The Last of Us Part I -- Review sur SoloGamerTest

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Narration
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


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Sortie mondiale sur PS5 : septembre 2022
Sortie mondiale sur PC : mars 2023

Développeur : Naughty Dog
Portage PC : Iron Galaxy Studios
Editeur : Sony Interactive Entertainment
Genre : survival horror / action

Version testée : française
Doublage : français
Textes à l'écran : français

Moteur graphique : Naughty Dog Game Engine
Moteur physique : Havok
Difficulté :
Temps de jeu : 15 à 20 heures environ

Multi-joueurs : non
Abréviation : TLOU
Titre alternatif : The Last of Us Remastered (bis) - The Last of Us Remake
Prix au lancement : 80€ (PS5) / 60€ (PC) Score des ventes : 22 Millions (tous supports)


Installation PlayStation 5

Support : 1 Blu-Ray ou en téléchargement sur PlayStation Store
Installation : 69 Go
Version logicielle testée : v.1.002 puis 1.003
Performances : 4K en 30 fps avec RT (mode Qualité) ou 1440p upscalé en 60 fps (mode Performances)
Compatible VR : non


Installation PC

Support : en téléchargement sur Steam et Epic Games Store
Installation : 75 Go
Version logicielle testée : v.1.0.5
Compatible VR : non

Configuration minimale :
CPU : AMD Ryzen 5 1500X ou Intel Core i7-4770K
RAM : 16 Go
VIDEO : avec 4 Go de VRAM (type GeForce GTX 1050 Ti)

La musique de la semaine :
Walk in City, Walk in Danger




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The Last of Us

Part I



Menu

01. Avant propos
02. Narration
03. Options & accessibilité
04. Jouabilité & gameplay
05. Left Behind
06. Réalisation (1ère partie)
07. La série TV
08. Réalisation (2e partie)
09. La version PS5 en détails
10. Le portage PC
11. Conclusion




Avant propos

Tout
Rien que sur PS3 et PS4, The Last of Us s'est vendu à 22 millions d'exemplaires !
le monde connait Naughty Dog, ce studio domicilié à Santa Monica qui est né en 1984 sous le nom de JAM Software, avant d'être rebaptisé sous nom actuel en 1989. Le studio a commencé modestement, en développant des jeux pour micro-ordinateurs, puis en 1996 c'est la consécration avec la sortie du premier Crash Bandicoot sur la première PlayStation. A partir de cette date-là, ils ne travailleront plus que sur les consoles de Sony, au point que le créateur de la PlayStation rachètera le studio en janvier 2001 et deviendra donc l'un des fer-de-lance de Sony Computer Entertainment. Naughty Dog enchaine alors les best-sellers : après 4 épisodes multi-millionnaires de Crash Bandicoot, véritable figure de proue de la première console de la marque, c'est au tour de Jak & Daxter de faire vendre des consoles Sony.
Mais pour la PS3, le studio va littéralement changer de fusil d'épaule : fini les ambiances infantiles, place à l'action et aux aventures un peu plus matures avec la saga des Uncharted. C'est encore une fois un carton plein avec 3 épisodes aux ventes stratosphériques. Si Nathan Drake a accompagné la PS3 tout au long de sa difficile carrière, c'est pourtant un autre jeu qui signera son baroud d'honneur : The Last of Us. Nous sommes alors en juin 2013 et la PS4 sortira à peine 3 mois plus tard. La 4e console de salon de la marque n'étant pas rétrocompatible et la mode étant aux Remasters à tout va, The Last of Us ressortira en juillet 2014 sous son meilleur jour, grâce à un lifting graphique et l'incorporation de son DLC, au sein d'une édition PS4 quasi intouchable.
En cumulant les versions PS3 et PS4, The Last of Us a atteint le score de 22 millions d'exemplaires vendus, ce qui est énorme et en fait l'une des licences de Sony les plus prolifiques, mais aussi le jeu Naughty Dog le plus vendu, surclassant même le best-seller Uncharted 4 et ses 17 millions de ventes.



A la fois Baroud d'honneur et fer-de-lance


Si
8 ans après le Remaster PS4, 2 ans après le Part II, le premier The Last of Us revient et remet la licence sur le devant de la scène
le premier opus a signé la fin de la carrière de la PS3, The Last of Us Part II signera celui de la PS4 (encore que, avec les problèmes qu'il y a eu au lancement de la PS5, le COVID-19 et la pénurie de composants électroniques, finalement la PS4 aura longtemps fait de la résistance). Sur beaucoup de points, ce second épisode surclasse son prédécesseur tels que la qualité graphique, le gameplay, la mise en scène, la durée de vie... Cependant, c'est bien au niveau du scénario et de ses protagonistes jouables que le jeu divise. The Last of Us Part II se vendra tout de même à hauteur de 10 millions d'exemplaires, ce qui est déjà bien plus que la plupart des jeux. 4 mois plus tard (en novembre 2020) sort la PlayStation 5 et avec elle, des tas de promesses dont beaucoup sont tenues, comme cette parfaite rétrocompatibilité avec les jeux PS4.
Bien que The Last of Us Remastered (celui sorti sur PS4 donc) reste parfaitement jouable sur PS5, Naughty Dog a entreprit de Remasteriser une fois encore son plus grand chef d'œuvre. Rebaptisé The Last of Us Part I histoire d'être raccord avec l'intitulé du second opus, The Last of Us Remake voit le jour sur PS5 en septembre 2022. Etant donné que Sony tente coûte que coûte d'engranger un maximum d'argent sur chacune de leur production, comme bien d'autres avant lui (God of War, Spider-Man, Returnal, Days Gone...) The Last of Us Part I est sorti en mars 2023 sur PC.
Au final, que vaut cette nouvelle édition de ce titre culte ? Y a-t'il de réelles nouveautés ? La version PC est-elle aussi réussie que celle sur console ? L'investissement est-il intéressant si on possède déjà le jeu sur PS3 ou PS4 ? The Last of Us ne commencerait-il pas à nous faire le même coup que Shadow of The Colossus et GTA V, à ressortir encore et encore ? Des questions auxquelles nous allons bien entendu répondre dans les lignes qui suivent.


