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Fade 
L'histoire est prenante et les vidéos sont de qualité (pour l'époque) to Black peut être considéré comme un Flashback 2 (en plus du lien évident dans la consonance des 2 titres) car il est sa suite directe. Certes pas très beau, ni super jouable, il reste néanmoins un bon jeu, très appréciable notamment pour son histoire. Voilà, si vous avez l'occasion de l'acheter, faites-le !
*fin du test*
Comment ça c'est trop vite expédié ? Ah oui mais faudrait savoir ce qu'on veut. On se plaint que je fais parfois des articles trop longs et maintenant, on veut des détails... Soit, vous l'aurez voulu. ^__^
Reprenons donc depuis le début : Fade to Black est donc la suite directe de Flashback, sans doute le plus grand succès critique et commercial de Paul Cuisset et de Delphine Software. Pourquoi avoir changé le nom ? Je n'en sais rien, demander à monsieur Cuisset en personne car si ce n'est pour être un tantinet original (bien que Fade to Black se suffise à lui-même : pas besoin de connaitre Flashback pour l'apprécier), je n'y vois pas de raisons valables. Sorti initialement sur PC en été 1995, cette séquelle ne verra le jour qu'un an plus tard sur la console la plus populaire de son époque, j'ai nommé la PlayStation. Remarquez que sur PC, le jeu est passé inaperçu, ses ventes furent confidentielles et c'est bien sur la console 32-bits de Sony, qu'il a eu son quart d'heure de gloire.
Pour en revenir à Flashback, ce jeu est sorti en 1992 sur Amiga mais c'est bel et bien à sa sortie sur Mega Drive en 1993, qu'il fut couronné de succès. Apportant des cut-scenes à couper le souffle, une histoire prenante, de jolis graphismes, une prise en mains précise mais pas désagréable (pour qui sait la dompter) et une animation d'une fluidité encore jamais vue, ce fut l'un des best-sellers de la 16-bits de SEGA avant qu'il ne s'exporte sur la plupart des autres supports. Et rappelez-vous, à la fin de ce premier épisode, Conrad (notre personnage) venait de détruire la planète des Morphs, une race extra-terrestre qui avait pour but l'extinction de la race humaine. Mais en s'enfuyant à bord d'un vaisseau volé, Conrad part à la dérive dans l'immensité de l'espace.
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La difficulté est extrême par endroit ! Heureusement, les quick-saves rendront bien des services ans plus tard, toujours enfermé dans son caisson d'hyper-sommeil, notre héros se réveille avec une certaine amertume : son vaisseau a été capturé par les Morphs. Nous sommes alors en 2190 et Conrad est placé dans la prison de New Alcatraz. Heureusement pour lui (et parce que, même si ce départ est un peu téléphoné, il faut bien faire un jeu), il aura un allié dans cette prison de haute-sécurité. Il lui donnera un flingue, un PDA et lui laissera gentiment la porte de sa cellule ouverte. Le but premier sera alors de s'évader puis de rejoindre les rangs de la résistance (et oui c'est un jeu français, que voulez-vous, après 2 guerres mondiales dont les professeurs nous ont rabâchés les oreilles, forcément ça laisse des séquelles :).
Evidemment l'histoire ne s'arrête pas là, il y a des missions, des alliances, des trahisons mais vous vous doutez bien que je vais vous laisser découvrir tout ça par vous-même. Le prologue, d'une durée plus que convenable surtout pour un jeu traduit en 5 langues, est dévoilé via 2 cinématiques en images de synthèses. Ce qui est dommage, c'est que si on ne choisit pas sa langue assez vite ou qu'on zappe ces intros, le jeu ne relance pas ces vidéos. Un processus pas bien habile n'est-ce pas ? La qualité des vidéos était étonnante en ce milieu des années '90, et en tout, il y a pas moins de 51 vidéos, illustrant la plupart des scènes : les morts (18 en tout), le passage d'un lieu à l'autre, des scènes narratives importantes.
Bien entendu, de nos jours ces cinématiques prêtent à sourire. En effet, les personnages sont en "plastique", les animations sont robotisées, l'image est pixélisée, cadrée à environ 60% de l'écran... mais à l'époque, ces séquences étaient au dessus de la norme. Sans dire qu'elles étaient d'une qualité exceptionnelle, elles avaient le mérite d'être plutôt bien conçues. En plein jeu, le PDA nous donnera les ordres de missions ainsi que divers messages venant de nos alliés. Ces messages sont doublés en voix-off, ce qui étoffe la trame et reste toujours plus sympa qu'un simple texte.

