The Last of Us Part II -- Review sur SoloGamerTest

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Scénario
Mise en scène

Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son

Note générale


Testé sur :

 




La version PlayStation 4 est compatible avec :




Sortie initiale : juin 2020 sur PS4
Déploiement du patch PS5 : mai 2021
Sortie de la version Remastered : janvier 2024 sur PS5 - avril 2025 sur PC

Développeur : Naughty Dog
Adaptation PC : Nixxes Software et Iron Galaxy Studios
Editeur : Sony Interactive Entertainment
Genre : survival horror / infiltration / action

Version testée : française
Doublage : français
Textes à l'écran : français

Moteur graphique : Naughty Dog Game Engine
Difficulté :
Temps de jeu : 25 à 35 heures selon votre rythme
Multi-joueurs : non

Abréviation : TLOU2
Titre alternatif : The Last of Us 2
Prix au lancement : 70€ sur PS4 - 50€ sur PS5 et PC
Score des ventes : 10 Millions (tous supports)



Installation PlayStation 5


Version classique PS4 (rétrocompatibilité)

Support : 2 Blu-Rays ou en téléchargement sur PlayStation Store
Installation : 99,4 Go
Version logicielle : v.1.09
Performances : 1440p en 60 fps
Compatible VR : non
Compatible Remote Play : non

Version Remastered PS5 (native)

Support : 2 Blu-Rays ou en téléchargement sur PlayStation Store
Installation : 85 Go
Version logicielle : v.1.20
Performances : 4K en 30 fps ou 1440p en 60 fps
Optimisation PS5 Pro : 4K (upscalée) en 60 fps
Compatible VR : non
Compatible Remote Play : oui


Installation PlayStation 4

Support : 2 Blu-Rays ou en téléchargement sur PlayStation Store
Installation : 95 Go
Version logicielle : v.1.02
Performances PS4 : 1080p en 30 fps
Performances PS4 Pro : 1440p en 30 fps
Compatible VR : non
Compatible Remote Play : non


Installation PC

Support : en téléchargement sur Steam et Epic Games Store
Installation : environ 150 Go
Compatible VR : non

Configuration minimale :
CPU : Intel Core i3-8100 ou AMD Ryzen 3 1300X
RAM : 16 Go
VIDEO : avec 4 à 8 Go de VRAM (type GeForce GTX 1650 / Radeon RX 5500XT)



La musique de la semaine :
Mechanical Revolta




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The Last of Us Part II

+ Remastered




Une fois n'est pas coutume, notre article est d'une longueur jamais atteinte (ce test comporte plus de 8.200 mots !). On s'est alors dit qu'il serait pertinent de vous proposer une sorte de "chapitrage" afin d'accéder directement au contenu que vous souhaitez lire. Bien sûr on espère que vous lirez tout, mais dans le cas d'une lecture morcelée, vous accéderez plus facilement à l'endroit où vous vous êtes arrêté(e). Dans les faits, nous allons d'abord évoqué le jeu sur PS4 et comme vous le verrez en jettant un oeil au menu ci-dessous, nous l'avons décortiqué. Ensuite nous parlerons du fameux patch dédié à la PS5, pour finir par la version Remastered, sortie sur PS5 et PC. Cet article nous a demandé un long travail de rédaction et nous espérons, Chacha et moi, qu'il vous plaira. ^__^


01 : Introduction
02 : Polémiques
03 : Installation
04 : Options et violence

05 : Scénario
06 : Mise en scène
07 : Gameplay
08 : Inspirations

09 : Réalisation graphique
10 : Réalisation audio
11 : Réflexions intimes
12 : Patch de la version PS5 et version Remastered

13 : Conclusion



Introduction


The Last of Us puissance 2 !


Naughty
Comme le premier opus sur PS3, The Last of Us Part II est l'un des derniers grands titres de la console, une sorte de baroud d'honneur pour la PS4
Dog est l'un des studios les plus prolifiques à la solde de Sony. Si leur début de carrière était éclectique, à la sortie de la première PlayStation le studio domicilié à Santa Monica s'est affilié à Sony et n'a par la suite développé des jeux que pour les consoles du géant de l'électronique. De Naughty Dog on retiendra des séries aussi cultes que mémorables, des jeux autant dans l'air du temps que techniquement parmi les plus aboutis de leurs supports : Crash Bandicoot, Jak & Daxter, Uncharted et dernièrement The Last of Us. A la sortie d'Uncharted 2 le studio s'est scindé en 2 équipes : la première a travaillé sur Uncharted 3 et la seconde sur The Last of Us, 2 grands jeux de la PlayStation 3. The Last of Us peut même être considéré comme la baroud d'honneur de la 3e console de salon de Sony, puisqu'il est sorti en juin 2013 alors que la PS4 voyait le jour à peine 3 mois plus tard.
13 mois se sont écoulés, le succès de la PS4 étant largement confirmé, The Last of Us revient dans une version Remastered d'excellente qualité, réunissant le jeu principal ainsi que son DLC (Left Behind), au sein d'un même Blu-Ray, profitant au passage d'un lissage graphique ainsi que d'un rehaussement technique en 1080p/60fps. Préférant la qualité à la quantité, le studio Naughty Dog n'est pas du genre à inonder le marché mais chacun de leurs jeux est généralement un grand succès. La PS4 a donc accueilli le grand Uncharted 4 et ses quelques 17 Millions de ventes (!), ainsi qu'un spin-off, The Lost Legacy, au succès plus modéré (8 Millions de ventes, ce qui est déjà pas si mal, ce ne sont pas tous les jeux qui se vendent aussi bien).
Enfin le cas de The Last of Us est assez criant vis-à-vis de la qualité des jeux du studio et de l'accueil du public puisque le premier opus (vendu aussi bien sur PS3 que sur PS4) a trouvé preneur à hauteur de 20 Millions d'exemplaires, ce qui en fait leur plus gros succès. On comprend mieux pourquoi Sony a largement soutenu cette suite, qui est à l'heure de sa sortie (en 2020) le projet le plus coûteux jamais financé.



Le dernier des nôtres...


The
On l'a attendu très longtemps cette suite (6 ans) mais les reports ont permis d'obtenir un niveau de finitions sans égal
Last of Us Part II était d'abord pressenti pour Noël 2018, avant d'être finalement annoncé officiellement pour novembre 2019. S'ensuivirent un premier report pour le 21 février 2020 puis un second pour le 29 mai 2020, pour finalement voir le jour le 19 juin 2020. 6 ans de développement, de motion capture, de vilains spoils, de fausses annonces (histoire de brouiller les pistes et de laisser encore quelques surprises aux joueurs) et de "crunch" (pas la douceur au chocolat, l'autre), pour finalement nous livrer le plus gros jeu post-confinement.
C'est aussi l'un des plus gros jeu de la PS4 et une fois de plus, le baroud d'honneur d'une console Sony puisque la PlayStation 5 verra le jour avant la fin de l'année 2020. Vous n'êtes pas sans le savoir, la crise sanitaire du Coronavirus / COVID-19 a posé de nombreux problèmes, et si certains développeurs ont réussi à continuer leur développement en télétravail, pour les très gros jeux AAA c'était nettement plus tendu, une remarque qui s'applique aussi à Cyberpunk 2077 (développé par CD Projekt RED), l'autre très gros titre attendu pour la fin de l'année 2020. Aussi en cause, il y a l'impression, la fabrication et la distribution des copies physiques, voulant laisser aux joueurs le choix de leur média (car en pleine pandémie les ventes physiques auraient été très limitées, tout en sachant que bien des joueurs -nous les premiers- tiennent à leur copie matérielle).
Il n'empêche que tout ce temps pris à peaufiner le jeu a permis au studio de nous proposer une aventure ciselée, mais aussi une expérience unique, qui s'est vu bonifiée, optimisée, façonnée avec beaucoup de talent et d'amour pour l'œuvre. Avec un total de plus de 300 distinctions, notamment pour "jeu de l'année", The Last of Us Part II a dépassé le record détenu par The Witcher 3 depuis 2015, devenant ainsi l'actuel jeu vidéo le plus récompensé de l'Histoire. Maintenant soyons clairs dès le départ, si à nos yeux il aurait pu être le chef d'œuvre ultime d'une console en fin de vie, ce ne sera malheureusement pas le cas. Si beaucoup de points sont très positifs et que la réalisation est juste parfaite, on ne peut pas en dire autant du reste...



Polémiques


Girl Power !


