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Délaissé 
Le scénario est franchement léger et l'univers du jeu est affreusement sous-exploité depuis quelques temps, le survival horror/action a fait son come-back avec ce titre, alors que tout le monde attend impatiemment Resident Evil 5 (il sortira 1 an plus tard, en même temps que le portage PC). Dark Sector (dont le titre est parfois stylisé en "darkSector") emprunte largement aux cadors du genre, dans un petit mixage qui pourra vous rappeler un certain Cold Fear mais aussi et surtout Resident Evil 4 dont il puise les idées sans se gêner. Si la prise en mains est bien plus confortable que dans le hit de Capcom, malheureusement la comparaison s'arrête là car il n'en a ni la tension, ni le génie. Nous sommes malgré tout en présence d'un TPS musclé, orienté horreur, qui a pour lui certaines qualités et un univers assez sympa (bien que mal exploité). Est-ce que ce sera suffisant pour le porter au rang de hit ? C'est ce que nous allons voir.
Le scénario raconte que vers la fin de la Guerre froide, l'URSS découvre un sous-marin au large des côtes de Lasria, un pays satellite fictif et frontalier de l'Union Soviétique. Une créature attaque l'équipe de sauvetage à travers une brèche béante dans la coque. Dans les années qui suivirent, une mystérieuse infection appelée "technocyte" se propage à Lasria, provoquant des mutations et des destructions massives, avant que les Lasriens ne parviennent à la maîtriser. 20 ans plus tard, notre personnage se nomme Hayden Tenno, c'est un agent de la CIA finalement plus proche du mercenaire, que du gars habillé en costard. Il est épaulé par Yargo Mensik, un ancien colonel du GRU, scientifique et agent dormant qui connaît l'origine du virus technocyte. Le principal antagoniste, Robert Mezner, est un ancien agent de la CIA qui cherche à instaurer une utopie, en propageant le virus technocyte à travers le monde.
Il est secondé par Nadia (une mystérieuse femme qu'Hayden connaît), et par "Nemesis", une créature humanoïde faite de métal. Hayden infiltre un goulag lasrien où Robert Mezner détient les personnes infectées par le virus. Sa mission est de retrouver Viktor Sudek, d'empêcher la propagation du virus et éliminer Mezner. Après un premier chapitre de prologue, Hayden se fait poignarder par Nemesis à l'épaule droite, ce qui fait qu'il est infecté par le virus technocyte. Cependant notre héros du jour va réagir de façon tout à fait inattendue, puisque le virus va lui offrir plus de force, des pouvoirs et même le "Glaive", une sorte de disque/boomerang aux propriétés sans équivalent...
La 
Hayden est un personnage trop lisse, trop jeune et sans charisme. Et que dire des incohérences scénaritiques... première chose à dire, c'est que notre personnage (Hayden Tenno) n'est pas bien beau. Il a une gueule de minet typiquement américain et sans aucun charisme, ce qui donne aux cut-scenes (il n'y a aucune vidéo en CGi) un certain manque d'attrait. Sans ça les séquences sont plutôt bien faites, notamment grâce à des animations assez bien travaillées et de bonnes modélisations. Malheureusement le scénario sent un peu le déjà-vu, d'autant que la narration est très maigre et que ça manque de mise en scène. D'ailleurs les origines du virus Technocyte sont floues et les personnages secondaires comme Nadia ou Yargo sont totalement sous-exploités. Le jeu n'étoffe absolument rien de son Lore, et on arrive au moment où tout est déjà en place : le virus est déjà là depuis 20 ans, les mutants ont déjà envahis les rues et des cadavres enroulés dans sacs pour déchets biologiques jonchent déjà le sol.
La narration passive est trop clairsemée, il y a pas de documents à lire et les rares cinématiques qu'on nous propose ne font que servir l'actuelle mission, sans jamais revenir sur le passif de ce train qu'on prend en marche. Difficile dans ces conditions d'être immergé et de se sentir réellement aspiré par cet univers dont au final, on ne se que trop peu de choses. Petite parenthèse, Dark Sector a été développé par Digital Extermes, un studio modeste mais pas sans talent, puisqu'ils sont derrière les Unreal Tournament ou encore le très bon The Darkness II. Ceci dit on sent bien que le studio se sent plus à l'aise avec les jeux multi-joueurs que les solos.
