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En 
Ce 6e épisode canonique aura mis 3 ans et demi à voir le jour, avec la promesse d'un "retour aux sources". Mais les promesses vous savez... 2005, Capcom et Shinki Mikami (le génial créateur de la série) nous sortaient l'excellentissime Resident Evil 4, une nouvelle vision de leur survival horror. Evidemment on pouvait déjà critiquer la tournure de la licence vers l'action, le troc de la peur au ventre pour du stress dû à l'action, ou encore une jouabilité ayant le cul entre 2 chaises. Quelques défauts qui n'ont pas empêché son succès, un succès mérité tant le jeu était excellent. Et en mettant les spin-offs de côté, il aura quand même fallu attendre 2009, 5 ans plus tard, pour pouvoir enfin jouer à une vraie suite...
Si entre temps Shinji Mikami a quitté Capcom, c'est Jun Takeuchi qui a pris sa place et on le sait, le petit gars derrière Onimusha 3 et Lost Planet ne fait pas spécialement dans la dentelle. Son truc à lui c'est l'action brute de décoffrage et effectivement, Resident Evil 5 n'est plus vraiment un survival horror, mais un jeu d'action à part entière. Terminant le chemin pris par l'épisode 4, ce 5e opus a quelque peu déçu pour ça. Mais entre nous, si avec Aquel on a bien compris que la mythique saga ne sera plus jamais ce qu'elle était, on a surtout regretté le peu d'évolutions du gameplay. Avec la sortie des consoles HD, les plus grands TPS ont émergés (Red Faction Guerrilla, Just Cause, Stranglehold, Lost Planet mais aussi et surtout Gears of War) et le genre, comme leur prise en mains, ont naturellement évolués... mais pas chez Resident Evil. Résultat on obtient une jouabilité imprécise et trop rigide pour un jeu encore trop inspiré par celui qui a relancé la série des années auparavant.
Suite au succès de Resident Evil 5 (oui, avec plus de 15 millions de ventes on peut appeler ça un succès), Capcom s'est de suite remis au travail avec une promesse : "un retour aux sources". Comprenez un retour au "survival horror" et aux ambiances flippantes. Le développement fut long (plus de 3 ans) mais Resident Evil 6 sort enfin en 2012, et ce suite aux épisodes Revelations et Opération Racoon City. Si le premier (Revelations) est sorti sur 3DS et nous proposait (contre toute attente) un jeu de bonne qualité, le second est déjà plus mitigé. Preuve qu'un nom ne suffit pas et que la licence Resident Evil n'est pas forcément bien placée pour jouer dans certaines cours (dans ce cas précis, celle du multi-joueurs).
Resident Evil 6 est le tout premier épisode de la série qui réunit Chris et Léon, les 2 principaux protagonistes masculins de la franchise. Pas mal, même s'il manque encore Barry Burton d'un côté, Jill Valentine et Claire Redfield de l'autre (ils seront tous les 3 les héros des Resident Evil Revelations 1 et 2). Cette petite anecdote mise à part, Resident Evil 6 est sorti en octobre 2012 sur PlayStation 3 et Xbox 360, et ce n'est qu'en mars 2013 qu'il verra le jour sur PC. Ce décalage de sortie est dû au piratage souvent massif des jeux sur PC, ce qui diminue le gros des ventes qui se font, dans un premier temps, sur consoles. Bref, un décalage compréhensible. Le jeu sera ensuite réédité en mars 2016 sur PlayStation 4 et Xbox One. Sur les premières consoles (PS3 et Xbox 360), malgré de belles performances, RE6 tourne en 720p/30fps comme dans bien des cas. Le Remaster de 2016 propose de passer en 1080p/60fps. D'ailleurs si vous jouez sur PS5 et Xbox Series, vous n'obtiendrez pas de seconde couche de polish puisqu'il n'existe pas de version PS4 Pro et Xbox One X (et encore moins de verions natives). Par contre le framerate sera encore plus stable (désolé pas de HDR automatique, ni de FPS Boost). Le Remaster de 2016 propose naturellement des graphismes légèrement plus détaillés, des ombrages mieux maitrisés, mais sa force est clairement dans le doublement de la résolution et du framerate.
