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En 
Black Ops 6 aura nécessité 4 ans de développement. Une anomalie dans le cycle de la série 2023, il y a eu plusieurs faits marquants dans le jeu vidéo (oui on va se cantonner à ça, sinon on n'en finira pas :), à commencer par l'acquisition définitive d'Activision-Blizzard par Microsoft, pour une somme qui dépasse l'entendement. Il faut dire que si Call of Duty a eu un petit passage à vide aux alentours de 2016, depuis la sortie du Modern Warfare 2019, on peut dire que la machine à cash a été relancé de plus belle. Du coup les actions montent et Microsoft paie le prix fort. Ceci dit, 2023 fêtait aussi les 20 ans de la série (le tout premier opus est sorti en octobre 2003) ainsi que la sortie de l'un des épisodes les plus mal-aimé de la saga : Modern Warfare III. Si cet opus est sorti dans un état déplorable, avec un contenu famélique tout en étant vendu au prix fort (Activision ne perdant jamais le nord de ce côté-là), c'est parce que son statut est passé de simple DLC à jeu complet, avec seulement 16 mois de développement. Pourquoi ?
Et bien parce que Treyarch avait besoin d'une rallonge de temps pour terminer son Black Ops 6. Suite au très bon Black Ops Cold War, ils vont aider Sledgehammer Games à finir l'épisode Vanguard, mais ça les mettra en retard sur le planning, résultat Modern Warfare III a servi de bouche-trou et au final Black Ops 6 a nécessité 4 ans de développement au lieu de 3. Du coup ils seront secondés par les développeurs de chez Raven Software (qui sont désormais affiliés à la saga, alors qu'à l'origine ils sortaient de très bons jeux tels que Hexen, Soldier of Fortune, Quake 4 ou Singularity - cette époque où Raven était libre me manque), et eux même seront secondé par l'habituelle armée de développeurs de l'ombre : Beenox, High Moon Studios, Activision Shanghai, Sledgehammer Games et même Infinity Ward pour l'utilisation de leur moteur (on recense tout de même plus de 9000 personnes dans les crédits !).
Bien évidemment, à l'instant où j'écris ces lignes, Black Ops 6 est toujours lié au HQ (fort heureusement, il ne le sera pas éternellement) mais on sent qu'un gros effort d'optimisation a été fait puisque le jeu pèse moins de 100 Go pour son mode Campagne, là où Black Ops Cold War accusait une installation gargantuesque. Après avoir testé tous les épisodes récents (hors Seconde Guerre Mondiale), j'ai entendu tout et rien à propos de ce Black Ops 6, mais globalement il fut plutôt bien reçu.
Après 
L'histoire est plutôt sympa, même si avec Treyarch on n'échappe pas à leurs classiques ficelles, complot et manipulation mentale incluses comme toujours, 3 camps s'affrontent : la presse qui se veut assez dithyrambique, les fans qui ont tendance à être plus tempérés (mais qui achètent quand même) et enfin les détracteurs, qui eux n'hésitent pas à le descendre en flammes sans même y avoir toucher, se croyant sans doute au dessus de "ça", comme si y jouer allait salir leur réputation de "fragueur". La connerie humaine n'aura de cesse de m'étonner... De mon côté, je n'aime pas certains jeux et pourtant vous ne me voyez pas en dire du mal, car il faut partir d'un constat simple : on ne peut pas plaire à tout le monde. Ceci dit ce n'est pas la peine d'être médisant pour autant, il y a aujourd'hui tellement de jeux qui sortent, qu'il est inutile de perdre votre temps à cracher votre venin sur ce que nous n'aimez pas. Vous verrez, vous dormirez plus sereinement.
De mon côté j'étais curieux de voir ce qu'allait donner ce Black Ops 6, qui est en fait la suite directe d'un Black Ops Cold War que j'ai particulièrement apprécié. Enfin notez qu'ici nous testons uniquement le mode Campagne, le solo quoi. La raison est simple, les modes multi-joueurs (Warzone compris) sont devenus de tels capharnaüms, qu'entre les pros, les tricheurs et les insultes qui volent à tous les étages... je dis non merci. Je veux bien me faire un petit mode Zombies en solo pour le fun, mais ce sera tout.