Si
Jeu polémique par excellence, TLOU2 a reçu un "review bombing", preuve que l'oeuvre divise et dérange, autant qu'elle fascine
cette suite se nomme "Part II" et non simplement "2" c'est uniquement pour se démarquer, car les raisons invoquées par Naughty Dog sont idiotes (d'ailleurs le Remaster PS5 et PC du premier opus prendra l'appellation "Part I"). Il n'empêche que ce Last of Us 2 (moi je l'écris comme je veux ^.^) s'est vite annoncé comme un best-seller puisqu'il s'est vendu à plus de 4 millions d'exemplaires dans le Monde en un seul week-end. Et c'est bien cet insolant succès qui lui a valu un "review bombing" inédit, malgré ses ventes. Le "review bombing" c'est lorsqu'une bande de lâches bien cachés derrière leur écran, votent massivement et négativement contre un jeu, afin de faire largement chuter ses appréciations. Alors certes, parfois c'est justifié mais ce lynchage provient souvent de personnes mal intentionnées qui n'ont généralement ni la console, ni le jeu.
Moi même je joue à tout ce qui me tombe sous la main : j'ai un PC, des consoles Sony, Nintendo et Microsoft, et tout à fait entre nous, ça ne me viendrait pas à l'idée de faire une telle chose. Bref, le "review bombing" c'est la nouvelle méthode d'une poignée de gens méprisables qui (toujours de façon anonyme) protestent envers ce qui va à l'encontre de leur petite vision étriquée. Car vous vous doutez bien que tout ceci n'est pas gratuit, si beaucoup d'écervelés se donnent tant de mal, c'est parce qu'au fond, ils ne comprennent pas les aspérités de l'œuvre. Tout ça pour quoi ? Parce qu'on joue une jeune fille de 20 ans et lesbienne ? Parce que le courant LGBT les fatigue ?
OK c'est vrai, la féminisation à outrance de ces dernières années est un peu pénible, cependant lorsqu'on joue une Lara Croft dans Tomb Raider, une Aloy dans Horizon, Claire ou Jill dans Resident Evil, Amanda dans Alien Isolation ou encore Emily dans Dishonored 2, bizarrement personne ne s'en plaint. Donc c'est quoi le problème, le fait qu'Ellie aime une autre fille ? Pourtant, on aurait facilement pu penser que justement, 2 filles qui s'embrassent, ça plairait aux beaufs... Mais soit, laissons aux imbéciles leurs guerres stériles, au final ce sont les ventes qui finiront par leur faire fermer leur clapet. Car oui, dans cet épisode on ne joue plus du tout Joël (un mâle alpha et hétéro d'âge mûr, qu'elle horreur ! mon Dieu sauvez-nous !), mais uniquement des filles. Je ne vous fais pas de dessin...



Installation


The Last of Oeufs
(un jeu Matines)



The
Tenant sur 2 Blu-Rays, le jeu s'installe sur presque 100 Go ! C'est énorme mais finalement pas si étonnant...
Last of Us Part II est un jeu extrêmement gourmand puisque son installation initiale est de 95 Go ! Vous avez bien lu, 95 Go alors que le jeu est essentiellement solo (le mode multi devait arriver plus tard mais fut abandonné) c'est juste énorme ! Le jeu est livré sur 2 Blu-Rays et contrairement à ce qu'on pourrait penser, il ne faudra pas installer les 2 disques.
En insérant le premier des deux (c'est inscrit clairement dessus) la console décompressera les données et les installera copieusement sur le disque dur. Sur PS4, la procédure se fait via l'interface console et prend pas moins de 20 minutes. Ensuite pour jouer, il faudra insérer le disque 2 qui lui, ne s'installera pas. On devine alors que ce disque servira aux données secondaires et aux cinématiques qui, bien que construites avec le moteur graphique du jeu, seront lues en direct (sinon à quoi bon insérer un autre disque ? pour une poignée de Gigas manquants ? j'en doute...). Le plus drôle, c'est que le même jour j'ai également racheté Killzone Shadow Fall, jeu de lancement de la PS4 et ce dernier s'installe à hauteur de 40 Go en une poignée de minutes. Les choses évoluent, c'est un fait...
Ayant acheté The Last of Us 2 le jour de sa sortie (il faut dire que ma femme, Chacha, est une grande fan du premier opus, on y a joué presque 10 fois et elle attendait cette séquelle avec beaucoup d'impatience), d'office il installera le patch "day one" v.1.02 qui pèse pas moins de 4,25 Go, qui se cumuleront aux 95 Go de l'installation initiale pour un résultat final qui fait plus de 99 Go ! Sur les modèles de base de PS4, avec leurs disques durs d'à peine 500 Go (dont seulement 400 Go sont disponibles), ça devient tendu !



Colosse Duty


Ainsi
Suite au patch "day one", The Last of Us 2 est techniquement parfait : aucun bug, aucun raté, tout en exploitant 120% des capacités de la PS4
le jeu pèse lourd, très lourd (à l'image de certains titres récents tels que Red Dead Redemption II, Final Fantasy VII Remake et Borderlands 3, tous les 3 faisant de base plus de 90 Go), Last of Us 2 n'est pourtant pas le recordman en la matière puisque Call of Duty : Modern Warfare (le remake de 2019) avec toutes ses mises à jour et Warzone (son Battle Royale), il atteint les 190 Go !!
Ça devient vraiment n'importe quoi (surtout pour du Call of !) et même si je veux bien admettre que les textures soient plus fines, les jeux plus ambitieux, derrière il y a quand même un sérieux manque d'optimisation. Après il ne faut pas non plus se leurrer, que les jeux grossissent est tout à fait normal. Last of Us 2 pèse 100 Go mais dès le lancement de la console, les premiers titres pesaient déjà entre 20 et 50 Go (le premier Last of Us pèse 48 Go et pourtant, il date de juillet 2014). Donc au final, une installation qui double de volume en 6 ans n'a rien d'étonnant. Souvenez-vous sur consoles 16-bits, les premiers jeux Super Nintendo faisaient 4 Mb (soit 512 Ko) et en fin de carrière ils faisaient 32 Mb (4 Mo, soit 8 fois plus !).
Idem pour les jeux PlayStation qui au fur et à mesure ont multipliés les disques. Sur PS2 les premiers jeux tenaient sur des CD-Roms (700 Mo) alors qu'à la fin, on avait des DVDs double couche (8 Go), et parfois même plusieurs disques. Donc je ne suis finalement pas si surpris qu'un jeu si ambitieux soit environ 2 fois plus gros qu'un jeu de début de génération, je dirai même que c'est "presque peu".



Options et violence


Si tu prends ma place, prends aussi mon handicap...


Avant
The Last of us Part II signe l'acte 1 de l'accessibilité pour tous, tellement les options sont nombreuses et permettent de s'y adonner, même en cas d'handicap
de réellement parler de ce Last of Us 2 (je sais, cette intro est interminable), il faut préciser que la jaquette du jeu est vraiment moche à souhait, ce qui ne rend pas tellement hommage à la grandeur du titre (alors que la pochette du premier opus était très bien). Ensuite, The Last of Us Part II inaugure ce que sera le jeu vidéo de demain.
Offrant une ribambelle d'options, allant de la plus pertinente à la plus inutile, ce jeu est l'ambassadeur de l'accessibilité pour tous avec le réglage de la taille de l'ATH, la configuration des couleurs, un réglage très poussé de l'audio et le cas échéant, on a même une synthèse vocale qui dicte les textes. On commence à entrevoir pourquoi le jeu pèse si lourd... Ceci dit, toutes ces options sont une bonne chose car un handicap, quel qu'il soit, ne doit pas être un frein aux plaisirs ludiques et même si le jeu facilite son accès aux personnes ayant des problèmes moteur, audio ou visuels, je pense que ces options ouvrent également une belle opportunité à cette frange de la population qui n'a jamais joué à un jeu vidéo de sa vie. Il ne faut pas croire, ce n'est pas parce que nous, les gamers de longue date, on dirige si facilement notre personnage et qu'on enchaine les "headshots" que c'est évident pour tout le monde.
Ainsi en plus des 5 modes de difficulté (allant du mode "histoire" qui facilite au maximum l'aventure, jusqu'au mode "réaliste" pour ceux qui veulent un challenge masochiste), il est possible de paramétrer son jeu selon son niveau et/ou son handicap. Maintenant espérons que certains joueurs ne profiteront pas de ces options pour rendre le jeu si abordable qu'ils pourront le rusher en une poignée d'heures. C'est ridicule et ça gâche évidemment le plaisir. Comme pour les parkings : "si tu prends ma place, prends aussi mon handicap"...



Si c'est trop violent pour toi... joue à autre chose !


Comme
Oui le jeu est très violent, mais lequel ne l'est pas ? Et puis le premier opus l'était déjà presque autant, donc pas de quoi s'offusquer ?
je le fais quasiment systématiquement, j'ai rejoué au premier opus avant d'attaquer le test de celui-ci et si beaucoup de gens restent choqués par la violence du jeu, dites-vous que le premier épisode était tout aussi viscéral et particulièrement cru dans son propos. Au final qu'est-ce qui a changé depuis ? Et bien mine de rien en 6 ans, la "bien-pensance", le courant de pensée "mainstream" s'est peu à peu imposé, en faisant croire que nous vivons dans un monde bisounours, où "tout le monde il est beau tout le monde il est gentil".
Pensant sûrement que les jeux vidéo sont trop violents, je rappellerai aux "fragiles" que d'autres titres sont mieux taillés pour eux (les Kirby ou les Animal Crossing par exemple) et que notre média n'est pas forcément plus sanglant qu'un autre. Il suffit de regarder la majorité des films pour s'en rendre compte, et les livres ne font guère mieux. Même les contes pour enfants sont bien souvent glauques, nous faisant lire des horreurs à nos gosses avant d'aller se coucher. Comme par exemple "Peau d'âne", un conte populaire de Charles Perrault, parue en 1694 où un père veuf veut épouser sa propre fille et lui faire des enfants... Ouep, c'est aussi véridique que dégueu à souhait !
Bref, la violence n'est pas réservée aux jeux vidéo, elle est partout ! Impossible d'allumer sa TV, de consulter Facebook ou de visionner un film sans y être confronté... l'être humain est ainsi fait, pas besoin de jouer les chochottes apeurées et choquées. Ceux que ça dérange n'ont qu'à retourner à leur tricot, tout en leur souhaitant qu'une guerre ne leur tombe jamais sur le coin de la gueule, car ça risque de faire très très mal...



