Resident Evil Requiem -- Review sur SoloGamerTest

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Narration
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :

 

 


Sortie mondiale : février 2026
Développeur : Capcom
Editeur : Capcom
Genre : survival horror

Version testée : française
Doublage : français
Textes à l'écran : français

Version logicielle testée : v.1.11
Moteur graphique : RE Engine
Difficulté :
Temps de jeu : 12 à 16 heures (réels) selon votre rythme
Multi-joueurs : non

Abréviations : RE9 - REQ
Titres alternatifs : Resident Evil 9 - Biohazard Requiem - Biohazard 9
Prix au lancement : 80€ sur consoles / 70€ sur PC



Installation PlayStation 5

Support : 1 Blu-Ray ou en téléchargement sur PlayStation Store
Installation : environ 73 Go
Performances : 4K en 60 fps
Optimisation PS5 Pro : 4K en 60 fps avec RT - 4K en 120 fps sans RT
Compatible VR : non
Compatible Remote Play : PS Portal


Installation Xbox Series X/S

Support : 1 Blu-Ray (Series X uniquement) ou en téléchargement sur Xbox Games Store
Installation : environ 73 Go
Performances Series X : 4K en 60 fps
Performances Series S : 1440p en 60 fps


Installation Switch 2

Support : Game-Key Card ou en téléchargement sur Nintendo eShop
Installation : environ 28 Go
Performances : 1080/60 fps en nomade - 4K/60 fps en docké


Installation PC

Support : en téléchargement sur Steam et Epic Games Store
Installation : environ 73 Go
Compatible VR : non

Configuration minimale :
CPU : Intel Core i5-8500 ou AMD Ryzen 5 3500
RAM : 16 Go
VIDEO : avec 6 à 8 Go de VRAM (type GeForce GTX 1660 / Radeon RX 5500 XT)



La musique de la semaine :
Earth, Sky & Space




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Resident Evil

Requiem




Dans
Requiem est sorti pile pour fêter les 30 ans de la série. Une belle longévité qui cumule à cet instant plus de 160 millions de jeux vendus
mon souvenir, le premier Resident Evil est sorti en été 1996, voilà pourquoi j'ai tiqué lorsque Requiem était annoncé comme l'anniversaire des 30 ans de la série. Parce qu'il n'y a rien de plus gênant qu'un jeu qui sort avec telles intentions mais qui se foire dans les grandes largeurs au niveau de la date. J'en veux pour preuve Tomb Raider Anniversary, qui devait fêter les 10 ans de la série mais qui débarque avec presque 1 an de retard. Mais pas cette fois, déjà parce que l'année concorde (1996/2026) et ensuite parce qu'à l'origine, Resident Evil a d'abord vu le jour au Japon... en mars. Requiem étant sorti le 27 février, on ne peut que difficilement faire plus proche. Une fois que les plus vieux d'entre nous se seront remis de la petite claque dans la gueule (et oui, se dire que la saga Resident Evil a 30 ans, implique que nous aussi, on a pris 30 ans dans le museau), il faut bien se mettre en tête que Capcom avait dans l'idée de fêter dignement l'événement.
Bien sûr ils auraient nous sortir une belle compilation de la trilogie originelle, "remakée" façon Tomb Raider I-II-III Remastered, ou même à l'image de la Halo : Master Chief Collection, Capcom aurait pu proposer plusieurs épisodes jusqu'au RE4 Remaster 2016 en passant bien entendu par le Code Veronica. Mine de rien, j'aurai été le premier à sortir le porte-monnaie, d'autant que ces jeux sont de moins en moins accessibles (surtout les vieux épisodes PS2). A la place, Capcom a préféré développé un tout nouvel opus, et là aussi, on peut comprendre la démarche. La raison est simple, Resident Evil 4 Remake est sorti il y a déjà 3 ans (c'était en mars 2023, et oui c'est fou comme le temps passe !) et Resident Evil Village date carrément de mai 2021 (il va donc bientôt fêter ses 5 ans). Entre les 2, on a rien eu à part des portages et diverses compilations, donc un nouvel opus s'imposait.
Celui qu'on appelle aussi Resident Evil 9 (le "q" de Requiem mimant habilement le chiffre) était donc très attendu par les fans, nous les premiers. En effet nous avons pas moins de 36 articles traitant de la série et nous possédons quasiment tous les épisodes (quasiment ? oui bon qui connait vraiment Resident Evil Gaiden ? et qui joue encore à Umbrella Corps ?), j'estime que sans être des érudits sur le sujet, on peut légitimement se considérer comme des fans assez hardcores (car les mugs, les clés du manoir, le badge des STARS, les figurines et autres babioles du genre, ne laissent plus vraiment planer le doute lorsque des amis débarquent à la maison ^_^).



Requiem pour des fous


Ceci
Requiem est le 9e épisode canonique, le "q" formant un pseudo "9"
dit, on était à 2 doigts ne pas pouvoir vous fournir notre avis sur le sujet car Resident Evil Requiem est un carton mondial ! Il s'est vendu 5 d'exemplaires en seulement 5 jours, et nous avons subi une véritable pénurie des éditions physiques ! Comme quoi la bonne vieille boite fait de la résistance (et c'est tant mieux, l'ami Conkerax étant sûrement d'accord avec moi), d'autant que si en démat (sur consoles) il coûte 80€, en physique on pouvait le trouer à 60€ à Carrefour voire même à 53 à Leclerc ! A part ça le démat' c'est l'avenir, continuez de vous en convaincre car à ce prix-là, c'était difficile de résister et les rayons se sont fait dévaliser en quelques heures à peine le jour J. De notre côté on a failli se faire avoir et heureusement pour nous, on a réussi à choper un exemplaire in extremis grâce à eBay car même sur LeBonCoin c'était la folie. Certains finissent le jeu le plus vite possible pour ensuite le revendre le plus cher possible.
Arrivé à la maison avec une toute petite semaine de retard, on a tout fait pour éviter les spoils et pour vous fournir notre test le plus rapidement possible (et oui, nous payons nos jeux mais pour une fois, le retard fut minime). Avant de se lancer corps et âme dans cette "review", un petit mot sur l'installation du jeu. "Out of the Box" (console hors connexion, chose qu'on ne peut pas faire sur PC puisqu'il n'existe pas de version physique) l'installation via le disque a pris environ 25 minutes. Le jeu, ici en version 1.0, faisait 54,8 Go.
Au bout de 8 minutes d'installation (environ 14 Go) on pouvait déjà le lancer, mais à quoi bon, ça ne sert jamais à rien de faire ça puisqu'il nous aurait quand même fait attendre pour pouvoir faire quoique ce soit. Autant être patient. Console reconnectée au réseau, la mise à jour v.1.11 est venue s'installer, pour un volume à télécharger de 18,5 Go. Avec la Fibre et sachant que les serveurs sont en ce moment très sollicités, ça a pris environ 15 minutes. Au final, notre version de test (en v.1.11 donc) pesait pas moins de 72,9 Go, ce qui veut dire qu'au passage le jeu a pris 18,1 Go. Etait-il pas fini ? C'est possible, mais pas besoin de jeter la pierre à Capcom, de nos jours tous les jeux subissent à minima un patch "day one".



