Devil May Cry (PS2) -- Review sur SoloGamerTest

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Narration
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


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Sorties du jeu : août 2001 au Japon - octobre 2001 aux Etats-Unis - décembre 2001 en Europe

Développeur : Capcom
Editeur : Capcom
Genre : beat-them-all / aventure

Version testée : française (Euro PAL 50hz)
Support : 1 DVD-Rom
Doublage : anglais
Textes à l'écran : français

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : DMC1

Durée de vie : 7 à 9 heures pour l'histoire principale - environ 15 heures en réalisant les missions secondaires
Prix au lancement : 60€
Score des ventes : 2,8 Millions

La musique de la semaine :
Hard Beat




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Devil May Cry









Peu
A l'origine, Dante et son château devait être le fameux Resident Evil 4. Mais après plusieurs reboots internes, le jeu est devenu Devil May Cry, quand RE4 a pris un chemin tout à fait différent
de personnes le savent (quoique, l'info a fini par faire son bout de chemin depuis) mais à l'origine, Devil May Cry et son personnage principal (Dante) devaient être ce qu'aujourd'hui on appelle Resident Evil 4 ! En effet, Capcom a demandé à ses producteurs/réalisateurs fétiches, de renouveler entièrement la saga. Il faut dire qu'après 3 épisodes sur la première PlayStation et un Code Veronica certes efficace mais très classique (et encore je n'évoque pas les nombreux spin-offs), la prolifique série du développeur japonais s'essoufflait. Voilà pourquoi le nouveau personnage de Resident Evil devait se nommer Dante et l'action devait se dérouler dans le fameux château qu'on parcourt.
Mais après 4 revirements de design, de personnages et même de producteur, Capcom trouvait que ça allait un peu trop loin dans la refonte et reprit le boulot une 5e fois du début. Quant à Dante et son château, il devint un projet à part nommé : Devil May Cry. Produit et réalisé par 2 majors de chez Capcom, j'ai nommé Shinji Mikami (père des Resident Evil) et Hideki Kamiya (réalisateur de Resident Evil 2 et d'Okami), je dis attention, jeu culte ! Nous sommes fin 2001, la PS2 a tout juste un an et comme au temps de la PSOne, Capcom compte bien être l'un des éditeurs les plus populaires de la machine. La PlayStation connut l'avènement des Resident Evil, la PS2 connaîtra celui des Devil May Cry.
Dès l'intro le ton est donné : ça en jette à mort à grand renfort de scènes d'action survoltées, de phrases pêchues, et déjà, d'un soupçon de "j'me la pète". Dante est un chasseur de démons à son compte, qui gère seul sa petite entreprise, le Devil May Cry. Il se définit comme un détective privé qui ne s'occupe que d'affaires "très spéciales", mais il est en réalité un homme à tout faire qui accepte n'importe quel sale boulot. Dante (prononcez "danté") est le fils du légendaire Sparda, un démon qui a sauvé l'humanité il y a 2000 ans de ça, en se retournant contre les siens. Un soir, une jeune femme nommée Trish le contacte pour lui demander son aide afin de détruire le monde inférieur (l'Underworld) et sauver, par la même occasion, une nouvelle fois l'humanité. Car Mundus, l'empereur du mal autrefois vaincu et emprisonné par Sparda, s'est libéré et il est parvenu à créer une brèche entre le monde inférieur et celui des humains. Direction l'île Mallet, où se trouve un immense château à l'activité... tout à fait paranormale. Dès le début, on peut le dire, ça commence vraiment bien. Lorsqu'on arrive sur l'île, l'ambiance est déjà là et on a déjà envi d'en découdre.



Le diable peut pleurer
(traduction littéraire de "devil may cry")