Scénario


Qui prépare sa vengeance, creuse 2 tombes...


L'histoire
Malgré le choc qu'il nous assène, au départ ce scénario sur fond de vengeance est très accrocheur...
de Last of Us (le premier opus) nous racontait le périlleux voyage de Joël (un père qui a perdu sa fille le jour où tout a basculé) et d'Ellie, une jeune fille de 14 ans qui d'un coup s'est révélée être un espoir pour l'humanité, étant donné qu'elle est immunisée contre le virus du Cordyceps qui a causé une pandémie mondiale et des milliards de morts à travers le monde. Une fois ce long et infructueux voyage accompli, quasiment un an après leur départ, Ellie et Joël sont devenus plus que des amis, presque un père pour cette fille qui n'a plus de famille. Ils retournent alors dans le Wyoming, chez Tommy le frère de Joël. Dans cette suite, nous sommes 5 ans plus tard : vivre dans une communauté de survivants leur a permis de connaître la paix et la stabilité en dépit de la menace constante des infectés et des survivants désespérés. Mais lorsqu'un "événement" d'une violence extrême causant un traumatisme inguérissable vient troubler cette paix, Ellie se lance dans une sanglante quête de justice...
Pour sûr, l'histoire du premier opus était marquante, très marquante même et c'est avec plaisir qu'on va retrouver les principaux protagonistes qui ont donné corps à ce jeu mythique. Notez tout de même que suite à la crise du Coronavirus, il est presque ironique de faire la relation entre la pandémie de Cordyceps (un champignon entomopathogène qui infecte normalement les insectes mais qui, pour le coup, a décimé l'humanité) et celle que nous avons vécu. Bien sûr, moi le premier, je suis un peu frustré de jouer Ellie, alors que je m'étais attaché (presque identifié) à Joël, ce père désabusé et badass qui a si bien tenu son rôle de protecteur.
Maintenant sachez que ce n'est pas la première fois qu'on joue la jeune fille puisqu'un chapitre entier, plus un DLC, lui étaient déjà dédiés dans le premier épisode. Vous remarquerez aussi que les développeurs ne savent pas compter sur leurs doigts : si Ellie avait 14 ans lorsqu'elle a rencontré Joël durant cet été 2033, que leur première aventure a duré approximativement un an (elle se termine au printemps 2034), et que nous sommes 5 ans plus tard, alors Ellie n'a pas 19 mais 20 ans. Mais soit, ce n'est qu'un petit détail.




Le parcours que nous ferons durant cette longue aventure (cliquez pour agrandir)



L'Abby ne fait pas le moine


Maintenant
... puis Abby entre en scène et on la jouera longtemps, beaucoup trop longtemps ! Et c'est bien là que le jeu perd son auditoire !
je ne sais pas si vous êtes au courant, mais la principale source de frustration du jeu, c'est qu'on ne jouera pas que Ellie. Ne vous en faites pas, je ne suis pas là pour vous spoiler le scénario cependant Abby, le second personnage jouable, sera notre (anti) héroïne durant un long, très long, trop long moment ! En effet, l'aventure est très longue, sans doute l'une des plus longues pour un jeu exclusivement solo et plus ou moins linéaire. La durée de vie est très oscillante, pouvant aller d'environ 15 heures si vous rushez, à plus de 30 heures si vous prenez le temps de fouiller les lieux, de jouer "infiltration" et de vous imprégner de l'ambiance. Et durant tout ce temps, dites-vous bien que vous jouerez Abby pendant environ 45% de ce temps ! Vous avez bien lu, moi qui pensais que la jouer nous apporterait des détails supplémentaires (ce qui fut le cas) et que sa présence faisait en sorte de rallonger l'aventure (sans pour autant jouer Ellie tout du long), il y aura forcément un moment où vous vous direz : "au final, qui est l'héroïne du jeu ?".
On joue tellement Abby qu'il n'aurait pas été choquant qu'elle trône aux côtés d'Ellie sur la pochette. Ainsi à l'image d'Halo 2 (et je vous le dis de suite, ce n'est pas mon épisode préféré) où on alterne entre Master Chief et Arbiter (au point que notre héros de toujours est même évincé de son propre jeu en fin d'aventure), ici on joue l'antagoniste presque aussi longtemps que l'héroïne !
Avouons-le, c'est original, c'est même couillu d'avoir osé faire ça et les développeurs ont parfaitement réussis leur coup : nous faire comprendre qu'Abby n'est pas qu'une salope bodybuildée, c'est aussi une personne avec un cœur, une âme et une conscience, qui fera en sorte de se racheter de ses actes. Pour être franc, on finit même par (un peu) l'apprécier... Cependant les développeurs ont beaucoup trop joué sur les nerfs des joueurs ! Qu'on comprenne ses motivations, OK c'était une bonne idée, même si dans cette seconde partie d'aventure, il faudra naturellement repartir de zéro (puisqu'Abby ne va pas profiter des compétences acquises par Ellie, ça va de soi). Maintenant, lorsque les 2 filles se rencontrent, qu'on joue encore Abby, ce n'est plus frustrant... c'est pervers !



La vie est une question de point de vue et de choix...


En
Avec son physique de bonhomme sous stéroïdes, on a bien du mal à s'attacher au personnage d'Abby, qui (en plus) est trop mise en avant face à la vraie héroïne du jeu...
ayant joué au premier jeu, on a forcément plus d'empathie pour Joël et sa quête, qu'Abby et sa vengeance. Il est donc naturel de préférer Ellie, de continuer son histoire, plutôt que de jouer une connasse vengeresse super moche au physique de forain, et qui sort de nulle part. Même si on finit par apprécier le personnage pour ce qu'elle est, elle aura toujours toute une aventure de retard en ce qui concerne l'attachement du joueur. Et croyez-moi, ce Last of Us 2 est parfois très rageant ! Ne pouvant pas laisser indifférent, il arrive qu'on soit crispé sur son pad pour la simple raison qu'au final, la tournure des choses est certes singulière, mais bon sang elle ne va pas du tout dans le bon sens ! Et puis le jeu ne nous laisse jamais le choix : malgré ses très nombreuses cinématiques et les nombreux (potentiels) embranchements qu'on entrevoie, on suivra toujours le chemin tracé par les développeurs et les scénaristes, alors qu'il aurait été tellement plus agréable qu'on nous laisse choisir de "faire" ou "ne pas faire" tel ou tel acte.
D'ailleurs le jeu propose un "new game +" qui permet de rejouer en conservant ses compétences, ses armes et son matos (une excellente chose en soi) car croyez-moi, une seconde lecture ne sera pas de trop. Et personnellement, j'aurai apprécié que justement, les développeurs nous proposent à ce moment-là d'avoir le choix : faire l'aventure dans l'ordre chronologique (car il y a beaucoup de flashbacks et de timelines imbriquées), faire le choix de tuer (ou pas) telle ou telle personne (car on en revient à mon vieil adage, qui est plus vrai que jamais : "la vie est une question de point de vue et de choix") et surtout choisir "qui jouer" à certains moment-clés de l'aventure.
Malheureusement nous ne sommes pas dans un RPG et des choix, on n'en fera jamais ! On suit la ligne directive imposée par le studio, on garde la mâchoire bien serrée et on fait avec... Et tout ça, c'est de la faute à Naughty Dog : eux qui ont toujours réussis à nous offrir des scénarios vraiment sympas (à défaut d'être révolutionnaires) cette fois sur l'écriture, on se dit "qu'ils ont pétés un câble" ! En somme, à trop vouloir innover, ils ont fini par faire de la merde ! N'ayons pas peur des mots...



Mise en scène


La descente aux enfers d'Ellie...


Pour
Si le scénario est une déception à laquelle nous n'étions pas préparés, à contrario la mise en scène est d'une perfection encore jamais atteinte !
mettre tout ceci en scène, le studio a une nouvelle fois fait appel à la motion-capture et on retrouve nos acteurs et doubleurs de l'époque. Ainsi c'est une nouvelle fois Ashley Johnson qui joue le rôle d'Ellie, et on retrouve le très bon Troy Baker qui joue Joël. Quant à Abby, elle est jouée par Laura Bailey, qui travaille beaucoup dans le doublage mais dont la motion-capture n'est pas nouvelle puisqu'elle a déjà incarné Olympia Vale dans Halo 5 et Nadine Ross dans Uncharted 4. Et que dire de la qualité de la mise en scène, si ce n'est que celle-ci est juste parfaite ! Il est clair qu'un nouveau cap fut franchi, avec des animations d'une qualité irréprochable et des expressions faciales d'une précision encore jamais vu. Même en plein jeu, on pourra apprécier de très gros efforts d'expressions, et une superbe synchro labiale constante (plus lors des cinématiques plein écran, mais tout de même présente lors de nos voyages).
C'est bien simple, même si ça reste un jeu vidéo, le résultat est là : la mise en scène touche à l'œuvre d'art et ne laisse transparaitre aucun défaut. Tout cet étalage de technicité rend bien sûr hommage à cette perle d'émotion, qui contraste parfois avec des scènes d'une violence délibérément crue. D'ailleurs le rythme est volontairement décousu, afin de justement mieux souligner ce fantastique jeu d'acteurs. Car vous l'aurez compris, si je peste sur l'écriture (le scénario), de son côté la réalisation, la mise en scène et le nombre incroyable de cinématiques, nous font prendre conscience de l'énorme travail des développeurs, qui justifie à la fois tant d'années de développement, ainsi qu'une installation aussi grosse.
D'ailleurs j'apprécie beaucoup la façon dont le premier opus est résumé et suivi : il y a une vraie continuité du précédent Lore comme la chanson de Joël, le robot de Sam, le mensonge, les blagues d'Ellie, son couteau pliant... Ceci dit, quitte à vouloir autant se rapprocher du cinéma, j'aurai malgré tout aimé que lorsqu'un personnage qu'on apprécie meurt, le jeu prenne le temps de ralentir (avec un slow motion par exemple) plutôt que de continuer à un rythme effréné, au risque de faire passer ça pour une (simple) formalité.




