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Au 
Shinobi revient en exclusivité sur 3DS après pas moins de 8 ans d'absence ! Japon on l'appelle Shinobi 3D pour 2 raisons : d'abord parce que sa réalisation est réellement en 3D, ensuite parce que la console est capable de fournir un affichage en 3D stéréoscopique. En occident on parle de Shinobi "tout court" comme si SEGA voulait qu'on reparte du bon pied. Mais au lieu de développer son jeu lui-même, alors qu'il fait parti de ses plus grandes licences, il a confié le boulot à Griptonite Games, un studio américain au nom, je vous l'accorde, ridicule.
Griptonite a développé plusieurs jeux à licence pour le compte de gros éditeurs tels que Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux, Spyro, du Marvel, du Call of, du LEGO... bref un peu tout ce qu'il leur tombait sous la main. Aucune de leur production n'a jamais brillé au firmament, pas même le très moyen Assassin's Creed Bloodlines, car à part en de rares cas, le développeur s'était spécialisé dans les consoles portables, notamment celles de Nintendo (Game Boy Color, GBA, Nintendo DS/3DS ainsi que quelques jeux PSP). Né en 1994, le studio sera racheté en 2011 par Glu Mobile (et oui, encore un nom à la con, à croire qu'ils étaient fait pour s'entendre), un éditeur américain spécialisé dans le développement sur mobile.
Avec le temps on oublie certains détails mais rappelez-vous que la Nintendo 3DS est sorti sur les 3 principaux territoires entre février et mars 2011. Ainsi lorsque Shinobi débarque en novembre de la même année, la console n'a que 8 mois (à l'origine, le jeu devait sortir près du line-up de la console). Ceci dit, elle a eu beaucoup de mal à décoller, tellement de mal qu'à peine 4 mois plus tard (le 28 juillet 2011) Nintendo annonce une baisse de prix historique pour une console fraîchement sortie. La baisse est de l'ordre de 30 à 40 % selon le pays et sera effective dès le 12 août en France. Comme quoi le prix un poil abusif de la Switch 2 ou de la PS5 Pro c'est du pipo car lorsqu'ils le veulent, les constructeurs peuvent baisser leurs tarifs. S'ils ne le font pas, c'est parce qu'ils veulent du fric, n'oublions pas qu'ils sont avant tout là pour nous vider les poches...
Tout 
N'y allons pas par 4 chemins, l'histoire est totalement débile ! Conclusion : ne jamais donner un scénario de ninja à un américain ! ça pour dire que la période où sort Shinobi est loin d'être idéale car même si la baisse de prix a relancé les ventes, mine de rien il y a encore peu de consoles en circulation dans le monde. Shinobi 3DS (ou Shinobi 2011 c'est comme vous voulez) est le 12e épisode canonique de la série. Les 2 derniers n'étaient autres que le Shinobi de la PS2 et sa suite directe, Nightshade. Le dernier opus datait donc de 2003, soit 8 ans auparavant. Jamais SEGA n'avait laissé sa célèbre licence en sommeil si longtemps, car on peut le dire, les ninjas (car oui, shinobi ça veut dire ninja) ont toujours eu la côté.
Que ce soit dans les séries TV, les BDs, le cinéma et bien entendu les jeux vidéo, ces personnages de l'ombre ont toujours fascinés et ont souvent fait recette. Si je vous parle de Ninja Scroll (l'un de mes animés préférés), de Ninja Assassin, de Naruto sans oublier les célèbres Tortues Ninjas, vous êtes d'accord, non ? Et côté jeux, si je vous parle de Samuraï Shodown (si quand même, ça compte), de Ninja Master's, de Ninja Spirit, du mignonnet Mini Ninjas, de Ninja Gaiden, d'Hagane, ou de Ganryu jusqu'au récent Assassin's Creed Shadows, vous en conviendrez... la recette ninja, ça marche !
