire" car MGS3 a aujourd'hui plus de 20 ans et pourtant les cut-scenes ont encore beaucoup de gueule. Elles pourraient même encore donner quelques leçons à certains titres bien actuels. Bien entendu, Kojima et son amour du cinéma font que certaines scènes sont totalement abusées (notamment EVA et sa moto, c'est du grand n'importe quoi) mais en attendant, la qualité de la mise en scène aura servie de maitre-étalon durant des années tant le niveau fut élevé. C'est à tel point qu'aujourd'hui encore (hormis le fait que graphiquement ça a pas mal vieilli) ça passe encore très bien.
Une fois encore on retrouve le grimaçant David Hayter au doublage de notre héros préféré, un doublage qui semble cette fois un peu mieux travaillé, un peu plus carré, puisque Monsieur Hayter a évité d'en faire des tonnes. Par-dessus tout ça, comme à son habitude le jeu reprend des documents vidéo bien réels (la crise des missiles de Cuba, la mort de Kennedy...) afin d'étayer son histoire de fond. Considéré par beaucoup comme le meilleur épisode de toute la saga, c'est dans ce MGS3 qu'on apprendra comment Naked Snake (alias Big Boss) perdra son œil, pourquoi on l'appelle "Snake", les origines des Metal Gear Rex et Ray, on n'échappe pas à la fameuse scène de torture, et on fera la connaissance de personnages très importants dans la mythologie Metal Gear comme The Boss ou encore Revolver Ocelot, qui est ici tout jeunot.
Enfin 
Gérer le camouflage, les soins, la nourriture... font parti des grandes nouveautés de cet épisode le jeu se veut toujours aussi verbeux puisqu'on passera parfois près de 15 minutes sans toucher à la manette, sans parler de Para-Medic qui nous permet de faire notre sauvegarde et qui comme d'habitude, nous racontera des tas de choses sur des films dont on se fout éperdument. Heureusement, ce genre de dialogues sans intérêt peut être zappé sans rien rater du jeu. Metal Gear Solid 3 apportait pas mal de nouveautés en terme de gameplay. En effet il était le premier opus en "maps ouvertes" et ça mine de rien, c'était un grand pas en avant. Concrètement chaque carte était divisée en autant de chargement (je vous rappelle que la PS2 ne disposait pas de disque dur et se contentait de 32 Mo de RAM, il fallait donc oublier les idées de véritable open world) cependant dans chacune d'elles, il y a toujours plusieurs chemins possibles, plusieurs façons d'opérer, opposant le gars qui va vouloir tuer tout le monde à celui qui va refaire certaines maps 10 fois où tel un fantôme, il ne touchera personne.
Cette 3e itération varie beaucoup ses environnements entre jungle, forêt, bâtiment, caserne, usine, égout, montagne, etc... Et notre Snake devra se fondre dans le décor, voilà pourquoi on devra gérer son camouflage (le système est très simple et ne permet de modifier qu'un habit et une décoration de visage, mais le concept reste sympathique). De même, en plus d'une jauge de santé, nous avons désormais une jauge d'endurance, il faudra donc nourrir notre personnage. Bien entendu on retrouve les fameuses rations, mais cette fois on pourra également cueillir des fruits et chasser (lapin, rat, serpent... d'où le "snake eater"). Il est aussi intéressant de voir que cette jauge influe sur la vision du héros (qui rétrécie en cas de faim, d'ailleurs on entend son estomac grogner), sa capacité de guérison et même son tonus.
Il faudra d'ailleurs faire attention à ce qu'on mange, car une viande avariée dégoutera notre "snake eater" et le fera vomir, causant au final plus de mal que de bien. Enfin il faudra soigner notre héros : s'il prend une balle, un carreau d'arbalète, s'il est brûlé ou s'il a une fracture, il faudra bien évidemment jouer les infirmières bienveillantes. Encore une fois le système est très simple et se veut plus gratifiant que gonflant, même si encore une fois, ça n'a pas grand-chose de réaliste (parfois Snake a une jambe cassée mais il marche encore, on lui applique une petite attèle et il re-gambade comme un gosse... mais comme je le dis souvent, faut bien faire un jeu).
Quand 
Les affrontements contre The Sorrow, The End et surtout The Boss, sont tout à fait mémorables ! Notamment ce dernier, qui est l'un des plus beaux moments du jeu vidéo... aux grands affrontements, on se demande bien où Kojima trouve les idées pour nous faire des boss pareil. Certes on ne retombe pas sur un Vamp "so nanardesque" au possible, mais la nouvelle brochette est pas mal non plus. Dans le lot, entre l'affrontement contre Volgin, le Shagohod et l'unité Cobra, on retiendra surtout le combat contre The End (un face à face version sniper qui peut durer un paquet de temps mais qui se révèle assez passionnant au final), celui contre The Sorrow est pas non plus et il y a bien sûr la mythique baston contre The Boss. Une scène vraiment magnifique et mémorable...