Narration


Tonton Neil, racontes moi une histoire...


La
La mise en scène et l'écriture sont admirablement travaillées. La Motion Capture fait des merveilles et chaque personnage a un caractère propre
première chose à savoir sur ce titre devenu culte, c'est que The Last of Us c'est avant toute chose une très bonne histoire. L'aventure se déroule dans un monde ravagé et en ruines, dans lequel les personnes se battent pour survivre. L'univers est clairement post-apocalyptique, et ce après une pandémie provoquée par un champignon appelé le Cordyceps. L'idée est née lorsque Neil Druckmann et Bruce Straley ont vu un documentaire qui montrait un dangereux champignon parasitaire qui tue habituellement les insectes tels que les fourmis. L'infection se propage dans le cerveau et produit une excroissance fongique (champignon) sur la tête. L'idée que le champignon puisse infecter les humains est devenue la réflexion de base du jeu. Inspiré par les séries The Walking Dead ou le film "Je suis une Légende", et puisque les zombies sont toujours autant à la mode (et ce depuis plus de 3 décennies - merci à Romero pour ses films et à Resident Evil pour ça), The Last of Us nous propose d'incarner le personnage de Joël (de façon plus ponctuelle, on prendra aussi le contrôle d'Ellie).
D'abord équipier de Tess, il a pour mission de veiller sur Ellie, une jeune-fille de 14 ans qui pourrait être la solution à la pandémie, dans leur traversée du territoire américain. D'ailleurs le prologue impliquera émotionnellement le joueur, avec en plus la délicate attention qu'on ne nous lâche pas dans un univers à un moment lambda, mais bien à l'instant zéro de toute la problématique. Cette implication est plutôt bien amenée (bien que prévisible) et intronisera la psyché profonde de Joël.
Et là où les développeurs auraient pu tomber dans les travers faciles d'un scénario téléphoné, au contraire notre personnage possède une vraie écriture, un caractère propre et il ne prendra pas Ellie sous son aile comme il prendrait soin de sa propre fille. Les choses sont plus complexes, les rouages se mettent en place de façon nettement plus subtiles et recherchées. En parlant de caractère, chacun a des attraits uniques, aucun interlocuteur ne sera coulé dans un moule (notamment Ellie qui, mine de rien, est une forte tête). Bref, il y a eu un très gros travail de fond, tant sur l'univers que les divers personnages.




Le parcours que Joël et Ellie feront en plus ou moins 1 an, partant de Boston pour arriver jusqu'à Salt Lake City, pour finalement terminer leur périple dans le comté de Jackson (cliquez pour agrandir)


Cordyceps ou Virus-T... même combat !


La
Ne tournons pas autour du pot : les infectés ne sont rien d'autres qu'une variante des zombies
mise en scène est par ailleurs admirablement travaillée. La qualité extrême des modélisations, la motion-capture qui prend en charge même les expressions faciales, et une synchro labiale respectée... on sent que Naughty Dog sait raconter de bonnes histoires et bien les mettre en scène. A l'époque, la différence entre Uncharted 3 et The Last of Us était déjà très nette, on sentait que le studio américain avait fait un énorme bond en avant. Les cut-scenes (gérées en temps réel) sont précises, souvent longues, jamais ennuyeuses. Enfin, certains PNJs ou même Ellie, réclament un peu d'attention (ce qui déclenche un dialogue qui, bien souvent, dévoile un peu du passif du personnage et étaye le fond) et on trouvera souvent des petites notes, des mots de survivants qui, à leur manière, gonflent encore un peu l'ensemble.
On l'a bien vu, les zombies (et par enchainement les monstres) sont à la mode, ce qui a rendu le genre "horror" de plus en plus populaire ces dernières années. Seulement voilà, pour plaire à un public de moins en moins patient, le genre "survival-horror" s'est peu à peu modifié jusqu'à devenir des "action-horror". On peut facilement citer Resident Evil 4 (véritable pierre angulaire du mouvement) ou même Dead Space (surtout dans ses suites), qui ont troqué leur aspect survie contre une ambiance souvent plus trash, au service d'une action nettement plus nerveuse, rognant peu à peu sur l'atmosphère horrifique. Heureusement, il y a des développeurs qui savent écouter les joueurs désireux d'un retour aux origines de l'horreur.
Sans dire qu'il faudrait revenir aux vétustés des premiers Silent Hill ou Resident Evil, il faut retrouver un juste milieu entre un jeu d'action bien bourrin et vaguement flippant, et le "survival" pur souche où on contrôle un guignol incapable des actions les plus simples et je dirai même, les plus logiques (comme dans Outlast, par exemple). En clair Naughty Dog a voulu redéfinir le genre "survival-horror", ce qu'ils ont fait avec énormément de talent. Je dirai même que The Last of Us penche plus du côté "survival" que du côté "horror", ce qui incitera même Capcom à développer d'excellents Remakes de ses opus canoniques (Resident Evil 2 et 3 en tête de liste), en retrouvant justement cet équilibre entre exploration, horreur et action.