Retour à Racoon City


En
L'histoire de Requiem se déroule 30 ans après le premier épisode, 28 ans après que Raccoon City se soit faite raser de la carte
1998 (dans le Lore de la série) Raccoon City a été rasée de la carte par une frappe nucléaire qui a tenté d'éradiquer la propagation d'un pathogène ultra agressif nommé Virus-T. 28 ans plus tard (en octobre 2026 donc, toujours dans le Lore de la série), Resident Evil Requiem nous fait découvrir Grace Ashcroft, la fille d'Alyssa Ashcroft, qui n'était autre que l'une des survivantes de Resident Evil Outbreak. Analyste au FBI, on demande à Grace d'enquêter sur un étrange meurtre qui s'est déroulé à l'hôtel Wrenwood, le même hôtel où sa mère a perdu la vie, alors qu'elle était encore adolescente. Sur place, elle retrouve le dossier que sa mère a caché, mais elle se fera kidnappée par le Docteur Gideon, un immense bonhomme au look assez effrayant. Au même moment, Leon Scott Kennedy débarque en ville et doit lutter contre des zombies d'une nouvelle sorte.
Mis sur la piste de Grace, il assiste impuissant à l'enlèvement de la jeune femme. Suivant ses traces, il se retrouve au centre de soins de Rhodes Hill (un quartier éloigné, à l'Est de Raccoon City), alors qu'au même moment, Grace se réveille, paniquée et perfusée, le Dr Gideon voyant en son sang la pièce maitresse d'une nouvelle machination. Au moment où Leon arrive sur place, tout part en vrille, les patients deviennent des zombies, capable de parler et même de se défendre, d'ailleurs on apprend rapidement que notre héros de longue date semble comme infecté par un rétrovirus, exactement comme tous les rescapés de Raccoon City. C'est ainsi qu'en sortant de l'institut, Leon et Grace vont devoir retourner sur les ruines de l'ancienne ville, afin de comprendre ce que le Dr Gideon a derrière la tête, dans sa quête d'un soit-disant "Elpis"...
Le scénario de ce 9e épisode canonique est vraiment intéressant, mais avant d'en faire l'éloge, il faut souligner quelques erreurs. On ne va pas parler du fait que la zone a pris un missile nucléaire sur la tronche et qu'elle est potentiellement encore irradiée. Par contre, au FBI on ne travaille pas seul mais en tandem, et le chef de Grace semble savoir quelque chose, ou bien il fait parti de la machination, car c'est un peu pervers d'envoyer Grace enquêter pile à l'endroit où sa mère est morte.



L'Elpis de Dune...


Enfin,
Ressortir Alyssa des épisodes Outbreak n'était qu'un prétexte pour obtenir un lien avec Raccoon City (cliquez pour agrandir)
tirer Grace d'une descendante de Resident Evil Outbreak est un pari un peu osé dans le sens où ce sont les épisodes les plus mal-aimés et méconnus de la série (à moins que ce soit justement l'occasion de les avaliser, dans le sens où ce sont des spin-offs sans grand intérêt scénaristique). Au final, Grace aurait très bien pu être n'importe qui, mais il fallait bien qu'il est un lien avec Raccoon City, que nous n'avons plus visité depuis Resident Evil 3 Remake (sorti en 2020, et oui déjà). Sachez d'ailleurs que si Capcom a développé sa communication sur le fameux retour dans la ville maudite, en réalité on n'y met pas les pieds avant plusieurs heures ! Avant ça il y aura le prologue dans l'hôtel, ensuite il y aura l'immense institut médical, dont le level design et les énigmes feront assurément plaisir aux amateurs pure souche de la série, en s'inspirant grandement de l'inaltérable Manoir Spencer de l'épisode fondateur.
Niveau scénario, le fait que Léon soit infecté rend l'intrigue vraiment intéressante et ça ouvre de sacrées opportunités pour de futurs DLCs ou des suites. En effet, si le rétrovirus (un Virus-T qui a lui-même muté, resté latent durant des années et qui un matin, a décidé d'attaquer... à nouveau) agit sur les survivants, on peut alors inclure Jill, Claire, Barry, Sherry Birkin, Chris et bien d'autres encore ! Mine de rien, cet aspect du scénario ouvre une grande double-porte pour inclure un maximum de personnages justement issus des épisodes fondateurs et ça pourrait être particulièrement intéressant, selon comment Capcom va répercuter cet événement-là.
Côté mise en scène, le jeu propose des cinématiques gérées en temps réel "pausables" (ce qui est toujours une bonne chose), dont les modélisations sont vraiment superbes. Bien entendu vous pourrez noter une nette différence de détails entre le personnage de la cinématique et le même personnage durant le jeu, où il est bien moins détaillé. C'est assez compréhensible car pourquoi imposer au moteur graphique une modélisation ultra détaillée alors qu'on ne la voit généralement que de dos (ou pas du tout en vue FPS) et dans un plan éloigné. Ce serait perdre un max ressources qui servirait à autre chose, comme aux décors par exemple. D'ailleurs la transition cinématique/jeu est imperceptible, tant la réalisation est de très haut niveau, tant sur les décors comme sur les modélisations, et la synchro labiale est plus que correcte, même en français.