Alors ça y est, nous sommes enfin en présence du Metal Gear Solid ultime, celui qui met tout le monde d'accord ? Et bien, pas tout à fait. Je ne reviens pas sur le fait qu'un jeu intégralement doublé en anglais ne sera jamais aussi immersif que s'il était en français, non finalement moi ce qui m'a un peu gâché l'expérience, c'est encore une fois la jouabilité. MGS3 a véritablement le cul entre 3 chaises : en début d'aventure notamment, nous sommes en présence d'un TPS, la caméra est libre (tout va bien) mais le système de visée est repris de MGS2, à savoir que Snake vise les ennemis de façon automatique, mais comme en général il fait de la merde (ou ne voit pas le gusse à 3 mètres de lui) on passe alors en vue FPS. Cette vue ne permettant pas d'être très précis, c'est donc la 2e fois qu'on nous impose un système mal fichu.
Le pire c'est que par moment, le jeu reprend ses vieux travers, comme dans les bâtiments ou certaines zones un peu cloisonnées, où la vue redevient plongeante. Mais au lieu de nous proposer une inclinaison vue de dos, nous voyons Snake de face, comme ça impossible d'anticiper la présence d'un ennemi, d'autant qu'en vue FPS vous vous en doutez, on ne peut plus bouger (et oui, au final c'est pire que dans Resident Evil 4).
A 
Ne sachant pas dans qu'elle case se placer (TPS ? FPS ? vue de dessus ?) la prise en mains est abominable sur cet épisode ! Dès que l'action s'échauffe, c'est la panique ! tout ça s'ajoute le fait que ce con de Snake n'est toujours pas foutu de marcher accroupi et que le seul le stick gauche dose sa vitesse entre marche lente et inaudible, et course bien bruyante (et non toujours pas de palier intermédiaire et le stick étant assez mal réglé, on passe souvent de la marche à la course sans le vouloir et on se fait repérer). Et je peux vous dire que si je trouvais déjà ce gameplay très limite en 2005, aujourd'hui il est carrément désagréable ! On passe son temps à s'emmêler les pinceaux (car bien entendu, si on peut cacher un corps, il faut d'abord déséquiper son arme) et à certains moments, cette prise en mains de merde (n'ayons pas peur des mots) joue littéralement en notre défaveur !
Face à The Pain par exemple, on prend vite conscience que quelque chose ne va pas, la visée est à la fois trop lente et trop peu précise (surtout au stick gauche), le système de tir (où on appuie sur la touche carré/X) est complètement à côté de la plaque et bien évidemment Snake est d'une lourdeur abominable ! Si encore on peut s'accommoder de ce gameplay lors des phases d'infiltration, on comprend vite que c'est vraiment une purge dès que l'action s'échauffe ! Et tout le problème vient du fait que le jeu ne sait pas où se placer : est-il un TPS, un FPS, tout en conservant par moment sa vieille vue de dessus... ? Franchement, avant toute chose je pense que les équipes de Kojima Productions auraient dû proposer un tout nouveau gameplay, plus proche de ce qui se faisait déjà à l'époque.
Dois-je vous rappeler que Splinter Cell est sorti en novembre 2002 et que sa suite (Pandora Tomorrow) a vu le jour en mars 2004 ? Oui quelques mois avant celui-ci... Le plus inacceptable c'est qu'entre Snake Eater et Subsistence il s'est passé plus d'un an et que dans ce laps de temps très confortable (les développements n'étant, à l'époque, pas ce qu'ils sont aujourd'hui), les développeurs ne nous ont proposés que la caméra libre (et encore, pas tout le temps). Et dire qu'à la sortie de MGS3 Subsistence, Splinter Cell en était déjà à l'épisode Chaos Theory, qui est excellent et propose en plus un couple jouabilité/gameplay aux petits oignons. Sérieusement, ils auraient dû faire l'effort de proposer quelque chose de similaire à la concurrence qui, du moins dans sa prise en mains, est à mille lieux de celui-ci, tant en terme de précision que de confort. Au final le gameplay de la série ne sera sur de bons rails qu'à la sortie de Metal Gear Solid 4, qui ne verra le jour que 3 ans et demi plus tard...
Ainsi 
MGS3 reste aujourd'hui encore très propre. On aurait juste aimé un nouveau coup de polish, afin de mieux lui rendre hommage vous comprendrez bien que lorsqu'on parle de "master piece" bien sûr qu'on pense à Metal Gear Solid 3, car au fond le jeu est génial, mais sa jouabilité est épouvantable. Elle n'était déjà pas bonne à l'heure de sa sortie, alors imaginez ce que ça donne aujourd'hui... et celles et ceux qui disent le contraire, sont d'une mauvaise foi puante, tout en se voilant la face ! Il ne sert à rien d'être dans le déni, le "fanboyisme" ne mène à rien et l'amour d'un jeu ne doit jamais rendre aveugle. Moi-même j'ai beau adorer certains titres (et pour ça je vous invite à consulter "le best of the best" de la page d'accueil), j'admets volontiers qu'aucun jeu n'est parfait et tous, sans exception, comportent leur lot de défauts.