Ashley Johnson joue le rôle d'Ellie (doublée par Adeline Chetail)



Troy Baker joue le rôle de Joël (doublé par Cyrille Monge)



Laura Bailey joue le rôle d'Abby (doublée par Audrey Sourdive)



Gameplay


La vengeance dans la peau
(Ellie Bourne)



Abordons
Le gameplay est souvent jubilatoire. A quelques fausses notes près, l'aventure est un régal
à présent le gameplay, qui est naturellement repris du premier opus, avec bien entendu toutes les améliorations dont il avait besoin. Devenue adulte, Ellie sait désormais nager (Abby aussi, ça va de soi) avec ce que ça impose de phases aquatiques (bien qu'elles restent finalement assez rares). Le jeu nous laisse le choix lors des affrontements : on peut soit échafauder des plans d'attaque (en posant des mines), soit la jouer infiltration (avec ce que ça implique d'exécutions silencieuses) ou à l'inverse, jouer les grosses brutes et rentrer dans le tas. Se la jouer "action" est d'ailleurs mieux amené et plus gratifiant qu'autrefois, car bien souvent l'infiltration est gâchée par des ennemis soit totalement aveugles, soit trop clairvoyants. Dans tous les cas, la difficulté est tout à fait accessible pour ne jamais rebuter (tout du moins dans les modes les plus faciles).
Pour justement la jouer en "infiltration", notre héroïne peut désormais se déplacer à plat-ventre, ce qui nous rend littéralement invisible (dans les herbes hautes, la position accroupie suffit à rester indécelable aux yeux des ennemis). Toujours aussi orienté vers l'exploration, il sera toujours profitable de bien fouiller les lieux. Parfois certaines zones ne sont que difficilement accessibles (c'est là qu'interviennent les passages en cordes). L'exploration permettra comme d'habitude de récupérer des pièces détachées qui serviront à upgrader nos armes via les ateliers, et des stimulants qui permettent d'acquérir de nouvelles compétences.
L'arbre de compétences est par contre très mal fichu : les branches se débloquent en trouvant des revues, mais on ne peut pas développer telle ou telle compétence sans upgrader les précédentes, qui sont parfois inutiles selon notre façon de jouer (par exemple, je n'ai personnellement jamais utilisé les fumigènes). Notez par ailleurs que le premier rush ne vous permettra pas d'upgrader toutes vos armes et de débloquer toutes les compétences, ce qui rend d'autant plus intéressant un second tour de piste. Après on retrouve avec plaisir ces objets à confectionner et même des flèches pour notre arc. Malheureusement, si bon et jubilatoire soit le gameplay, il n'est pas à l'abri d'incohérences.



L'Homme est un loup pour l'Homme...


On
On retrouve avec plaisir l'upgrade des armes, beaucoup d'exploration, de crafting et même plusieurs approches possibles pour chaque zone
commencera par le fait qu'on laissera de côté beaucoup d'objets (notamment des munitions), notre héroïne estimant qu'une poignée de balles par arme suffit. D'accord, ça nous force à changer souvent de tactique (et d'arme) mais lorsqu'on ne porte qu'une poignée de cartouches, sachant qu'à la prochaine zone on en aura potentiellement besoin, c'est un peu débile. D'autant que dans ce monde apocalyptique, les munitions sont rares et je doute fortement qu'on laisserait ce genre de trésor de côté. Le pire, c'est que la bougresse ne veut pas porter plus d'objets ou de balles, mais se permet de ramasser chaque feuille qu'elle lira... en sachant ce que pèse le papier ! Bref, c'est un non-sens. Il en est de même pour les armes de corps à corps, qui s'usent à une vitesse folle. Perso, je vois mal une barre-à-mine, une hache ou une machette se briser au 4e clampin que j'occis.
Ajoutons que le combat au corps à corps est assez pénible, et aussi mal foutu qu'imposé (notamment face à certains pseudo-boss). A grand coup d'esquive, d'attaque classiques et "éclairs", ces bastons sont l'héritage des Uncharted 3 et 4, même si on s'en serait volontiers passé, surtout lorsqu'on doit faire face à une petite horde qui n'a que nous pour cible. C'est vite la panique car les manipulations sont assez peu intuitives. Dernier détail, le système de visée est également sujet à quelques crispations. Selon les options choisies, soit on visera extrêmement facilement un ennemi mais impossible de régler manuellement sa visée (pour viser sa tête et le "one-shoter" par exemple), soit on est libre de sa visée et celle-ci est particulièrement imprécise (sans parler de cette perpétuelle bougeotte qui nous fait souvent rater notre cible). Au final, il n'y a pas vraiment de solution, l'un ou l'autre choix ne convient jamais parfaitement.
Heureusement pour nous, l'exploration est toujours parfaitement mise en avant, les environnements permettent (la plupart du temps) différentes approches et tactiques et les guns ont conservés une sacrée dynamique ! Avec certaines pétoires on sent clairement la puissance dévastatrice de l'arme. Idem pour ce qui est des mines ou des bombes qui arracheront certains membres au passage. A l'image du cocktail molotov, c'est aussi sadique que jubilatoire ! ^.^



   

L'édition Collector (vendue aux alentours de 190€ à sa sortie - aujourd'hui elle est hors de prix) propose une grande boite originale, le jeu a format physique dans un steelbook, un artbook de 48 pages, le bracelet d'Ellie, une lithographie, 5 stickers, 6 pins, du contenu digital mais aussi et surtout une figurine de 12 pouces (environ 30 cms). Cliquez sur les images pour les agrandir.


Inspirations


The Last Walking of Us is Dead


Nous
Très inspiré par Walking Dead, le post-apo n'a jamais été aussi bien retranscrit
venons de le voir, les développeurs semblent aimer le cinéma d'action (comme nous tous, sauf bien sûr pour les cas désespérés qui critiquent sans regarder tous ce qu'Hollywood a à offrir), avec des flèches explosives inspirées de Rambo (ou du premier Predator, lorsque Schwarzy tente d'attirer l'extra-terrestre dans un piège), ou encore des bombes inspirées du premier Terminator (vous savez, celles que Kyle Reese fabrique dans le premier film pour se défaire du T-800, les fameuses bombes-tuyaux).
Et bien autre détail intéressant, les fans de The Walking Dead ont sûrement remarqué que le jeu s'inspire beaucoup de leur série fétiche. La mort d'un personnage très important rappelle celle de Glenn par sa brutalité, Joël + Ellie rappelle forcément le duo Rick + Carl, l'attaque d'un groupuscule rappelle sans mal "les Wolfs", fouiller des maisons dévalisées dans un monde post-apo où l'être humain est devenu un plus grand danger que les infectés (qui ne sont finalement qu'une autre forme de zombie), les hordes et le danger qu'elle représente, les Scars rappellent les Scavengers, les sifflements rappellent les "Sauveurs" (la joyeuse bande de connards à la solde du fameux Negan), le stade rappelle celui de Fear the Walking Dead, et le plagiat les inspirations vont si loin qu'un nouvel ennemi fait son apparition et s'appelle "le rôdeur". Autant dire que les développeurs sont clairement des amateurs du Comics et de la série créés par Frank Darabont et Robert Kirkman !




Ici nous ne parlerons pas de la série TV The Last of Us, parce qu'elle n'est apparue qu'en janvier 2023, soit 2 ans et demi après ce second jeu. Ceci dit je pose ça là : même si j'ai adoré la prestation de Pedro Pascal dans le rôle de Joël, j'estime qu'Andrew Lincoln (qui joue Rick Grames dans la série The Walking Dead) aurait également été très bon, surtout qu'il porte bien mieux la barbe que son confrère. Notez par ailleurs que la série Walking Dead s'est littéralement écroulé depuis qu'il l'a quitté, à l'épisode 5 de la saison 9 (bien qu'elle battait déjà de l'aile) et que l'acteur était donc totalement dispo depuis 2019 et qu'il est littéralement taillé pour ce genre de rôle. Enfin moi j'dis ça, j'dis rien...


Réalisation graphique


2e vague...