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La prise en mains est vraiment mauvaise. Conrad est lourd comme un semi-remorque ! Heureusement, les niveaux sont intéressants à parcourir côté des options, elles sont plutôt fournies puisqu'on peut configurer son pad, choisir sa langue, sa difficulté et surtout, on retrouve un habile mélange de sauvegarde et de passwords. En effet, vous n'êtes pas sans savoir qu'à l'époque tout le monde n'avait pas forcément de Memory Card (on parle bien sûr de la version PlayStation), du coup la plupart des titres proposaient une alternative via des passwords. En plein jeu, nous avons aussi une "quick-save" temporaire (elle s'efface si on éteint la console) et si on veut sauvegarder son avancement dans le jeu, il faudra revenir à l'écran titre, passer dans les options de sauvegarde et reprendre sa partie.
Encore une fois, il est clair que Delphine Software a très mal pensé son procédé, qui est peu pratique et peu intuitif. Pourquoi le jeu ne nous propose-t'il pas de sauvegarder à la fin de chaque niveau ? Ceci dit les "sauvegardes volatiles", qui sont au confortable nombre de 4, sont quand même bien pratiques. Notez également que l'aventure se compose de 13 niveaux, pas forcément très longs mais dont la durée de vie est directement impactée par la difficulté. Comprenez bien que vous passerez de longues heures avant d'arriver à l'épilogue. D'ailleurs le jeu propose 2 fins possibles, ce qui est un bonus non négligeable. Par contre, on a beau mettre le jeu en français, il reste toujours des parcelles de textes en anglais. Ce qu'on pouvait à la rigueur comprendre sur PC, est assez affligeant sur PlayStation, dont l'adaptation est arrivée un an plus tard. Ce genre de bourde aurait dû être corrigées ! Bon OK, en 1995/96 on avait encore l'habitude des jeux écrits en anglais (normal, on sortait à peine de la Génération 16-bits et rares étaient les jeux traduits) mais ce n'est pas une raison suffisante.
Malgré ses graphismes tout en 3D et sa vue à la 3e personne, finalement assez loin du premier épisode, on retrouve malgré tout la plupart des composantes du jeu d'origine. Nous disposons d'un flingue à munitions illimitées (d'autres munitions, plus performantes, sont à trouver mais évidemment, les quantités sont limitées), on transporte quelques objets (dont des mines pour l'auto-défense) et pour se protéger, nous avons un bouclier qu'on peut recharger via des bornes. L'interface n'est pas des plus intuitive mais elle suffit, et on dispose d'une carte des lieux. La carte part d'une bonne intention seulement elle reste toujours fixe, elle ne tourne pas en même temps que nous. Résultat, son intérêt est largement amenuisé.

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Si j'ai un conseil, préférez la version PlayStation, moins jolies certes, mais nettement plus abordable retrouve également ce qui faisait la richesse du jeu d'origine, à savoir ce savoureux mélange d'exploration, d'action et d'énigmes. Et en effet, dans Fade to Black, chaque niveau s'apparente à un mini labyrinthe, qui nous imposera de bien fouiller les lieux ainsi que plusieurs allers-retours. Cependant, on sent bien que le software manque un peu de finitions, car il n'est pas rare de courir et de se stopper net alors qu'on est à 40cms d'une table, ou alors que le jeu nous impose d'être exactement en face d'un placard pour le fouiller, ou d'un interrupteur pour l'actionner. Encore une fois, ce type de "réglages" auraient dû être rectifiés lors du passage sur PlayStation.
D'ailleurs, très vite vous trouverez que la jouabilité est exécrable ! Si on n'en est pas au point d'un Excalibur 2555 AD, il est clair que Conrad est extrêmement lourd à déplacer et une fois lancé, il accuse une inertie assez agaçante. Le pire étant les phases de combats, où la vue passe à la première personne (vue FPS) : c'est lent et imprécis, soit tout l'inverse de nos ennemis. Entre cette jouabilité franchement pesane, des ennemis pas toujours faciles à viser, des niveaux souvent retors et énormément de pièges capables de nous tuer en un coup, croyez-moi vous en viendrez vite à surexploiter la quick-save ! Malgré tout, on finit par s'y faire, par se plier aux exigences de la maniabilité, et on trouve le jeu vraiment intéressant à parcourir.