L'histoire débute en 1256, au Japon, à l'époque Kencho. Le jeune chef du clan Oboro, Jiro Musashi (potentiellement le père de Joe Musashi, personnage bien connu de la série), est appelé à défendre son village natal contre les forces ennemies de Zeed. Après avoir remporté un premier combat, il est envoyé 800 ans dans le futur (!), en 2056, où l'organisation Zeed règne désormais d'une main de fer. Aidé de Sarah, la chef d'une résistance locale, Jiro poursuit son combat et au fil du temps il découvre une conspiration plus profonde. Selon le niveau de compétence et la difficulté, une mission secrète est alors débloquée, révélant l'existence d'un ancien extraterrestre, Orn, à l'origine des événements de l'ère Kamakura, notamment la trahison de son propre professeur, dans l'espoir de créer la plus puissante armée ninja de l'espace (!). Après avoir vaincu Orn, le vaisseau spatial de l'extraterrestre explose et Jiro, protégé par un sort "ninjutsu", est aperçu pour la dernière fois rentrant dans l'atmosphère. Après son atterrissage sur Terre, Jiro s'éloigne à l'horizon, vraisemblablement pour relancer le clan ninja Oboro. La chronologie est alors modifiée puisque Joe Musashi (son fils) n'existe plus au XXe siècle...
Bon, 
Les "graphic novel" sont de qualité et ils agrémentent joliment la narration on ne va pas y aller par 4 chemins : ce scénario c'est de la merde ! Le mec voyage 800 ans dans le futur, et Joe Musashi, héros apprécié pour ses aventures dans les premières éditions (Arcade / Mega Drive / Master System / Game Gear) n'est plus là (où du moins sa timeline a été largement affectée). D'ailleurs la fin est un peu expédiée et on ne sait pas si Jiro va retourner dans le passé ou rester dans le futur. De toute façon cette histoire de voyage dans le temps est ultra capilotractée, elle n'est même pas expliquée et de toute façon elle n'a ni queue ni tête. Le but était de nous offrir un premier chapitre dans le passé (qui est sans doute le meilleur passage du jeu et le plus réussi artistiquement parlant) pour ensuite nous laisser dans le futur, le restant de l'aventure. Et le charme n'y est plus trop car on passe de somptueux décors naturels et variés, à des buildings, des casernes et des labos... bref, des décors contemporains.
Si le scénario est franchement mauvais, par contre la mise en scène est pas mal du tout. D'un côté nous avons de classiques cut-scene gérées en temps réel où il y a parfois des dialogues (sachez que je n'ai qu'une version américaine du jeu, donc chez moi c'est doublage anglais, textes en anglais et rien d'autre) et de l'autre côté nous avons des "graphic novels" qui tendent un peu vers l'animé grâce à quelques animations qui donnent bien le change. Je regrette que ces séquences ne prennent jamais le temps de bien expliquer les choses, mais en l'état, difficile de ne pas être un minimum séduit. Car c'est vrai, les graphic novels en général, je ne suis pas fan (surtout lorsqu'un développeur un peu faignant prend cette solution parce qu'il a la flemme de développer correctement sa narration) mais là c'est différent. Le coup de crayon est bon, les séquences sont nerveuses, bref étrangement ça m'a plu...
Avant de réellement se lancer, faisons le tour des options et des différents modes de jeu, sans être exhaustif (autant que ça reste digeste). Qui dit jeu moderne dit que nous avons un "how to play" qui va nous inculquer les bases du jeu. Couplé au mode dojo, vous pourrez ainsi vous entrainer et apprendre les rudiments du gameplay.
Les 
Les insatisfaits ont râlés parce que c'est un banal jeu d'action. Oui et alors ? La licence a 24 ans et il en a toujours été ainsi, pourquoi vouloir changer ? options permettent de régler les volumes sonores, de configurer chaque touche (une excellente chose même si celle d'origine est très bien) et surtout de régler la difficulté sur 4 paliers. Et vous verrez, ça a son importance. Notez aussi qu'on dispose d'un système de sauvegardes automatiques, comme dans tous les jeux modernes. Oui "moderne" car c'est bien ce qu'il est. Fini le temps où un titre vous tenez 1 à 2 heures, car en ligne droite notre Shinobi 3DS propose 8 longs niveaux pour une durée de 7 à 8 heures environ. Donc une sauvegarde n'est vraiment pas dispensable.