En janvier 1991, au début de l'opération Tempête du Désert (des opérations militaires réalisées par une coalition internationale pour mettre fin à l'occupation du Koweït par l'Irak), les agents de la CIA Troy Marshall et William "Case" Calderon, accompagnés de leur superviseur Jane Harrow, sont déployés à la frontière irako-koweitienne pour extraire le ministre irakien de la Défense, Saeed Alawi. Mais leur mission est interrompue lorsqu'Alawi affirme être la cible d'une milice paramilitaire rebelle appelée le Panthéon. Après avoir été capturé, ce dernier est exécuté par Russell Adler, désormais considéré comme un agent déserteur, et accusé à tort d'être un espion. Adler se laisse capturer et demande à Marshall de transmettre un message à son collègue Frank Woods : "le Fou prend Tour".
Le 
La Guerre Froide est finie mais de nouvelles menaces emmergent... de toute façon, il faut bien un ennemi pour faire la guerre, pas vrai ? sous-directeur de la CIA réprimande l'équipe pour la mort d'Alawi, ignore leurs avertissements concernant le Panthéon et suspend Woods, Marshall et Case. Woods révèle à Marshall que le message d'Adler fait référence à une cachette secrète du KGB en Bulgarie (surnommée "la Tour"). Woods décide alors de se rendre sur place avec Marshall et Case, pour enquêter sur le Panthéon. Après avoir recruté le génie technique de la Stasi, Felix Neumann, et l'assassin Sevati Dumas, l'équipe organise le sauvetage d'Adler d'une prison secrète de la CIA à Washington, pendant qu'un événement politique organisé par le gouverneur Bill Clinton se déroule en surface. L'équipe parvient à extraire Adler juste avant que le Panthéon n'attaque la prison, mais ils sont accusés d'avoir perpétré cette attaque et sont désormais déclarés fugitifs. Adler révèle que le Panthéon négocie des armes avec Saddam Hussein.
Avec l'aide d'Helen Park (agent du MI6) et des forces spéciales britanniques, l'équipe attaque un palais de Sadam Hussein (en Irak donc), où ils découvrent "le Berceau", une arme psychochimique provenant d'un laboratoire biologique abandonné de la CIA aux Etats-Unis. Le but est alors de tout faire pour éviter que Sadam Hussein se serve du Berceau et par la même arrêter les agissements du Panthéon... Comme toujours avec Treyarch et les Black Ops, le jeu va se baser sur des faits historiques et s'immiscer dans les zones d'ombre pour développer un scénario parallèle mais qui colle finalement assez bien avec les événements encourus.
Se déroulant en 1991, on voit que la technologie a évolué depuis Black Ops Cold War (qui se déroulait en 1981), avec des armes plus contemporaines, des ordinateurs nettement plus performants, des voitures plus récentes... bref une technologie qui a fait un joli bond en avant. Si on retrouve les personnages emblématiques de la période de la guerre du Golfe tel que Bill Clinton, George Bush, Margaret Thatcher, Colin Powell ou encore Saddam Hussein, c'est surtout le retour d'Adler (et pour un seul niveau celui d'Helen Park et de Sims) qui fait plaisir. On retrouve aussi Frank Woods, qui est désormais en fauteuil roulant, par contre Jason Hudson est mort en 1989 et Alex Mason est présumé dans le même état. Bell (de Black Ops Cold War) est également décédé, donc au final la fine équipe qui sauve le monde est grandement renouvelée.