Dark Sector n'ayant eu qu'un succès d'estime (il se serait vendu à hauteur d'un million d'exemplaires, mais ce chiffre n'a rien d'officiel et lorsqu'un titre est un franc succès, généralement on s'en vante), il n'aura pas reçu de suite, ni même de Remaster sur les plate-formes suivantes (pour dire, même la version Xbox 360 n'est pas rétrocompatible). Notez tout de même qu'une partie du Lore et du design seront repris pour concevoir Warframe, dont les personnages ressemblent beaucoup à Nemesis. D'ailleurs le logo du jeu est un lotus (comme les marchés noir de Dark Sector), les Infestés sont les victimes du virus technocyte et le joueur joue le rôle d'un Tenno... On sent bien qu'on est vaguement dans le même univers.

Warframe est un jeu multi-joueurs sorti en 2013 qui reprend quelques éléments de Dark Sector comme son scénario (le virus technocyte), le logo en forme de lotus, quelques patronymes (Tenno) ainsi que ce remarquable design issu du Nemesis.
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J'ai 
Enflammer le Glaive permet de débloquer certains passages trouvé sympa que le prologue soit en noir & blanc mais le Glaive apparaît "comme par magie" et c'est peu réaliste. Et comme dans la plupart des jeux actuels, le boss final est mégalo, abusé et difficile... pour arriver en plus à un épilogue minable et vite torché. Ajoutons à ça un doublage coussi-coussa (bien qu'on apprécie la VF au lieu des sous-titres) et désynchronisé à un point franchement ridicule. Au final on obtient un résultat à peine suffisant, et vraiment pas passionnant. Comme je le disais en intro, Dark Sector emprunte beaucoup aux grands noms du genre et sans sa petite particularité, le Glaive, il serait un TPS de plus, et sans envergure. Suite à son infection, Hayden voit donc sortir de son bras le Glaive, une sorte de disque/boomerang multifonctions, qui n'est pas sans rappeler celui du Predator ou le Chirugai de Tomb Raider : L'Ange des Ténèbres.
Les fonctionnalités de cette arme se déclenchent au fil du jeu (là aussi comme par magie) et elles sont nombreuses. Commençons donc par le début, on pourra enflammer le Glaive pour mettre le feu à des barrages visqueux créés par le virus, on pourra le charger en électricité pour débloquer des portes à verrous électroniques ou pour appeler un ascenseur saboté. On peut également se servir de lui pour ramener des objets (comme le boomerang de Link), créer un bouclier d'énergie pour se protéger ou encore se rendre invisible temporairement. Mais plus fort encore, il sera possible de contrôler la trajectoire du Glaive pour mieux atteindre une cible ou un boîtier bien protégé, ou encore pour tuer plusieurs ennemis à la suite (cette séquence se passe au ralenti, c'est sympa mais totalement imprécis).
Enfin il est possible de glacer le Glaive pour se créer de véritable mur de glace afin de s'y mettre à couvert, d'éteindre des feux et quelques babioles dans le genre. Le Glaive est donc le couteau-Suisse de notre héros, l'outil central du gameplay, qui nous servira dès qu'il faudra résoudre des pseudo-énigmes. Je dis bien "pseudo" car les épreuves sont généralement simples et pas bien compliquées à comprendre. Le Glaive sert aussi d'arme. Avec, on peut atteindre certains ennemis, en déstabiliser d'autres (comme ceux avec un bouclier qui sont autrement intouchables) et bien sûr s'en servir au corps à corps.
Malheureusement 
Comme dans la plupart des TPS actuels, la mise à couvert est essentielle sa puissance est assez faible. En dehors des mises à mort automatisées via un QTE (contre un boss ou lorsqu'on "finit" un ennemi), ses attaques sont faiblardes et ne remplacent que très difficilement les armes à feu. C'est un peu dommage car en tant arme à proprement parler, elle avait du potentiel. Hayden ne porte sur lui que 2 armes : une arme de poing et un fusil. C'est peu mais ça rend le jeu plus réaliste que lorsqu'on en porte 15 sur le dos et sans les voir (ici on voit l'arme non utilisée sur le personnage). Hayden pourra aussi ramasser certaines armes laissées par ses victimes (pratique pour économiser ses munitions) mais histoire de pimenter un peu tout ça, chaque arme ennemie est munie d'une reconnaissance ADN qui désactive l'objet en question après quelques secondes.