Devil
Le scénario est léger mais la mise en scène est très dynamique
May Cry propose, plus qu'il n'y parait, des racines littéraires. Si on prend le cas du boss Nelo Angelo, qui se révèle être en fait Virgile, on pense de suite à la Divine Comédie (Virgile étant le frère de Dante). Quant à Mundus, on peut très bien le confondre avec un ange déchu et Trish rappelle Béatrice. Pour ce qui est de la mise en scène, les cinématiques en images de synthèses sont rares et auquel cas, elles ne montrent jamais les protagonistes principaux. En fait, chaque cut-scenes est en 3D pour que le rendu visuel soit constant. Ainsi Dante est à l'identique dans le jeu comme dans les cinématiques. En 2001, à la sortie du titre, c'était très impressionnant. Aujourd'hui, on trouve forcément que les modélisations ont vieillies, avec une Trish certes sexy mais aux épaules de robots et aux mains palmées. Mais pris dans le contexte chronologique, la PS2 se surpasse déjà et on a tout pour être ébloui(e). Et une fois n'est pas coutume, nous avons une fin à rallonge vraiment sympa, qui récompense bien les efforts qu'il a fallu faire pour en arriver là.
Pas besoin de tourner autour du pot, Devil May Cry propose un style de jeu assez rôdé aujourd'hui : le beat-them-all sauce aventure, qui est une nette évolution des beat-them-alls classiques nés sur Arcade, bien que le but final (tabasser l'adversité) reste au fond le même. Et même si ce type de jeux a suivi (et suivra) plusieurs paliers d'évolution (comme par exemple avec Fighting Force sur la première PlayStation), Devil May Cry fut l'une des pierres angulaires d'un genre qu'il va autant inspirer que démocratiser, en posant les bases du genre... exactement comme Resident Evil 4 le fera pour le jeu d'action en vue à la 3e personne. Capcom serait-il visionnaire ou créateur de tendance ? Quand on repense aux succès et aux répercutions des Final Fight, Street Fighter II puis Resident Evil... on peut le croire, en effet.
Et dans la chronologie du jeu vidéo, pris avec le recul nécessaire, on se dit qu'un Bayonetta, un Darksiders et même un God of War ne sont finalement pas si éloignés que ce qui se faisait déjà en 2001. Et comme tout pseudo-pionnier, forcément c'est lui qui essuie les plâtres. Et je commencerai par montrer du doigt la jouabilité. Très imprécise, Dante ne se focalise pas automatiquement sur qui il touche, ainsi lorsqu'il commence un combo sur un ennemi, bien souvent il le finit sur un autre, ou tout simplement dans le vide (on a bien la touche R1 pour se locker mais ça reste peu pratique hors armes à feu).



L'hardcore Divine Comédie


Rien
Devil May Cry est un jeu difficile et dirigiste. Heureusement pour lui, il est aussi très fun
de grave cependant, mais il faudra ajouter à ça une configuration des touches vraiment peu confortable. Comme d'habitude chez Capcom, on ne peut pas remapper ses touches, et les 2 styles de config' proposées sont tellement proches, qu'il ne sert à rien d'entrer dans les options pour ça. Dante possède une arme d'attaque (épée, poings d'Ifrit...) et une arme à feu (flingues, fusil à pompe, lance-grenades...). Et bien sachez qu'on n'aura aucun combo réalisable facilement à l'épée, puisque son attaque se contente d'une seule touche (idem pour les armes). Et lorsqu'on veut sauter, on doit presser la touche Triangle, ce qui ne facilite pas les attaques aériennes et complique les phases de plate-formes.
Comme le jeu est un ancien Resident Evil, on a droit à quelques-unes de ses facettes... ici plus gênantes qu'autre chose. La pire d'entre toutes, c'est que la caméra, au lieu de toujours suivre notre héros de dos, nous fait des changements de points de vue brutaux, ce qui perturbe les trajectoires. D'ailleurs la caméra n'est à aucun moment réglable, ce qui peut gêner les habitués. J'en parlais à l'instant, Devil May Cry se pare aussi de quelques phases de plate-formes, avouons-le, bien chiantes. Après tout on n'est pas dans Super Mario 64, on n'a pas signé pour ça (comme ces passages bien relou où il faut faire vite pour passer une porte... c'est plus irritant qu'autre chose).
Et j'en viens naturellement à vous parler de l'aspect le plus rebutant du jeu : la difficulté. Loin du titre casual, DMC est un jeu un peu hardcore par moment. Si on arrive à franchir assez aisément la moitié de l'aventure, il ne sera pas rare qu'on sèche littéralement sur les boss. Puissants, rapides et bien souvent abusés, on en prend plein la gueule ! Alors évidemment, c'est là qu'on finit par se dire qu'on n'arrivera jamais à la fin. Pourtant l'aventure n'est pas extra longue (7 à 8h environ pour la quête principale), la faute à un dirigisme exacerbé. La première fois que j'ai joué à DMC, je pensais qu'il fallait bien fouiller les lieux, qu'une clé trouvée ici, n'allait pas ouvrir une porte là, mais tout au bout là-bas. Et bien tout faux...