Options & accessibilité


Des options adoubées par la MDPH


Cette
Plusieurs niveaux de difficulté contenteront tout le monde et les options proposent de nombreuses fonctions pour rendre le jeu accessible au plus grand nombre
2e réédition propose naturellement toutes les options qui sont apparues entre temps, dont certaines sont même héritées du second épisode. En effet, The Last of Us Part II était l'un des grands titres à lancer la vague de l'accessibilité pour tous. Ainsi on retrouve un panel d'options assez vaste où on pourra avoir accès à des paramètres d'accessibilité visuelle, sonore ou motrice tels que l'aide à la visée, les gâchettes adaptatives de la DualSense, le réglage détaillé et précis des vibrations, la modification des couleurs pour les daltoniens, la retranscription des dialogues, des options pour éviter la cinétose (nausées), le réglage du FOV mais aussi des options pour les combats comme la simplification des QTEs ainsi que 6 niveaux de difficulté. Naughty Dog va même encore plus loin en proposant des alliés intouchables, une possible réduction de l'IA des ennemis, avoir un ralenti lorsqu'on est enjoue ou carrément avoir la possibilité de devenir invisible et de passer sous le nez des ennemis, ni vu ni connu.
Je l'admets, les développeurs sont peut être allés un peu trop loin, ceci dit personne ne vous force à activer ces options, qui visent simplement les gens qui en ont besoin. Car on a tendance à l'oublier mais tout le monde n'est pas au même niveau, je pense aux personnes fortement handicapées ou simplement âgées et dont les réflexes (couplés à l'arthrose) n'aident pas avoir un bon "skill". Ensuite si vous voulez du challenge, on vous propose le mode "réaliste" couplé à l'option de mort définitive, et vous verrez, ce ne sera une promenade dans un champ de pâquerettes comme certains le prétendent. Car ils me font bien marrer ceux qui disent que The Last of Us est beaucoup trop facile... sans jamais jouer à un niveau plus élevé que "normal".
Et puis moi j'aime bien l'idée que dans 30 ou 40 ans je puisse encore jouer à mon jeu, malgré mes vieux os et ça, beaucoup ont tendance à l'oublier : un jour ou l'autre, on finira vieux et moi j'ai pas envi de végéter devant la télé à regarder des séries toutes plus rincées les unes que les autres. Je veux être un "vieux geek" et continuer cette passion qui aura été au cœur de ma vie toute entière... Et The Last of Us Part I fera sûrement parti des jeux auxquels je pourrai encore jouer et ce, grâce à ses nombreuses options d'accessibilité.


Jouabilité & gameplay


Le même... en mieux ?


The
The Last of Us est un survival horror avec une forte tendance à l'infiltration et à l'exploration
Last of Us se présente sous la forme d'un jeu d'infiltration en vue à la 3e personne. En effet, si l'action brute reste possible, elle est rarement payante, notamment contre les infectés. Ainsi il vaut mieux prendre son temps, analyser les déplacements des ennemis, pour mieux les prendre à revers et les tuer en un coup. D'ailleurs à l'image de certains titres (comme ZombiU) le jeu ne se met pas en pause : il faut donc faire bien attention lorsqu'on ouvre son sac à dos...
Justement, dans le sac de Joël il y a plusieurs armes mais en vue d'être plus réaliste, les armes tuent rarement les ennemis en un coup (à moins de viser la tête ou d'utiliser une pétoire vraiment puissante). Notre personnage sera d'ailleurs capable de pas mal de mouvements, ce n'est pas un manchot comme dans la plupart des jeux puisqu'il est tout à fait capable de passer la plupart des obstacles, de détourner l'attention d'un ennemi (en lançant une brique ou une bouteille), de nager et même de se mettre à couvert. Pour le corps à corps le bonhomme prendra ce qui lui tombera sous la main (barre à mine, bout de bois, hache) et au pire, il peut aussi combattre à mains nues.
Bien entendu, tout le challenge c'est de rester discret car certains infectés sont capables de nous tuer en un coup, à l'image du Colosse, véritable boss de cette aventure. Malheureusement, si bon soit-il, le jeu accuse quelques petits soucis de conception. Par exemple, s'il est possible de se déplacer en maintenant un ennemi (humain) en respect, il est absurde qu'on ne puisse pas déplacer le corps une fois que celui-ci est mort (ce qui peut alerter un garde, bien sûr). De même, si les munitions sont extrêmement rares dans tout le jeu, pourquoi ne fouille-t'on pas chaque ennemi armé ? Le gars nous tirait dessus quelques secondes avant sa mort, et Joël n'aura pas systématiquement l'idée de le fouiller, ou de récupérer son flingue.



