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Parfois 
Survivor 2 reprend l'univers, les personnages et les décors de Code Veronica, pour en faire un rail shooter on se demande ce qui passe par la tête des développeurs. Aujourd'hui nous allons parler de Resident Evil Survivor 2, la suite à d'un premier opus exclusif à la première PlayStation, qui a vu le jour en 2000. Transposer l'univers de Resident Evil en un shooter qui mélange le rail-shooter et le FPS, fallait oser, cependant le résultat est assez tristounet. Au delà d'une réalisation qui aurait pu difficilement faire mieux (la PSOne n'étant pas la console la plus efficace qui soit lorsqu'il faut afficher des graphismes tout en 3D), c'est surtout le scénario, la durée de vie (2 heures) et le gameplay qui pêchaient.
A peine 1 an et demi plus tard, Capcom remet le couvert en évinçant le brave studio TOSE et en engageant le trio Namco, Nextech et SIMS Co (et oui, encore une fois le jeu n'est pas développé en interne). Alors que le superbe Resident Evil : Code Veronica voit le jour en février 2000 (au Japon) sur DreamCast, cette fois c'est cet épisode mythique qui servira de base pour construire ce nouveau rail-shooter. Survivor 2 voit d'abord le jour sur Arcade en juillet 2001, soit à peine 4 mois après la sortie de Code Veronica X, le portage upgradé de la PlayStation 2, support où il trouvera à la fois un second souffle ainsi qu'un plus large public. Et aussi étrange que ça puisse paraitre, Capcom et ses associés vont développés leur jeu de tir sur la base de cet opus-là, un épisode très apprécié des fans. Survivor 2 est donc un jeu d'Arcade, qui tourne sur le système SEGA NAOMI, un hardware réputé pour ses performances et sa fiabilité.
Jouable en solo comme à 2 en co-op' selon le format de la borne, il propose un rail shooter tout ce qu'il y a de plus classique, tout en portant le nom de Gun Survivor 2 : Biohazard Code Veronica au Japon. Cependant, très vite on remarque le manque d'ambition du titre. En effet, il n'est pas rare que ce genre de borne soit déclinée en plusieurs versions, notamment des éditions Deluxe, avec des répliques de qualité et de grands écrans. Mais pas ici, ce Survivor 2 ne propose qu'une unique version (solo ou à 2 joueurs), avec une réplique de MAC-10 disposant d'un silencieux. Connaissant le jeu, l'arme est assez inappropriée puisque Claire utilise un Beretta 92 et Steve des Lugers dorés. Ça n'a donc rien à voir, sans doute parce que cette borne est le recyclage d'un autre modèle, d'un autre jeu.
On 
Sur PS2, le jeu est jouable aussi bien à la manette qu'au GunCon 2 note aussi que ces armes sont reliées à un socle, et non via un câble, ce qui rend leur utilisation assez inconfortable si on est trop grand... ou trop petit. Plus fort encore, ces répliques n'utilisent aucune technologie optique, car le contrôle de chaque joueur est entièrement assuré par un pseudo-joystick analogique intégré à la base de l'arme, ce qui explique pourquoi ils sont posés sur un pied. Ce système permet d'avoir une visée relativement précise, ainsi que des coûts de maintenance réduits (car oui les gens ne respectent rien et c'est souvent le câble, voir l'arme en elle-même, qui font les frais des mauvais perdants).
Bref, ce n'est pas un cabinet top qualité et remarquez ça se comprend, puisque le jeu est loin d'être un modèle du genre. Le Time Crisis II de Namco (sortir en 1998) ou encore l'excellent House of the Dead III de SEGA (sorti en 2000), lui sont largement supérieurs, tout en étant bien plus répandus. Même si le jeu d'Arcade aura eu son bout de succès, sans doute porté par l'aura de la licence et la curiosité des fans (il faut dire que même s'elle était déjà sur le déclin, l'Arcade marchait encore pas mal à cette époque-là), le voir arriver à son tour sur PlayStation 2, fut assez surprenant. A l'origine le jeu devait être porté sur DreamCast (puisque les systèmes NAOMI et la console DreamCast sont basés sur le même hardware, afin de faciliter les conversions), mais vous le savez, c'est en mars 2001 que SEGA a jeté l'éponge, et a quitté le dur combat des consoliers pour uniquement devenir développeur/éditeur de jeux. Résultat Capcom s'est tourné vers la solution bis, celle-là même qui a fait plonger SEGA, j'ai nommé la PlayStation 2.
Sorti 4 mois après l'Arcade, le portage console a d'abord vu le jour au Japon, et il mettra à nouveau 4 mois pour arriver chez nous. Fait étonnant, le jeu ne sortira pas aux Etats-Unis et cette fois ce n'est pas la fusillade de Columbine (survenue en avril 1999) qui est en cause mais un événement encore plus dramatique : les attentats du 11 septembre (2001). Vous vous doutez bien que le pays avait autre chose à penser à ce moment-là, et toute l'économie américaine s'est mise en pause, jeu vidéo compris. Gun Survivor 2 est donc exclusif aux consoles PlayStation 2 japonaise et européenne.