Parmi les armes autorisées (celles achetées au marché noir), notre perso aura à portée quelques pétoires, plus ou moins puissantes, avec la possibilité de les upgrader avec les options qu'on ramassera en cours de route (dommage qu'on ne puisse pas changer les options à volonté). Et ces armes s'achètent et se vendent avec l'argent trouvé en chemin (des roubles), via le marché noir. Une idée reprise de Resident Evil 4, sans en atteindre le panache. Le marchand peut stocker certains de vos achats (pour exemple mettre de côté un fusil à pompe et prendre l'AK-47) mais le nombre d'armes est assez restreint, elles coûtent trop cher et même si les planques du marché noir sont nombreuses, le marchand ne propose que rarement des nouveautés. C'est finalement mal mis en œuvre et on finira par ne jouer qu'avec les 2 armes qui nous plaisent le plus.
Pour finir avec cette partie du gameplay, les munitions se trouvent en plein jeu et les grenades sont franchement mal fichues. A croire qu'elles sont en caoutchouc, elles rebondissent de tous les côtés, ce qui les rend obsolètes (dommage car niveau puissance, elles assurent). Dark Sector se joue caméra à l'épaule et vision resserrée lorsqu'on se met à courir. Gâchette gauche pour se mettre en joue, gâchette droite pour tirer, on peut se mettre à couvert, sauter par dessus des caisses et tout un tas de mouvements qui, à la façon des excellents Uncharted et Gears of War, s'effectuent presque tous avec simplicité.
Dommage 
Les graphismes sont réussis, avec notamment de jolis effets. Malheureusement les décors, comme les situations, se renouvellent trop peu par contre que les assauts de mutants soient un peu gonflants, un peu hardcore car ils débarquent de partout, nous assaillent sans nous laisser de répit, ce qui tranche avec des combats plus tactiques contre les humains. Contre les mutants on la joue bourrin car c'est eux ou nous. En plus ces affrontements sont quelques peu mal dosés car au lieu de nous mettre la pression, de nous faire stresser comme dans Resident Evil 5, on finit par trouver ça lassant. D'ailleurs en parlant de lassant, le jeu ne se renouvelle jamais. Certes il y a les petites épreuves au Glaive mais dès qu'on parle de baston, c'est toujours plus ou moins pareil et le jeu est exagérément scripté. Par exemple, ce n'est que lorsqu'on aura tué tous les mecs d'une place, que la petite barricade en bois, qui semble fragile, voudra bien céder.
En plus de toute cette linéarité et de tous ces scripts hyper voyants (heureusement je n'ai eu aucun bug de ce côté-là), Dark Sector est outrageusement dirigiste. Hayden ne sait pas sauter hors script, il se fait barrer la route par 3 fois rien, il n'y a aucune exploration et aucun véritable secret à découvrir, ce qui donne un parcours honteusement fléché. Heureusement pour sauver le titre de Digital Extremes, on peut utiliser les armes fixes, on a 2 sympathiques (bien que courts) passages à bord d'un jackal, en tant qu'infecté Hayden sera sensible au gaz anti-mutant et malgré les critiques, le jeu s'avère quand même bien fun. Faut dire que les joutes balistiques ne manquent pas de punch, notamment grâce à la mise à couvert. Et comme c'est de plus en plus le cas, la mise à couvert se fait de façon simple.
Certains abris de fortune peuvent partir en éclats mais ils permettent toujours de récupérer de l'énergie (il n'y a pas d'indications visuelles, l'écran devient rouge et brouillé). On aurait aimé un système plus étoffé, mais c'est déjà pas si mal. Enfin on notera une IA à 2 vitesses. D'un côté certains ennemis sont doués d'un minimum d'intelligence en vous contournant pour mieux vous surprendre ou en se mettant à l'abri pour éviter de se faire tuer trop vite, et d'un autre côté on a de gros débiles qui ne percutent pas qu'on est derrière eux, près à faire un carnage (ils sont là, tranquilles, à attendre que ça se passe). Malgré tout il serait dommage de bouder son plaisir car Dark Sector est un jeu fun et c'est bien sa première qualité.