Dans tous les jeux, il y a au moins un passage un peu lunaire. Dans Requiem c'est lorsque Leon donne à Grace son gros revolver, comme si ça allait tout régler, plutôt que de rester avec elle pour la protéger. Au lieu de ça, il passe volontairement de l'autre côté de la grille, sentant qu'une bestiole approche (ce qu'aucune personne "sensée" ne ferait, on est d'accords). Et le pire, c'est qu'il ne reste qu'une seule bastos dans le revolver ! Bref, cette scène n'a vraiment aucun sens... Cliquez sur l'image pour l'agrandir (crédits : Winnie Daze).


Comme touché par la Grace...


La
Grace est une très jolie jeune femme, mais elle est aussi très introvertie et fragile
mise en scène est donc d'un excellent niveau, on sent que Capcom s'améliore à chaque titre et qu'il maitrise de mieux en mieux la Motion Capture. D'ailleurs Leon apparait à nouveau sous les traits d'Eduard Badaluta, ce mannequin qui justement est né en 1996 (tiens tiens) et qui a désormais 30 ans. D'ailleurs il a autant pris en maturité qu'en volume, laissant derrière lui le frêle jeune-homme qu'il était. Et ça tombe bien car de son côté, le personnage de Leon S. Kennedy est né en 1977, donc lors de Resident Evil 2, il n'avait que 21 ans et dans Requiem il a désormais 49 ans. En parallèle du héros le plus apprécié de la série, héros devenu mature mais qui n'a rien perdu de sa combativité et de son sex-appeal (Chacha me le confirme, sourire aux lèvres, par un hochement de tête ^.^) on retrouve la jeune Grace, qui cette fois, plaira forcément aux garçons (je généralise, commencez pas à chercher la p'tite bête).
Malheureusement aucun repère temporel n'indique son âge, mais sa maman est morte en 2018 et à ce moment-là, elle n'avait qu'environ 16 ans. Le jeu se déroulant 8 ans plus tard, on peut donc en déduire qu'elle a environ 24 ans, ce qui correspond plus ou moins à l'idée qu'on se fait d'elle. Si Leon a monopolisé l'attention du markéting, Grace et ses séquences de jeu sont également très appréciées des fans. De nombreux joueurs ont salué la performance de la comédienne qui interprète Grace, actrice qui a su parfaitement retranscrire sa personnalité nerveuse et introvertie. Pour Requiem c'est Angela Sant'Albano qui a réalisé la Motion Capture ainsi que le doublage original. Bien qu'elle ait déjà joué dans plusieurs séries TV, il s'agit de son premier projet vidéoludique.
Cependant le visage est issu de Julia Pratt, qui était d'ailleurs présente lors de la soirée de lancement du jeu aux Etats-Unis. Pourquoi avoir swappé le visage ? Ce n'est pas une question d'âge puisqu'Angela Sant'Albano a 25 ans et Julia Pratt en a 28. Cependant en regardant les photos, il est clair que cette dernière offre un faciès plus doux et ingénu (quant miss Sant'Albano a de suite le regard plus appuyé et un visage "trop amerloque"), et c'est sans doute ce que recherchait Capcom. Ainsi ils ont mariés l'expérience de la scène de l'une, et le doux visage de l'autre.



       

A gauche Grace, avec l'actrice qui a réalisé son Motion Capture (Angela Sant'Albano), ainsi que celle qui a servi à modeler son visage (Julia Pratt). A droite Eduard Badaluta, le visage de Leon.


Requiem pour les morts. L'enfer pour les vivants.


Comme
La mise en scène est d'excellente qualité, notamment grâce à une Motion Capture de mieux en mieux maitrisée
souvent avec les jeux actuels, on nous offre un copieux menu d'options, où nous pourrons modeler le jeu à nos besoins avec entre autre la désactivation des gâchettes adaptatives sur PS5 (et oui ça ne plait à tout le monde ce genre de gadget), la sensibilité de la visée, l'assistance, la simplification des QTEs ou encore la modification des touches. Un paramètre mérite tout de même une petite explication, à savoir que pour nos 2 protagonistes, on peut choisir la vue entre FPS (à la 1ère personne) et TPS (à la 3e personne). Le jeu nous conseille même une vue FPS pour Grace, souhaitant qu'on renoue avec les expériences de Resident Evil VII et Village, mais honnêtement, même en vue TPS, le jeu est bien assez flippant comme ça. Ceci dit je trouve ça génial qu'on nous laisse le choix, même si j'estime qu'un Resident Evil se déguste à la 3e personne. Dans Resident Evil Requiem nous jouons donc alternativement Grace et Leon, et je l'avoue, en cours de partie je trouvais que la parité était loin d'être égale.
En réalité il faut finir le jeu pour comprendre la logique imposée par le scénario : sur la première moitié de l'aventure, nous jouons principalement Grace, Leon y fait presque de la figuration car on n'a pas vraiment le temps de s'habituer au gaillard, que déjà on reprend les commandes de la fragile demoiselle. Et c'est une fois le fois qu'on a passé la moitié de l'aventure, qu'on prendra principalement les commandes de Leon, Grace ne faisant (à son tour) que passer brièvement. Ainsi donc on ne switchera pas à l'envie entre les 2 personnages (nous ne sommes pas dans Resident Evil Zero), on alternera de protagoniste qu'au grès du scénario.
La raison est finalement assez simple : ça a permis au studio de nous proposer 2 types de gameplay assez différent, avec 2 parcours relativement uniques (malgré quelques parcelles communes dans la première partie). Le jeu s'articule donc autour de 2 visions différentes : Grace pour le côté ambiance/flippant, avec un gameplay à l'ancienne, exploration, fuite et cache-cache, exactement comme dans Resident Evil 2 Remake. Et en face il y a Leon, le mec badass qui propose une action débridée et défoulante, où on a tendance à foncer droit devant et à utiliser un arsenal nettement plus explosif, exactement comme dans Resident Evil 4 Remake.



   

   

Pour chacun des personnages, le jeu nous laisse le choix entre la vue FPS et la vue TPS. La vue FPS est bien sûr plus immersive mais aussi nettement plus flippante ! Dans tous les cas, il est agréable que Capcom nous laisse le choix.