Joël, l'homme Béluga


Je
Joël peut repérer ses ennemis grâce au son, un peu comme un sonar. Oui c'est capilotracté mais au fond ça fonctionne bien
regrette aussi que l'aspect exploration ne soit pas plus poussé : on ne fouille aucune voiture (il n'y a jamais rien dedans) et Joël se veut quelque peu "sélectif" sur les objets qu'il inspecte. Si on peut examiner certains bureaux ou placards, pourquoi ne peut-on pas le faire systématiquement sur tous ? Même quitte à ce qu'il n'y ait rien dedans (ce qui arrive déjà par moment) ? En clair notre personnage fait sa fine-gueule, et ce à l'encontre de toute logique. De même, il est aberrant de voir comment les développeurs ont réglés le problème de l'IA des personnages qui nous accompagnent : ils se déplacent rarement à couvert et peuvent même passer sous le nez des ennemis, sans que ceux-ci ne les voient ! La première fois qu'on voit ça, on se dit "what the fuck" ! Je suppose que c'est la solution de Naughty Dog pour éviter les problèmes d'une IA complètement débile, et qui nous ferait repérer à chaque fois.
Reste que j'aurai préféré quelque chose de plus "manuel", un peu dans l'esprit d'un Resident Evil 4 où on indique à Ashley quand bouger et où se cacher. Résultat, même si nos alliés nous aident parfois, on sera presque toujours l'unique cible des ennemis, tant nos coéquipiers (parfois "occupés" histoire de donner le change) semblent invisibles. Si bien sûr on n'échappe pas à certaines scènes typiquement action (et ce, avec une bonne dose de stress), il est donc vivement recommandé de la jouer furtif. Une furtivité parfois exigeante et qui occasionne quelques pics de difficulté (je pense notamment à la scène dans le restaurant).
Pour nous aider, Joël a la faculté de détecter les ennemis grâce au son (façon sonar). Bien sûr c'est un peu fumé comme compétence (puisqu'il n'est ni un dauphin, ni une chauve-souris :) mais il faut reconnaitre que ça rend bien service. Last of Us prône également un gros côté "crafting" : il faudra bien fouiller les lieux pour récupérer des medikits, des pièces d'arme, des munitions, divers objets et même des médicaments.



Tess(te) de jeux vidéo et pièces manquantes


Si
Malgré son prix de vente, le mode Factions a disparu et ne comptez pas découvrir quelque chose de nouveau dans cette édition...
la confection est sommaire (un medikit se résumant à un "chiffon + alcool"), le système est loin d'être désagréable, au contraire, il donne du sens au "loot" et force le joueur à explorer les lieux. Avec les objets on sera capable de concevoir des surins (sorte de couteau de fortune qui peut tuer un ennemi en un coup), des bombes ou même des cocktails molotov. L'aspect confection a donc une grande importance dans le déroulement des combats. Les médocs (assez rares) permettent d'upgrader les facultés de Joël et enfin les pièces d'armes permettent d'upgrader les pétoires. Par contre vous l'aurez vite remarqué, à quelques exceptions près, lorsqu'un studio sort une version Remasterisée de son jeu, généralement toute la partie multi-joueurs disparait au passage. Et bien The Last of Us n'échappe pas à cette étrange règle !
Même si le mode Factions n'était pas le cœur du jeu, à l'image des modes bonus qu'on retrouve dans certains Resident Evil (comme par exemple le mode Mercenaries), ça permet de rallonger un peu la durée de vie, de rester encore quelques heures sur ce titre qu'on a adoré. Perso le Mode Factions je m'en fous, mais je comprends la grogne de certains. D'autant que cette castration est uniquement dû au fait que Sony ne veut pas entretenir des serveurs pour un mode facultatif et que de son côté Naughty Dog n'avait pas envi de Remasteriser ce pan entier du jeu, prétextant qu'un de ces jours ils sortiront un multi-joueurs issu de l'univers de TLOU... Un mode longtemps promis mais dont on n'a jamais vu la couleur.
En parallèle, beaucoup pestent en disant que dans cette nouvelle édition, notre héros barbu aurait dû hériter de certaines nouvelles postures comme se mettre à plat ventre (une nouveauté apparue dans le Part II). Pourquoi réclamer ça ? Le jeu n'est pas adapté à ça, il est adapté au gameplay qu'il a toujours eu, je ne vois vraiment pas l'intérêt de se plaindre de quelque chose qui (à l'origine) n'existait pas. Car oui, nous le verrons un peu plus tard mais cette édition est loin d'être un Remake... c'est même tout le contraire ! Ceci dit le gameplay reste très bon en soi, la jouabilité est agréablement précise, le mode solo est long (15h environ) et nous propose un intéressant "new game+". Une durée de vie forcément agrémentée par l'inclusion du DLC : Left Behind.


