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La 
La mise en scène est explosive et le scénario accroche. De plus, les interrogatoires n'ont jamais été aussi violents ! Un vrai plaisir coupable :) dernière fois qu'on a vu Sam Fisher, il apprenait que sa fille était morte et qu'il était trahi par son propre gouvernement, qui l'accusait d'être un terroriste, alors qu'il venait tout juste de sauver des milliers vies innocentes. Nous sommes alors en 2006 et Splinter Cell Double Agent fait comme son héros : le grand écart entre 2 Générations. Comprenez par là qu'il existe en réalité 2 versions de ce jeu, avec d'un côté un épisode assez conventionnel sorti sur les supports de 6e Génération (PS2, Xbox et GameCube), et un épisode plus ambitieux, voulant quelque peu renouveler la formule, sorti sur les consoles de 7e Génération (Xbox 360 et PS3) et sur PC. Se laissant la porte grande ouverte, Ubisoft nous prévenait avec un élégant "à suivre" que Sam ne partait pas encore à la retraite.
Et en effet, dès 2007 le bougre refait parler de lui. A cette date, on voyait un personnage barbu, aux cheveux longs (limite un clodo) et on nous parlait de possibilités telles que renverser des tables ou se servir de l'environnement direct comme arme de fortune. Or ça n'a pas plu à ces messieurs-dames et les premiers retours ont été assassines, obligeant Ubisoft a tout reprendre depuis le début. Ainsi le Splinter Cell Conviction tel qu'on le connait, aura mis 4 ans à voir le jour, le développeur franco-canadien ayant mis 3 ans supplémentaires pour en venir à bout. On ne peut décemment pas parler d'arlésienne mais il est clair que les fans ont eu peur de ne jamais le voir, tant l'accouchement s'est fait dans la douleur. Ainsi, le premier Splinter Cell uniquement dédié à la 7e Génération, a repris ses droits d'exclusivité.
En effet, souvenez-vous qu'à l'origine, le tout premier Splinter Cell devait rester exclusif à la Xbox. Mais l'avarice sans limite d'Ubisoft l'a poussé à sortir le jeu sur d'autres supports (tous les autres supports à vrai dire !), or cette fois Microsoft a sorti le chéquier et Conviction restera la propriété des produits de la marque (Xbox 360 et PC sous Windows... une version Mac sortira quand même, quelques 10 mois plus tard). En somme, si Solid Snake a toujours fait les beaux jours des PlayStation, Sam Fisher est son pendant sur les produits Microsoft.
Avant 
La version Xbox 360 a reçu un patch pour la One X, qui lui donne une seconde jeunesse. D'ailleurs le jeu est parfaitement compatible avec la Xbox One et les Series X/S d'entrer dans le vif du sujet et de ce qui m'intéresse personnellement (à savoir le solo) il faut savoir que le contenu de cet opus est tout à fait remarquable. Si le solo se boucle assez vite (en 7 à 8 heures environ), le jeu dispose de modes multi repensés, où 2 joueurs en co-op' peuvent s'adonner à des missions spéciales. Dans le mode "Prologue" (qui se déroule avant l'histoire du solo) on joue Archer et Kestrel, qui doivent retrouver des ogives nucléaires en Russie. Ensuite il y a les Opérations Spéciales où les 2 partenaires doivent s'aider l'un l'autre (ça change de l'habituel mode compétitif, on peut également y jouer en solo). Maintenant, pour ce qui est de l'édition PC, la version 1.0 était assez pénible et buguée. Le système de DRM était contraignant (obligé de rester connecter à Internet sous peine de quitter la partie instantanément) et le jeu souffrait d'un gros manque d'optimisation.
Pas plus beau que sur Xbox 360 (ce qui est étonnant), on subissait quelques disgracieux bugs trahissant la volonté du développeur de nous sortir une version console peaufinée, et une version PC convertie un peu à la va vite. Heureusement les divers patches ont corrigés tout ça et surtout, ils ont débloqué le DRM qui n'oblige plus la connexion Internet qu'au lancement du jeu. Ouf ! Notez aussi qu'à la relecture de cet article (car oui je fais souvent ça : assez pointilleux, j'aime relire mes anciens tests pour les mettre à jour), près de 15 ans après sa sortie initiale (paye ton coup de vieux), le mode multi-joueurs ne fonctionne évidemment plus (les serveurs sont fermés depuis bien longtemps).