Reprenant
Même si le chaos est peu propice aux jolis décors, The Last of Us Part II nous dévoile quand même de très jolis panoramas
le performant moteur graphique d'Uncharted 4 (sorti en 2016), certains sont allés dire des âneries telles que : Last of Us 2 est moins beau que la 4e aventure de Nathan Drake. C'est évidemment complètement faux. En réalité, Uncharted 4 pose un univers contemporain, propre, souvent avec de très beaux panoramas et en effet, lui aussi en met plein les yeux et il est, dans cette comparaison, difficile de donner tort à ceux qui affirment ça. Maintenant sachez que Naughty Dog n'est pas du genre à garder un moteur graphique en l'état (si performant soit-il), et en passant d'un jeu à l'autre, il est naturel qu'il soit upgradé, d'autant que 4 ans séparent les 2 titres. Et The Last of Us Part II nous dévoile une maitrise absolument parfaite de la PlayStation 4.
Comme évoqué, la motion capture a permis de réaliser des prouesses lors des cinématiques, les expressions faciales sont impressionnantes de réalisme, nous avons une synchro labiale même sur la VF et nous avons une impressionnante gestion de la physique puisque le corps de notre personnage entre réellement en collision avec les éléments du décor. Il faut aussi voir avec quelle précision sont faites certaines séquences, comme la propagation d'une hémoglobine ultra réaliste (ce qui aurait sans doute fait plaisir à Dexter :) ou lorsqu'on voit Ellie jouer de la guitare comme le ferait une "personne réelle" (placement des doigts, réaction des cordes et sonorités qui vont avec). Il est donc clair que nous n'avons pas affaire à de vulgaires cut-scenes à peine travaillées.
S'il est évident qu'on trouvera Uncharted 4 plus charmant avec ses panoramas de carte postale, il faut savoir que Last of Us 2 propose lui aussi quelques décors où notre doigt est inexplicablement attiré par le bouton Share (histoire d'immortaliser certains moments aux décors vraiment remarquables) et son monde post-apocalyptique est également magnifiquement retranscrit. Encore une fois très inspiré par The Walking Dead, le jeu est extrêmement varié dans ses situations, ses décors, ses scare-jumps (rares mais diablement efficaces ^.^), son alternance de scènes et les lieux que nous visiterons.



Joël + Ellie = Joëlie


Les
Le jeu varie grandement ses lieux et il alterne parfaitement ses ambiances : tantôt calmes et posées, tantôt anxiogènes au possible
plus beaux passages sont encore ces zones où la nature a repris ses droits, auxquels les développeurs ont apposé un grand soucis du détail comme cette fine neige qui tombe et où on laissera nos traces en marchant (ce qui rappelle Rise of the Tomb Raider), de véritables miroirs (qui sont encore très rares, même aujourd'hui), les chutes d'eau, la végétation... rien n'a été laissé au hasard et même si au premier coup d'oeil il est difficile de dire que c'est beau (il faut dire que le chaos ne l'a jamais été), Last of Us 2 brille finalement sur les détails et ce rendu quasi photo-réaliste d'environnements peaufinés à l'extrême. On apprécie aussi les zones infectées, plus flippantes et dégueu que jamais, les nuages de spores sont ultra travaillés, on a même de nouveaux ennemis plus détaillés et glauques que dans le premier opus.
Un travail incroyable a été réalisé sur les graphismes, témoin du talent de ce studio mythique et de sa maitrise de la console. On sent que ce long temps de développement, plus les quelques reports, ont permis de peaufiner la réalisation, et d'y apporter un max de détails. Notez également que le patch "day one", qui était étrangement en v.1.02, fut le seul de toute ma longue cession de jeu. A l'heure où j'écris ces lignes, pile un mois après sa sortie, il n'y a pas eu d'autre patch et je n'ai subi absolument aucun bug ! Encore une fois, on sent que Naughty Dog a apporté un soin tout particulier à son jeu.
D'ailleurs, si le premier chargement est très long, par la suite les "loadings" sont imperceptibles, l'aventure se déroulant d'une traite. Si le jeu s'affiche en 1080p, il est compréhensible que cette fois, il ne soit qu'en 30 fps. Bien sûr les puristes vous diront qu'ils auraient préféré du 60 fps avec un jeu moins beau, mais personnellement je privilégie la qualité graphique au framerate, étant donné que nous sommes sur un jeu d'action ultra narratif, et non un fast FPS ou un jeu de courses (notez que cette affirmation reste vraie à partir du moment où l'écran n'est pas trop grand, dans le cas contraire, le 30 fps est rapidement insupportable).



Dina Turner et Abby Schwarzenegger


On
Abby est l'exact inverse d'Ellie et avec son physique d'haltérophile, ce n'est clairement pas le genre de personnage féminin qu'on aime jouer...
notera tout de même 4 détails qui entachent (un tout petit peu) cet étalage de perfection. D'abord, une fois le jeu lancé, votre PS4 jouera les sèche-cheveux non-stop. Même lorsqu'il est en pause, The Last of Us 2 ne ménage pas la console qui visiblement, chauffe pas mal (plus encore que dans Horizon, c'est dire). Et le fait que le second disque soit dans le lecteur et que celui-ci ne s'installe pas, implique que le lecteur Blu-Ray tournera tout au long de votre session, ce qui peut (à terme) devenir problématique. Ensuite, on passera souvent, très très souvent par des interstices et c'est justement à ce moment-là qu'une cinématique se déclenchera. Que ça arrive une fois ou 2, pas de souci, la tuile c'est que les développeurs n'ont visiblement pas trouvé d'autre moyen pour que notre héroïne se fasse alpaguer par surprise, et sur la fin du jeu, on en vient à redouter chacun de ces passages.
Enfin, et c'est selon moi le pire, il y a quelques détails physiques qui, personnellement me gênent. Déjà il y a Abby, produit génétiquement modifié de l'union non-avouée d'une tournante organisée par Stallone, Schwarzenegger et Dwayne Johnson. A bien y regarder, je pense que les développeurs voulaient un contraste fort entre Abby et Ellie : l'une est frêle, homo, brune, cheveux détachés, quand l'autre est blonde (foncée) avec une tresse, hétéro en mal d'amour avec une forte propension aux mélodrames, et surtout, avec un physique bodybuildé franchement dégueulasse ! Pourtant Abby n'est pas vilaine, mais lorsqu'elle est à bras nus, avec ses gros biscotos et sa carrure de catcheuse, tout à fait entre nous, elle me donne la gerbe.
Et le pire dans tout ça, c'est qu'en voulant pousser l'aspect "survie" et "post-apo" du titre, certaines filles (comme Dina et justement Abby) ont des poils sous les aisselles (heureusement, le jeu n'est pas en odorama !). Pourtant, c'est un consensus au cinéma, dans les jeux ou autres : les poils disgracieux sont éliminés. Certes ces pilosités rendent le tout plus crédible, plus réaliste mais franchement, c'est dégueulasse et ça rappelle Metal Gear Solid 2... pour de mauvaises raisons.




Que le jeu veuille paraitre réaliste est une bonne chose mais les poils... non !!



Réalisation audio


Ellie, diling, diling, gratte la guitare...


Terminons
Les bruitages sont d'une qualité irréprochable ! Quand à notre VF, elle profite d'un excellent casting et d'une superbe synchro labiale
comme d'accoutumé par la partie audio du titre. C'est avec plaisir que le casting vocal a répondu une nouvelle fois présent et chacun des protagonistes connus dispose (en version française) de la même voix. Ainsi Joël a toujours la voix du charismatique Cyrille Monge, ce doubleur de talent qui est la voix officielle de Kirk Acevedo et Steven Weber. Plus proche de nous, c'est la voix de Joseph Seed dans Far Cry 5 et New Dawn (un autre jeu à la surféminisation), ou encore celle d'Artyom dans la trilogie Metro. De son côté, Ellie a retrouvé la voix d'Adeline Chetail, une doubleuse de longue date qui a un CV long comme le bras et qui double entre autre Vanessa Hudgens et Christian Serratos (Rosita de Walking Dead, comme le monde est petit :).
Plus proche de nous, elle prête sa voix de Bhadra dans Far Cry 4, Marlène Wallace dans Final Fantasy VII Remake, Arana dans Horizon : Zero Dawn mais aussi et surtout à Zelda dans Breath of the Wild. Quand à Abby, elle a la voix d'Audrey Sourdive, une actrice française qui ne s'est mis au doublage que depuis 2017 en participant elle aussi à Horizon (elle a également participé aux doublages de Spider-Man, Assassin's Creed Odyssey et Borderlands 3). Quant au reste de ce casting assez prestigieux, nous retrouvons Kelly Marot (la voix régulière de Jennifer Lawrence, Dakota Fanning, Sophie Turner et Hayden Panettiere - elle est la voix de Claire Redfield dans Resident Evil 2 Remake et elle prête son jolie timbre à Dina).
Il y a également Thomas Roditi (la voix française de Robert Pattinson, Gilles Marini et d'Ian Harding, ici il prête sa voix à Jesse), et Daniel Njo Lobé (qui est un gros doubleur avec entre autre à son actif les voix de Longinus dans Far Cry 4, Marvin Branagh dans les Remakes de Resident Evil 2 et 3, mais aussi et surtout la voix de Geralt de Riv dans les The Witcher 2 et 3). Enfin j'ai une tendresse particulière pour Jérôme Pauwels qui est la voix française (régulière) de Woody Harrelson, Jeremy Renner, Seann William Scott ou encore l'excellent Jon Bernthal (personnage important de Walking Dead, et acteur principal de la très bonne série The Punisher). On le connait aussi pour sa bonne prestation de Hurley (joué par Jorge Garcia) dans la série LOST.



