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En 
Retrouver Claire et Barry est un plaisir... cependant pourquoi les développeurs ont rendu notre héroïne si moche ? ce moment, Capcom ne sait plus trop sur quel pied danser. En effet, depuis que Shinji Mikami (créateur de la série) a lui-même réinventé les codes du survival-horror avec l'excellent Resident Evil 4, les fans beuglent qu'ils veulent un retour aux sources alors que les ventes des derniers épisodes sont remarquables : à l'heure où j'écris ces lignes (en juillet 2015), Capcom a vendu plus de 7,5 millions d'exemplaires pour Resident Evil 4 justement, 8,5 millions pour Resident Evil 5 et plus de 6 milions de Resident Evil 6. Malgré des défauts certains et un trop grand penchant pour l'action, c'est difficile à contester : la licence est un succès !
Alors qu'on attend tous des nouvelles d'un 7e épisode (on s'en doute) déjà en développement, l'année 2015 aura déjà vu naitre 2 opus de la célèbre saga aux zombies. Pour le côté nostalgique, Resident Evil HD Remaster nous livrait en tout début de l'année, le Remake du plus cultissime épisode de la série et à peine 2 mois plus tard (dans le cas de la "retail version") nous voilà avec un nouveau jeu, tout beau, tout neuf Revelations 2. Car avec plus 2 millions de pièces écoulées (et ce grâce au succès de son portage sur consoles de salon) le premier Resident Evil : Revelations n'était pas parfait, mais se montrait déjà bien meilleur et plus en phase avec les attentes du public, qu'un Resident Evil 6 décidément très controversé.
C'est ainsi que plus ou moins 2 ans après la sortie du portage HD (plus de 3 ans après sa sortie initiale sur 3DS), la "formule revelations" revient sur les devants de la scène. Et je parle bien de "formule" car, même si on n'échappe pas à des séquences finales complètement abusées et loin de ce bon vieux Tyran en guise de boss final (pas si "oufesque" que ça finalement), à côté de ça l'épisode Revelations posait une bonne ambiance, un gameplay sympathique allié à des graphismes propres et une prise en mains tout à fait adaptée. Ainsi sur plus de la moitié de l'aventure, on retrouvait un peu le charme des anciens opus, sans pour autant tomber dans les travers d'une prise en mains rétro.
Le cas de la Switch est assez représentatif de l'état déplorable du marché actuel. Le premier Revelations n'est pas vendu cher (20€ sur eShop) mais il n'est sorti en boite qu'au Japon (l'occident devant se contenter du dématérialisé). Pour se rattraper, Capcom a sorti une "Revelations Collection" qui inclut le premier et le second épisode (lui qui n'est sorti qu'en novembre 2017 sur Switch), au format boite et au prix raisonnable de 40€. Cependant la cartouche ne contient que le premier épisode et Resident Evil Revelations 2 doit obligatoirement être téléchargé sur l'eShop. Décidément, quand ça veut pas...
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A 
Le scénario est sympathique mais les vidéos sont d'une qualité en deça des attentes noter également que Revelations 2 est le premier épisode à voir le jour de manière épisodique. Souvenez-vous, le premier Revelations nous faisait le coup du résumé à chaque chapitre entamé, par conséquent Capcom a eu l'idée de scinder l'aventure en 4 sections. Tout d'abord vendu au format dématérialisé, on pouvait soit chaque semaine acheter une partie du jeu, soit craquer directement pour le "season pass" ou alors être patient, attendre le 20 mars et acheter directement la version boite.
En effet, vu le modeste écart de prix entre la version dématérialisée et la version boite, attendre un tout petit mois n'était pas un gros effort et il est toujours plus agréable d'avoir du "palpable" plutôt que du vent sur un disque dur. D'autant que la version boite nous propose les 2 missions autrement vendues en DLCs ("Description d'un combat" et "Une petite femme", autrement appelés "The Struggle" et "Little Miss" en VO), plus quelques babioles à l'intérêt bien moindre. Enfin sachez que si vous voulez profiter du mode Commando, quel que soit le cas, il faudra le télécharger (gratuitement) puisque les données ne sont pas incluses au jeu, pas même dans la version disque. On se demande bien pourquoi.
L'histoire se déroule entre les événements de Resident Evil 5 et ceux de Resident Evil 6. Claire Redfield et Moira Burton (la fille de Barry Burton) assistent à une soirée tenue par l'organisation humanitaire "Terra Save" au moment où des hommes armés attaquent les invités et les enlèvent. Claire et Moira se réveillent alors dans une prison abandonnée sans avoir aucun souvenir de leur arrivée. Parallèlement, Barry Burton décide de partir à la recherche de Moira après avoir intercepté le message de détresse de sa fille. Une fois sur l'ile, il fait la connaissance de Natalia Korda, une petite fille étrange qui deviendra son soutien de recherche... Vous l'aurez donc compris, à l'image du précédent Revelations, on ne jouera pas un unique personnage, mais un double tandem avec d'un côté Claire Redfield et Moira Burton, de l'autre ce brave Barry accompagné de Natalia.