Notez 
Comme toujours avec les Black Ops, on croisera quelques visages plus ou moins connus qu'exceptionnellement, nous avons des personnages qui ne sont pas exclusivement anglais ou américain, puisque Sevati Dumas (dit Sev) est marocaine et que Felix Neumann est allemand. Il était temps, vous ne trouvez pas ? Dans le même laps de temps, le communisme se casse la gueule, le Mur de Berlin a été détruit, l'URSS est au bord de l'implosion (ce sera définitivement acté en fin d'année 1991) et par conséquent, il ne reste plus grand-chose d'une Guerre Froide qui, de toute façon, n'a rien apporté de bon (comme toutes les autres guerres du reste). Comme d'habitude depuis pas mal d'épisodes, la mise en scène est dévoilée via 2 méthodes : des vidéos basées sur le moteur graphique, puis des cut-scenes gérées en temps réel durant le jeu. Premier bon point, on peut enfin mettre les cinématiques en pause et globalement, le doublage est synchro (c'est pas parfait, mais le résultat est propre).
Après durant le jeu, c'est forcément moins ciselé mais le résultat reste correct. Lors des vidéos le niveau de détails est maximal, la motion capture donne de très bons résultats, mais ce sera forcément différent "in game". Les expressions faciales sont généralement pas mal, même si elles manquent un peu de naturel. Après les personnages connus (Adler, Woods, Park...) ont été "mocap" par les même acteurs et en VF ils ont leurs voix habituelles, il n'y a donc rien à redire. Au départ, j'étais pas très convaincu par l'écriture et la mise en scène, trouvant que Black Ops Cold War restait un cran au dessus. Alors que le jeu a nécessité de 4 ans de développement, j'estimais que nous étions sur une "formule 1.5" qui reprenait quasiment tout de son prédécesseur, à commencer par ce système de dialogue qui rend notre personnage (Case) aussi anonyme qu'aphone.
Pourtant cette fois on ne nous demande pas de couleur de peau, de choisir d'être un homme, une femme ou un joint de culasse qui se prétend rouge-gorge ascendant capricorne, ce qui rend tout ça encore plus ridicule, car il n'y a plus aucune justification à cette simplification, à part l'envi de ne pas se faire suer avec ça. Et pourtant... avec les Black Ops on le sait, le meilleur est souvent vers la fin et il vrai que l'aventure prendra plusieurs tournures, mais c'est clairement le niveau final qui sera le plus riche en révélations. De plus la fin se laisse une large porte ouverte pour accueillir Black Ops 7 (sorti en fin d'année 2025).
Vous le savez sans doute déjà (ou alors vous avez déjà lu mes tests des précédents épisodes), les Call of Duty sont devenus de véritables foutoirs à installer. Bien sûr, si vous vous contentez de Warzone ou si votre achat est en dématérialisé, ça facilite les choses, mais pour les collectionneurs, celles et ceux qui aiment posséder du "physique", du palpable... c'est bien plus compliqué. Alors je vous arrête de suite, ne commencez pas à me dire qu'une belle collection de jeux est incompatible avec les Call of Duty. Tous les goûts sont dans la nature ! Je déteste les jRPG, les jeux au tour par tour ou encore les "soulslike" et pourtant, vous ne me voyez pas critiquer vos goûts en la matière. Comme la musique, le cinéma ou la religion, à chacun ses affinités, ses goûts et ses croyances. Moi j'aime bien les Call of, c'est court certes, mais de temps en temps j'adore m'en payer une bonne tranche !
Formule 
La planque est sympa, le jeu est piste est pas mal non plus, mais j'aurais préféré de vraies missions secondaires 1.5 oblige, on retrouve donc la fameuse planque, qu'on pourra visiter mais dont on ne pourra pas trop s'éloigner (dommage, j'aurai bien fait un tour dans la forêt et piquer une tête à l'occasion :). Cette fois ce n'est pas un vieil hangar poisseux, la planque est une belle et grande maison type chalet montagnard, et on y trouvera un jeu de pistes, ainsi que les PNJs avec qui discuter. Contrairement à Bell, Case n'a pas droit à des bonus passifs d'entrée de jeu, à la place, il faut récolter de l'argent pour développer 3 nouvelles zones de la maison, qui en contrepartie, vous offriront ces fameux bonus. Même si ça reste facultatif, je trouve ça sympa. Après on retrouve l'inévitable tableau des preuves afin de lancer les missions, même si je trouve un peu dommage de ne pas retrouver les (vraies) missions secondaires d'autrefois (le jeu de pistes tentant difficilement de les remplacer). Notez au passage que le jeu ne propose qu'une seule fin et qu'il n'y a cette fois, pas de borne d'Arcade pour faire joujou entre 2 niveaux, ni de mode Dead Ops. Dommage...