L'histoire 
4 scénarios intimement liés et une mise en scène explosive ! L'histoire par contre... de Resident Evil 6 se déroule en 2013. Voilà maintenant 15 ans que Racoon City a été rayée de la carte. Après avoir vaincu le virus-T, le virus-G puis le virus Plagas/Uroboros, une nouvelle saloperie débarque sous le nom de virus-C (vachement original !). Très vite on entend parler de Neo-Umbrella (vachement original !) et les têtes les plus appréciées de la licence font un retour en force : Leon Kennedy, Chris Redfield, Sherry Birkin et la belle Ada Wong. En réalité, chaque personnage important fera équipe avec un nouveau venu, formant ainsi de nouveaux couples (car je suis sûr que vous n'avez pas oublié la belle Sheva :). Chris fera équipe avec Piers Nivans (tous 2 faisant parti du BSAA), Leon fera équipe avec la charmante Helena Harper, quant à Sherry Birkin (qu'on n'avait pas revu depuis Resident Evil 2), elle sera accompagnée par Jake Muller, le fils illégitime d'un certain Albert Wesker.
Petite anecdote, ces 3 duos forment en réalité 3 segments du jeu et on peut commencer par celui qu'on veut. Ensuite, si je vous dis que le président des Etats-Unis s'est transformé en zombie, que le virus se propage au cœur de la Chine ou encore que le fils de celui qui a failli anéantir notre civilisation, est devenu l'unique lueur d'espoir du monde (une belle ironie quand on y pense)... là c'est sûr, les fans ont déjà la bouche pleine de salive. Malheureusement, il ne faudra pas (non plus) trop en attendre. Si RE5 a terminé la "saga Wesker", ici on part sur de nouvelles bases et au final il n'y a pas grand-chose à se mettre sous la dent.
Commençons déjà par se demander ce que sont devenus Claire Redfield (qu'on n'a pas revu depuis un bon moment), Jill Valentine, Ashley (la fille du président) ou même Sheva. Et bien vous n'en saurez rien ! Ça, passe encore, mais il est regrettable que le fond de l'histoire soit si maigre car une fois le jeu terminé, il ne reste plus grand-chose à dénicher. A côté de ça, nous profitons d'une mise en scène à 2 vitesses dont la réalisation est étonnante. En effet d'un côté nous avons des cut-scenes gérées en temps réel et de l'autre des vidéos créées avec le moteur du jeu (ça permet de ne pas subir de cassure avec le rendu "in game" tout en proposant des scènes plus travaillées). Le résultat est souvent criant de réalisme (il faut dire que les animations sont de grande qualité et les modélisations sont assez bluffantes) et nous propose des scènes parfois "oufesques".
Je 
L'histoire n'est pas super intéressante mais c'est surtout les multiples comebacks des boss qui va vous gonfler ! dirai même que c'est souvent n'importe quoi : loi du "plus plus" oblige, le jeu cherche toujours à nous en mettre plein les yeux, au point que ça en devient ridicule, à l'image de ces boss qui reviennent d'entre les morts 4, 5 parfois même 6 fois ! Non seulement c'est débile mais en plus c'est pénible et répétitif. Bref, dans le fond l'aventure est composée de 3 binômes, dont les scénarios s'entrecroisent, et lorsqu'on a tout fait, on débloque le chapitre réservé à Ada (NDLR : depuis la sortie de la version PC, en mars 2013, toutes les versions ont été patchées et le chapitre d'Ada est accessible de suite). Le fait qu'il y ait des intersections scénaristiques nous rappelle évidemment Resident Evil 2, et nous propose une façon assez agréable de comprendre les tenants et aboutissants de tout ça.
Chaque scénario est découpé en chapitres (5 généralement) qui durent environ une heure chacun, ce qui nous amène à une très belle durée de vie d'approximativement 20 heures. 20 heures si on joue en facile, mais bien plus si on entreprend le jeu dans un niveau de difficulté plus élevé (le niveau hard étant d'ailleurs assez rude) et qu'on cherche à bien fouiller chaque recoin pour récolter les habituels items et/ou dénicher les symboles qui débloquent des bonus. Bref, une très belle durée de vie, diamétralement opposée à tous ces jeux dont les modes campagne sont de plus en plus courts. En guise de sucrerie, un mode "extra" nous propose l'habituel "Mercenaries" ainsi que "Chasse à l'Homme" qui permet de faire du 2 contre 2, en prenant entre autre les ennemis. Evidemment ce ne sont pas ces modes-là qui vont faire perdurer le titre, mais ils restent de sympathiques bonus.