Madeleine de Proust fourrée au Virus T


Honneur
Lorsque nous jouons Grace, le gameplay se rapproche beaucoup de l'ancienne formule, à l'image de Resident Evil 2 Remake
aux dames, développons d'abord le gameplay avec Grace. Comme évoqué, avec la jeune femme on retrouve un gameplay à l'ancienne, proche du Remake de Resident Evil 2. Imposé par un personnage aux capacités physiques et à l'expérience limitées, Grace est en plus très timide et facilement impressionnable. Et comme par hasard, c'est elle qui affrontera les pires monstres du jeu (quoi que), dans les séquences les plus tendues qui soit. Pour tout vous dire, Requiem est l'épisode qui nous aura le plus fait flipper depuis Resident Evil VII et Alien Isolation ! Certaines séquences sont particulièrement bien faites, voire même traumatisantes ! On avançait la peur au ventre, on sauvegardait le plus souvent possible car mine de rien, il y a vraiment des passages d'une tension palpable, la pression est maximale ! Un véritable paradoxe qui fait qu'on a peur... mais qu'on kiffe également ça !
Comme quoi Capcom a fini par comprendre qu'il ne faut pas niveler l'aspect horreur du jeu, car si ça fout les chocotte aux chochottes, c'est déjà que le pari est réussi. Et plutôt que de dénaturer le jeu (comme ils l'ont fait avec l'épisode Village), les fragiles n'ont qu'à jouer à autre chose ! Et pour Requiem, Capcom a poussé le vice assez loin avec en premier lieu un ridicule inventaire de 8 cases, comme à la belle époque. Alors oui, on pourrait gueuler que c'est complètement débile et irréaliste, que ça impose bon nombre d'allers-retours mais au contraire, moi j'y vois une forme d'hommage à la trilogie originelle, dont on fête ici les 30 ans je vous rappelle. Cet inventaire de misère s'accompagne d'un level design ingénieux qui rappelle forcément le Manoir Spencer ou la RPD.
Quel pied de renouer ainsi avec les racines et les valeurs de la série, même si forcément, c'est cet aspect qui déplaira le plus à celles et ceux qui n'ont pas connus les chef-d'œuvres d'antan (non je n'exagère pas, et je m'adresse à ceux qui contestent le terme "chef d'œuvre" : si vous aviez vécu la sortie de ces jeux dans les années '90, vous comprendriez...). Cet inventaire de misère sera upgradé plusieurs fois, mais impossible de faire l'impasse sur le mythique coffre interconnecté, qui est aussi irréaliste que bien pratique, et où on stockera tout le superflu. Gameplay sentant la naphtaline oblige, afin de raviver les bons souvenirs, on examinera pas mal des objets qu'on ramasse, on lira beaucoup de documents écrits et on déjouera des puzzles fort sympathiques (à défaut d'être complexes).



   

A gauche l'inventaire de Grace au début du jeu, et à droite celui de Leon. Forcément, ça suppose un gameplay très différent pour les 2 personnages (cliquez pour agrandir).


Aventure sang pour sang horreur


Notre
Nous jouerons principalement Grace sur toute la première moitié du jeu
héroïne récupèrera des pièces antiques qui permettront ensuite d'obtenir des bonus, comme une sacoche pour upgrader son inventaire, des injections (pour améliorer ses capacités ou sa santé), ou encore des formules. Car ce fut à l'époque une belle nouveauté de Resident Evil 3 (l'original sorti en 1999), et la confection fait son grand retour (même si de façon irrégulière, elle refait de temps en temps surface). Ici Grace devra collecter du sang, pour ensuite le mélanger à d'autres composants afin de confectionner divers objets très utiles. Ça va du simple pack de balles à une seringue de santé, ou encore des "injecteurs hémolytiques". Ces derniers créés une réaction chimique qui fait qu'un ennemi va littéralement exploser dans un geyser d'hémoglobine ! Le rendu est sincèrement dégueulasse (d'autant que le jeu garde longtemps ces traces semi-permanentes collées partout des murs au plafond) mais qu'elle efficacité !
C'est d'ailleurs l'unique méthode pour tuer discrètement un zombie (il est juste dommage de ne pas pouvoir le faire, en toute simplicité, avec le couteau). On pourra même injecter la précieuse solution sur un ennemi tombé à terre, car Requiem (encore une fois en hommage aux anciens titres) signe le grand retour des "crimsons" (ou du moins ils s'en sont inspirés). Ils se nomment cette fois les "blister heads" (car leurs têtes se met à enfler, un peu comme ces influenceurs qui se croient tout permis) et comme autrefois, leur résurrection sera le signe d'un combat nettement plus difficile, face à un ennemi bien plus endurant et agressif. Autant "prévenir que guérir" comme on dit, même si les ressources assez limitées du jeu, vous empêcheront de tous les cramer avant qu'ils reviennent. D'ailleurs on apprécie que la phase de cache-cache façon Outlast ne soit réellement imposée qu'en tout début d'aventure, car ensuite Grace disposera de plusieurs armes à feu.
Même si leur puissance est somme toute relative, je préfère que Resident Evil reste sur un savoir-faire hérédité, plutôt que de s'aventurer vers une formule qu'il ne maitrise pas et qui est (selon nous) bien plus relou à subir. Si on voulait se souffrir une "victime" incapable de se défendre, il y a de bien meilleurs candidats (Haunting Grounds, Penumbra, Clock Tower, Fatal Frame, Amnesia et j'en passe) dont nous ne sommes pas le public.



   

En plus de l'édition classique, il existe une Deluxe Edition de Resident Evil Requiem. Vendue 90€ (au lieu de 80€), elle inclut le jeu de base, plus le Kit Deluxe, qui lui est vendu en DLC au prix de 15€. L'un comme l'autre propose 5 costumes alternatifs (dont un de Dimitrescu pour Grace), 4 skins pour les armes, un pack audio, des documents à lire, 2 porte-bonheurs à mettre dans son inventaire, et des filtres graphiques. La version physique propose en plus 2 cartes lenticulaires (seulement la "Limited Edition") et un boitier Steelbook original. Autant dire que tout ceci pue la fumisterie à plein nez car il n'y a rien de vraiment intéressant. Au final le Kit Deluxe ressemble aux DLCs de The Quarry, où le développeur essaie de gratter quelques sou-sous de plus, en vendant des babioles qui n'ont strictement aucun intérêt. Enfin il existe aussi une Edition Collector, qui comprend en plus de la Deluxe Edition, un "acrylic stand", à savoir que ce n'est même pas une vraie figurine. Cette édition est réservée au Japon et elle était vendue en import aux alentours de 160€ à sa sortie. Cliquez sur les images pour les agrandir...