Le 
Malheureusement, sur PS2 on ne peut jouer qu'en solo. Heureusement de nouveaux modes viennent agrémenter la durée de vie jeu se joue désormais à la manette mais reste parfaitement compatible avec le Namco GunCon 2, sans doute le meilleur phaser domestique de sa génération. D'ailleurs au Japon il existe même une édition Collector proposant un pack incluant le jeu et le GunCon 2 (ne rêvez pas, chez nous on n'a quasiment jamais ce genre d'offres). Si vous jouez au "light gun", le jeu sera un bête portage du titre d'Arcade, le pistolet optique remplaçant très bien le MAC-10 de la version d'origine. Par contre, si vous jouez à la manette, le titre s'apparentera à un pseudo FPS où la visée haut/bas est automatique mais les mouvements sont libres (c'est vous qui dirigez votre personnage). Au niveau de l'histoire, on retrouve Claire et Steve qui doivent s'échapper de l'île Ashford.
Si le jeu est praticable à 2 sur Arcade, on ne peut malheureusement jouer qu'en solo sur console. Le personnage est au choix mais le gameplay reste identique, seule la petite séquence d'intro diffère. Bien entendu, lorsqu'on joue au GunCon 2, le jeu est bien plus fun et précis, car le gameplay est loin d'être efficace au gamepad puisque vous déplacerez votre héros avec le stick gauche et vous pivoterez avec L1/R1. Ce n'est pas pratique, il aurait mieux valu que le stick droit serve à quelque chose, comme dans tous les FPS. On peut jouer seul ou accompagné par l'autre personnage, qui sera alors contrôlé par une IA potable. Et je reviens sur le fait qu'il est regrettable de ne pas pouvoir jouer à 2, car en écran splitté ça aurait été vraiment sympa. Cette adaptation console propose tout de même quelques ajouts comparée à la version d'origine, notamment des modes de jeu.
Il y a le mode Arcade, qui se calque sur l'aventure d'origine et qui nous propose 5 stages pour une durée de vie d'environ 45 minutes. Dans ce mode Arcade, pour terminer un niveau, vous devez trouver la clé permettant d'ouvrir la pièce du boss, que vous devez ensuite vaincre. Lorsque la jauge de vie de votre personnage atteint zéro, la partie se termine, il faut donc trouver des trousses de premiers soins pour rétablir votre vitalité. Si le compte à rebours atteint zéro, Nemesis (qui n'apparait pas dans Code Veronica mais on n'est plus à un anachronisme prêt) apparaît et se lance à votre poursuite. Vous ne pourrez pas lui infliger de dégâts, et ne pourrez que tenter de lui échapper qu'en courant.
Ensuite 
La réalisation fait peine, donc à moins d'être collectionneur, Survivor 2 est clairement un jeu à éviter il y a le mode Donjon où on entre dans une immense zone et où on doit tenter de tuer le plus d'ennemis possibles afin d'établir le score le plus élevé possible. La mission prend fin lorsqu'on le temps ou la santé tombe à zéro (Game Over) ou lorsqu'on tue le boss. Il y a 3 environnements différents (Cock Tower, Underground et Inferno) offrant 6 à 7 levels chacun, et donc pas moins de 19 niveaux à traverser, pour une durée de vie nettement plus longue que le mode Arcade (il faut compter au moins 2 heures). Enfin le "versus roaches" est un mode caché que l'on obtient en terminant la première mission du Mode Donjon. Dans celui-ci, vous devez combattre des cafards tout au long de 5 niveaux.
Notez également que vous pourrez débloquer diverses armes (certaines ne sont disponibles que pour certains modes) ainsi que les personnages de Chris et Rodrigo. Le premier utilise un laser-gun, quand le second ne dispose que d'un couteau (autant dire que là, la difficulté devient hardcore). Globalement le jeu reprend tout le bestiaire des précédents épisodes (Hunters, Lickers, zombies, araignées géantes...) et on explorera les lieux bien connus du mythique Code Veronica. Bien sûr le jeu est agencé différemment, afin de mieux s'accommoder au genre. Les armes aussi ont été reprises du survival horror (fusil à pompe, Uzis, AK-47, Magnum) et globalement les sensations sont assez bonnes. En fait, c'est surtout l'aspect technique qui pêche dans ce spin-off car les graphismes sont vraiment vilains, simplistes au possible. Et si on retrouve bien l'ambiance d'un Resident Evil en vue à la première personne, il faut savoir que Capcom n'a même pas fait l'effort de mettre des voix à ses protagonistes (c'est juste sous-titré).
Résultat médiocre donc, puisqu'ils bougent les lèvres sans émettre de son (il faudrait dire aux développeurs que nous ne sommes plus sur console 16-bits là...). On sent bien que derrière, il y a eu un développement éclair et si à la rigueur on peut pardonner ça à la version Arcade (vu que c'est toujours bruyant, on n'y fait même pas gaffe), c'est par contre inadmissible sur console. Entre temps, Capcom aurait dû rectifier le tir, preuve que nous sommes bel et bien sur un jeu de seconde zone, à la considération très optionnelle. Et je n'évoquerai pas la teneur du scénario, qui n'est que vaguement inspiré du pourtant très bon Code Veronica...
Si
Note
ce n'est pas le pire jeu auquel j'ai joué, on sent bien que ce Resident Evil : Survivor 2 n'a pas sucité le travail des grands épisodes de la série. Moins lamentable que je ne le pensais, moins minable que ce que la presse en a dit, ce spin-off reste quand même un titre mal fini et techniquement poussif. Pas meilleur que le premier épisode sur PSOne, si vous aimez le genre (une sorte d'hybride de FPS au pad / shooter au gun) ainsi que l'univers de Resident Evil, ça peut être un achat sympa mais ne vous attendez pas à des miracles, la note reflétant sa valeur réelle...