Ça 
Le gameplay fait le grand écart entre les générations, entre "formule RE" (ambiance posée, exploration...) et modernité (jouabilité TPS bien adaptée)fait tout de même plaisir de revoir Claire puisqu'on ne l'avait pas rejoué depuis l'épisode Code Veronica, à ceci près qu'elle est affreuse ! Décidément Capcom ne sait pas vieillir ses personnages sans les modifier de trop, et si Jill a déjà beaucoup souffert des affres du temps et qu'elle est à peine reconnaissable dans Resident Evil 5, avec cette pauvre Claire, on sent bien que les japonais ont tous les maux du monde à donner quelques années de plus à leurs emblématiques personnages, sans pour autant les défigurer. Si charmante fut-elle, Claire est parfaitement égale à elle-même (coiffure, tenue vestimentaire...) sauf qu'elle est moche ! Super moche même ! Ceux qui ont suivis ses aventures dans Resident Evil 2 et Code Veronica ne vont pas en revenir !
Enfin bref, on ne va passer notre temps là-dessus, parlons à présent de l'ami Barry, ce bon vieux barbu qui sauve la vie de Jill une paire de fois dans le tout premier épisode. Evidemment, on a très vite eu beaucoup de sympathie pour ce personnage, malheureusement il fait le plus souvent de la figuration. Et jouer Barry, pour Capcom, c'est nous offrir du fan-service, c'est nous faire plaisir, en somme c'est répondre à une attente de longue date. Question mise en scène, le jeu s'ouvre sur une intro vraiment pas terrible. A l'heure des cinématiques hyper travaillées, voir ce résultat me fait un peu de la peine. Si bien sûr tout le monde ne peut pas égaler le talent d'un Kojima Studio ou d'un Square Enix, en 2015 ce genre de vidéos doit atteindre un minimum de qualité, se hisser à un "standard plancher" que malheureusement ici, il n'atteint pas.
En plein jeu les cut-scenes sont honorables mais c'est surtout l'histoire qui sait nous accrocher. Comme la version disque ne fait que regrouper les 4 chapitres en un seul morceau, à chaque fin de section nous avons un petit trailer qui nous incite à continuer l'aventure (à acheter la suite donc), sans parler du petit condensé qui résume l'épisode précédent. Personnellement, si l'idée est louable, j'aurai apprécié d'avoir une option qui permette de désactiver tout cet inutile emballage et de vivre (tout du moins dans le cas de la version disque) mon jeu comme n'importe quel autre.
Après 
Certains passages peuvent se la jouer de façon furtive et ça apporte un vrai plus à l'ambiance il faut le reconnaitre, l'histoire est vraiment sympa. Capcom nous a évité les personnages grotesques (rappelez-vous de Raymon et Jessica, avec leur look à coucher dehors) et puis cette expérience de rat de laboratoire, cette écriture plutôt bien amenée et comme toujours divers textes à lire, forment un ensemble qui tient admirablement la route. Bien entendu le scénario est loin d'être stratosphérique, mais pour un survival horror, difficile de ne pas être satisfait. Dernier point de la narration : on retrouve (comme c'est de plus en plus souvent le cas avec Capcom ces dernières années) un doublage intégralement en français. Si bien sûr il est difficile de crier au génie, on ne peut que remercier cet éditeur nippon, qui sait de mieux en mieux cibler son public occidental. D'ailleurs, sauf en de rares cas, je préfère avoir un doublage français même de qualité moindre, que de lire des sous-titres.
Je l'ai dit assez souvent, mais moi lire des sous-titres au lieu de vivre mon aventure comme un film interactif, ça me casse totalement l'immersion. Heureusement pour nous, Capcom se prête de mieux en mieux au jeu du doublage et celui proposé ici est tout à fait honorable (bien que je n'évoque pas la synchro labiale, encore une fois totalement à la rue). Comme je l'ai déjà évoqué, chaque chapitre se joue en alternance avec d'un côté Claire et Moira, et de l'autre Barry et Natalia. Le principal attrait d'avoir 2 personnages, c'est évidemment la possibilité de jouer en co-op' et ce, avec un gameplay asymétrique. En effet, ici Moira et Natalia ne possèdent pas d'armes à feu.