Faut dire que les niveaux sont bien agencés et qu'à quelques exceptions près, la difficulté n'est pas insurmontable (sauf dans le cas du dernier niveau, qui prend la forme d'un shoot-them-up 3D, une vraie purge celui-là !). Finalement le vrai problème c'est de n'avoir jamais aucun indice, ce qui fait que par moment, on est littéralement paumé dans le niveau, sans savoir quoi faire pour avancer... L'autre point faible du titre, ce sont ses graphismes. En effet, le jeu est moche ! Bien sûr, de nos jours on trouve que tous les jeux en 3D de cette époque sont moches (contrairement à ceux en 2D qui s'en sortent encore avec les honneurs) mais là quand même, on est loin d'atteindre les standards des supports PC et PlayStation.
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Les graphismes sont vraiment moches, c'est un fait. Maintenant ne vous arrêtez pas à ça, car l'aventure en vaut la peine... bugs sont omniprésents, la 3D a la bougeotte, les textures sont parfois si détaillées (parfois même animées, une belle performance soit en passant) que l'ensemble est complétement fouilli. Après la baffe graphique de Flashback, on attendait beaucoup de cette suite et il est clair que niveau maniabilité et graphismes, c'est un échec ! D'ailleurs, je veux bien que la révolution de la 3D imposait que la plupart des jeux soient justement en 3 dimensions, mais certains titres auraient mieux fait de rester en 2D (comme Contra, Thunder Force ou Street Fighter). Et je suis sûr qu'un simple Flashback 2, en 2D et en vue de profil, poussant la console dans son rendu (à l'image d'Oddworld, qui est magnifique) aurait eu plus de succès !
Enfin la partie sonore est une belle réussite. Si les bruitages sont un peu "mou du genou", vous serez sans doute surpris qu'en mourant, les Morphs poussent des cris de singe ou de hunter (Resident Evil). Etrange pas vrai ? A contrario les musiques, composées par Raphaël Gesqua, sont vraiment bien adaptées à l'aventure. C'était un défaut de Flashback, qui était acoustiquement trop pauvre, et ici les musiques posent une ambiance finement ciselée, en plus d'être à "géométrie variable" selon le niveau d'action. Une belle performance. Quant au doublage, il a été entièrement traduit en français. Alors je sais, les puristes diront qu'en anglais c'est toujours mieux... et bien pas cette fois ! Pour avoir joué dans les 2 langues, je peux vous dire que le doublage français excelle et qu'il est même plus approprié.
On retrouve les voix de Bernard Lanneau qui prête habituellement sa voix à Dennis Quaid et Kevin Costner (il double Conrad), mais aussi Françoise Cadol (Lara Croft) et Bruno Dubernat (qui prête généralement sa voix à Neal McDonough et dont le travail sur la voix de John Dalton dans Unreal II, était vraiment de qualité). Bref, que du beau linge pour un doublage d'excellente facture (surtout pour un jeu de cette époque) et qui reste très loin devant les doublages de jeux tels que Tomb Raider ou Metal Gear Solid.

Attaquons-nous 
22 ans après la PlayStation, la version DreamCast apporte quelques nouveautés : interface, lissage graphique, affichage en 16:9, vidéos en quasi plein écran... maintenant sur la version DreamCast, qui est apparue pas moins de 22 ans après la version PlayStation ! Car vous n'êtes pas sans savoir que la DreamCast a véritablement connu une seconde vie et ce grâce à quelques points intéressants. Tout d'abord il y a sa mort prématurée, tel le coup de pied spartiate d'une PS2, sec et violent, qui l'a expédié au fond d'un puits (si vous avez la référence à 300, c'est tout bon ^_^). Cette mort imposée par la seconde console de Sony, beaucoup de fans l'ont refusé en bloc et ont fait de la résistance, en faisant vivre leur console fétiche le plus longtemps possible.
D'ailleurs la DreamCast est la dernière véritable console de SEGA et mine de rien, voir un constructeur historique jeter ainsi l'éponge, ça fait mal au cœur. L'autre détail, et non des moindre, c'est que la console de SEGA utilise 2 systèmes d'exploitation : SegaOS d'un côté et Windows CE de l'autre. C'est grâce à ce Windows que bien des portages ont pu sortir et clairement SEGA a eu le nez creux sur ce pan du développement de sa machine, car déjà à l'époque, lors de sa courte carrière, c'était bel et bien Windows CE qui a permis à certains développeurs de proposer des adaptations d'Unreal Tournament, GTA 2, The Nomad Soul, Quake III Arena, Soldier of Fortune, Rainbow Six ou encore le sympathique Incoming, tous issus de l'univers PC. Car l'autre bonne facette de la DreamCast, c'est aussi sa facilité de programmation (soit tout l'inverse de la Saturn), ainsi que des performances de haute volée, qui en font le support idéal pour y développer tout un tas de jeux Indépendant, ainsi que des portages des plus grands hits d'autrefois.