2 protagonistes - 2 expériences
(2 salles - 2 ambiances)



Tout
Si jusque-là Leon faisait un peu de la figuration, dans la 2e partie de l'aventure ce sera lui le patron
ça rend le jeu particulièrement flippant, on avance en douceur, on a peur et on a les jambes qui flageolent (car nous jouons dans les meilleures conditions qui soit, à savoir tard le soir, et dans le noir). Je le redis : ces phases de gameplay sont aussi terrifiantes que traumatisantes... et bon sang ce que ça fait du bien ! ^__^ Bien entendu, la confection est capilotractée (faire des balles avec du sang et de la ferraille ? sérieusement ?) mais c'était un habille tour de passe-passe pour nous faire collecter des ressources. Ce qui est moins pardonnable, c'est qu'avec la mort aux trousses, Grace se traine le cul de façon totalement absurde ! Poursuivie par un monstre plus grand que la hauteur de plafond, on a envi de lui gueuler dessus pour qu'elle se bouge ! OK elle a le cardio d'un obèse qui fibrille, mais bon sang... quel stress !
On note aussi d'autres incohérences, comme ce passe-partout qui n'ouvre qu'une seule serrure avant de disparaitre (hein quoi ?) ou encore qu'à l'image de The Last of Us et consorts, notre personnage se permet le luxe d'ouvrir tel tiroir ou tel placard, tout en occultant tous les autres. C'est complètement débile ! Croyez-moi que dans la merde dans laquelle elle nage la bouche grande ouverte, à sa place vous courriez bien plus vite, vous ne jetteriez pas un passe-partout qui ne semble même pas se briser dans la procédure, et vous fouilleriez absolument tout ce qui est à portée de main ! Heureusement qu'on a quelques phases avec Leon pour souffler un peu, car il n'y a rien de tel que de vider quelques chargeurs pour évacuer tout le stress que nous procure les phases avec Grace. Avec Leon on joue le pur bonhomme, le poilu baraqué aux veines gavées de testostérone, le gars burné comme par 2 qui, bien que ligoté à une chaise, se permet de balancer une vanne bien grasse à son geôlier.
Avec lui, on retrouve les sensations assez trippantes de Resident Evil 4 Remake, avec des armes plus puissantes, des phases qui troquent l'ambiance anxiogène de Grace (où on affronte rarement plus de 2 zombies en même temps) contre des moments stressants où nous sommes attaqué par des tas d'ennemis qu'on prendra plaisir à broyer au fusil à pompe ou à la grenade frag'. C'est d'ailleurs dans ces moments (de panique) qu'il pourra ramasser et jeter des objets à la gueule des zombies, ou utiliser sa hachette pour finir le boulot. 2 salles, 2 ambiances...




Le jour de la sortie de Resident Evil Requiem (le 27 février 2026 donc), Capcom a également mis en vente Resident Evil VII et Resident Evil Village, dans des portages natifs sur Switch 2, qui n'ont donc plus rien à voir avec les versions Cloud de la première Switch. Pour l'occasion, ils ont sortis la compilation Resident Evil : Generation Pack, à la fois en dématérialisé (99€ tout de même) ou en édition physique, proposant un coffret Collector qui ne contient rien de plus que les 3 boites classiques (et chaque boite ne contient qu'une Game Key Card).


La Grace meurtrière de Leon


Si
Dans la 2e partie de l'aventure, nous jouerons exclusivement Leon et c'est là qu'on arpentera les ruines de Raccoon City (comme ici la RPD)
nous jouons Leon que de façon disparate dans la première moitié de l'aventure, dans la seconde les rôles s'inversent : Grace s'efface au profit de Leon, afin de proposer une 2e partie de jeu nettement plus dynamique. Comme évoqué, Leon dispose à nouveau de sa fameuse valise réorganisable. La contre-partie c'est qu'il n'a ni accès aux machines à écrire, ni aux coffres. Pour le coffre on peut le comprendre, mais se contenter des sauvegardes automatiques c'est un peu chiant... tout du moins dans la première partie du jeu. Car une fois la moitié de l'aventure passée, délaissant ainsi le fameux hôpital de Rhodes Hill, nous prenons exclusivement les raines de l'agent du DSO (Division of Security Operations, une agence anti-bioterrorisme américaine), qui va arpenter les rues en ruines de Raccoon City.
L'ambiance va radicalement changer à ce moment-là, puisque vous en conviendrez, RE2 et RE4 n'ont pas grand-chose en commun. Leon (qui n'a pas la langue dans sa poche et n'hésite à balancer quelques vannes et "punchlines" bien senties) donc avoir un gameplay très différent de Grace, notamment parce que Raccon City va proposer quelques parcelles de monde semi-ouvert, où il y aura divers objectifs à accomplir dans l'ordre qu'on veut, et dont le rythme ne sera pas imposé. Sur les traces d'un BSAA qui visiblement s'en fout de laisser tout son matériel à l'abandon, on pourra sauvegarder via les ordinateurs (un joli clin d'œil à ses ancêtres les machines à écrire) et on obtiendra le "tracker tactique", qui est un bracelet qui va quantifier nos performances au combat.
Avec les "crédits" obtenus, on pourra alors upgrader son matériel (puissance, durabilité, prise en mains) et même acheter de nouvelles armes et des munitions, ainsi que revendre tout ce qu'on ne veut pas garder. En gros c'est le marchand, en mieux... et en plus aseptisé aussi. Dans cette seconde partie d'aventure, où les "blister heads" font beaucoup penser aux "claqueurs" de The Last of Us, on troque donc la peur viscérale du début de partie, pour une ambiance nettement plus nerveuse, où les ennemis sont bien plus nombreux et où on laissera plus facilement nos bas-instincts guider nos envies de faire parler la poudre.



       

Dans Requiem on retrouve le principe du marchand où avec les points obtenus au combat, on pourra acheter de nouvelles armes, upgrader son matos, vendre certains objets et même acheter des munitions. Cliquez sur les images pour les agrandir.