Quelques nouveautés viennent tout de même agrémenter la formule, à commencer par cette jauge de santé qui est désormais bien visible. Ensuite, on porte une sorte de sac à dos qui permet de choisir à la volée son équipement tactique (voiture téléguidée, C4, couteau de lancer, grenades...), auquel s'ajoute les désormais inévitables plaques balistiques. On a plusieurs phases d'infiltration, qui sont au demeurant toujours aussi sympas mais souvent gâchées par une IA qui nous calcule de façon absurde, parfois même à travers le mobilier (?). C'est dommage mais heureusement, passer à la méthode brute n'est pas puni pour autant (sans quoi ce serait une vraie galère).
J'ai également noté plusieurs grosses fautes durant le jeu : la première c'est qu'on se fait trop souvent tué par des grenades, parfois même lancées par nos propres alliés ! Pour dire, il y a même une grenade qui m'a dézingué alors que j'étais à l'abri derrière un pilonne en béton bien plus large que moi. Ensuite, je déteste les gros sacs à PV, à savoir les porteurs de plaques (qui encaissent anormalement, même lorsqu'on tire dans la tête) et pire encore, ceux qui ont des boucliers. Non seulement ça créé des pics de difficulté, mais en plus c'est vite gonflant ce genre déséquilibre.
Question 
Par 2 fois le scénario partira en sucette mais contrairement aux anciens opus, cette fois c'est plutôt bien amené faute de goût, Neumann décompresse une vidéo complète et en plein écran, stockée sur une disquette de 3"1/2. En 1991, avec les compressions de l'époque et sur une disquette qui contenait entre 720 Ko et 2,8 Mo de données, je leur souhaite bien du plaisir. Ensuite, dans le niveau du casino, on pirate les caméras de surveillance en clipant une pince crocodile sur le câble d'un disjoncteur triphasé. Sérieux quoi, on peut gober pas mal de trucs (comme cet appareil photo qui sert à garder la position des ennemis, même à travers les murs - enfin une idée reprise de Far Cry qui fonctionne bien) mais c'est au choix : soit on nous prend pour des débiles profonds, soit les développeurs n'y connaissent strictement rien. Dernier point, la jouabilité est bien moins précise qu'autrefois, la faute à un stick droit (oui je joue exclusivement à la manette) hyper mal réglé.
Avec la sensibilité paramétrée au minimum, la visée est encore trop rapide, ce qui fait qu'il n'a pas été simple de correctement viser durant tout le jeu. Pourquoi avoir changé ce qui fonctionnait si bien dans Black Ops Cold War ? Je suis également censé vous parler de l'omni-directional movement, contracté et francisé en "omni-mouvement", un bien joli mot pour décrire que Case est capable de courir, nager et glisser dans toutes les directions. Face à des Zombies, OK ça sert un peu, mais durant le mode Campagne, il n'aura qu'une utilité très limitée. L'omni-mouvement sera par contre nettement plus salvateur en multi-joueurs. Si les Far Cry se sont depuis longtemps spécialisés dans les open-worlds, les gros flingues et la drogue (si si je rigole pas), de son côté Black Ops est le spécialiste des guerres passées (Vietnam, Guerre Froide, Koweit...) et des manipulations mentales. Alors que Black Ops Cold War nous avait épargné ça, voilà que Treyarch et Raven nous refont le coup de Black Ops III et nous pètent à nouveau un câble !
Dans le centre de recherches, il faudra récupérer 4 cartes, disséminées au sein de 4 zones infestées la plupart du temps de zombies, avec en prime un gros boss en mode sac à PV (encore un !). Pour s'en sortir, on aura divers gadgets mais aussi et surtout un grappin qui nous rappelle sans mal les Just Cause. Hormis le pétage de plomb des développeurs (qui se justifie par le fait que Case respire le gaz du "Berceau"), le niveau est finalement très original, assez intéressant et il m'a rappelé aux bons souvenirs d'un certain Control (la zone avec les mannequins peut même s'avérer assez flippant en fin de compte).