Après quelques patches, la version PC est évidemment rentrée dans le rang, elle est désormais vendue sur le Ubi Store pour 10€ ou sur Steam en lot, incluant l'épisode fondateur, l'excellent Chaos Theory ainsi que Double Agent, le tout vendu au tarif assez raisonnable de 30€ les 4 jeux. Notez enfin que depuis cette relecture, le Store de la Xbox 360 a été fermé mais fort heureusement pour nous, le jeu est compatible avec les Xbox One et les Xbox Series X/S. Splinter Cell Conviction est d'ailleurs étonnamment "propre" sur ce support, car il a été upgradé avec un patch dédié pour la Xbox One X (patch qui profite naturellement aux Xbox Series). Il propose des graphismes nets, lisses, un aliasing quasi absent et un framerate imperturbable.
Au 
Bizarrement Sam et Grim n'ont plus le même visage final les seuls défauts du titre c'est d'avoir ses sauvegardes sur le Cloud (au lieu d'en local, je ne sais pour qu'elle raison) et j'ai également subi 2 plantages (car n'oublions pas que ça reste de l'émulation officielle). Sans ça, sur Xbox Series X, Splinter Cell Conviction vit clairement une seconde jeunesse tant le jeu tient encore très bien la route et seul son prix est franchement abusif (20€ tout de même !) sur le Store de Microsoft. Maintenant entrons à pieds joints dans ce qui fait le corps de ce 5e Splinter Cell : son mode solo et son tout nouveau gameplay. Alors qu'il se sirote un petit café tranquille, Sam Fisher est contacté par Grimsdottir (Grim pour les intimes) qui l'aide à s'échapper d'un traquenard et lui avoue que sa fille est encore en vie... Je n'en dis pas plus, les tenants et les aboutissants donnant évidemment beaucoup de mordant à l'affaire.
Le scénario se dévoile via des vidéos (basées sur le moteur graphique) en alternance avec des cut-scenes gérées en temps réel. Le rendu des vidéos n'est pas mauvais mais on voit ressent la compression BIK, afin que le tout rentre sur un seul DVD. Du coup on se demande pourquoi Ubisoft n'a pas réalisé des cut-scenes tout au long du jeu... Bon point par contre pour les effets de transition qui sont plutôt bien travaillés. L'autre bémol c'est que les cinématiques souffrent d'une caméra hyper tremblante, à croire que le caméraman est bourré ! C'est très pénible et me rappelle le fiasco de la mise en scène d'un certain Battlestar Galactica (la série TV) ou des 2 derniers épisodes cinématographiques de Jason Bourne (La Mort dans la Peau / La Vengeance dans la Peau), eux aussi gâchés par une prise de vue branlante. Il parait que ça donne du dynamisme... perso je trouve ça très chiant et quand bien même la caméra est tenue à l'épaule, moi un cadreur qui fait aussi mal son boulot, il pointe au chômage aussi sec !
Sans ça, je regrette également que Sam Fisher et Grim n'aient plus du tout la même tête. Grim était blonde/châtain clair, désormais elle est rousse (!) et surtout, ces 2 personnages n'ont plus du tout la même la gueule. Déjà que dans Double Agent, Fisher avait pas mal changé, là c'est n'importe quoi, au point de se demander si c'est bien lui. Heureusement sa voix, elle, ne fait pas de doute, et puis Grim est très jolie, ça aide à faire passer la pilule. Dans tous les cas l'histoire est rondement menée, avec une construction à base de flashbacks qui n'est pas sans rappeler quelques bons films d'action du type La Mémoire dans la Peau (tiens tiens :) ou Ennemi d'Etat.
De 
Le dépot permet de faire le plein de munitions, d'upgrader ses armes et bien entendu, de choisir son arsenal même, la qualité de la narration n'a plus rien à voir avec le passif de la série et même s'il a mis beaucoup de temps à voir le jour, la mise en scène a de la gueule. Il suffit de voir comment Fisher interroge ses captifs (avec diverses interactions, qui changent selon le décor et selon comment on se positionne) pour se dire que beaucoup de choses ont été modifiées. Désormais plus mature et plus violent, les interrogatoires sont particulièrement brutaux, ça pisse le sang, on éclate le décor avec la tête du gars, on lui pète un bras... non vraiment on sent que Sam a la rage et c'est très bien retranscrit à l'écran. Et il est vrai qu'avec Conviction, on peut légitimement se demander si on joue encore à un Splinter Cell. Fini la belle époque où on prenait tout son temps et où on sauvegardait tous les 2 mètres, désormais le jeu est bien plus nerveux et sauvegarde automatiquement.
Parfois trop espacés, les checkpoints sont un peu pénalisants mais comme l'aventure est relativement équilibrée, on s'y fait. Car c'est un fait, si on retrouve avec plaisir l'approche un peu obtue de l'infiltration pure et dure (il est d'aillers marrant de voir que l'image passe en noir et blanc lorsqu'on est "invisible" aux yeux de l'ennemi) à côté de ça Conviction est désormais plus proche du Third Person Shooter (TPS) que du jeu d'infiltration brut et exigeant. Voilà aussi pourquoi la durée de vie est si courte. Inspirée par le gameplay de Gears of War (véritable référence du TPS) Sam se met à couvert derrière n'importe quel objet dès qu'on presse LT. On peut passer d'une planque à l'autre (car bien souvent, elles ont le bon goût de se disloquer sous le feu adverse), tirer au jugé, viser précisément, quitter sa position de toute urgence en passant par-dessus... bref le célèbre hit d'Epic a donné quelques leçons.