Leur rôle est d'assister Claire et Barry, soit en étourdissant l'ennemi, soit en trouvant des objets. En effet, la fille de Barry possède une lampe qui peut éblouir les ennemis ou alors elle peut les frapper avec son pied de biche, ce qui permet à Claire de faire le ménage plus facilement. De son côté, Natalia peut jeter des briques sur les assaillants et grâce à sa "sensibilité" elle peut découvrir ce que Barry ne voit pas. Ensuite les personnages secondaires sont aussi capables de débloquer le passage (le pied de biche casse les verrous d'un côté, et la petite corpulence de la fillette lui permet de se faufiler dans des passages exigus) et de dénicher des objets, ce qui le rend "utile". Exit donc l'omniprésent "genesis" du premier Revelations.
Si 
Revelations 2 n'est pas uniquement tourné vers l'action et c'est exactement ça qui le rend si plaisant à jouer en solo on peut switcher entre les 2 protagonistes, en jouant en co-op' il est clair que celui ou celle qui a le contrôle du-dit perso, risque de s'ennuyer un peu. En effet, il est naturellement plus amusant de jouer du flingue, plutôt que les têtes chercheuses d'objets et les subalternes plus ou moins dispensables. Qu'importe le duo, le héros de longue date aux holsters bien remplis, possède un inventaire de 10 cases, quand la subordonnée possède un inventaire de 5 cases (les 2 s'upgradent au fil du jeu). Les objets sont très facilement interchangeables de l'un à l'autre et à l'image de certains survival-horrors récents (comme ZombiU), ouvrir l'inventaire ne met pas le jeu en pause. Il faut donc préparer ses attaques, notamment en ce qui concerne les herbes (qui reprend la forme d'un spray comme dans l'épisode 5) ou des fabrications létales telles que des cocktails Molotov ou des bombes artisanales.
Pour varier un peu l'aventure, on a quelques puzzles assez originaux (basés sur une sorte de scanner à déverrouiller), un level-design classique pour la série (quelques allers-retours et un agencement ingénieux des maps), des objets à collecter en vue de gagner des points PB (ce qui permet ensuite d'upgrader ses personnages, même si trouver des pierres précieuses un peu partout, notamment dans une prison, peut sembler crétin) et on retrouve avec plaisir les items de customisation des armes. Via l'atelier, on peut obtenir plus de puissance, un plus gros chargeur, une visée plus stable... En parlant de ça, la jouabilité est de très bonne qualité avec une prise en mains agréable, une visée précise et on retrouve même le demi-tour rapide (c'est toujours utile).
A noter enfin qu'avec Barry, la petite Natalia a une sorte de pouvoir sensoriel qui lui permet de localiser les ennemis à travers les murs. En résulte une ambiance proche de The Last of Us, où on marche accroupi et on se débrouille pour tuer les ennemis en toute discrétion, avec une progression lente et un aspect furtif hautement conseillé (même si, dans les niveaux de difficulté les plus bas, rentrer dans le tas est toujours payant). Car les ennemis de Barry sont nettement plus agressifs et coriaces que ceux de son pendant féminin. Bref, après avoir inspiré divers survival-horror, Capcom s'inspire des autres grands titres du genre et ce, pour le meilleur, notamment en terme d'ambiance (qui devient alors plus posée et flippante).
Resident Evil : Revelations 2 est arrivé sur PS Vita peu de temps après les autres versions. En effet, une fois les 4 épisodes lancés, la version complète (aussi connue sous le nom de Deluxe Edition) a vu le jour sur les 5 supports principaux, à savoir la PS3, la PS4, la Xbox 360, la Xbox One et le PC, tous au format physique. Développée par Frima Studio, cette adaptation sur PS Vita sortira en août 2015, soit 5 mois plus tard. Frima est un studio québécois né en 2003, qui possédait 2 pôles de développement, l'un à Québec l'autre à Matane (bien que cette succursale fermera en 2011). Au pic de leur succès, ils employaient environ 260 personnes. Ceci, on peut déjà se demander pourquoi Capcom a demandé à ce studio sorti de nulle part, qui développait à l'origine des jeux Web, des jeux Smartphones et quelques titres médiocres sur consoles, de s'occuper de ce portage. Car oui, Resident Evil : Revelations 2 sur PlayStation Vita est une catastrophe ! Alors que la console affiche des performances assez impressionnantes pour le format, à l'écran le résultat est sobrement dégueulasse ! Pourquoi ce n'est pas Capcom qui a développé le jeu ? Trop occupé sur d'autres projets ? Sans doute, mais alors pourquoi faire appel à un studio de seconde zone, qui n'a jamais rien sorti de sérieux ? De plus, si le Japon a (une fois encore) eu droit à sa petite version physique, de son côté l'occident s'est contenté du dématérialisé. Mais là n'est pas le pire...