Autres 
Retrouver Helen Park dans un niveau en monde ouvert avec missions principales et secondaires, fut une expérience très sympa :) niveaux originaux, on a le gala de Bill Clinton (qui est moins bien modélisé que Ronald Reagan soit dit en passant) où, de la même manière que le niveau du KGB d'autrefois, il y a plusieurs façons d'arriver à ses fins. On a également le niveau du Casino qui m'a rappelé Mission Impossible (un level bien sympa) et enfin celui qui se déroule en Irak, où nous avons un petit monde ouvert, avec des missions principales, secondaires et même des camps ennemis à nettoyer. Bref, Treyarch et Raven tentent de varier les plaisirs et les approches, et ça marche ! Le jeu n'est pas un bête Call of bas-du-front où on va tirer non stop, au contraire l'aventure est agréablement variée. D'ailleurs question durée de vie, on s'améliore un peu puisque cet opus vous tiendra entre 8 et 10 heures, bien entendu en fonction de votre façon de jouer (si dans les zones d'infiltration vous rentrez dans le tas, forcément...). Une durée de vie qui réconcilie les fans, après un Modern Warfare III qui durait moins de 6 heures et ne proposait absolument rien de fou, ni de neuf.
Vous le savez peut-être déjà, mais depuis la sortie de Call of Duty Vanguard en 2021, tous les studios affiliés à la série doivent utiliser les IW Engine développés par Infinity Ward. Pour ce Black Ops 6 on retrouve donc le IW 9.0 qui a déjà servi sur Modern Warfare II et III, mais aussi sur Warzone 2 et Warzone Mobile. Treyarch se vante d'avoir mis les mains dans le cambouis, d'avoir apporté quelques modifications, mais c'est en réalité de la pure auto-flagornerie, car le moteur n'a pas vraiment bougé depuis 2022 et la sortie de l'excellent Modern Warfare II. En utilisant le même moteur que les Modern Warfare sortis avant lui, on trouve presque naturel d'en retrouver les mêmes menus et les mêmes options. Des options sacrément nombreuses dont il ne manquait finalement qu'une sensibilité de la visée que j'aurai appréciée pouvoir baisser d'avantage.
On retrouve donc le fameux streaming de textures si cher au moteur d'Infinity Ward, et qui peut désormais atteindre les 32 Go sur PC. Notez d'ailleurs que cette fois on ne peut pas vraiment le désactiver, à moins de passer son support de jeu hors ligne. De toute façon je n'aime pas beaucoup ses "méthodes de triche", préférant et de loin un jeu qui va exploiter réellement les capacités techniques de son support, et non se faire seconder par des serveurs distants, car une fois que ces même serveurs seront coupés, on aura tous le bec-dans-l'eau et on jouera à des jeux bien plus moches que dans nos souvenirs.
Quant 
Black Ops 6 est un très beau jeu, bien optimisé mais on sent que Treyarch et Raven pourraient faire mieux à notre Black Ops 6, on peut facilement dire que pour tout ce qui est décor, le jeu excelle. C'est souvent très beau, avec en plus des effets parfaitement maitrisés. D'ailleurs l'optimisation est aux petits oignons, puisque sur mon modeste PC (Ryzen 7 3800X et GeForce RTX 3060) j'ai pu y jouer en "extrême" (même si je sais que les Call of Duty ne sont pas les jeux les plus exigeants qui soient). Et ce, sans artifice, sans réduction de la résolution native, sans DLSS et autre solution fallacieuse. Et sur consoles, ça tourne également comme un charme, avec du 4K / 60fps sur PS5 et Xbox Series X. Une belle réussite technique ? Et bien comment dire, si les décors sont généralement superbes (le premier niveau par exemple, ce Koweit tristement en feu, est assez marquant de ce point de vue là), difficile d'en dire autant des différents personnages.