Croc Rhodes Hill
(c'est caïman pareil)



Quant
La durée de vie est bien plus longue que la croyance populaire le prétend. Si vous jouez dans de bonnes conditions, le jeu vous tiendra facilement 12 à 14 heures
à la durée de vie, certains prétendent l'avoir fini entre 10 et 13 heures, ce qui est déjà pas si mal... mais possiblement faux. Déjà si vous voulez une durée de vie plus longue, ne jouez pas en "facile" car chez Capcom, ce mode porte bien son nom et il est destiné aux débutants. Si vous connaissez la série ou êtes habitués aux FPS/TPS, vous allez rouler sur le jeu et donc le finir bien trop vite. Ensuite il y a la façon de jouer. D'un côté vous avez celui qui ne sait pas profiter, qui va courir partout, et n'avoir jamais peur de rien. Normal lorsqu'on joue avec 3 potes sur la TV du salon, en se gavant de soda et de pizzas, au beau milieu d'un après-midi ensoleillé... comment avoir peur ? Le même gars ferait sûrement moins le malin en jouant de nuit, dans le noir, seul et avec un casque sur les oreilles.
Et puis il y a aussi le fait que le jeu n'enregistre pas le véritable temps que vous passez dessus. Les documents à lire, les pauses, les reprises en cas de mort et les cinématiques ne sont pas comptabilisés. Résultat, en jouant dans de bonnes conditions, en appréciant l'ambiance, et en fouillant partout, la durée de vie avoisinera les 15 heures, ce qui est déjà nettement plus confortable. J'en profite pour remettre une couche sur le fait que les 2 premières phases de jeu (à savoir l'hôtel puis l'hôpital) prennent pas moins de 7 à 9 heures selon votre rythme, et ce n'est qu'après que vous arpenterez les ruines de Raccoon City. Si la première moitié d'aventure aurait pu faire un jeu à elle toute seule, au final je trouve Requiem équilibré, suffisamment long et varié.
La preuve en image...
Niveau graphismes, on retrouve le vétéran RE Engine, le fameux moteur qui a été développé spécialement pour la série et qu'on a découvert avec Resident Evil VII (bon depuis, ce moteur développé en interne, sert à la plupart des productions du studio). On commence par le parent faible, à savoir la version Switch 2, qui ne profite que d'une Game Key Card. Comprenez par là que la console a besoin d'être connectée pour télécharger l'intégralité de l'installation.



   

Sur Switch 2, le jeu tient sur une Game Key Card, vous devrez donc intégralement le télécharger avant de pouvoir jouer. Les seuls points positifs, c'est que votre jeu sera déjà patché et qu'au besoin, vous pourrez le revendre. Cliquez sur les images pour les agrandir.


Alone in the dark...


Après
La version Switch 2 est bien plus propre et détaillée qu'on aurait pu le croire. C'est une bonne nouvelle :)
il faut le savoir, ça fait des années maintenant que nous profitons de consoles aux puissances plus que correctes (je mets volontairement le PC de côté car la philosophie et surtout le prix, sont très différents) avec une PS5 à 10,2 TFLOPs, une Xbox Series X à 12 TFLOPS et une PS5 Pro à 16 TFLOPS. A côté de ça, la Switch 2 développe 1,7 TFLOPS en nomade et 3,1 TFLOPS en dockée. Alors certes, le bond technologique depuis la première Switch (qui faisait 196/393 GFLOPS) est énorme, mais il reste insuffisant pour lutter contre les actuelles consoles de Sony et Microsoft. Car même si la gentillette Xbox Series S ne développe que 4 TFLOPS, le matériel fixe sera toujours plus stable et performant qu'une console portable. Résultat sur Switch 2 on obtient du 1080p pour le mode portable et du 4K en mode docké (dans tous les cas avec une résolution native bien inférieure, vraisemblablement du 600p, qui est ensuite upscalée), le tout avec un framerate qui atteint rarement les 60 images/seconde. En réalité, c'est le VRR qui sauve un peu les meubles, en compensant les nombreuses chutes de fps.
Dans les 2 cas l'image est moins détaillée, moins contrastée, les éclairages sont moins maitrisés, parce que vous le savez, pour maintenir un framerate à peu près constant, tout est question de dosage. Notez également que les temps de chargement sont bien plus longs que partout ailleurs (souvent plus du double). Après je le dis souvent, ça ne change pas réellement le jeu : ce sera toujours le même gameplay et la même histoire. Si on devait jeter au feu toutes les versions inférieures, on aurait sans doute commencé par les portages PS2 de certains hits, ou encore les adaptations un poil foireuses de Bayonetta et The Orange Box sur PS3.
Heureusement le plaisir de jeu lui, est intact, la Switch 2 offre un très joli rendu, sans parler du plaisir de pouvoir jouer n'importe où. On monte une marche, la petite Xbox Series S affiche un très joli 1440p (upscalé à partir du 720p), également à 60 fps, à la différence que ce dernier est étonnamment stable ! Le jeu est détaillé, très propre, comme quoi la petite Series S peut encore nous réserver de belles surprises. Evidemment ça n'a rien à voir avec sa consœur la Xbox Series X, qui partage plus ou moins les mêmes performances que la PS5 de base. Toutes les 2 offrent un excellent rendu en 4K (upscalé à partir du 1080p), dans un 60fps à nouveau très stable.



   

Histoire de ne laisser personne sur le bord de la route (sauf les joueurs Xbox visiblement), Capcom a également prévu 2 autres compilations : les Biohazard 30th Special Pack 1 et 2. Uniquement disponibles sur PS5 et vendues seulement au Japon, le vol.1 propose Resident Evil 2 Remake, Resident Evil 3 Remake et Resident Evil 4 Remake : Gold Edition. Et le vol.2 propose Resident Evil VII, Resident Evil Village et Resident Evil Requiem. Tous les jeux sont au format physique et contiennent un Blu-Ray chacun.