Je cogne donc je suis


En
La jouabilité est largement perfectible, notamment à cause d'une config' des touches peu appropriée
fait, les niveaux sont agencés de telle manière qu'on souffre (un peu) à trouver la clé (sous forme d'artéfact le plus souvent) et ensuite on aura bien du mal à dénicher la porte qu'elle ouvre. Résultat : un jeu dirigiste au possible, que l'envergure du château ne se force même pas d'exploiter. Décevant ? Et bien non, heureusement pour lui, le jeu se basant surtout sur l'action, ces petites phases ne sont là que pour nous ralentir (un peu) dans notre ardeur et nous proposer autre chose qu'un simple matraquage des boutons. Et en plus des 23 missions dites "régulières", on peut aussi réaliser 12 missions secrètes, qui pour le coup, vous demanderont beaucoup de dextérité.
Prenons un seul exemple : dans les douves du château, il faut affronter 2 araignées géantes mais on ne doit pas les attaquer, il faut qu'elles s'entretuent. Si l'une meurt avant l'autre, on ne gagne pas le challenge. Vous imaginez à quel point c'est chaud à réaliser ?! C'est sans doute pour ça que je me suis contenté de la campagne principale... Si on pourra rechigner sur un affichage (pratiquement illisible) de la carte à cause de son orientation en 3D iso, ou le fait qu'on n'ait que la jauge de vie des boss (alors que de "tous les ennemis" aurait été préférable), le reste du jeu coule presque tout seul. Les touches sont mal disposées mais ça reste suffisamment jouable pour qu'on s'éclate immédiatement et puis Dante est tellement puissant, que c'est un vrai plaisir de l'avoir sous la manette.
Comme je le disais, cet ancien projet Resident Evil reprend forcément pas mal de ces facettes les plus basiques : clés, énigmes simples, grosse action et portes qui grincent de la même manière. On a aussi quelques passages plus originaux comme les phases sous-marines qui se déroulent en vue subjective ou la scène finale, qui donne carrément dans le grand spectacle avec une phase de shoot-them-up ! Quant à l'armement, il est tout de même pas mal évolutif. Les nouvelles armes se dénichent dans les niveaux, certaines sont obligatoires pour ouvrir le passage, d'autres sont facultatives.



L'Enfer de Dante


En
Ce premier Devil May Cry est impressionnant ! La qualité du design et des graphismes auront marqué leur temps
massacrant ses ennemis (ou encore en brisant certains objets du décor), on récolte 3 principaux types d'orbes, dont les rouges servent de monnaie. Ainsi à chaque fin de level ou lorsqu'on croise un monument dédié, on peut acheter de nouveaux combos ou des artéfacts. Ces "monuments" ont plusieurs rôles : redonner de la santé, nous faire revivre (respawn), tuer tous les ennemis à l'écran, etc. Pas mal pour agencer sa propre technique de survie dans le jeu. Enfin, notre anti-héros (rappelons qu'il est le fils d'un démon) pourra aussi user de son côté démoniaque. Cette forme consomme de l'énergie maléfique mais elle procure un regain de puissance et une vitesse accrue. Par ailleurs, la forme démoniaque change selon l'arme principale utilisée. Je regrette juste qu'elle n'intervienne que tard dans le jeu, car elle apporte un vrai plus au gameplay. Alors que nous sommes en début de vie de la console (la PS2 avait tout juste un an à la sortie du jeu), Capcom nous assène des graphismes à se décrocher la mâchoire !
Comme je le disais en début d'article, les modélisations ont (aujourd'hui) vieillies. Les visages sont peu expressifs, les mains sont palmées et les animations sont un peu raides. Mais imaginez un peu ce qui ça donnait en 2001, qui plus est sur une console jugée difficile à maitriser et dont les premiers jeux avaient beaucoup de mal à briller de ce côté-là... Et oui, ça nous a époustouflé ! Et c'est en rejouant à ce titre culte que j'ai remarqué que les décors toujours aussi magnifiques ! Il faut dire que ce château, inspiré du manoir Spencer, est vraiment classe.
Evidemment toute l'aventure ne se déroule pas dans cet unique décor, Devil May Cry étant étonnamment varié. Les jardins, les douves du château, le grenier et plus tard l'Underworld (une sorte d'Enfer bien glauque), il n'y a pas de quoi de lasser. Et c'est toujours la même qualité de design qui sévit sur chaque environnement, ce qui confère à l'ambiance cette aura envoûtante et parfois malsaine (surtout à la fin du jeu). Le niveau de détails atteignant ici des sommets, on sera également surpris par la gestion (en temps réel) d'éclairages sublimes ou encore un moteur fluide de bout en bout, et ce malgré un écran parfois surchargé d'ennemis ou par un boss tellement énorme, qu'on en vient à penser à Shadow of the Colossus (qui ne sortira que 4 ans et demi plus tard).