Avec leurs moumoutes légèrement flottantes et leurs animations faciales pas toujours en phase avec le dialogue, on sent que les Black Ops stagnent niveau modélisation. Attention, le résultat est de grande qualité, bien des jeux n'arrivent à ce niveau de réalisation, c'est juste que depuis le Cold War, après 4 ans de développement et l'utilisation d'un nouveau moteur graphique... on n'a pas l'impression que ça ait beaucoup évolué. Sans compter le Modern Warfare III qui a été développé par Sledgehammer, généralement chez Infinity Ward on sent le gain technique entre chaque jeu, la preuve avec un Modern Warfare II encore plus éblouissant que le premier ! Idem pour la narration, qui est toujours mieux maitrisée et mieux mise en scène. Entre cette maitrise et le développement d'un nouveau moteur graphique à chaque grosse itération, on comprend mieux pourquoi c'est Infinity Ward qui reste le grand patron de la saga Call of Duty (et pas seulement parce que la série est née de leurs mains). Après je le redis, Black Ops 6 reste globalement un beau jeu, superbement optimisé et ces petits détails n'étaient finalement pas si gênants.
Autre point très différent entre Treyarch et Infinity Ward : la partie audio. Pour l'OST, on retrouve Jack Wall aux commandes, secondé par Jim Lordeman (qui fut également son assistant) mais aussi Nicolas et Jacob Bitove (qui forment le groupe d'électro-rock ROMES), Shaun Chen, et Pedro Macedo de Oliveira Camacho (et oui, tout le mérite revient à Jack Wall alors qu'en réalité, il était loin d'être seul, et encore je vous évite les crédits pour les OSTs des Zombies et multi-joueurs).
Jack 
Les musiques sont bonnes, le doublage est excellent... mais allez savoir pourquoi, les bruitages des armes sont presque tous râtés ! Pourquoi avoir changé ? Wall, l'homme qui a fondé en 2005 (avec Tommy Tallarico) les concerts du Video Games Live, est un vétéran de l'industrie et sans vous faire son CV au complet, le compositeur a signé quelques bandes-son assez mémorables. Dernièrement, il a participé aux OSTs des Black Ops III, Cold War, Vanguard et Modern Warfare III. Autant dire que le gars commence à prendre goût à bosser pour Activision. Pour cet opus, Jack Wall et ses confrères, ont signé un excellent OST, avec des musiques calibrées, qui accompagnent parfaitement l'action que nous vivons à l'écran. J'ai notamment apprécié les passages en infiltration, qui m'ont beaucoup fait penser aux Metal Gear Solid 2 et 3. Mon morceau préféré reste malgré tout le thème principal (celui de l'écran titre et des options) qui est juste somptueux.
Niveau doublage, les personnages connus comme Woods et Adler, ont retrouvé leurs voix d'origine. Quant à Marshall, sa voix française est très connue puisque c'est Marc Baptiste qui est derrière, et Sevati est doublée par la bien connue Ariane Aggiage. Mais alors, si tout est parfait, pourquoi la note ne monte pas plus haut ? Et bien comme je l'ai précédemment dit, là où Infinity Ward est toujours régulier, chez Treyarch et Raven, c'est par contre très inconstant. Ainsi après la bonne surprise Black Ops Cold War, je suis très déçu du sound-design de cet épisode, notamment en ce qui concerne les armes !
Sérieusement, ils étaient sur la bonne voie, ils ont pour ainsi dire tout reprit du Cold War (la planque, le système de dialogue, les micro-mondes ouverts, l'infiltration, certains personnages, une grande partie du gameplay...) mais sur les bruitages ils ont pété un câble et ont décidé de revenir en arrière avec des sons tout pourris. Les armes ne sont pas réalistes, elles manquent de punch, ce qui ne dynamise pas autant l'action qu'il le faudrait. Il suffit de tirer avec un fusil à pompe, un M4, un AK-74 ou n'importe qu'elle arme pour se dire qu'à ce niveau-là, il y a un réel problème. Je tempérerai en disant que certaines sont correctes, qu'elles "font le job" (malgré des noms à coucher dehors, et ce depuis le Modern Warfare de 2019) mais sans dire qu'on se croirait tout à coup dans Splatoon, on se demande qui a osé virer l'excellent travail précédemment réalisé, pour le remplacer par... "ça".