Par contre il faut l'admettre, malgré ses tons délavées et sépia afin de donner une ambiance "sixties", la réalisation culminait au sommet des capacités de la PS2 ! La console avait déjà su nous surprendre en 2004 mais il est clair que tous furent détrônés. Comme évoqué, la qualité de la mise en scène était admirable et ne fut surpassée que par des vidéos en images de synthèses, c'est dire le niveau de précision et de perfectionnisme. Et puis il est clair qu'en sortant une exclusivité PS2, le studio allait tirer 100% des capacités de la console. Les graphismes étaient superbes, détaillées, les animations étaient ultra réalistes, les visages expressifs... il y a clairement eu l'avant et l'après MGS3 en terme de mise en scène ! Rien que son intro façon James Bond, avait fait sensation, Eva étant clairement la "James Bond girl" du film du jeu. Et le reste est du même acabit, ce 3e épisode faisait clairement parti des 5 plus beaux jeux de la PS2...
Mais qu'en est-il de cette édition 2023 ? Encore une fois reprises de la HD Collection de 2011 auquel ils n'ont pas pris la peine de remettre un coup de polish, on se retrouve avec des graphismes sympas, mais qui accusent forcément leur âge. Le lissage HD est généralement bon mais soyons honnêtes, 20 ans plus tard ça n'a plus le même impact. Certaines textures sont dégueulasses et floues, ça manque forcément de détails, certaines zones manques de polygones (comme les jambes qui sont un peu anguleuses, ou les doigts), on s'aperçoit que le jeu n'est pas vraiment synchro et qu'en parlant, les protagonistes ouvrent à peine la bouche.
Et 
Tournant certes en 60 fps, limiter MGS2 et 3 à du 1080p (même sur PS5 et Xbox Series) est une preuve flagrante du je-m'en-foutisme de ce portage qui reprend à l'exact la HD Collection sans l'agrémenter sur nos écrans géants, on voit clairement les subterfuges des développeurs de l'époque, leur manière de camoufler certains détails comme la chevelure de Snake qui en gros plan, a vraiment gueule à rien. Mais c'est ainsi, à moins de faire un "remake" complet du jeu, on ne peut que "lisser" les textures, améliorer le framerate ou encore les temps de chargement. Et c'est vrai, le jeu est parfaitement lisse (bien que du coup ça amenuise le côté organique de certaines zones) et sur SSD les temps de chargement sont imperceptibles tant ils sont courts. Maintenant il faut se dire que c'est clairement le baroud d'honneur de ce bon vieux MGS3, qui a déjà 20 ans à la sortie de cette compilation, quand son remaster HD encaisse déjà 12 ans et 2 Générations de consoles dans la vue. A un moment donné, il ne peut plus y avoir de miracle. Notre vrai regret dans tout ça, c'est que le studio n'a fait aucune mise à jour graphique et bien que tournant en 60 fps, la résolution est la même que sur PS3 et Xbox 360, et se limite à du 1080p. Sur des machines comme la PS5 et les Xbox Series, c'est franchement lamentable...
La partie audio profite comme toujours d'excellentes musiques... dans le ton du jeu, entendons nous. Mieux composées que lors de MGS2, on évite les airs sifflotant à base de saxo totalement hors de propos, et on retrouve un peu l'ambiance des films et séries d'espionnage d'avant 2000. Le résultat colle parfaitement à l'atmosphère du titre, à défaut d'être réellement mémorable. Aux commandes on retrouve Harry Gregson-Williams, Norihiko Hibino, Shuichi Kobori et Nobuko Toda et vous vous doutez bien que le grand Gregson-Williams n'a que très peu participé à l'OST. On lui doit le thème principal ("snake eater") et à mon avis pas grand-chose d'autre. Quant au doublage, je ne reviens pas dessus, bien qu'uniquement en anglais, il est d'excellente qualité.
Metal Gear Solid 3 n'aura finalement comme défauts que sa prise en mains, qui est discordante avec son gameplay. Ne sachant pas s'il doit conserver sa vue de dessus, devenir un TPS ou encore un FPS, au final il échoue à nous offrir une jouabilité à la hauteur de son gameplay et de son aventure. Ça mis à part, MGS3 c'est encore une fois une histoire fabuleuse, des cinématiques merveilleusement mise en scène qui vont agrémenter une aventure longue et passionnante. De plus, connaitre les débuts de Big Boss a ce côté magique qu'on aurait jamais soupçonné.