Avec Emily, on comprend que Capcom aime bien les petites filles. Pragmata, Resident Evil 2, Resident Evil 7 et maintenant Requiem... c'est à croire qu'Alma (F.E.A.R.) leur a laissé des séquelles ^_^


Notez
Sur tous les supports, Requiem tourne en 60 fps, en plus de proposer de superbes graphismes
au passage que pour une fois, Capcom ne propose pas de mode graphique Qualité ou Performances, ce qui n'est pas plus mal (après tout quand ça tourne en 60 fps, donc on a déjà tout ce qu'il nous faut, pas vrai ?). Enfin c'est naturellement sur PS5 Pro que vous obtiendrez le meilleur rendu visuel et là, histoire de me faire mentir, Capcom nous propose 2 modes : soit 4K / 60 fps avec ajout de Ray-Tracing (un RT qui est absent des versions PS5 de base et Xbox Series) ou carrément du 4K / 120 fps (si on fait l'impasse sur le RT). Comme le verrez ci-dessous, sur PS5 Pro le mode Qualité offre des graphismes encore plus somptueux et détaillés, un aliasing gommé et des textures encore plus nettes. A ça s'ajoute un Ray-Tracing qui offre ces reflets et cette illumination globale qui lui sied si bien, et qui donne un bien meilleur contraste et des ombres plus réalistes.
De toute façon on ne va pas se mentir, le 120 fps (sur un tel jeu) n'a qu'un intérêt très limité, et vu qu'en qualité max on a déjà du 60fps... pas besoin de vous faire un dessin. Dans tous les cas, Resident Evil Requiem est un superbe jeu ! Le 60 fps pour tout le monde est une excellente chose (avec les TVs actuelles, le 30 fps n'est plus supportable) et le design est vraiment excellent. Capcom c'est cette fois orienté vers le photoréalisme, au point qu'au début du jeu (dans l'hôtel), on jurerait faire un urbex un peu malsain. Par ailleurs cet aspect photo-réaliste est aussi impressionnant que troublant (au bout d'un moment on s'y fait) et du coup ça me rappelle un peu Bodycam (sans en atteindre sa quasi perfection). On note aussi qu'il y a une réelle utilisation du moteur physique car on peut faire bouger certains objets en temps réel, tels que des chaines ou des rideaux.
Ce 9e opus offre des décors vraiment splendides, et très variés. L'hôtel est troublant, immersif, l'hôpital est très varié dans ses divers environnements, passant de ce classique aspect clinique, à de somptueuses boiseries, et plus tard, dans les tréfonds de l'établissement, on aura de superbes textures rocheuses et une pénombre assez glaçante. Bref, le jeu est vraiment magnifique, seul un petit peu d'aliasing vient gâcher la fête, mais rien de rédhibitoire (en plus, selon la taille de l'écran, je ne suis même pas sûr que ce soit visible) et sur PS5 Pro (en mode Qualité) et PC, il est même inexistant.




Sur PlayStation 5 Pro nous avons 2 modes de rendu visuel : Qualité en 4K / 60 fps avec Ray-Tracing, ou Performances en 4K / 120 fps (cliquez pour agrandir).


enGore et enGore
(sauf au Japon)



Enfin
Hormis au Japon (où il est censuré) le jeu est extrêmement gore et violent ! Miam-miam :)
sachez que si la version japonaise est censurée, c'est parce que le jeu est particulièrement gore. D'ailleurs les japonais me font bien marrer avec leur politique idiote en matière de censure, car je me souviens très bien qu'il fut un temps où justement les joueurs plébiscitaient leurs versions parce qu'elles étaient crues. Il y avait du sang et du sexe, quand en occident on devait se contenter des versions tronquées. Aujourd'hui la tendance s'est inversée, sans trop savoir pourquoi. Car oui, Requiem est gore, ça pisse le sang par sauts entiers, quand ils explosent, les zombies repeignent les murs d'hémoglobine... non vraiment nous ne sommes pas sur un jeu à mettre entre toutes les mains ! Ajoutons à ça des démembrements, des zombies décharnés, de la bidoche partout et des boss aussi gigantesques qu'effrayants. Avec ça c'est sûr, évitez de jouer en présence de vos enfants. Nous par contre, bien que rôdés au genre, on a adoré ça ! Car ça faisait bien longtemps qu'un Resident Evil ne s'était pas autant lâché et ça fait un bien fou !
On termine comme toujours par l'audio, avec un doublage d'excellente qualité, notamment dans notre VF localisée (et pour ça, je remercierai jamais assez Capcom de faire autant d'efforts). Les cinématiques sont synchros et le travail voxographique est de très bonne facture. Pour Grace Ashcroft on retrouve la voix d'Alice Orsat, qui n'est autre que la fille de Guillaume Orsat et Anne Massoteau, 2 comédiens bien connus dans le milieu du doublage. Alice Orsat est une doubleuse assez reconnue (je refuse d'utiliser les pronoms débiles que son statut voudrait m'imposer), avec une voix qui colle parfaitement au personnage, une prestation d'excellente qualité, en autre parce que la demoiselle (puisque c'est qu'elle est) a déjà une liste longue comme le bras de participations diverses et variées (alors qu'elle n'avait que 27 ans à la sortie du jeu).
Quant à Leon, il retrouve la voix d'Anatole de Bodinat (la même depuis qu'il a obtenu son nouveau visage en 2019 avec Resident Evil 2 Remake), dont le timbre colle parfaitement à notre héros. Lui aussi dispose d'un CV long comme le bras (il est notamment la voix régulière de James Franco) et le résultat est toujours aussi propre, toujours aussi professionnel.



   

Au Japon, le jeu est censuré (une censure que Capcom s'impose de lui-même depuis Resident Evil VII). A l'écran, le résultat dénature le jeu et gâche l'immersion, avec des zones étrangement noires (la cage thoracique parait même carbonisée !). Cliquez sur les images pour les agrandir.


Un "requiem" est une musique dédiée aux morts


Quant
En plus d'être synchro (même dans notre VF) le doublage est d'excellente qualité ! Le sound design est également soigné
au Dr Gideon, il est doublé par Loïc Houdré dont le Wiki est un véritable parchemin, et que nous connaissons pour avoir prêté sa voix à Barry dans Resident Evil : Revelations 2. Enfin on retrouve d'autres doubleurs de renom (mais je ne peux pas évoquer qui ils doublent sans vous spoiler) comme Bernard Lanneau (la voix officielle de Kevin Costner et Jeff Goldblum), Geneviève Doang, Laëtitia Lefebvre qu'on ne présente plus, Philippe Ariotti ou encore Grégory Lerigab, la voix de Yasuke dans Assassin's Creed Shadows. Bref du beau linge et encore une fois c'est un véritable plaisir d'obtenir une VF de si bonne qualité. Le menu des options offre énormément de réglages pour tout ce qui est plage dynamique et spatialisation, ce qui est une bonne chose si vous jouez avec un casque surround ou que vous avez un Home Cinema.
On profitera au mieux d'un sound design aux petits oignons, avec des bruitages ciselés, et des armes qui ont du coffre (pas autant que dans RE4 Remake mais l'ambiance est également assez différente). Enfin les 4 compositeurs de l'OST (Nao Sato, Masahiro Ohki, Shigeyuki Kameda et Joseph Holiday) ont fait du bon boulot. Les musiques soulignent bien les quelques séquences où elles veulent bien se faire entendre, dans un style musical somme toute classique, cinématographique et avouons-le, presque banal de nos jours.
Mon seul regret finalement, c'est justement que la musique est souvent trop discrète, elle n'intervient que lorsqu'il y a quelque chose à l'écran, or on a souvent tendance à sous-estimer l'ambiance "passive" d'un tel jeu. Dans les premiers Resident Evil, la musique était omniprésente, il ne se passait forcément quelque chose à l'écran, mais elle était là afin de souligner toute la lourdeur de l'ambiance. Alors certes le vide le fait aussi, mais c'est différent, c'est moins prégnant. Bien sûr ce n'est pas une grosse critique, juste un regret de voir qu'au fil du temps, la musique n'est plus que ponctuelle et qu'au final, plus personne n'y prête vraiment attention.