Left Behind


Ellie (miner) la menace


Unique
L'ancien DLC Left Behind est heureusement inclus mais reste un contenu à part. On aurait grandement apprécié qu'il soit enfin intégré à l'aventure principale
DLC narratif du jeu, Left Behind (qui veut dire "laissé en arrière", un nom évocateur de la situation que nous fait vivre cette portion d'aventure) est d'abord sorti sur PlayStation 3 en février 2014. Depuis la version PS4, il est inclus à l'offre et naturellement on le retrouve dans cette seconde réédition. L'histoire se cale au moment où Joël est blessé et où nous jouons exclusivement Ellie. La trame se déroule en 2 temps : dans le passé, avant qu'elle rencontre son bienfaiteur, puis dans le présent où elle doit trouver de quoi soigner Joël. Ce DLC est extrêmement narratif, trop peut-être, car on enchaine énormément de cut-scenes et au final, on aura que très peu joué. Les cinématiques sont longues, souvent verbeuses, d'ailleurs les phases dans le passé ne proposent que très peu d'interactions, alors même que ce contenu dure moins de 3 heures.
Malgré tout, l'histoire est vraiment sympa, notamment sur un final emprunt d'une très belle émotion et de divulgations qu'on attendait tous. De plus, Ellie est toujours aussi attachante, touchante même par moment. Dans les phases au présent, ça reste du Last of Us pur jus, avec ses défauts et bien entendu, toutes ses qualités. Malgré sa faible longueur, les décors restent jolis, variés, on a de nouvelles et superbes musiques, ainsi qu'un très bon doublage. Si je salue la performance du jeu d'acteur et la qualité de l'écriture (car mine de rien, cette aventure-là répond à certaines questions et comble le petit vide laissé par l'histoire principale) je dois admettre avoir (en un sens) été déçu.
En effet, lors du Remaster PS4, Naughty Dog ne s'était pas trop foulé puisque le DLC était bien à part. Mais pour cette nouvelle édition, j'aurai grandement apprécié que ce contenu soit directement intégré à l'aventure principale. Ça aurait été nettement plus cohérent, il y aurait eu une continuité de l'histoire car tout à fait entre nous, une fois qu'on connait le DLC et qu'on a fini le jeu principal, il y a peu de chance qu'on lance le DLC, tant il est dispensable. On aurait donc apprécié que ce Left Behind s'immisce directement dans l'aventure de Joël, mais visiblement chez certains développeurs les bonnes idées leur échappent...


Réalisation (1ère partie)


Quand on aime, on ne compte pas...


Depuis
Les compositions de Gustavo Santaolalla sont toujours aussi envoutantes et sans elles, l'ambiance ne serait clairement plus la même
toujours, The Last of Us tourne sur un moteur propriétaire, le platoniquement nommé "Naughty Dog Game Engine". A sa sortie sur PS3, le jeu tournait en 720p / 30 fps. Bien que performante, cette bonne vieille PS3 donnait tout ce qu'elle avait et le résultat était tout simplement bluffant, TLOU étant l'un des plus beaux jeux de la 7e Génération. A son arrivée sur PS4, nous avons profité d'un Remaster de qualité avec des textures affinées et un affichage en 1080p / 60 fps. Le Remaster de ce premier opus offrait une superbe seconde jeunesse au jeu et on ne peut douter que la PS4 faisait mieux sous tous les rapports. Sachant que la PS5 est parfaitement rétrocompatible avec les jeux PS4, ce nouveau portage a-t-il une réelle légitimité ? La question est difficile et forcément subjective.
Certains vous diront qu'au prix où il est vendu (80€), c'est du vol, quand certains fans inconditionnels (dont nous pensons, Chacha et moi, faire partis) vous diront que lorsqu'on aime, on ne compte pas. The Last of Us revient donc sur PS5 quelques 8 ans après la version PS4, alors que cette dernière tenait encore parfaitement la route, et tournait comme un charme sur PS5. Essayons donc de répondre (plus ou moins objectivement) à la question... Mais avant de parler des graphismes, qui ont subis une somptueuses refonte, nous allons tout d'abord évoquer la partie sonore du titre, qui se révèle être (elle aussi) d'une très grande qualité. Le jeu propose des options assez poussées pour le réglage de sa configuration audio mais on déplorera quelques déperditions assez gênantes en jouant sur une simple télévision.
Mon conseil est alors de jouer au casque, puisqu'une fois encore, c'est ainsi que vous aurez la meilleure expérience acoustique possible. Les musiques ont été confiées à Gustavo Santaolalla (oscar de la meilleure musique de film pour Le Secret de Brokeback Mountain en 2006 et Babel en 2007), dont certains morceaux ont été composés avec un charango. Si l'homme était peu connu dans le métier, et plus encore dans le jeu vidéo, il faut reconnaitre que son travail n'en était pas moins de qualité. En effet, depuis la sortie de The Last of Us, l'homme s'est forgé une sacrée réputation et ses sonorités typiques, on les retrouve avec grand plaisir dans le second épisode, mais aussi dans la série TV.