La 
Techniquement le jeu est très correct et je vous conseille de privilégier les versions "next gen" afin de profiter d'une meilleure résolution et du 60 fps durée de vie est d'un peu plus de 2 heures par épisode, ce qui fait que l'aventure principale dure 10 à 12 heures en moyenne. C'est vraiment pas mal pour un jeu vendu (de base) à 20€. La version dématérialisée propose 2 tarifications : au prix le plus bas (20€), vous avez les 4 chapitres classiques, mais pour 5€ de plus vous obtiendrez les 2 petites missions annexes ainsi que les personnages de Hunk et Wesker pour le mode Commando. Quant à la version physique, elle dispose de l'offre la plus généreuse, vu qu'elle-même est la plus chère des 3 offres (40€). C'est ça le prestige de la boite et du disque, bien que ce prix reste à nouveau très honnête et contenu. Techniquement, Capcom nous ressert son moteur maison, le MT Framework, un middleware capable du meilleur comme on l'a vu sur des productions telles que Lost Planet, Resident Evil 5, Devil May Cry 4 ou encore Street Fighter IV.
Cependant, le moteur semble peu exploter la nouvelle génération. En effet, Revelations 2 est un titre avant tout développé pour les consoles PS3 et Xbox 360, et ça se sent ! Les versions PS4, Xbox One et plus encore celle sur PC, n'exploitent pas vraiment les performances de ses machines. De même, sur l'ancienne génération, il n'y aura pas d'exploit pour autant. Si le design est loin d'être mauvais et que dans le fond, c'est bien développé, à contrario il est clair que Capcom n'a absolument pas cherché à faire de cette suite une référence en la matière. On appréciera malgré tout le fait que les versions PS4 et Xbox One (le PC étant à part) proposent une meilleure résolution (1080p), du 60 fps et qu'elles restent parfaitement compatibles avec les PS5 et Xbox Series.
A côté de ça, les animations sont généralement fluides, les modélisations sont détaillées (surtout le nouveau bestiaire, qui est délicieusement affreux !) et visuellement, l'ambiance est de mise. Après les ondées maritimes du précédent opus, il est clair qu'ici on change radicalement d'atmosphère. Terminons par la partie sonore, qui profite de musiques en adéquation avec les aventures encourues. Sans dire que les pistes sont remarquables, difficile de rechigner sur la concordance. Comme évoqué, le doublage est de bonne qualité, et les bruitages sont dynamiques comme j'aime (les armes notamment, sont particulièrement véloces et agréables à l'utilisation).
Après
Toutes les autres versions
Version PS Vita
l'ambiance maritime du premier épisode, Resident Evil Revelations 2 nous pose un univers carcéral/urbain/champêtre (selon l'épisode) des plus agréable à parcourir. Fidèle à son approche épisodique et quasi télévisuelle, Capcom a tenté le coup du chapitrage, même si je vous incite à craquer pour le Season Pass ou mieux, pour la version boite (Deluxe Edition). Revelations 2 profite du retour de Claire (qu'on n'avait pas revu depuis Code Veronica) et de Barry, qui de son côté, n'a jusque-là jamais été jouable en solo. Une belle surprise, et un fan-service assumé. Cette suite fait également le grand écart entre un Resident Evil 6 trop orienté vers l'action, et un Resident Evil HD Remaster, superbe mais peut-être trop classique. Après il faut le reconnaitre, on est encore loin du survival-horror parfait avec ses graphismes très modestes, son scénario engageant mais convenu, ou encore le fait que lorsqu'un joueur contrôle les personnages secondaires, ils s'amusent beaucoup moins. Jouer les subordonnés fragiles et peu utiles, n'a jamais été aussi fun que de prendre les armes et d'avoir le rôle le plus actif.
Ceci dit et en toute franchise, j'estime que c'est un bon épisode. L'ambiance est de mise, l'agencement des niveaux est subtil, Claire et Barry ne se jouent pas de la même manière (avec dans le cas de ce dernier, une progression parfois plus lente et des phases de jeu pouvant se jouer en infiltration, directement inspiré d'un certain The Last of Us). En conclusion, même s'il ne réinvente pas la série (notamment à cause d'originalités un peu absentes), il est incontestable que cette aventure est très agréable à parcourir, avec en particulier une prise en mains précise et un gameplay sympa comme tout. Pour être franc, je préfère même ce second opus au premier, pour ses personnages, son histoire plus intéressante (même si encore une fois, un jeu qui porte le nom de "révélations" n'en proposent jamais vraiment) et son design plus varié. En clair (Redfield ?), voilà un bien bon épisode qui fait, avec beaucoup de panache, le grand écart entre action, survival-horror moderne et classicisme. En un mot comme en cent, voilà enfin un épisode moderne de Resident Evil qui me satisfait vraiment, notamment sur PC, Xbox One et PS4, où on profite d'une meilleure résolution, du 60 fps ainsi que d'une agréable rétrocompatibilité avec les machines que leur ont succédé. D'autant plus que, quelque soit la version, le prix est tout à fait honnête...