Notez que ce Shinobi propose beaucoup de checkpoints pour éviter les frustrations cependant, même s'il sauvegarde au passage, si vous quittez la partie et revenez plus tard, vous reprendrez au début du niveau. Si le temps n'est pas limité (une bonne chose), il impose tout de même un système de scoring. Selon votre temps à finir le niveau, le nombre de fois que vous perdrez, le nombre de kunais ou de ninjutsus utilisés... vous obtiendrez un score ainsi qu'un rang. Parfait pour celles et ceux qui veulent du challenge (c'est-à-dire peu de monde) et totalement inutile pour tous les autres (c'est-à-dire la majorité des joueurs). Ce Shinobi, en tant que "renouveau" d'une série quelque peu oubliée (8 ans pensez donc !) va faire le grand écart entre tradition et modernisme. En des mots plus clairs, le jeu va reprendre tout ce qui fonctionnait dans les épisodes majeurs (de Revenge of Shinobi -version Mega Drive- jusqu'à Shinobi X) et apposera une petite surcouche de nouveautés par-dessus.
Beaucoup furent déçu(e)s parce que le titre n'est finalement qu'un banal jeu d'action : on avance, on tue les ennemis, on affronte le boss, on passe au niveau suivant. Oui, et alors ? Si vous êtes fan de Shinobi, vous conviendrez que TOUS LES EPISODES précédents étaient comme ça, pourquoi venir râler aujourd'hui alors qu'il ne fait que reprendre "une formule" déjà établie depuis des années ? Car rappelons qu'à la sortie de cet épisode, la série a désormais 24 ans ! Et oui, le premier opus sur Arcade date de 1987, donc il est clair que Shinobi n'est pas une licence toute fraiche et mine de rien, on ne peut pas faire n'importe quoi avec.
Oui, 
Le gameplay est un mélange de Shinobi III et de Shinobi X il aurait pu prendre un aspect aventure, un contour "metroidvania" comme dans le Revenge of Shinobi sur GBA, mais alors certain(e)s auraient hurlé au scandale, disant qu'on aurait trahi le matériau d'origine. Et puis soyons honnêtes, personne n'aime cet épisode GBA, au point qu'il est (la plupart du temps) évincé de la saga, tel le vilain mouton noir que le blanc troupeau ne veut pas intégrer. Bref, faisant le grand écart entre modernisme et tradition, bien entendu on retrouve en grande partie le gameplay des cultissimes épisodes Mega Drive : briser les éléments du décor (généralement des caisses en bois) pour récupérer les items, le double-saut (qui a le bon goût d'être hyper fonctionnel et précis) avec son lancé de 9 kunais en quart de cercle (oui c'est 9 désormais), s'accrocher à une corniche, s'agripper à une corde ou un plafond, la parade, le coup de pied lorsqu'on est en l'air, le rebond sur les murs... bref, pour développer son jeu, le studio est allé à la pêche et à remonter tout ce qui fonctionnait dans les anciens épisodes (et c'est également valable pour certains passages du jeu).
Beaucoup d'éléments sont repris du génialissime Shinobi III, mais il ne faut pas oublier que Shinobi X a également donné quelques leçons, dans le sens où c'est à nouveau le katana qui est l'arme principale. Une autre touche est dédiée aux kunais, d'ailleurs nous n'en avons que 5 mais on peut désormais les lancer à la chaine et surtout, ce stock remonte automatiquement au bout d'un moment. Oui c'est un peu fumé (mais pas autant que le scénario, hein ^_^) mais ça évite de réellement tomber en rade ou d'aller à la chasse aux items en permanence. OK ça limite aussi les possibilités de cheats codes où on pouvait les avoir à l'infini... mais il fallait bien faire des choix.