La série TV

En parlant de série TV, je prends une minute pour vous dire qu'avec Chacha, nous avons adoré la série ! Contrairement à la série Halo, qui est superbement réalisée mais qui reste finalement assez loin de l'ambiance des jeux (entre autre elle se veut beaucoup trop verbeuse en ne laissant que trop peu de place à l'action alors qu'Halo est un FPS dynamique où il y a finalement que peu de dialogues, c'est donc un illogisme), The Last of Us a été une merveille de fidélité. Pour le comprendre, il suffit de se dire que Neil Druckmann (le producteur et réalisateur du jeu) a lui-même grandement participé à la série, en étant le créateur, le producteur et le scénariste, assurant ainsi une parfaite exactitude avec le jeu vidéo. Et l'homme a qui on en veut pour son scénario de TLOU 2 (car oui, ce qui arrive à Joël à cause de cette connasse d'Abby, c'est entre autre à cause de lui !) s'est entouré de Craig Mazin, le scénariste des Very Bad Trip 2 et 3 mais aussi et surtout le producteur et le "showrunner" de l'excellente série Chernobyl, sortie en 2019. Dans les rôles principaux on retrouve Pedro Pascal, l'homme qu'on voit partout depuis qu'il a joué Oberyn dans Game of Thrones. On le retrouve dans la série Narcos, dans le film Wonder Woman 84 mais aussi et surtout dans le rôle du Mandalorian et ce, depuis 3 saisons déjà (et il apparait aussi beaucoup dans Le Livre de Boba Fett). Autant dire que sa carrière a littéralement décollé et même s'il n'est pas assez barbu pour le rôle, pour le reste il incarne à la perfection notre Joël.


   

C'est Pedro Pascal qui endosse le rôle de Joël


En face de lui on retrouve une autre actrice de Game of Thrones, à savoir Bella Ramsey. Il y a eu beaucoup de critiques comme quoi elle est moche et qu'elle ne ressemble absolument pas à Ellie. Alors déjà faut être un sacré connard pour juger les gens au physique, ensuite ceux qui la critiquent n'ont sûrement pas regardé la série car croyez-moi, elle incarne Ellie comme personne ! Son jeu d'acteur est même bluffant ! Bien sûr, il y a bien une ex-actrice qui aurait pu incarner Ellie et qui lui ressemblait fortement, je pense bien entendu à Ellen Page, qui était très jolie, charmante et dont on a apprécié le talent dans des films tels que X-Men ou Inception, ou encore dans le jeu Beyond Two Souls. La tuile c'est qu'aujourd'hui elle a 36 ans (trop vieille pour le rôle puisque la jeune Ellie est censée avoir 14 ans) et surtout, que désormais elle s'appelle Elliot et pisse debout. Que voulez-vous, c'est le monde moderne et ses dérives ça... il parait qu'on ne peut rien y faire, qu'il faut juste se laisser porté par le courant. Mouais, j'ai quand même du mal à être convaincu.


   

C'est Bella Ramsey qui joue le rôle d'Ellie


Ensuite on retrouve Anna Torv, dans le rôle de Tess, une actrice que personnellement je n'avais pas revu depuis la très bonne série Fringe. Enfin j'ai trouvé que Nick Offerman faisait un très bon Bill, et j'ai apprécié la présence d'acteurs spéciaux qui sont Ashley Jonhson, Troy Baker et Laura Bailey, qui ont fait la Motion Capture de Joël, Ellie et Abby dans les jeux et qui ici ont eu droit à un petit rôle. Je trouve sympa que Druckmann les ait fait participer. Et puisqu'on parle de Motion Capture, j'ai une petite pensée pour Annie Wersching, que j'ai découvert pour son rôle de Renée Walker dans la série 24, qui jouait le rôle de Tess dans le jeu et qui malheureusement est morte d'un cancer en janvier 2023, à l'âge de seulement 45 ans. C'est triste...


   

   

Ashley Jonhson, Troy Baker, Laura Bailey et Annie Wersching


Dans tous les cas, si la série The Last of Us a été tant appréciée, c'est sans doute pour de bonnes raisons. Déjà les spectateurs qui ne connaissent pas le jeu ont pu savourer une série cohérente, qui va certes à l'essentiel mais qui ne manque pas de charme. Pour les joueurs par contre, c'est littéralement la consécration ! La série va entrer dans certains détails que le jeu n'évoque pas, comme par exemple la relation qu'avaient Joël et Tess, alors que dans le jeu, il ne transparait aucune affection. Via la série, est-ce que Druckmann a voulu offrir un nouveau regard sur certains personnages, en parsemant de nouveaux détails ? Assurément !
D'ailleurs la série est un véritable hommage au jeu, puisque tout est là ! Les décors, les phrases cultes, les moments clés de l'histoire... rien ne manquent et le fan du jeu appréciera sûrement cette exactitude, ce respect de l'œuvre originale. Après c'est sûr, il y a quelques couacs tout ça parce qu'à Hollywood, il faut respecter certains quotas. Voilà pourquoi Tommy (incarné par Gabriel Luna) est devenu mexicain et n'a plus rien à voir avec son frère, voilà pourquoi Sarah (la fille de Joël, interprétée par Nico Parker) est devenue métisse, voilà pourquoi tout un épisode est centré sur Bill, qui est homo. Franchement, ce ne sont que des détails, d'autant que l'épisode avec Bill est une perle d'émotion (même si je l'avoue, ils auraient pu le faire plus court et moins centré sur lui) et comme évoqué, jamais aucune série n'avait été aussi fidèle au matériau d'origine, en apportant en prime quelques détails supplémentaires à l'univers et aux jeux, comme le fait de savoir d'où vient l'immunité d'Ellie face au virus.
Et si la série est aussi bonne, à n'en point douter, c'est parce que le producteur du jeu a tout supervisé mais aussi parce que les superbes compositions de Gustavo Santaolalla sont également venues apporter tout le charme et l'ambiance du jeu. C'est une franche réussite dont finalement le seul défaut est sa longueur : à peine 9 épisodes, on aurait vraiment aimé qu'elle s'étale sur au moins 12 à 15 épisodes (il y avait largement matière pour le faire), afin de dévoiler quelques détails de plus et surtout, d'avoir plus de scènes d'action.