La rage d'une fille


Vous
Une nouvelle fois, les compositions de Santaolalla apportent beaucoup à l'ambiance, qui se veut cette fois plus soutenue et mélancolique
l'aurez compris, le casting est 4 étoiles et aucune fausse note ne viendra vous sortir d'une poignante cinématique. On notera tout de même que le jeu est souvent très bavard (surtout en début d'aventure avec Ellie et Dina), mais pas avare en renseignements utiles. D'ailleurs je ne l'ai évoqué que succinctement mais divers courriers seront à lire tout au long de l'aventure, ce qui bien entendu apportera quelques détails de plus sur l'histoire, ou des infos intéressantes (comme le code d'un coffre fort qui cache souvent de bonnes ressources). Autre point appréciable : les problèmes de portée audio ont en grande partie été réglé. Déjà les options permettent un paramétrage assez fin de l'acoustique selon son matériel (5.1, casque, simple son de la télé...), mais en plus cette fois le jeu nous évitera de voir ce héros, seul dans son coin, répondre comme un con à une question qu'on n'a pas même entendu !
Si le jeu gère parfaitement l'atténuation dû aux parois (comme lorsque notre interlocuteur nous parle derrière un mur), globalement notre accompagnateur/trice sera toujours suffisamment près et le son suffisamment clair, pour qu'on comprenne ce qu'il ou elle dit. Quant aux bruitages, ils sont d'un réalisme et d'un dynamisme qui fait plaisir à entendre ! Les armes à feu détonnent, confortant souvent leur puissance, les explosions sont particulièrement dynamiques et globalement, l'ensemble des bruitages est d'une qualité irréprochable.
Enfin, la bande-son a été créée par 2 compositeurs. On retrouve d'abord Mac Quayle, un compositeur américain spécialisé dans les séries TV et qui fut (entre autre) à l'oeuvre sur Mr Robot et American Horror Story (The Last of Us Part II est sa première participation à un jeu vidéo). C'est lui qui s'est occupé des musiques communes et des partitions d'ambiance. En face, on retrouve le fabuleux Gustavo Santaolalla. L'homme aux multiples nominations et récompenses pour son admirable travail, nous livre une nouvelle fois une œuvre acoustique de grande qualité. Plus présente, plus mélancolique aussi, la musique sait autant souligner l'action que porter aux nues une scène dramatique. Encore une fois, l'ambiance ne serait clairement pas la même si elle n'était pas soutenue par son remarquable travail...



   

Mac Quayle et le magistral Gustavo Santaolalla



Réflexions intimes


Avec des "si" on pourrait refaire le monde !


Tout
Le jeu prend position sur beaucoup de thèmes (notamment l'homosexualité et le féminisme) mais son plus grand défaut reste d'avoir rayé de la carte un personnage trop important aux yeux des joueurs. Une idée aussi originale que complément stupide !
au long de cet interminable test (oui je sais, on s'est vraiment lâché sur ce coup-là) nous l'avons vu, The Last of Us Part II est un jeu magnifique, qui a beaucoup de qualités. Au final, son seul vrai défaut c'est d'avoir tué celui qu'il ne fallait pas tuer ! Qui fait ça, que ce soit dans la littérature, le cinéma ou les séries ? Personne ! Personne ne prendrait le risque qu'on s'attache autant à un personnage pour le voir se faire exploser la gueule à coup de club de golf dans l'épisode suivant, c'est complétement débile ! D'ailleurs Neil Druckmann a reçu des menaces de mort pour ça (oui ça va un peu loin) mais il serait dommage d'évincer Halley Gross, la co-scénariste qui doit avoir une part au moins aussi importante dans ce carnage. Avec Chacha on se fait souvent cette réflexion : les scénaristes peuvent tout faire, à partir du moment où "c'est bien fait". Par exemple, ils auraient pu faire mourir un(e) ami(e) très proche, on aurait compris sans problème la rage d'Ellie et son besoin de vengeance.
Ils auraient également pu faire en sorte que "tu sais qui" soit blessé à mort, qu'il faille trouver des médocs, que sa vie ne tienne qu'à un fil mais on l'aurait retrouvé "vivant" à la fin de l'aventure, terminant ainsi le jeu sur un "happy end" mérité et gratifiant. Sérieux, vous avez vu la fin de ce jeu ? Franchement, c'est déprimant... et puis même si c'est très con, j'aime quand ça finit bien. Enfin soit, il est désormais trop tard, on pourra retourner cette affaire 100 fois dans nos têtes, ça n'y changera rien, le mal est fait ! On espère seulement que pour le 3e épisode ils vont éviter d'être "original et surprenant" à tout prix et qu'ils vont nous pondre une bonne histoire sans nous arracher (à mains nues) le cœur de la poitrine !
D'ailleurs Neil, on a quelques idées justement, si tu lis ceci (aucune chance je sais ^.^) voilà ce que tu peux faire : sur 2 timelines, d'un côté on pourrait vivre les aventures de Joël avant qu'il ne connaisse Ellie (car rappelez vous qu'il faisait du trafic d'armes et de rations au sein du camp de concentration de réfugiés de Boston), et de l'autre côté la vie qu'il a mené à Jackson à partir du moment où il y ait retourné (à la fin du Part I). Vous en pensez quoi ? Il y a de quoi faire un bon scénar' non ?



   

A gauche Neil Druckmann : développeur, réalisateur et producteur chez Naughty Dog, dont il est devenu le coprésident (avec Evan Wells) depuis 2020. A droite Halley Gross, une ancienne actrice devenue scénariste, précédemment connue pour son travail sur les séries Westworld et Too Old to Die Young. Oui, c'est à cause de ces deux-là qu'on a droit à ce scénario de merde ! Et le pire, c'est qu'ils ont été récompensé de plusieurs "awards" pour ça...


Patch de la version PS5
et version Remastered


30 fps et grand écran ne font pas bon ménage


Comme
Sur un petit écran, le 30 fps ne dérange pas, par contre, plus la TV est grande plus il faut un framerate solide
vous le savez déjà, la PlayStation 5 a vu le jour en novembre 2020, soit à peine 5 mois après la sortie de ce Last of Us Part II qui devait (en théorie) signer la fin de la carrière de la PS4. Une PS5 qui est parfaitement rétrocompatible avec les jeux PS4, et qui pour l'occasion profitent souvent des mises à jour PS4 Pro, voire même de patchs dédiés. D'ailleurs nous n'en n'avons pas encore parlé de ce patch PS4 Pro : bien qu'offrant toujours du 30 fps, la résolution native grimpe à 1440p. Un regain de précision et de finesse des textures qui améliore naturellement le rendu global. Alors je vais être sincère avec vous, il y a encore quelques temps, le 30 fps ne me dérangeait pas. D'ailleurs, si vous lisez des articles d'avant 2021, c'est une affirmation que je répète assez souvent. Et je le pense toujours : le 30 images/seconde ne gêne en rien, à partir du moment où il est stable et surtout, surtout, que l'écran est petit.
Pour l'anecdote (oui j'aime bien raconter ma vie :) Chacha et moi avions une télé Sony de 40", qui affichait du 1080p. C'est une excellente TV que j'ai acheté en 2009 et qui était assez haut de gamme à l'époque (elle fonctionne toujours, elle est désormais dans la chambre pour que madame puisse regarder confortablement ses séries pendant que je joue dans le salon). Ceci dit, ça faisait déjà un moment que j'enquiquinais la femme de ma vie pour acheter une TV 4K... OLED si possible. A l'origine, mon dévolu s'était porté sur une 55" et puis nous sommes tombés sur une promo et nous n'avons pas hésité. Nous étions en août 2021, avec ma dulcinée nous entamions notre 2e rush sur Last of Us Part II, en jouant donc sur PS4 et sur l'ancienne TV.
Un beau matin d'été, ding-dong, le livreur sonne et ma belle LG 4K 65" OLED arrive enfin à la maison ! La joie et le bonheur, sauf peut-être à monter (ceux qui en ont une savent que c'est une galère). Enfin bref, 2 jours plus tard, Chacha et moi reprenons notre jeu et là, j'avoue, on a un peu déchanté. La PS4 faisait toujours un bruit infernal et le jeu ne tournait qu'en 1080p / 30 fps, donc c'était vraiment pas fluide et surtout, les graphismes ont pris cher ! Car l'ancienne TV (en 1080p) mesurait 102 cms quand la nouvelle (en 4K) mesure 165 cm... et croyez-moi, la différence est très nette !



Y'a que les cons qui ne changent pas d'avis...
(il parait)



Ainsi,
Le patch dédié à la PS5 est sorti moins d'un an après le jeu et il améliore grandement l'expérience
entre des graphismes qui désormais nous paraissaient moins beaux (il y avait notamment un peu d'aliasing et beaucoup de tramage sur les textures) et ce 30 images par seconde qui nous pétait à la gueule, la fin de notre expérience fut nettement moins savoureuse que le début. A partir de ce moment-là, on s'est surtout contenté de jouer sur Xbox Series X, pour des raisons assez évidentes de confort visuel. En janvier 2023, nous avons enfin eu une PlayStation 5 et avec elle la promesse de jouer à certains jeux exclusifs tels que Horizon Forbidden West, Spider-Man et bien entendu The Last of Us Part I, Remake Remaster du mythique premier opus. Etant donné que la PS5 est rétrocompatible avec 99% des jeux PS4, cette dernière a pris une méritée retraite après plus de 9 ans de bons et loyaux service, et la petite nouvelle a fièrement pris sa place, aux côtés d'une Series X que nous possédons depuis son lancement.
Et c'est à ce moment-là que la révélation s'est faite : le 30 fps ne dérange pas, tant que l'écran reste modeste ! En effet, sur notre ancienne TV ça ne posait généralement pas de problème, ainsi de mon point de vue, j'avais un peu de mal à saisir pourquoi tant de joueurs prônaient le 60 fps, au détriment de la qualité graphique. Aujourd'hui j'ai compris, c'est bon, la leçon a été apprise... Si aujourd'hui je reprends la plume, ce n'est pas seulement pour vous parler de ma vie et de mes achats. C'est également pour évoquer avec vous le déploiement du patch v.1.08 de The Last of Us Part II (perso, notre test s'est fait sur la v.1.09).
La mise à jour 1.08 était clairement destinée à la PS5. Alors tout d'abord, sachez que sur PS5 le jeu pèse désormais 99,4 Go, il peut être installé sur le disque dur externe (sur le mien j'y stocke tous mes jeux PS4) ou sur le SSD interne. Installé sur le disque dur externe, le jeu charge ses données "normalement" j'ai envi de dire, on subit quelques pop-ups dû aux latences et le premier chargement est au moins aussi long que sur PS4 (à savoir de 55 secondes à 1 minute 20 selon le niveau).