A ces bases parfaitement reprises des anciens opus, Shinobi 3DS apporte une bonne dose de modernité. Par exemple on pourra réaliser des "one shot", des assassinats qui apporteront un bonus (généralement un doublement des kunais en réserve). Jiro est équipé d'un grappin afin de s'accrocher aux surface hautes ce qui, couplé avec le double-saut, offre plusieurs passages de pure plate-formes au challenge souvent élevé.
Après 
Shinobi 3DS apporte pas mal de petites nouveautés : slide, grappin, chargement d'un coup, assassinat, gestion des kunais... un double-saut (qui désormais marche à merveille) on peut réaliser une violente attaque au sol, notre personnage est capable de faire un slide (en faisant bas + saut), en maintenant la touche d'attaque on "charge" le coup, et comme nous l'avons vu précédemment, la gestion des kunais a été rafraichie. Autre point qui a été modifié, les ninjutsus. Ils sont au nombre de 4, on les sélectionne avec l'écran tactile et on les active avec la touche L. On retrouve le ninjutsu rouge (celui du feu), qui est en quelque sorte le "power-up" du jeu : les kunais sont jetés par 2, ils sont enflammés, idem pour les coups de katana. On retrouve le ninjutsu jaune (celui de la foudre), qui encaisse 3 coups à votre place, le ninjutsu noir active la protection de façon automatique mais baisse votre santé au minimum et vous n'avez plus de kunai, et enfin le ninjutsu bleu rend les kunais ultra rapides, tout en les "rechargeant" plus rapidement.
Il est un peu dommage de ne pas retrouver le pouvoir du dragon ou celui de l'explosion, bien que ce dernier serait "cheaté" en mode facile (je vous explique pourquoi juste après). Notez tout de même que l'activation de n'importe quel pouvoir nettoie l'écran de tous les ennemis, ou fait pas mal de dégâts aux boss. Fan service encore et toujours, le studio Griptonite a aussi "remaké" pas mal de passages qu'on connait. Redite ? Manque d'idées neuves ? Non je pense simplement qu'il faut le voir comme un hommage, une manière de faire plaisir aux fans.
On retrouve donc la fameuse course à cheval (malheureusement sans une musique aussi mémorable qu'Itaden) et son homologue la course en surf (à nouveau sans la mémorable musique de Whirlwind), l'ascenseur, le toit du train qui est mixé avec le labo bizarre où on se fait attaquer par des cerveaux mutants, l'usine d'armement (ici représenté par un porte-avions), l'autoroute où il faut faire gaffe aux bagnoles qui passent et à la fin du niveau 4 on a même un bonus-stage qui reprend exactement celui du jeu d'origine, où on doit zigouiller les ennemis qui s'approchent en vue subjective (sauf qu'on lance des kunais et non des shurikens). Bien entendu, Shinobi 3DS n'est pas qu'un simple mélange de tous les niveaux qu'on connait déjà, il y a aussi pas mal de nouveautés... cette fois un peu moins marquantes.

Tout 
Le double saut sort à la perfection ! Enfin ! Malheureusement on n'en profitra pas longtemps tellement le jeu est duuur ! ça est parfait, mais si Shinobi 3DS n'est jamais devenu le hit qu'il aurait pu être, c'est bien qu'il a lui aussi ses défauts. Et le pire d'entre tous, c'est clairement la difficulté. En "facile" les ennemis font moins de dégâts et surtout le nombre de vies est illimité. Mais même comme ça, finir le jeu est extrêmement difficile. Les 2 premiers niveaux accusent quelques passages franchement rudes, mais avec un minimum d'acharnement, ça finit par passer. Mais arrivé au niveau 3 c'est fini, le jeu est clairement là pour vous pourrir la vie et il le fait à la perfection ! La difficulté devient hardcore, le jeu ne laisse plus rien passer : il faut être rapide et d'une précision démoniaque. Et encore là, c'est en facile ! Imaginez ce que ça donne dans n'importe quel niveau de difficulté supérieur, où en plus les vies sont comptées ! Et c'est bien tout le problème de ce jeu qui compte beaucoup trop sur son système de "parry".