Avec
Version Switch
Les autres versions
Metal Gear Solid : Master Collection vol.1, nous avons 5 jeux s'étalant du MSX2 à la PlayStation 2, le tout réuni sur un seul disque (sauf sur Switch, bien évidemment). Les Metal Gear Solid ont toujours été des jeux mythiques. Même en tant que détracteur de la licence ou si l'égo démesuré d'Hideo Kojima vous donne la nausée, il est indéniable que ces jeux sont aussi mémorables qu'intemporels. Cependant, il faut malgré tout tempérer notre joie de retrouver Big Boss et Solid Snake, en premier lieu parce que ce sont les mêmes Remasters que dans l'édition HD Collection sortie en 2011. Et si vous voulez savoir à quel point Konami se fout de notre gueule, et bien sachez que le logo "HD Collection" apparait au lancement de chaque jeu ! Et oui, on est là, ça veut dire qu'ils ont récupéré le code de cette compilation datant d'il y a déjà 12 ans, sans rien y changer.
Comme dit le diction : "les cons ça osent tout ! c'est même à ça qu'on les reconnait" (si vous avez la référence c'est que vous n'êtes plus tout jeune ^_^) et nous, nous sommes les dindons de la farce. On sent vraiment le portage opportuniste, en aucun cas le besoin de faire les choses bien. Le pire, c'est que le code semble avoir été "craché" tel quel car même si ça tourne sans bug à 60 fps, on reste limité du 1080p sur Xbox Series et PS5. Sur de tels portages, c'est franchement la honte. Et c'est un fait, le leitmotiv de Konami est de refaire parler de la licence, d'occuper les étals, et de faire rentrer un peu d'argent dans les caisses, avant de lancer les Remakes qui sont en cours de développement.
Après bien sûr qu'on espérait tous que les jeux en 3D seraient retravaillés, que le premier MGS subirait un lifting graphique à la hauteur du Tomb Raider I-III Remastered (ce qui lui ferait un immense bien) ou mieux encore, qu'on nous proposerait une prise en mains "moderne", tant les vieilles configurations sont devenues imbuvables aujourd'hui. Car on ne va pas se mentir, à la sortie de cette compilation, Metal Gear Solid 3 a 20 ans et à moins d'y jouer régulièrement, vous trouverez la jouabilité exécrable !
Quant à la version Switch, si vous vous demandez pourquoi elle prend 2 points de moins, c'est tout simplement parce que la version physique ne contient presque rien sur sa cartouche ! Encore une fois Nintendo se fout de la gueule du monde et tout le monde accepte ça sans rien dire. C'est juste inadmissible ! Car si vous voulez profiter à minima des 3 jeux principaux, il faudra télécharger tout le contenu via le Nintendo eShop et vous l'aurez compris, le jour où les serveurs fermeront, vous n'aurez plus accès qu'aux vieux épisodes 8-bits. Une méthode honteuse (surtout au prix actuel de la Mémoire Flash) qu'on se doit de sanctionner... Déjà pas exempte de reproches sur les autres supports, je déconseille donc fortement cette version de voleurs...
Cependant, malgré ses défauts, le fan de longue date se laissera sûrement séduire une dernière fois (car c'est bien à lui que s'adresse cette énième compil'). Car au-delà de ses nombreux défauts, défauts qui s'accumulent au fil du temps qui passe, la saga des Metal Gear Solid reste culte, on peut même dire qu'elle a redessiné une partie du paysage vidéoludique. Certes cette compilation est incomplète (autant en bonus qu'en jeux - et ne rêvez pas, vous n'aurez jamais The Twin Snakes sur votre Xbox ou votre PlayStation), certes les rides commencent à être visibles et profondes, mais il est impossible de bouder son plaisir, notamment après tant d'années d'absence. Moi le premier je n'ai plus de PlayStation 2, ni de PS3, donc je fus privé de ces excellents titres durant de longues années.
C'est donc avec un plaisir coupable que j'ai enfin pu y rejouer sur ma console récente, d'ailleurs c'est également la première fois qu'une telle compilation / remasterisation arrive sur PC. Si les Metal Gear Solid ne brillent pas forcément pour leur gameplay, il en est tout autre pour ler ambiance, la maestria de l'écriture, le chef d'œuvre de la mise en scène, nous prouvant que malgré ses travers un brin mégalomaniaque, Hideo Kojima était un visionnaire qui a porté son "magnum opus" à bout de bras durant des années. Maintenant faites-moi plaisir : si vous ne voulez pas de cette compilation, je peux comprendre votre choix, mais laissez les fans kiffer cet indescriptible plaisir de redécouvrir l'une des plus mythiques séries de tous les temps. Quand aux épisodes manquants, on se donne rendez-vous pour un vol.2 qu'il me tarde déjà de poncer...