Une version PS5 proche de la perfection


Evidemment,
Sur PS5, le jeu tourne de façon fluide en 60 fps, le tramage et les pop-ups ont disparus, les temps de chargement ont été raccourcis... que du bonheur !
le mieux c'est de l'installer sur le SSD interne de la console (s'il vous reste de la place tant ce dernier est ridiculement petit) et là le premier chargement descend entre 35 et 45 secondes selon le niveau. C'est sûr, il y a une nette amélioration mais je dois avouer être quand même un peu déçu du "SSD pas si magique que ça", surtout quand techniquement on connait la différence entre les 2 : le taux de transfert du HDD PS4 est d'environ 50 Mo/sec quand le SSD de la PS5 peut monter à plus de 2 Go/sec... normalement, le temps de ce premier chargement n'aurait pas dû excéder les 10 secondes... Malgré ce premier point un peu décevant, sachez que jouer sur PS5 est une vraie satisfaction ! En premier lieu, le jeu tourne désormais dans un imperturbable 60 fps, et ça, sur ma TV 4K, ça fait du bien.
Ensuite, il y a une totale disparition du tramage des textures (qui étaient visibles sur PS4 avec la nouvelle TV), les pop-ups ont pour ainsi dire totalement disparus grâce au SSD et enfin, cerise sur le gâteau, la PS5 ne fait pour ainsi dire aucun bruit, puisqu'elle ne chauffe pas. A côté du réacteur d'avion qu'était sa grande sœur, c'est que du bonheur ! Les seuls petits bémols que les pinailleurs pourraient relever, c'est que malgré l'amélioration graphique, le jeu n'est pas réellement en 4K (en réalité, il utilise le 1440p de la version PS4 Pro, qui est ensuite upscalé en 4K), et il ne profite pas pleinement des fonctionnalités de la DualSense (même si ça perso, je m'en tape !).
Enfin il n'applique pas quelques futiles effets de Ray Tracing, si cher aux aficionados de technologies inutiles qui coûtent si cher en ressources système, forçant les développeurs à baisser le framerate, la résolution ou les 2. Comme évoqué j'ai compris la leçon et désormais je préfère largement avoir du 60 fps plutôt que de jolis reflets, d'autant que The Last of Us Part II nous propose énormément de Screen Space Reflections (SSR), un simulacre, un "faux Ray Tracing" dont le rendu est d'une qualité bluffante. Vu le résultat, autant ne pas s'emmerder avec cette technologie que la PS5 ne maitrise qu'à peine.



Une version PS5 proche de la perfection


Grâce
Si vous possédez la version PS4, Sony vous propose l'upgrade Remastered pour seulement 10 balles
à ce patch, The Last of Us Part II sur PS5 est donc fluide, vraiment très beau, si précis dans ses animations et sa motion capture, qu'honnêtement on ne voyait pas trop ce qu'ils pourraient perfectionner. Et je ne plaisante pas, à l'heure où nous écrivons ces lignes, ils sont encore extrêmement rares les jeux qui atteignent un tel niveau technique, une réalisation si proche de la perfection. Car oui, on peut le critiquer sur bien des points mais s'il y a bien un sujet sur lequel TLOU2 est intouchable, c'est bien celui de la réalisation, qui tient facilement la comparaison avec des jeux bien plus récents. Enfin sachez qu'en marge du Remaster de luxe du Part I (non ce n'est pas un Remake, arrêtez avec ça, c'est de la publicité mensongère !) et de la série à succès parue sur HBO, en juin 2023 la licence The Last of US a fêté ses 10 ans d'existence. Alors bon anniversaire et vivement le Part III (avec un bon scénario cette fois, siouplait :).
Annoncé le 22 novembre 2023, The Last of Us Part II Remastered est sorti le 19 janvier 2024 sur PS5. Une version "native" du jeu, qui compte bien tirer profit des performances de son support et qui est donc, incompatible avec la vieilissante PS4. C'est de cette version que découlera le portage PC, qui est cette fois assurée par Nixxes Software et Iron Galaxy Studios. On se souvient tous du portage du Part I (par Iron Galaxy justement) mais fort heureusement, 2 bras armés valent mieux qu'un et ils nous évitent ce genre de déboires. Sur PlayStation 5, cette nouvelle version comprend des graphismes améliorés et un double mode d'affichage : soit un mode "fidélité" en 4K natif limité à 30 images par seconde (décidément) soit un mode "performance" en 1440p et en 60 fps.
Le jeu est compatible VRR, il propose une amélioration des textures, une augmentation de la distance d'affichage, des ombres retravaillées, des commentaires du réalisateur et des scénaristes, ainsi que des principaux acteurs de "mocap". Le jeu inclus cette fois 3 nouveaux sous-chapitres qui ne sont pas présents dans la version d'origine, la manette DualSense est cette fois pleinement exploitée, et une nouvelle (et coûteuse) édition Collector fut proposée (bien que vu son contenu, on reste très mitigé sur sa pertinence - on en reparle juste après).


Cette
Sortie 15 mois après la version PS5, l'édition PC fut cette fois livrée dans un état très correct
édition Remastered propose aussi un nouveau mode de jeu (survie) basé sur le principe du roguelike... pas très passionnant selon notre point de vue, étant donné que nous aimons TLOU pour son aventure solo, et que je déteste (littéralement) le genre du roguelike. Enfin, sachez que si comme nous, vous jouez sur PS5 tout en possédant le jeu sur PS4, pour 10€ Sony propose l'upgrade Remaster. Une offre sympathique et accessible, qui évite de repayer le jeu plein-pot. Maintenant que dire de cette Remastered Edition du Part II ? Etrangement, malgré sa plus-value technique et son contenus bonus, le jeu pèse moins lourd sur PS5 que sur PS4. C'est aussi étrange que de voir sa PS5 initialement lancée à 500€ pour ensuite passer à 550€ et finir sa carrière à 650€ !
Merci Sony pour cette belle leçon de capitalisme, alors qu'à l'heure actuelle, son prix devrait tourner autour des 250/300€. Je suppose que lorsqu'on a vendu 90 millions de consoles en 5 ans, on peut tout se permettre, pas vrai ? ^_^ C'est fou comme avoir le monopole peut vous faire prendre "le melon" et perdre toute notion de la réalité. La meilleure chose qui pourrait arriver à cette industrie corrompue par le fric, c'est qu'un nouvel outsider débarque et vienne rebattre les cartes. Oui exactement comme l'a fait ce même Sony en 1994 avec sa première PlayStation. Mais revenons à nos moutons. Il est difficile d'expliquer "comment" le jeu a perdu du poids : meilleure optimisation, compression de certaines données ou tout simplement dépoussiérage du code ? Aucune idée, peut-être un peu des 3, car la règle est généralement inverse.
On note tout de même que la DualSense est parfaitement prise en charge via ses "features" habituelles, manette qui sera à nouveau à l'honneur dans sa conversion PC, sortie pas moins de 15 mois plus tard. Une version PC qui (cette fois) est sortie dans un état très correct. On notera tout de même que les spécifications de base paraissent honnêtes mais pour y jouer avec un rendu au moins égal à la PS5, il faudra avoir du bon matos. Misez au moins sur une RTX 4070 et 32 Go de Mémoire Vive (oui le jeu devient vite gourmand en RAM). A part ça, le lancement du titre fut incomparable avec celui du Part I.