En l'activant avec la touche R, Jiro se protégera mais contrairement à Shinobi III ou X, il ne tiendra pas la pose car la position défensive dure 1 seconde tout au plus. Ainsi tout est question de timing, tel un vieux QTE, car si vous ne réussissez pas à activer le "parry" pile au bon moment, vous serez touché. Alors certes la barre de vie est généreuse et au début les bonus de santé (sous forme de poulet) sont très nombreux, mais petit à petit les ennemis sont de plus en plus endurants, de plus en plus agressifs, le level design devient infernal et les "Tenders du KFC" se raréfient, rendant l'expérience de plus en plus dure. La courbe d'apprentissage est trop rude (notamment au niveau 2 surtout lors de la scène de l'autoroute que j'ai recommencé au moins 20 fois) et devient mega frustrante dès le niveau 3.
Et c'est vraiment dommage car en rejoignant la difficulté d'un Shinobi X déjà critiqué pour ça, les développeurs ferment leur jeu à une plus large frange de joueurs. Moi le premier, j'ai beau adorer la licence, au contraire je déteste les jeux trop durs. Je suis là pour jouer, me détendre, prendre du plaisir, pas pour m'ouvrir les veines à chaque fois que j'aimerai avancer dans mon jeu. Je sais que certains masochistes ne prennent du plaisir que comme ça, mais pour une majorité de gamers, moi compris, on voit les choses autrement. Pensez à l'homme mûr, qui bosse toute la journée, qui a une femme, des gosses... bref une vie de famille, en prenant sa 3DS le soir pour se détendre un peu, je ne suis pas sûr que ce soit ça qu'il veuille.
De 
Sur l'écran de la 3DS, les graphismes paraissent jolis, colorés et fins même, le gamin qui n'a ni la patience, ni la dextérité pour ce genre de jeux, va se lasser très vite. Bref, en ciblant les "hardcores gamers", SEGA et Griptonite sont passés à côté de la majorité de leur public. D'ailleurs c'est à ça que servent les niveaux de difficulté, à contenter tout le monde, mais lorsque le mode facile est déjà une purge, il est clair qu'ils ont loupé un truc au passage. Et c'est bien dommage car en tant que vrais fans de la série, ils auraient dû comprendre que l'immense succès des Revenge of Shinobi, Shadow Dancer et Shinobi III est en parti dû à une difficulté juste et équilibrée. Quel beau gâchis...
Techniquement, nous sommes en présence d'une énorme cartouche de 512 Mo, et je dis bien "Mega Octects" pas "Mega bits". En effet, avec son rapport de 1=8, ça ferait exactement 4096 Mb ! Voilà pourquoi depuis la 5e Génération (celle des 32 et 64-bits) on ne compte plus en "Mb", cette donnée technique qui avait sans doute plus de charme et d'importance sur consoles 8 et 16-bits. D'ailleurs notez que notre Shinobi 3DS avec sa cartouche, est plus gros que le Shinobi X de la Saturn, qui était sur CD-Rom (466 Mo). Une grosse cartouche c'est bien, mais est-ce qu'elle a été bien mise à contribution ? Comme je l'ai évoqué au début de ce test, j'ai apprécié la mise en scène à base de "graphic novels", bien que je ne pense pas que ce soit ça qui prenne le plus de place.
Après moi j'ai été séduit par les graphismes. Bien sûr ils sont incomparables avec un Resident Evil Revelations par exemple (qui sortira à peine 2 mois plus tard), mais entre la cartouche de 4 Go (ah oui quand même !) et le savoir-faire de Capcom, forcément il y a un gouffre. Le jeu ayant été repoussé suite aux mauvaises ventes de la console, peut-on réellement lui en vouloir pour ça ? Et puis personnellement, je trouve que sur le petit écran de la 3DS, ça passe très bien. Le premier niveau notamment, est superbe, avec un bon design et de jolis effets. D'ailleurs, héritier du Shinobi de la PS2, notre ninja arborera la fameuse écharpe que Joe portait pas moins de 9 ans auparavant. Après un premier niveau vraiment réussi, j'avoue que par la suite, c'est un peu moins rutilant car les décors urbains sont tout de suite moins flatteurs... mais de là à dire que le jeu est "moche" je trouve que c'est abusif.