   

   

Anna Torv (alias Tess), Nick Offerman (alias Bill), Gabriel Luna (alias Tommy) et Nico Parker (alias Sarah)


Maintenant si avec Chacha on adore la saison 1 pour son exactitude et le respect du Lore, sachez que la saison 2 ne nous a pas du tout convaincu. Je dirai même que quelque chose s'est un peu cassé (et pas seulement l'audimat), la magie n'est plus là. Il faut dire qu'adapter The Last of Us Part II était un pari risqué (casse-gueule même je dirai !), déjà parce que le scénario du jeu divise, mais aussi parce qu'on ne va pas se mentir, Bella Ramsey ne convient plus. Si elle arrivait à joliment donner le change dans la première saison, puisqu'Ellie était petite et jeune, c'est désormais très différent. Dans le Part II, Ellie est adulte, maigre, constamment en colère... et elle pourra faire tout ce qu'elle veut, l'actrice est cette fois larguée. En plus de ça, ils ont tout fait pour que Pedro Pascal soit le plus présent possible, allant même jusqu'à créer des scènes qui n'existent pas dans le jeu (comme l'attaque de Jackson). Au final, on n'a pas (du tout) été convaincu par cette suite et la saison 3 (qui doit centrer sa narration sur Abby) risque d'être un carnage ! Pas seulement parce que l'audience est en berne, mais aussi parce que cette saison va ré-ouvrir de vieilles blessures qu'on aurait préféré laisser guérir...



Réalisation (2e partie)

Le choix d'un père...


Pour
Certes la fin peut diviser, mais celui/celle qui a un enfant comprendra sûrement le choix de Joël...
en revenir à Gustavo Santaolalla (oui je sais, c'était une sacrée parenthèse ^.^), ses compositions sont toujours d'une grande justesse et d'une belle émotion, d'ailleurs bien des morceaux ne sont pas sans rappeler la série des jeux Metro, qui partage beaucoup de son ambiance, de son feeling et de son ressenti lors de son périple. Il faut dire que les passages dans les souterrains avec un masque à gaz sur le visage et ces mélopées à la gratte qui sont malgré tout très similaires, aident forcément au rapprochement (et à mes yeux c'est loin d'être une critique car les Metro, notamment l'épisode Exodus, sont d'excellents jeux). Et puis on ne va pas se mentir, The Last of Us serait bien différent sans cette bande-son. En effet les musiques apportent un charme, une douceur et une mélancolie que seul Santaolalla pouvait fournir.
Avec son savoir-faire unique, l'homme a donné au jeu une ambiance véritablement unique, une émotion palpable que seuls les détracteurs n'arrivent pas à ressentir. Cette bande-son n'est pas seulement mémorable, elle arrive aussi à nous toucher, par ses notes on comprend mieux l'état d'esprit de nos héros, notamment la façon de pensée d'un Joël dévasté et dont le cœur va peu à peu se remettre à battre. Car c'est un fait, ce qui ne voient pas un chef d'œuvre dans The Last of Us, sont sûrement des gens soit trop jeunes soit trop bêtes pour comprendre, des gens qui n'ont pas d'enfants et qui ne savent pas ce que ça fait d'être dans la peau d'un homme brisé.
Alors oui, le final peut diviser, mais croyez-moi, après avoir passé un an à veiller sur une jeune fille que je substitue peu à peu à la mienne, avec qui je noue d'affection et d'amour paternel, ma réaction aurait été exactement la même que la sienne ! D'autant qu'en lisant les divers papiers qui trainent dans l'hôpital (oui je sais, lire c'est chiant et on perd du temps), on apprend qu'Ellie n'est pas la première et surtout qu'ils n'ont jamais réussis à trouver de remède. Pourquoi ce serait différent ici ? Et en tant que père je vous le dis, jamais je ne risquerai la vie de mon enfant, sur un potentiel remède miracle qu'ils ne sont même pas sûrs d'obtenir...




Gustavo Santaolalla, compositeur de cette merveilleuse bande-son qui donne toute son âme au jeu...