Enfin
Niveau tarif, la Complete Edition (qui réunit les Part I et Part II) est ahurissante ! Sony est en roue-lire depuis quelques temps...
le jeu est naturellement optimisé pour la PS5 Pro, avec un patch dédié qui aura attendu que sorte la console. Ainsi l'actuelle console la plus chère de tous les temps (mais pour combien de temps ? et oui, vu comment évoluent les choses, j'ai bien peur que la PS6 soit intouchable !) a profité elle aussi d'une version qui lui est propre. Cependant, on peut voir ici les limites de cet hardware. Pourquoi je dis ça ? Et bien Naughty Dog est (avec Santa Monica et Guerrilla) le studio qui sait le mieux exploiter les supports PlayStation, or on se retrouve avec exactement les mêmes résolutions et framerate que sur PS5 de base : 4K/30fps ou 1440p/60fps. Comment se fait-il qu'on n'obtienne pas le meilleur des 2 mondes, soit la promesse première de cette console en fin de compte ? Et bien sans doute parce que malgré son prix exorbitant (900€ après la hausse des prix de 2026, et toujours sans socle ni lecteur disque) cette console n'est pas aussi performante que Sony le laisse penser.
Bien sûr le jeu est encore plus beau, avec des textures affinées et un niveau de détails accru, mais on ne peut pas s'empêcher d'être malgré tout un peu déçu. TLOU Part II aurait pu être l'un de ses grands fers de lance, mais finalement c'est juste "plus beau". On termine par les 2 Collectors de cette Remastered Edition. Le premier, qui ne propose que TLOU2, est vendu au prix d'ami de 109,99€ !! C'est cher et en plus, le contenu est vraiment lamentable par rapport au premier ! Sérieusement, au prix où ils le vendent, regardez ce qu'il y a dedans : le jeu en version physique (encore heureux !), un steelbook, 4 Pin's, un écusson, des cartes à collectionner, le tout dans une grande boite assez stylée, mais bien trop chère !
La dernière offre se nomme The Last of Us Complete - Collector Edition, qui réunit les 2 jeux (Part I + Part II) en physique (sur 2 Blu-Rays XL) plus 4 lithographies, le tout réunit dans un steelbook et une jolie boite au design épuré. Proposée en exclusivité sur la boutique en ligne de PlayStation (béé voyons !), le prix a grimpé à 119,99 €, alors qu'il n'y a que 2 jeux et aucune figurine... La même offre coûte 109,99 € en dématérialisé, alors que rien n'est palpable ! Encore une fois on a un Sony en totale roue libre, avec des prix complètement délirants. Ainsi, je ne saurai que trop vous conseiller de prendre les 2 jeux séparément et d'occasion où, pour un état proche du neuf, vous aurez le lot pour moins de 50€.



   

L'édition Collector de The Last of Us Part II est jolie mais chiche en goodies, et surtout, elle ne vaut absolument pas son prix (110€) ! Cliquez sur les images pour les grandir.


Conclusion

Si Note



le Remaster du premier épisode signait en quelque sorte le début de la superbe carrière de la PlayStation 4, cette suite a signé son baroud d'honneur, sa sortie triomphale, exactement comme le premier opus l'a fait pour la PS3 (étonnant de se dire qu'au final, cette série est devenue si emblématique de la marque, en seulement 2 épisodes). Maintenant soyons honnêtes et ne nous voilons pas la face : The Last of Us Part II est loin d'être parfait. Si le titre ne mérite pas le "review bombing" dont il a été victime, il ne mérite pas non plus que des éloges et des notes systématiquement maximales. Et parmi les défauts qu'on peut lui trouver, c'est finalement le scénario qui sera le vrai problème de ce titre. Tout d'abord l'écriture est clairement moins bonne que lors du premier opus, ensuite rendre Abby antagoniste n°1 en début de jeu, fait qu'on la déteste au plus haut point !! Et tout ça pour quoi ? Pour ensuite nous la faire jouer, bien trop longtemps, et dans l'unique but de la rendre plus "humaine" en comprennant ses motivations et en apprenant son histoire ? A vrai dire, ça rend surtout l'aventure particulièrement troublante, surtout lorsqu'on y joue pour la toute première fois. Ainsi le jeu se veut moins manichéen qu'on aurait pu le penser : il n'y a pas les méchants d'un côté et les gentils de l'autre, il y a juste un monde impitoyable, éprouvant et violent qui fait faire des choix dont on ne réalise pas de suite la portée ("une aile de papillon" comme dit le proverbe).

Seulement voilà, quoi qu'est voulu faire Naughty Dog, nous n'avons pas aimé "cette formule", car on joue beaucoup trop Abby, presque autant qu'Ellie et donc au détriment de la vraie héroïne du jeu ! Dans le fond l'idée est bonne, même si elle divise et met parfois les nerfs en pelotes. Résultat on perd tout l'intérêt de cette double vision, car la seconde partie de l'aventure nous fait perdre le leitmotiv originel, au lieu de justement apporter une plus-value au récit. C'est exactement ce qu'on a reproché au double visage d'Halo 2. Si vous avez joué et apprécié le premier épisode, cette suite ne peut en aucun cas vous laisser indifférent(e), car elle est tantôt fascinante, tantôt stressante, tantôt particulièrement énervante, voire même déstabilisante ! A trop vouloir créer la surprise, faire un récit le plus original possible, et en nous forçant à comprendre et à aimer celle qui doit être tuée, Naughty Dog a perdu ses joueurs. A mes yeux, le vrai problème du jeu est là, et nulle part ailleurs...

Si le scénario va vous mettre une grosse claque (et pas dans le bon sens du terme), au contraire, la mise en scène est la meilleure jamais vu à ce jour ! Avec une précision encore jamais atteinte, un jeu d'acteur impeccable, un excellent doublage, une motion-capture hyper travaillée... les cinématiques sont clairement les plus belles et les plus précises jamais conçues ! De même, comment ne pas apprécier ce gameplay largement amélioré, avec lequel on savourera cette alternance d'affrontements et de moments plus calmes, qui laissent une grande place à l'exploration et au crafting. Comment ne pas aimer cette bande-son mélancolique et ses bruitages d'une qualité irréprochable. Les inspirations de films et surtout de Walking Dead sont autant de preuve de l'amour des développeurs pour le cinéma et les séries. Les lieux visités sont étonnamment variés, le post-apo n'a jamais été aussi bien retranscrit, la durée de vie est très longue pour un jeu solo et puis comment conclure ce test sans parler de cette réalisation, qui dès l'origine, a su tirer 120% des performances d'une PS4 en fin de parcours. Ensuite, que ce soit sur PS5 comme sur PC, il reste un jeu absolument fabuleux et techniquement bien au dessus de 99% des productions qui l'ont précédés, comme succédés ! Il y a clairement eu un avant et un après The Last of Us Part II, qui est une véritable leçon de mise en scène et de réalisation, gâchée par un scénario qu'on n'aurait jamais soupçonné aussi mauvais.

Quitte à choisir, j'aurai préféré quelque chose de plus simple : retrouver Joël et Ellie (qui sait en alternance ou même en "partner zapping") plutôt que de prendre des crises de rage devant des événements sur lesquels nous n'avons aucun contrôle. Heureusement pour lui, la première moitié d'aventure et les dernières heures du jeu sont vraiment sympas, et une fois qu'on a ingurgité ce scénario écrit par un duo de maniaques qui aiment malmener émotionnellement son auditoire (une grande première pour moi et pourtant, j'ai des milliers de jeux à mon actif) et avec un peu de recul, les bons côtés du titre remontent à la surface. Il nous est donc impossible de lui octroyer la note maximale, mais force est de reconnaitre qu'au milieu de cette atypique année 2020, The Last of Us Part II fut sans doute l'un des meilleurs jeux vidéo qui ait vu le jour. Car sur le plan purement terre-à-terre des graphismes, de la survie, du plaisir de jeu, de l'exploration ou de la mise en scène... il n'a pas son pareil. Au final oui, on est déçus, au moins un peu, mais nous sommes aussi subjugués par la qualité de ce titre qui fut peaufiné à l'extrême. Un très grand jeu, quelque soit le support, un nouveau chef-d'œuvre du grand Naughty Dog qui, pour une fois, rate le coche de faire l'unanimité...






Points négatifs

  Nous imposer Abby de cette façon, nous forcer à jouer le bourreau d'un héros, a quelque chose de pervers. Je pense que Neil Druckmann et Halley Gross sont allés trop loin, ou alors ils ont un sérieux problème dans leurs têtes :(
  Le scénario prend des risques et il est tout sauf manichéen... mais on aurait sans doute préféré quelque chose de plus cartésien
  OK nous ne sommes pas dans un RPG, mais on aurait tellement aimé faire nos propres choix, plutôt qu'on nous les impose...
  On joue beaucoup trop Abby ! Au fond, qui est l'héroïne ? A ce compte là, elle aurait dû être sur la pochette
  Le prix démentiel de The Last of Us Complete : 110€ pour seulement 2 jeux ! Ils pètent des câbles chez Sony !
  On laisse bien trop d'objets et de munitions derrière nous, c'est frustrant
  Armes de corps à corps toujours trop fragiles
  Combats au corps à corps un poil chiants
  La PS4 joue au séchoir non-stop !
  Arbre de compétences mal fichu
  Système de visée perfectible


Points positifs

  Le patch dédié à la PS5 rend le jeu plus beau (effacement du tramage, antialiasing), il supprime les pop-ups, raccourcit les temps de chargement, affiche du 4K upscalé et propose un confortable 60 fps
  Une mise en scène d'une qualité encore jamais égalée ! C'est d'une telle précision, d'une telle perfection, qu'on reste ébahi devant cette prouesse technique !
  La version Remastered apporte du contenu et un agréable réhaussement technique
  De grosses références au cinéma d'action ainsi qu'à la série The Walking Dead
  Des pièges et des cocktails molotov toujours aussi sadiques et jubilatoires
  Enormément d'exploration et du crafting à gogo. On adore ça !
  Durée de vie très longue et un sympathique New Game +
  Une réalisation qui tire 120% des capacités de la PS4
  Excellente dynamique des armes et des explosifs
  La variété et l'originalité des lieux visités
  Le libre choix entre infiltration et action
  Bruitages d'un réalisme irréprochable
  Un gameplay diablement efficace
  La qualité du doublage français
  Le leveling du personnage
  Les options d'accessibilité







Test réalisé par Chacha & iiYama


article initial : juillet 2020
mise à jour : avril 2026


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