Sam peut porter 2 armes, des gadgets ainsi que des grenades. Malheureusement j'ai 2 gros regrets à formuler. D'abord, il est vraiment dommage qu'on ne puisse pas reconfigurer ses touches (sur console) car c'est loin d'être idéal. Il faut dire que les vieilles habitudes ont la peau dure et si la touche [X] sert généralement à recharger, ici elle lance une grenade ! On recharge sur L3, ce qui est loin d'être confortable, se lever/se baisser est positionné sur LB et comme d'habitude, le mode visée de précision est sur R3, ce qui là aussi, n'est pas pratique. Bref, la configuration est loin d'être optimale mais ce n'est pas le pire. En effet, dans (presque) tous les jeux on peut modifier la sensibilité du stick de visée, sauf dans celui-ci ! Alors il est vrai qu'on s'en accommode mais à cause de ce manquement, il est clair qu'on trouve le jeu assez imprécis, là où justement, il réclame pas mal de dextérité.
Tien 
La mise à couvert offre un gameplay plus dynamique, plus porté sur l'action même si l'infiltration a encore son mot à dire j'en parlais à l'instant, les grenades sont aussi une source de frustration. Si les armes ont un bon feedback (très bon même) les grenades ont une puissance qui n'agit quasiment que sur nous. Si elles explosent à moins de 5 mètres, on meurt instantanément, par contre il arrive (et ce souvent) qu'une grenade explose aux pieds d'un ennemi sans que celui ne bouge et donc, ne meurt. C'est quand même assez anormal. Sans ça, cet épisode de Splinter Cell a énormément gagné en terme de fun et de dynamisme. Fini l'époque où on prenait le temps de cacher les corps, désormais on les laisse là où ils sont et on passe à la victime suivante. Là encore c'est idiot, surtout lorsqu'on est encore en mode furtif. Ça ne coutait rien de pouvoir déplacer les corps (on n'a pas arrêté de le faire dans les 4 précédents opus) car s'il y a une caméra ou un garde pas loin, ça peut vite être problématique.
A côté de ça, les combats ont une pêche jamais vue pour la série et Sam a désormais le bon goût de pouvoir échanger ses pétoires avec les armes ennemies et de prendre les munitions compatibles. Enfin (j'ai enfin de dire), il était grand temps car je ne compte plus les fois où je me suis retrouvé à sec dans les 4 précédentes aventures. C'est bon pour le fun mais c'est aussi d'une logique et d'un bon sens, qui semble avoir mis beaucoup de temps à atteindre le cerveau des employés d'Ubisoft. Autre point bien agréable, il arrive qu'on puisse tendre des pièges aux ennemis. Par exemple faire tomber un moteur d'avion ou un énorme lustre, c'est un moyen simple et rapide de s'en débarrasser. Encore un changement, Conviction nous impose des "défis SPEC" (genre faire 5 headshots) qui donnent à leur tour des points d'améliorations.
Ces points sont ensuite utilisable pour booster ses armes : précision, puissance, stabilité... ça rappelle Resident Evil 4, les critères sont variés et dépendent de l'arme choisie. D'ailleurs, les "dépôts d'armes" sont une belle nouveauté. Si Sam est limité à 2 armes, le flingue a des munitions infinies mais l'arme d'assaut non. Revenir au dépôt sert donc à faire le plein mais aussi avoir la possibilité de changer son arsenal. Et pour la première fois, on ne nous imposera plus nos pétoires : au fil du jeu on aura de plus en plus de choix entre armes réellement puissantes (fusil à pompe, M4, Desert Eagle, USP45, AK-47) et d'autres plus silencieuses (MP5, MK.23 ou encore l'excellent SC3000, une sorte de FN F2000 Tactical modifié).
Enfin, 
Malgré quelques passages à vide, la réalisation est superbe, avec notamment des modélisations et des animations de premier ordre 2 autres points marquent le gameplay. D'abord Sam Fisher est plus agile que jamais : il saute par-dessus n'importe quoi, s'agrippe un peu partout, se met à couvert... même si on subit encore quelques limitations, il est clair qu'Assassin's Creed a donné quelques idées. Ensuite, une fois qu'on a exécuté un ennemi au corps à corps, on débloque les attaques ciblées. En bref, on "marque" un ou plusieurs ennemis, on presse Y et Sam exécute la sentence avec un parfait headshot. C'est pas forcément super utile, mais ça reste spectaculaire. Sur un plan purement technique, Conviction fonctionne toujours sous le moteur Unreal Engine 2.5, mais ce dernier a été profondément remanié en apportant divers effets (comme pas mal d'objets interactifs, d'autres destructibles ou encore le HDR) et se rapproche à présent des performances d'un Unreal Engine 3... même si on se demande pourquoi Ubisoft n'est pas directement passé sur dernier, trahissant un peu un développement un poil chaotique.