Plus de 20 ans après sa mise à l'arrêt, la DreamCast continue de vivre sa petite retraite et reçoit régulièrement de nouveaux jeux. Alors bien sûr, il y a les jeux indépendants (tels que Last Hope, Xeno Crisis ou encore le récent Andro Dunos II), mais il y a aussi des jeux officiels, adaptés grâce à l'exploitation d'une licence. On pense notamment à Ganryu et n'oublions Flashback bien sûr ! Sorti en novembre 2017, Flashback profite de la meilleure adaptation récente, dans une version si complète qu'elle fait littéralement de l'ombre à celle éditée par Microids en personne. Un Microids qui est désormais le nouveau détenteur des droits de la licence, et dont Paul Cuisset fait parti des employés.

Si vous vous demandez pourquoi la pochette DreamCast n'est pas celle d'origine (celle créé au départ par Mœbius, le célèbre auteur français de bande dessinée), c'est (selon les développeurs) parce que les images en haute définition de la pochette d'origine auraient été perdues. Il faut bien penser que Delphine Software a fermé ses portes en 2004 - ce portage DreamCast arrive donc pas moins de 14 ans plus tard. Par conséquent il a fallu créer un nouvel artwork à partir de zéro... un "cover" qui n'est ni beau, ni moche mais un peu trop loin de l'illustration bien classe qu'elle fut à l'origine (cliquez pour agrandir).
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Après 
Directement adapté du PC, sur DreamCast les graphismes sont joliment lissés mais la difficulté est épouvantable ! le succès de Flashback, JoshProd s'est intéressé à Fade to Black, qui a donc vu le jour en juillet 2018. Vendu à un prix très correct (35€), on nous propose une belle boite avec notice. Si le jeu est au format MIL-CD (car seul SEGA pouvait fabriquer des GD-Rom), par contre bonne nouvelle, il est "region free" donc il fonctionne sur n'importe qu'elle machine zonée. Cette adaptation est issue du PC et nous le verrons, il y a du bon et du moins bon. Tout d'abord les options vont à l'essentiel, avec une config de la manette, le choix de la difficulté et le choix entre 5 langues. Les vidéos s'affichent en quasi plein écran, la bande-son a été remasterisée et on retrouve bien entendu les textes et doublage de notre bonne vieille VF. L'interface a été revue mais ne se montre pas forcément meilleure qu'à l'origine. Contrairement à la version PlayStation, ici les graphismes sont lisses, et le résultat est plutôt agréable.
Par contre le framerate est très bas, les angles sont très mal dégrossis, sans parler des bugs graphiques. Car c'est un fait, si à l'époque la version PlayStation a mis 1 an à voir le jour, c'est parce que DSI a tout fait pour améliorer le rendu, corriger les bugs et rendre son jeu un peu moins hardcore. Sur PlayStation il y a des cheats codes, des passwords pour sauvegarder son avancement ou pour sauter un niveau trop difficile. Mais sur PC... il n'y a rien de tout ça, et donc la version DreamCast en fait de même. Et croyez-moi, Fade to Black n'est pas un jeu pour les fillettes : au début c'est sympa, l'histoire est prenante, on avance bien dans l'aventure, à tel point que les 5 premiers niveaux se terminent très vite.
Mais à partir de la moitié de l'aventure, le ton change et la difficulté monte en flèche. Par endroit la difficulté est juste atroce, ça devient du pur "die & retry" et on passe son temps à voir les vidéos de mort subite ! En jouant à ce jeu, on se dit que les développeurs ne voulaient pas qu'on le finisse, ils voulaient juste nous faire souffrir !! Nous punir de les avoir soutenu en achetant le jeu... Et quand on voit que level design a été assuré par Paul Cuisset en personne, on se dit que soit le gars voulait faire un titre élitiste, soit il ne testait pas ses niveaux. Car lorsqu'on voit à quel point le jeu est vicelard, on se demande s'il ne nous en veut pas personnellement ! Et comme cette version ne propose absolument rien pour tricher, ou même avancer dans les niveaux, je vous souhaite bonne chance pour arriver à le finir... vous en aurez besoin.