On 
La bande-son est sympa mais une fois la console éteinte, vous n'en retiendrez rien... comme dans la plupart des OSTs modernes termine comme toujours par la bande-son, dont le doublage de ma version américaine est exclusivement en... anglais. Logique, même si on n'aurait pas craché sur une option pour avoir le doublage en japonais. Il n'y a pas grand-chose à redire sur le doublage, ça fait le boulot (c'est un peu surjoué mais franchement, on s'en fout un peu vu la teneur du jeu), idem pour des bruitages très corrects. Quand aux musiques, les crédits ne mentionnent que Norihiko Hibino, mais en réalité ils auraient été 3 sur l'OST avec également Yoshitaka Suzuki et Takahiro Izutani. Norihiko Hibino on le connait bien puisqu'il a participé aux bandes-son de plusieurs Metal Gear Solid (2, 3, 4, Portable Ops) mais aussi Bayonetta, Ace Combat : Assault Horizon ou encore le récent Contra : Operation Galuga que j'ai bien aimé. Bref ça fait 25 ans que le bonhomme est dans le métier, il sait de quoi il parle. Yoshitaka Suzuki est également une personnalité dans le milieu, car il a bossé sur les franchises Metal Gear Solid, Bayonetta et Kingdom Hearts.
Et Takahiro Izutani a participé aux bandes-son de différents Metal Gear Solid (notamment le 4), la trilogie Bayonetta, Resident Evil 4 : Separate Ways... bref, les 3 hommes ont plus ou moins le même parcours et ils ont beaucoup travaillés ensemble. Même si ça n'explique pas qu'un seul d'entre eux soit crédité... Ceci dit je trouve que la bande-son oscille entre le "bon" et le "sympa". Aucune piste n'est réellement mauvaise, mais aucune n'arrivent à la cheville d'un Itaden, d'un China Town, d'un Whirlwind ou d'un Over the Bay, qui ont régalés les joueurs Mega Drive. Bien entendu, pile 20 ans plus tard (et oui déjà !) la qualité des compositions a grimpé en flèche, les pistes sont plus nombreuses, on a beaucoup de sonorités "japonisantes" comme j'aime le décrire, mais sincèrement, je n'ai réellement noté que 2 ou 3 pistes qui sortent du lot, le reste est noyé dans la masse. C'est trop orchestral, trop dans ce qu'on fait aujourd'hui, avec ces musiques travaillées mais sans âme.
Et puis le style Yuzo Koshiro reste inimitable, même si pour ça Shinobi III s'en sortait avec les honneurs. Notez que Hiroshi Kawaguchi est également crédité (sur les sites spécialisés) en tant que "guest", pour la reprise de 2 thèmes d'After Burner (car oui il y a un niveau sur le dos d'un avion qui reprend ses thèmes, la folie pure ^_^). Bref, la bande-son est chouette mais honnêtement, vous ne fredonnerez aucune musique en particulier, comme ça pouvait être le cas sur la trilogie Mega Drive. Et c'est bien ça le véritable problème des OSTs modernes...
Shinobi
Note
sur Nintendo 3DS devait signer le renouveau d'une série un peu oubliée. Sorti pile 20 ans après Revenge of Shinobi, pas moins de 8 ans après le dernier épisode canonique (paru sur PS2), le jeu devait rallier l'ancienne génération à la nouvelle, un grand écart réalisable grâce à un max de bonne volonté et une bonne dose de "fan service". Shinobi 3DS est résolument un épisode "old school" avec une vraie narration, pas mal de checkpoints mais aussi et surtout tout ce qui fait le charme des anciens épisodes, notamment dans son gameplay d'origine, plus quelques scènes marquantes assez reconnaissables. Enfin le studio a embelli le tout d'une rutilante couche de peinture. J'entends par là que les nouveautés de gameplay sont appréciables, efficaces, et la réalisation est de bonne facture (ceux qui disent que le jeu est moche sont de mauvaise foi, de plus la console n'avait que 8 mois à la sortie du jeu).