Ceci dit, depuis qu'il a été patché, cet Unreal Engine 2.5 amélioré, porte désormais le nom de LEAD Engine, et il tourne parfaitement bien. D'ailleurs d'un point de vue purement graphique, Conviction est un superbe jeu. Les modélisations sont excellentes, les décors sont jolis dans l'ensemble (il y a quand même des passages à vide comme en Irak où là c'est carrément moche) mais ce qui impressionne le plus, c'est la qualité des animations. Le développeur canadien (puisque le jeu a été développé à Montréal) nous prouve encore une fois sa maitrise dans le domaine. On notera également que Conviction est l'un des premiers jeux à implanter les notifications de didacticiel et les ordres de mission directement en incrustation sur le décor. C'est stylé et très joli, et le concept va assez loin puisque les souvenirs (sous forme de vidéos) sont également implantés, tout comme ses pensées et son état d'esprit (cette fois sous forme de texte).
Autant dire que c'est la grande classe mais étonnement, moi qui pensais que ça ferait cas d'école, au contraire peu de jeux reprennent cet effet de style. Dernier point, la partie sonore a entièrement été retravaillée. Les armes ont de bons bruitages, les musiques sont évolutives et toujours en accord avec l'action et le doublage est d'une qualité sans pareille pour la licence. Et c'est avec plaisir qu'on retrouve Daniel "Schwarzenegger" Beretta derrière la voix de Sam Fisher, mais aussi quelques voix connues du doublage français comme Patrick Borg et il me semble aussi que Grim a la même voix depuis le début de la série. La qualité est là et fait vraiment plaisir à entendre.
Avec
Note
Conviction, Ubisoft a pris un gros risque en modifiant profondément le gameplay des Splinter Cell originaux, au point que ce n'est plus vraiment un Splinter Cell. Mais si on veut faire évoluer les choses, proposer des nouveautés, il faut bien exploiter d'autres potentialités, sans quoi on délaye la même expérience à l'infini, au risque de lasser les joueurs. Ainsi Conviction divise : d'un côté il y a ceux qui le détestent car il s'est trop émancipé de la formule originale, trop "gear-of-warisé", et d'un autre il y a ceux qui ont apprécié ce changement assez radical (comme moi, même si j'aime aussi les anciens opus), tout en séduisant une nouvelle frange de joueurs, dont l'ancienne formule était trop hermétique pour eux. Et c'est un fait : avec son nouveau gameplay, ses checkpoints en lieu et place des sauvegardes manuelles, son action moins réfléchie, plus nerveuse, plus spontanée, il est clair qu'Ubisoft Montréal a cherché à intimement modifier l'expérience que peut apporter le jeu, ce que Double Agent n'avait finalement pas réussi à faire. Personnellement je trouve que c'est très réussi puisque sa première source d'inspiration (Gears of War) est un jeu que j'adore.
Et encore là, je n'évoque pas une réalisation de très bonne facture (surtout au niveau des animations, qui sont incroyables), une excellente bande-son ou encore un superbe scénario, parfaitement mis en scène, qui revient sur le passif du héros et de sa fille, et dont la trame accrochera n'importe quel amateur de film Hollywoodien un tantinet musclé. Alors certes Conviction est l'épisode le plus controversé de la série, certes de Splinter Cell il n'est plus que le lointain parent (finalement, puisque Fisher n'a plus la même tête, il ne reste plus l'histoire pour faire le lien), certes ce n'est plus un titre d'infiltration pur et dur mais plus une sorte de jeu orienté "action tactique" (et là c'est Rainbow Six Vegas qui a donné des idées), et après quoi ? Personnellement, j'ai adoré vivre cette aventure car j'aime les jeux d'action et je reconnais que la formule action/infiltration (qui inspirera à son tour l'excellent Hitman Absolution, 2 ans et demi plus tard) est pour moi très attrayante. Alors oui je plaide coupable, après 4 épisodes aux évolutions timides (le Chaos Theory restant à mes yeux le meilleur opus de l'ancienne formule), je suis bien content de voir que les choses bougent enfin, même si c'est au détriment des fondements même de la série. Il n'empêche que ça reste un très bon titre, qu'il serait vraiment dommage de rater.