Conclusion

Resident Note



Evil Requiem aura été attendu pendant de longs mois, notamment parce que Capcom a su soigner sa campagne de communication. Et on peut le dire sans en rougir, il est le meilleur épisode depuis bien longtemps ! Savant mélange des formules Resident Evil 2 Remake, Resident Evil VII et Resident Evil 4 Remake, le jeu a 2 visages, 2 héros, 2 types de gameplay et on peut même dire 2 aventures assez différentes mais qui donnent une saveur unique. Un équilibre entre ancienne formule (inventaire réduit, allers-retours, énigmes, coffre et machine à écrire) sur toute sa première moitié, et la nouvelle formule, celle d'un RE4 au cœur de l'action avec son gameplay si atypique (valise, armement de folie, action nerveuse) sur toute la seconde moitié. Mais avant d'en arriver là, forcément on estime ne pas assez jouer Leon (même si le gameplay old school de Grace est génial) et vice-versa, une fois réellement arrivé à Raccoon City, on trouve que Grace se fait un peu trop discrète.
A vrai dire, Capcom aurait très bien pu 2 jeux distincts, tant le lien entre les 2 héros ne tient qu'à quelques fils scénaristiques. Avec une difficulté équilibrée mais une ambiance aussi savoureuse que traumatisante (surtout dans sa première moitié), avec au choix sa vue FPS ou TPS, avec sa bonne durée de vie (n'écoutez pas les mythos qui disent l'avoir fini en moins de 10 heures, le jeu est bien plus long que ça), avec ses 2 visages aussi intéressants que complémentaires, Requiem est une réussite de bout en bout. Bien sûr il y aura toujours les insatisfaits qui diront avoir préféré la première partie car elle est plus proche des origines de la saga. Et puis il y a ceux qui préféreront la seconde partie, nettement plus dynamique, nettement moins flippante aussi. J'avoue, j'aurai préféré un réel mixage entre les 2, plutôt qu'une coupure franche et nette, qui fait que le jeu va littéralement changer de visage en cours de route. Mais Capcom l'a voulu ainsi.

Requiem est aussi l'épisode qui réconcilie la série avec les consoles Nintendo (puisque le même jour, sortait également Resident Evil VII et Village). D'ailleurs la version Switch 2 est tout à fait honorable même si vous vous en doutez, elle n'est (techniquement parlant) pas la meilleure. Car ce RE9 propose des graphismes vraiment superbes, et en 4K / 60 fps s'il vous plait ! Certes la résolution n'est pas native, mais difficile de se montrer plus exigeant lorsqu'on nous offre déjà tout. Et question mise en scène, Capcom fait de gros effort, avec une Motion Capture de mieux en mieux maitrisée, mais aussi une VF de grande qualité à laquelle on apprécie en plus une très belle synchro labiale. Il est clair que pour fêter les 30 ans de la série, Capcom a vu grand. Bien sûr ils auraient pu se contenter du minimum syndical (une compilation ou la réédition de vieux épisodes), mais au lieu de ça ils nous proposent un épisode qui fait le grand écart entre les envies de renouer avec les bases de la série et de son gameplay, ainsi qu'avec son évolution la plus nette, à savoir l'action débridée et bien punchy où justement Leon est passé maitre. Et là où c'est intelligemment mené, c'est que cette phase-là n'arrive qu'après de longue heures de jeu, pile au moment où l'ancienne formule commence à montrer des signes de redondance et de lassitude.
Resident Evil Requiem est dont le digne héritier d'une saga qui a su perdurer dans le temps. Un épisode qui a su s'inspirer du meilleur de sa propre série, et qui a su exploité ses propres codes (même si pour ça, il y aura beaucoup de fan-service). Requiem est presque la synthèse d'une saga adulée, tout en proposant son lot d'idées neuves, afin de nous offrir une aventure aussi mémorable que qu'effrayante ou particulièrement dynamique... selon qui nous jouons. Resident Evil Requiem est donc une grande réussite ludique et technique, et je pense que la vitesse à laquelle il s'est vendu, montre tout l'engouement des joueurs pour cet épisode et même pour cette saga trentenaire. Joyeux anniversaire l'artiste et merci pour toutes ses (bonnes) heures de gaming...






Points négatifs

  Une seconde partie qui peut paraitre moins travaillée. En réalité, le gameplay de Leon est juste très différent
  Le Kit Deluxe, le DLC vendu 15€ et qui n'apporte rien
  Des musiques trop effacées et surtout trop absentes


Points positifs

  Un véritable hommage à la série avec d'un côté son gameplay à l'ancienne façon RE2 et de l'autre ses combats dynamiques façon RE4. Un 30e anniversaire dignement fêté :)
  N'écoutez pas les ignares, prenez votre temps, explorer les lieux et vous verrez, la durée de vie est plus qu'honorable (environ 12 à 15 heures)
  Les passages avec Grace sont affreusement tendus et traumatisants (oui c'est une bonne chose pour un jeu d'horreur ^_^)
  Du fan-service assumé et qui fait plaisir (quoiqu'en disent les éternels insatisfaits)
  Un scénario intéressant, doublé d'une excellente mise en scène
  On a véritablement 2 aventures distinctes en un seul jeu
  Excellent doublage et synchro labiale, même en VF
  Sound design dynamique et de qualité
  Une difficulté parfaitement équilibrée






Test réalisé par Chacha & iiYama


mars 2026


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