Plusieurs fois durant l'aventure, nous aurons une phase où on pilote un petit vaisseau (image de gauche). Ces passages-là sont loin d'être faciles mais le scrolling n'est pas imposé et en prenant son temps, en sauvegardant souvent, on finit par s'en sortir. Le problème c'est que le dernier niveau (le 13e level - image de droite) prend la forme d'un shoot-them-up où le scrolling est imposé. C'est rapide, le vaisseau dispose d'une maniabilité totalement à chier, les cheats codes (tels que l'invincibilité) ne fonctionnent plus et pire encore, notre vaisseau (qui est volumineux) doit slalomer dans des couloirs super étroits. Je vous le dis de suite, ce passage est la pire purge du jeu ! Beaucoup ont dû abandonner à quelques minutes de l'épilogue...
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Si
Version PC
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Version PlayStation
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Version DreamCast
Fade to Black est un peu malaimé, c'est pour 3 raisons : il est très laid, très difficile et la jouabilité est aux antipodes de la souplesse. En effet, malgré toute l'affection que j'ai pour ce titre, il est inconcevable de nier que techniquement, PC et PlayStation ont connus bien mieux. Les graphismes sont sommaires (même si les 2 versions sont légérement différentes), les textures sont souvent peu détaillées (et quand elles sont détaillées, c'est tellement fouillis qu'on ne s'y retrouve plus !), le moteur 3D (qui promettait du 24 images/sec et des animations motion-capturées) est lent, c'est bugué et le jeu manque cruellement de finitions. De même, la jouabilité est confuse (surtout sur PC et sans manette, l'horreur !), Conrad est lourd à déplacer, la visée est imprécise, la caméra est souvent à l'ouest... fiiiiou que du bonheur ! Et pourtant croyez-moi, Fade to Black propose une aventure qui mérite le coup d'œil, surtout si vous avez déjà combattu les Morphs dans Flashback.
Certes son scénario est un peu bateau mais il reste très agréable, les vidéos sont nombreuses, vraiment sympas et l'univers proposé emprunte beaucoup aux 2 monstres sacrés de la science-fiction que sont Star Wars et Star Trek. On a fait pire comme source d'inspiration, pas vrai ? Ajoutons à ça une belle partie sonore avec de bonnes musiques, qui soulignent bien l'aventure et surtout un excellent doublage, notamment pour son époque assez reculée, et vous en conviendrez que parfois, il faut faire fi de certains défauts, pour se consacrer aux bons côtés d'un jeu.
Je regrette juste que la quête de Conrad se soit arrêtée au 2e épisode (d'ailleurs les portages N64 et Saturn furent annulés), car Paul Cuisset et Delphine Software tenaient là un très bon filon (un Flashback Legends devait sortir sur GBA mais n'a jamais vu le jour suite au dépot de bilan de DSI... dommage). En attendant, le plus grand défaut du jeu reste sans réfléchir sa difficulté... Sur PC il n'y a ni "passwords" ni "cheat codes", donc l'aventure est véritablement hardcore avec des passages absolument atroces à franchir. Si sur PlayStation les graphismes paraissent moins bons (en réalité ils ont été peaufinés, il y a moins de bugs et moins d'angles droit), à contrario le jeu devient plus abordable, essentiellement grâce à ses passwords et ses cheats codes. Sorti plus de 20 ans après, la DreamCast accueille enfin son portage, issu de la version PC, avec tout de même une bande-son remasterisée, une interface revue et des graphismes joliment lissés grâce aux filtres.
Le souci c'est que la difficulté reste la même que sur PC, on retrouve les problèmes de cette version (avec une caméra encore plus capricieuse et de nombreux bugs) mais aussi et surtout une difficulté imbuvable, qui vous gâchera l'expérience. Dommage, après le superbe portage de Flashback, on ne peut pas dire que JoshProd brille autant cette fois... Dans tous les cas, Fade to Black reste une suite sympathique... dans sa version PlayStation (notamment celle qui a été mise à jour, à savoir la v.1.1). Certes on perd en qualité graphique (bien que le jeu semble moins anguleux que sur PC et DreamCast), mais on gagne largement en confort. En conclusion, il est vraiment dommage que le jeu soit si punitif car en étant plus équilibré, comme le fut si bien Flashback en son temps, je suis certain qu'il aurait gagné les faveurs de beaucoup de joueurs, et ce en dépit de sa réalisation n'était déjà pas bien séduisante dans les années '90.