Techniquement, 
Le doublage est lacunaire et les musiques sont trop discrètes. Reste d'excellents bruitages, bien dynamiques comme j'aime Dark Sector n'est pas le plus beau jeu qu'on ait vu sur nos machines actuelles mais il a pour lui un rendu graphique très propre. L'Evolution Engine (autrefois appelé Sector Engine) fonctionne bien, le HDR sublime les effets lumineux mais en contrepartie, très peu d'objets sont destructibles (d'ailleurs les interactions avec le décor se contentent du strict minimum), la plupart des corps disparaissent presque instantanément et les décors sont tous un peu calqués sur le même modèle (tout se ressemble). En plus de ça, les niveaux sont morcelés en plusieurs parties, les monstres sortent bien souvent de nulle part, et le moteur physique a parfois de drôles de réactions. Cependant, s'il est vrai que le manque de variété est gênant, y'a pas à dire, Dark Sector est tout de même dans son temps. Le rendu est sobre mais attrayant, les textures sont bien détaillées, la plupart des animations sont fluides et réalistes, les loadings sont assez courts et les modélisations (surtout les visages) sont de bonne facture.
Dans Dark Sector, la musique n'est vraiment pas mise en avant. En plein jeu elle est très discrète, soulignant à peine l'action et/ou les passages angoissants. Elle "fait le job" comme on dit mais aurait pu apporter beaucoup plus à l'ambiance. A contrario les bruitages sont très travaillés. Lorsque le Glaive est enflammé, glacé ou chargé électriquement, les bruitages sont criants de réalisme. D'ailleurs les armes percutent bien et les explosions donnent bien le change (en jouant au casque, c'est même un régal !). Au niveau du doublage, je ne vais pas vous parler de la VO et je passerai directement à la VF. Pour notre localisation française, pas de bol, en plus d'une désynchro affreuse, les acteurs ne se sont pas vraiment impliqués dans le projet.
Avec sa gueule de minet amerloque, Hayden écope de la voix de Xavier Fagnon, une voix charismatique qui ne va pas du tout avec le personnage, à laquelle on préférerait un timbre plus juvénile pour coller un peu mieux à ce héros manquant cruellement de prestance. Le casting additionnel se compose de Sylvain Lemarie, Denis Boileau, Frédéric Cerdal et Laurence Crouzet, mais aucune de leurs prestations ne sortira du lot. Reste que je préfère ça que lire des sous-titres...
Dark
Note
Sector aura été le parfait candidat pour faire patienter aux amateurs de TPS orienté horreur, le très attendu Resident Evil 5. On y trouve de jolis graphismes, quelques bonnes idées empruntées à d'autres jeux, mais aussi une aventure extrêmement linéaire, redondante... et pas bien longue en plus de ça (8 à 9 heures pour le solo, le multi-joueurs étant totalement anecdotique). Le gameplay est finalement assez basique, à peine élevé par la présence du Glaive, sans qui Dark Sector serait d'une banalité affligeante. Cette arme/objet à tout faire, qui manque de puissance au corps à corps, vous permettra de déjouer les quelques facéties du level design. Ajoutons à ça une partie sonore sans originalité et avec un doubleur principal mal choisi, une IA en dents en scie et vous obtiendrez un jeu qui peut sembler médiocre. Et c'est à juste titre que j'impose cette tournure de phrase, car contre toute attente et malgré toutes mes critiques (dont un héros sans charisme), Dark Sector n'est pas un mauvais jeu.
Graphiquement dans son temps, on retrouve les bonnes facettes de quelques grands titres comme la caméra à l'épaule, la vision resserrée lorsqu'on se met à courir ou la mise à couvert de Gears of War, le marchand et quelques idées issues de Resident Evil 4. On a fait pire comme source d'inspiration, vous ne trouvez pas ? Dark Sector est donc un jeu perfectible mais avec qui on passera un bon moment. D'accord il plagie sans honte ça et là les grandes idées de ses camarades, mais il le fait avec un certain panache, c'est donc un jeu dans la moyenne-haute, sans prétendre offrir une grande aventure, notamment parce que son scénario est aussi banal que pas du tout détaillé (à mon grand regret). Mais si vous voulez de l'action quasi non-stop et un jeu finalement pas aussi bourrin qu'on pourrait le croire (notamment grâce au Glaive qui permet un léger aspect tactique comme déloger un ennemi) alors il est bon client.