Evidemment, vous vous doutez bien que si toute l'aventure (hors le chapitre avec Ada) se fait en duo, c'est parce qu'à l'image de Resident Evil 5, le jeu est largement ouvert sur le co-op'. Bien sûr on peut toujours jouer en solo, auquel cas le second personnage est géré par l'IA. En parlant de ça, je n'ai pas bien saisi la grogne des joueurs envers Sheva. S'il est vrai qu'elle faisait quelques erreurs de jugement (comme nous soigner ou nous filer des trucs sans qu'on lui demande), après ça je trouvais son IA assez remarquable. Elle se débrouillait toujours avec les pires armes qu'on lui laissait et elle s'auto-gérait plutôt bien. Pourquoi tout le monde s'insurge en disant qu'on se trainait un boulet... c'est faux !
Vous 
RE6 est un sympathique TPS mais niveau ambiance, c'est raté. Trop d'action tue la moindre sensation de peur... croyez vraiment que l'IA qui gère vos coéquipiers dans Gears of War est meilleure ? Mass Effect, The Witcher 2, Halo Reach, Vanquish, Lost Planet²... croyez-vous vraiment que ces jeux-là font mieux ? Non mais faites-moi rire ! Je ne dis pas que Sheva était la meilleure du lot, mais à bien regarder ailleurs, elle n'était finalement pas si mal. Tout ça pour dire que nos personnages secondaires sont plutôt bien gérés, ils ne nous demandent pas trop de les aider (faut dire qu'on a déjà assez à faire de notre côté), ils s'auto-gèrent assez efficacement et ne tardent pas à réagir lorsqu'une action co-op' doit être réalisée. En somme, c'est pas mal du tout, voire même un cran au dessus que ce qui se faisait précédemment. Maintenant au niveau de l'ambiance, on peut le dire, pour du Resident Evil c'est zéro pointé !
En effet, même si avec Leon l'action est un tout petit peu plus calme et posée, que l'atmosphère se veut un cran plus anxiogène, ce RE6 reste avant toute chose un TPS, un jeu d'action pur souche. Ça n'arrête qu'à de très rares moments, sans ça les armes crachent le plomb sans vraiment discontinuer (à vrai dire, seul le chapitre avec Ada, qui est la seule à réellement se jouer en solo, pose une ambiance plus soignée avec notamment plus d'énigmes). Ainsi Capcom a tout faux en termes d'ambiance et sans dire qu'il fallait qu'on revienne à une jouabilité archaïque pour apprécier l'aspect flippant de la situation, il est clair que certains passages auraient pu nous mettre en condition. Finalement, si Dead Space est arrivé à marier les 2 mondes (action et trouillomètre), je suis sûr que Capcom aurait pu en faire de même. 3 ans de développement et la promesse d'un retour aux sources... moi je réponds : "ah oui, où ça ?"
Finalement le développeur nippon a repris l'acquis du 5e opus, l'a peaufiné et nous sort là un jeu d'action pur jus. Ainsi la promesse d'un retour aux origines de la série, d'un véritable renouveau pour l'emblématique saga, c'était du flan, juste des mots en l'air histoire de faire du buzz. Heureusement qu'au passage la jouabilité a été améliorée, grandement améliorée même !
Désormais 
Depuis RE5, la prise en mains s'est grandement améliorée, c'est le gros point fort de cet opus plus proche des canons du genre, Resident Evil 6 est nerveux, pêchu et ce, avec son cortège de nouveautés pour la série : une mise à couvert totalement dispensable (et un peu à côté de ses pompes aussi), un inventaire assez merdique à gérer et qui ne met pas la pause (même s'il est 100 fois mieux que celui de l'épisode 5), des glissades, des esquives, on peut même être touché et tirer tout en restant à terre (et ça c'est une chouette nouveauté). Bien sûr on retrouve les fondamentaux de la série (herbe verte/rouge, munitions à trouver dans des caisses), ainsi que de vraies originalités comme une touche dédiée aux soins, des attaques au corps-à-corps scriptées (et qui tuent les ennemis de base en un coup), une jauge d'endurance qui permet de ne pas abuser de certaines actions ou encore ces points de compétences qu'on récupère tout au long du jeu et qui permettent d'upgrader son personnage de diverses façons (stabilité de la visée, armes plus puissantes, plus de munitions, plus puissant au corps-à-corps, etc...).