Avant
Note
même sa sortie, Black Ops 6 a beaucoup fait parler de lui et pour cause, il devait rattraper le fiasco critique et commercial d'un Modern Warfare III mal-aimé. Et le pari est... en grande partie réussi. En partie seulement ? Black Ops 6 a réalisé le plus grand week-end de lancement de l'histoire de la franchise ainsi qu'une augmentation des nouveaux abonnements au Game Pass (car il fut mis en ligne sur le service de Microsoft dès son lancement). Est-ce que ça en fait un bon jeu pour autant ? En surface oui, Black Ops 6 est une grande réussite et même si l'apprécié Dead Ops (le mode bonus) n'est pas présent cette fois, j'avoue que le jeu est bon... Mais après l'excellent Black Ops Cold War, j'en attendais peut-être plus ! Je pensais sincèrement que Treyarch (à nouveau secondé par Raven) avait pris son envol... mais il campe beaucoup trop sur ses acquis. On commencera par cette prise en mains peu précise, la faute à une sensibilité qui, même au minimum, est encore trop rapide alors qu'elle a toujours été parfaite jusque-là. Pourquoi avoir changé ?
Idem, le retour des mélanges où dans le mode Campagne, il y a des Zombies : je n'aime vraiment pas ça, car ce n'est ni sérieux, ni ce qu'on attend d'un Call of Duty. Si je veux affronter des Zombies, il y a un mode dédié à ça, arrêtez de me les imposer dans mon aventure principale (même si j'avoue que ce niveau-là proposait malgré tout de bonnes idées). Et puis il y a ces bruitages, mous comme des marshmallows qu'on aurait trop longtemps laissés au feu. Encore une fois, si bons qu'ils étaient sur Black Ops Cold War, pourquoi les avoir changé... pour proposer pire ?! Enfin, il y a clairement un manque d'idées neuves avec le coup de la planque à améliorer à coup de biftons pour obtenir des facultés passives, ou encore ce héros aphone sous manipulation mentale (sérieux les mecs, faudrait arriver à passer à autre chose maintenant, Black Ops 1 date de 2010 tout de même).
Heureusement tout n'est pas à jeter. J'ai beau le critiquer, Black Ops 6 reste un jeu agréable à parcourir, sa durée de vie est assez confortable pour la série (rien à voir avec Modern Warfare III), les décors sont souvent très jolis (bien que ça manque toujours de destruction), la bande-son est excellente et colle au bien à l'action, le doublage (VF) est bien travaillé et puis nous avons à faire des niveaux particulièrement variés. Le labo avec les Zombies s'avère mine de rien très original, l'Irak et son monde ouvert est vraiment cool, le Casino et son ambiance à la Mission Impossible est vraiment sympa, le niveau de gala et ses multiples façon d'exécuter sa mission est également une bonne pioche, notamment pour la rejouabilité. Et puis niveau réalisation, même si Modern Warfare II peut dormir sur ses 2 oreilles, nous sommes face à un titre bien réalisé, beau et superbement optimisé (tout du moins à l'heure où je le teste).
Bref, Black Ops 6 est un bon jeu, un bon Call of, même si je déplore que la "formule Treyarch" stagne un peu. Mais qui sait, peut-être est-ce la nouvelle recette du studio (auquel cas nous aurons vite la réponse avec ce Black Ops 7 qui enchaine à peine 1 an après celui-ci... l'ombre de Modern Warfare III plane, espérons qu'on va éviter la catastrophe cette fois). En conclusion Black Ops 6 reste un très bon épisode : il a quelques mauvais aspects mais aussi et surtout beaucoup de bons côtés et il rattrape bien un Modern Warfare III qui en a fait hurler plus d'un. Pas certain que ce 6e Black Ops méritait un tel battage médiatique mais en attendant, ce fut une très bonne expérience...