L'OST aux 2 visages


D'ailleurs
Bon travail sur le son où la dualité musicale sied parfaitement à l'ambiance
les ennemis ont un look particulier (les "puppets" étant assez flippants) et les boss sont tout aussi bien travaillés. Le premier d'entre eux (Phantom, l'araignée-scorpion) impose méchamment, idem pour le dernier qui est titanesque. Et pourtant, le tout reste fluide. Les mouvements de Dante sont bien détaillés avec des poses "je-me-la-pète" du plus bel effet et pour le reste, tout y est, allant de l'aliasing si cher à notre PS2, aux effets souvent impressionnants : effets pyrotechniques, distorsions aquatiques, reflets chromés... Capcom se surpasse et la PS2 dévoile un potentiel jusque-là insoupçonné. Dernier point, je tiens à noter que les loadings sont très courts. Comme quoi les ouvertures de porte à rallonge de Resident Evil, espace-temps soi-disant réservé aux chargements, c'est bel et bien fini...
Avec un tel rendu graphique, vous vous doutez bien que Capcom n'allait pas en rester là. Il est alors évident qu'on retrouve une bande-son, elle aussi, de grande qualité. Les musiques, tout d'abord gothiques dans les moments creux, se chargent de poser une atmosphère inquiétante. Mais à l'heure des combats, elles laissent place à du gros Metal huileux, ce qui dynamise énormément les combats. Au départ surprenant, ce duo de sonorités apporte un accent particulier au jeu, bien que l'ambiance sonore est toujours en phase avec son action. Je ne sais pas si c'était une première à l'époque, toujours est-il que c'est efficace. La plupart des musiques ne sont pas mélodieuses, mais sur la fin du jeu on aura quelques thèmes plus mélancoliques, et vraiment jolis.
Quant aux bruitages, il faut être clair, Dante n'est pas là pour rigoler. Les flingues font de gros bruits, mention spéciale au lance-grenades (d'ailleurs les armes font plus de bruit que ce qu'ils sont efficaces), et les coups d'épée percutent dans un fracas vite reconnaissable. Autant dire que tout ça offre une action sacrément nerveuse. On notera tout de même que certains bruitages ont été repris de Resident Evil (vraisemblablement de RE3 et Code Veronica) comme la fermeture des portes. Ne cachant que difficilement ses origines, l'ambiance musicale (hors combat) est peut-être plus gothique mais elle reste assez proche de l'autre licence phare du développeur, surtout dans le château. Enfin, fidèle à sa politique, Capcom n'a bien évidemment pas traduit son jeu. J'entends par là qu'on a des sous-titres traduits sur des voix encore et toujours en anglais. Cependant les doubleurs ont été bien choisis et le travail de voxographie est tout à fait honorable.



Conclusion

Voilà Note



un jeu qui aura eu un franc succès (en plus d'être une exclusivité à la PlayStation 2) et pour cause, il offre une aventure grandiose, saupoudrée d'un nouveau héros charismatique et d'une action survoltée. Certes à la relecture de ce vieux test, le jeu a perdu (un peu) de sa superbe, entre autre à cause de sa prise en mains peu aisée (mauvaise configuration des boutons), de sa difficulté parfois éreintante et de sa durée de vie un poil courte (je l'ai fini en 8 heures, comptez environ 15 heures en réalisant toutes les missions secondaires). Pourtant, Devil May Cry reste malgré tout un jeu culte ! Il a gardé son charme d'antan, ce qui fait que bien des années après sa sortie, il reste selon moi, l'un des meilleurs jeux de la PS2.
Avec ses cut-scenes dynamiques, son gameplay fouillé et violent, ses graphismes à tomber (encore aujourd'hui, ils restent d'un niveau éblouissant) et sa bande-son tonitruante, il serait vraiment dommage de passer à côté d'un jeu qui vieillit si bien (tous ne peuvent en dire autant) et, il faut le dire, assez génial. En 2001, Capcom a donc instauré un nouveau standard en terme de jeu vidéo et je serai même plus élogieux en disant que Devil May Cry est un peu le patient zéro, le premier titre à nous faire découvrir le beat-them-all / aventure tel qu'on le connait aujourd'hui. Rien que ça. C'est un must-have que toute ludothèque se doit de présenter, un de ces titres comme on aimerait en voir plus souvent.






Points négatifs

  Une configuration des touches assez maladroite et non modifiable
  Une difficulté assez élevée et peu adaptée à tous les publics
  En ligne droite, la durée de vie est tout juste correcte
  Scénario un peu léger


Points positifs

  En réalisant les missions secondaires, la durée de vie s'améliore nettement
  Techniquement superbe, prouvant enfin ce que la PS2 a dans les tripes
  Dualité musicale aussi originale que finalement appropriée
  Mise en scène de grande qualité
  Gameplay violent et jouissif




Test réalisé par Aska Luna & iiYama


article initial : février 2006
mise à jour : janvier 2026


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