Il est donc clair que pour rallier l'ancienne génération à la nouvelle, le studio a pioché tout ce qui fonctionnait bien dans les anciens opus, tout en rajoutant un beau revêtement vernis, histoire que ça fasse plus contemporain. Cependant, maintenant que cette belle voiture japonaise s'est faite "pimpée" par un garage américain, on trouve quand même que la mécanique grippe encore un peu. Trêve de métaphore, on pourrait croire que ce Shinobi 3DS est une préquelle mais en réalité c'est véritable reboot de la série. Une reboot qui échouera dans sa tâche puisque le jeu n'aura qu'un succès confidentiel, entre autre à cause de sa difficulté mais aussi à cause d'une Nintendo 3DS qui à ce moment-là, n'était pas très répandue dans le monde. Tout de même un peu plus populaire (et sûrement vendu aussi) que le Revenge of Shinobi de la GBA, c'est en effet la difficulté de cette version qui le rendra si hermétique.
D'ailleurs Monsieur SEGA, il va falloir m'expliquer un truc : pourquoi avoir choisi Griptonite Games pour développer un jeu qui fut attendu durant 8 longues années ? Parce qu'ils n'étaient pas chers, sûrement ! A défaut de le faire vous-même, à minima il fallait prendre un studio qui avait un minimum de talent (regardez le CV de Griptonite et vous allez comprendre), et qui appréciait la licence bien sûr. Remarquez, on sent bien que ces petits gars-là aiment les Shinobi car ça transpire le fan service, mais dès l'écriture du scénario c'est parti en sucette, et pourquoi faire un reboot alors qu'une suite aurait été préférable ? Et surtout, pourquoi le rendre si hardcore ? Les Shinobi, sans être faciles, ont toujours été plus ou moins abordables. Avec un peu de patience et de doigté, il a toujours été possible de les finir. Mais là, je vous souhaite bien du courage ! Il y a 8 longs niveaux et dès le niveau 3, la difficulté monte en flèche et le level design nous impose des séquences stressantes et particulièrement pénibles à franchir. POUR-QUOI-FAIRE ? Si le but était de faire chier les fans, c'est gagné ! Du coup il ne faut pas se plaindre que le jeu ne se vende pas... A difficulté réservée à l'élite, ventes destinées à cette même élite et croyez-moi, elle ne constitue pas la majeure partie des potentiels acheteurs.
Et c'est bien dommage car pour une fois, on ne pourra rien dire à propos du gameplay (qui est vraiment excellent) ou mettre à mal la jouabilité, qui est précise et réactive. Non, c'est vraiment le level design qui pose problème et même en "facile", la plupart des gens ne finiront jamais ce jeu ! Et c'est vraiment navrant car le potentiel est là. Certes ce Shinobi est très "arcade" comme on dit de nos jours (ce qui veut dire tout et rien à la fois), plein de bonnes intentions, mais il laisse les enfants et les parents sur le bord de la route. N'embarquant que cette caste de fanatiques drogués aux "souls like", groupuscule dont je ne fais clairement pas parti (moi je suis resté sur le bord de la route, avec les autres). Au final le jeu ne se vendra que très peu, ce qui fait que la licence retournera dans l'ombre où SEGA l'a sorti pour un temps. Une belle claque qui, je l'espère, servira de leçon, car la franchise Shinobi restera au frais durant pas moins de 14 longues années ! Nous verrons bien si l'épisode Art of Vengeance change un peu la donne, inverse la courbe car je vous mentirai si je vous disais que depuis Shinobi III je me suis éclaté sur cette licence. Et vous le savez, c'est pas bien de mentir...