Malheureusement, toutes ces belles initiatives (souvent pompées sur d'autres jeux) s'accompagnent aussi de lourdeurs. Je commencerai par ces QTEs qu'on nous colle à toutes les sauces, dans tous les jeux et qui excusez-moi du peu, sont chiantes à réaliser (pour rappel, c'est à nouveau Resident Evil 4 qui a popularisé le phénomène et il me tarde une chose : que ça disparaisse !). Les QTEs, personnellement je déteste ça et c'est une mode qui commence (à peine) à disparaitre. Maintenant, nous mettre une action ou deux durant une cinématique mouvementée, ça reste sympa mais que Capcom nous inonde de QTEs tout le long de l'aventure et ce, pour la moindre action (de la plus banale à la plus primordiale) là c'est pénible ! Car dans Resident Evil 6, des QTEs il y en a partout, tout le temps, et Dieu sait que c'est gonflant !
Tout aussi barbant, lorsqu'on entreprend une attaque au corps-à-corps, notre personnage ne se "locke" pas sur l'ennemi. Résultat, on fait régulièrement notre attaque dans le vide, souvent au risque de prendre un sale retour de flammes en pleine poire. Et puisque j'en suis à râler, finissons-en avec ça : je tiens à dire que se retrouver bloqué par des murs invisibles, en 2012, c'est juste ridicule !
Voir 
Même si ce n'est pas constant, le jeu est magnifiquement réalisé les armes ennemis "s'évaporer" sous notre nez (surtout lorsqu'on n'a plus de balles) c'est vraiment trop con, l'inventaire rapide est mignon mais bordélique (choisir une arme n'est pas des plus rapide et pour lancer une grenade, il faut "encore" s'en équiper, il n'y a tojours pas de touche dédiée), ne pas pouvoir défoncer un ennemi avant que le script ne finisse son travail (genre en pleine transformation) c'est débile, il faut valider 14 fois lorsqu'on joue en co-op' (oui oui j'ai compté ! lancer une partie est vraiment trop long) et le fin du fin : on subit de très gros problèmes de caméra (c'est relou !). En effet, il arrive que la vue se bloque sous un angle, ce qui est souvent pénalisant, et encore, c'est sans parler de ces incessants mouvements de caméra lors des scènes cinématiques.
C'est censé dynamiser la séquence mais ça se révèle plus fatiguant pour les yeux qu'autre chose (cette "mode" du "caméraman bourré" est vraiment lourd-dingue). En plus, Resident Evil 6 est plombé par un nombre incroyable d'incohérences, comme l'équipe de Chris, censé stopper la progression du virus-C et qui perd un temps fou à sauver 3 otages, alors que la ville toute entière est en proie aux zombies (non mais WTF !), ou encore Ada qui meurt noyée si l'eau la rattrape, et qui à la séquence d'après, fera volontiers trempette.
Le pire étant Léon, qui nous dit que la porte est bloquée de l'autre côté alors qu'il suffirait de passer le bras entre les barreaux pour la débloquer. On nous prend vraiment pour des cons !!
A côté de ces mauvais écueils, il faut reconnaitre c'est la première fois qu'on a entre les mains des personnages aussi alertes, capables de se mouvoir rapidement et de sauter par-dessus les obstacles... Capcom a bien compris que les lourdauds de Resident Evil 4 et 5 ont fait leur temps. Si le gameplay n'est pas tellement varié (malgré quelques sympathiques phases de recherches en zones ouvertes), finalement l'éclectisme est surtout situé au niveau des décors. Même si parfois le jeu manque de goût (comme ces boss en forme de T-Rex ou de mouche géante... c'est vraiment n'importe quoi) et même si parfois on passe un peu du coq à l'âne sans prévenir, difficile de dire qu'on traverse toujours les mêmes décors.
Les Etats-Unis, 
Dommage que les musiques ne soient pas meilleures. Par contre le doublage et les bruitages sont excellents... la Chine, l'Europe de l'Est, un cimetière, des ruines, une ville, un building, des sous-terrains, un pseudo-manoir chinois, un sous-marin... c'est étonnement varié ! Et puis il est clair que la réalisation fait des étincelles. Déjà évoqué, les modélisations sont de très bonne qualité et les animations sont particulièrement travaillées. Si en plein jeu on n'y fera pas vraiment attention, il faut reconnaitre que ce sont les cinématiques qui en profitent le plus (avec entre autre, de "vrais" cheveux, et pas des casques de Playmobil). Après c'est vrai, toutes les textures ne sont pas top niveau mais l'ensemble est flatteur pour nos yeux, d'autant que le nouveau bestiaire est vraiment fourni (avec des ennemis toujours plus crades) et que les effets sont particulièrement réussis. Mon ennemi préféré étant le zombie de l'épisode Leon/Helena, qui se disloque sous les balles : saisissant !
A contrario, si l'aspect graphique est très convainquant, la partie sonore est déjà 2 crans en dessous avec en premier lieu des musiques vraiment nulles. Livrées par toute une batterie de compositeurs (notamment Akihiko Narita), à part une ou deux compositions qui sortent du lot, aucune musique n'est remarquable, voire même on les trouve vraiment mauvaises. Les bruitages quant à eux sont corrects pour le genre, rien à redire là-dessus, et pour la 3e fois, Resident Evil nous propose un doublage intégralement en français.
Si on peut toujours accéder au VOST, il faut reconnaitre que le doublage français est d'excellente qualité. Certes on peut toujours montrer du doigt quelques élocutions maladroites, mais globalement le doublage francophone de très bonne facture. Une bien belle surprise pour un développeur/éditeur qui s'est mis à notre belle langue que depuis cette année (2012). Enfin dernier détail, on a particulièrement apprécié d'avoir des ennemis doublés dans leur langue naturelle (chinois en Chine, anglais aux Etats-Unis...), ce qui donne plus de crédibilité à l'ensemble. Au final, il est juste dommage qu'on n'ait pas des musiques plus épiques, plus impliquées car la partie sonore a été bien travaillée.
Resident
Note
Evil 6 n'est ni la daube infâme que certains testeurs essaient de nous faire croire, ni le super méga-jeu que d'autres tentent de nous faire avaler. Il faut être clair, celui qui a popularisé le genre "survival horror" n'est plus ce qu'il était, et à l'image des virus qu'il met en scène, il a lui-même muté. Muté vers toujours plus d'action, des scènes toujours plus impressionnantes, et ce parfois au détriment de toute crédibilité et de toute logique (comme Léon qui se laisse barrer la route par une porte dont le loquet serait accessible en passant simplement le bras à travers les barreaux).
Vous voulez les 4 plus grands défauts de ce Resident Evil 6 ? C'est en fait très simple : des QTEs en permanence, pour la moindre action alors que cette mode a toujours été super chiante, des cinématiques superbes mais dont le caméraman est constamment bourré, une action non-stop qui vampirise la moindre mise en situation et casse toute possibilité d'ambiance horrifique, et enfin des boss qui reviennent sans cesse, au point que c'en est totalement ridicule (mention spéciale au T-Rex, le summum du mauvais goût).
RE6 est clairement trop loin de ce qu'on attendait de lui, sans doute parce que les vieux routards du pad ont tellement pris une grosse claque à l'époque de la première PlayStation, qu'aujourd'hui cette ambiance leur manque. Je sais qu'il faut regarder vers l'avant, mais pour le fan de longue date que je suis et qui rejoue souvent aux anciens opus, la mutation de ma série fétiche n'est pas belle à voir. Heureusement, de façon plus objective, sans laisser sa passion et sa nostalgie guider ses pensées, on peut également voir en ce 6e épisode quelques qualités, comme cette excellente durée de vie, ce scénario en 4 phases imbriquées, une excellente réalisation (le MT Frameworks 2.0 fait un travail admirable) ou encore qu'à part quelques bugs (surtout de caméra), le co-op' est particulièrement bien travaillé (même si on aurait préféré un split vertical).
D'ailleurs, si le gameplay a légèrement évolué, c'est surtout la jouabilité qui s'est grandement améliorée, en s'inspirant des plus grands TPS de ces dernières années, et ce pour le plus grand bien de la licence. Bref, ce 6e chapitre canonique de la plus prestigieuse série de Capcom n'en finit plus de nous surprendre, de nous faire profiter d'une action toujours plus survoltée, de nous ravir autant que de décevoir... en somme de nous divertir. Il n'est donc pas le meilleur opus de la série, mais il est loin d'être le pire (retournez voir les Outbreak, les Survivor ou Operation Racoon City pour comprendre de quoi je parle). RE6 est juste un sympathique jeu d'action dans l'univers de Resident Evil, et je crois que désormais, il faudra se contenter de ça...