Omelette au Cordyceps


Afin
Si les intérieurs n'ont généralement rien d'exceptionnels, au contraire les extérieurs sont souvent magnifiques et certains panoramas en mettent plein la vue
de passer à quelque chose de plus gai, le doublage nous offre un très joli panel de professionnels de la voxographie. Joël possède donc la voix de Cyrille Monge (la même que celle d'Artyum, le héros des jeux Metro... tiens tiens ^.^), on retrouve Vincent Ropion (le doubleur de Dominic Monaghan), Laëtitia Lefebvre (qu'on ne présente plus) et Adeline Chetail qui double Ellie. Certains blasés disent que le doublage français n'est pas top qualité, perso je le trouve de très bonne facture. Une fois encore on apprécie une très bonne synchro labiale lors des cinématiques (dois-je rappeler combien de jeux ne sont pas synchro ?), ensuite on sent que les artistes derrière le doublage furent impliqués dans leur travail, qu'ils y mettent du cœur, donnant réellement corps et vie à chaque personnage. Enfin les bruitages sont exactement comme on les aime : dynamiques (surtout les explosions et les "grosses" armes) et particulièrement réalistes. Ils donnent (à la perfection) le change de l'image.
Bref, c'est du très beau travail, d'autant plus que dans cette nouvelle édition où la portée dynamique (les sons qui traversent simplement l'air ou qui se heurtent à des matériaux) a été joliment retravaillée. Nous l'avons déjà évoqué, beaucoup considèrent The Last of Us comme le plus beau jeu de la 7e Génération et pour cause, certains panoramas étaient absolument magnifiques et nous forçaient à prendre le temps d'admirer la vue. Bien sûr à d'autres moments c'était nettement plus banal puisqu'on passera beaucoup de temps en intérieur et s'il est vrai que les décors étaient toujours très bien travaillés, il était alors plus difficile de s'extasier. Ceci dit il faut bien admettre que dans l'ensemble, The Last of Us est un jeu tout à fait singulier.
Le titre nous distille une permanente ambiance de désolation qui contraste bien avec les escapades extérieures, qui elles, prêtent forcément plus à l'émerveillement. Enorme travail aussi sur les éclairages et les ombres, qui sont vraiment très précis et qui donnent une atmosphère réaliste. En parlant de réalisme, j'ai également apprécié que notre personnage soit un peu balourd, donnant ce côté "plus plausible" que bien des jeux n'ont pas. Car il faut bien comprendre que Joël n'est pas un super-héros, ce n'est pas un surhomme, juste un être humain qui tente de survivre dans ce monde hostile.


La version PS5 en détails


Oohh la vilaine castratrice !


Et si
Ce 2e Remaster n'a rien changé aux défauts du jeu, qui perdurent depuis 2013
on terminait par tout l'aspect technique de ce soi-disant Remake ? Le premier point que j'évoquerai, c'est qu'on ne joue presque pas Ellie dans cette aventure (moins d'un quart du temps de jeu, DLC compris) et pourtant, c'est elle qu'on voit en gros plan sur la pochette, là où avant, il y avait une certaine parité. Pourquoi ? Est-ce pour mettre en avant l'héroïne en pissant comme d'habitude sur l'image patriarcale (puisque c'est à la mode) ou est-ce simplement pour être un peu plus raccord avec le Part II ? Difficile à dire et qui sait, il n'y a peut-être que moi qui ai relevé ce détail.
Au chapitre du "on aurait apprécié d'avoir quelques rectifications", il aurait été sympa d'avoir une configuration des touches plus "classiques". J'entends par là que devoir appuyer sur la gâchette sans viser pour recharger, c'était peut-être original en 2013 mais ça n'a jamais été naturel (est-ce qu'on recharge une arme réelle en pressant la détente ? bien sûr que non, c'est absurde) et la naturelle touche "carré" a toujours très bien fait le job. De même que presser L1 pour courir, certes c'est anticonformiste mais bon sang, il faut un temps d'adaptation pour s'y faire (surtout si vous jouez à plusieurs jeux en même temps, on a vite fait de s'emmêler les pinceaux).
Autre détail, le jeu se permet de constamment nous changer l'arme que nous avons en mains. Il suffit de fabriquer une bombe pour notre personnage s'empresse de l'empoigner. Alors certes, ça convient peut-être à certain(e)s, et potentiellement, il y a peut-être une certaine logique puisque dans le feu de l'action, concevoir une bombe ou un molotov, c'est clairement pour s'en servir. Mais pour celui/celle qui fait ses préparations en avance, c'est juste chiant ! Car il en va de même pour un medikit et tout ce qu'on conçoit, à croire que le jeu n'est pas foutu de se souvenir de l'arme qu'on avait dans les mains. Au second portage, ça commence à faire tâche car c'est toujours aussi agaçant.



           

Pourquoi sur les artworks et la pochette du jeu, c'est désormais Ellie qui est mise en avant, au détriment de Joël, alors qu'on ne jouera presque pas la jeune fille dans ce premier épisode ? Y a-t'il un message caché ou est-ce juste pour être plus en accord avec sa suite ?


Et c'est quoi l'option 3 ?


Sur
Naughty Dog maitrise généralement à la perfection les supports PlayStation, mais sur PS5 on n'obtient pas à la fois du 4K et du 60 fps
PS5, l'installation de ce The Last of Us Part I est très longue (environ 1 heure) et pour cause, le lecteur Blu-Ray a beau être très bruyant, il n'en reste pas moins très lent. Heureusement, au bout de 20 minutes (soit environ 30%) l'installation sera prête à jouer, avec la délicate prévenance de nous demander si on veut installer en priorité Left Behind ou l'aventure principale. J'ai commencé mon test sous la version v.1.002 mais en plein milieu, le jeu a été patché en v.1.003 dont le "patch note" est long comme le bras. La mise à jour a pesé pas moins de 5,8 Go, c'est dire s'il y a eu un paquet de bobos qui ont été corrigés. Dans tous les cas, la version PS5 pèse environ 69 Go, ce qui reste assez commun pour une grosse production. Dans les faits, et comme beaucoup d'autres jeux avant lui, on nous laisse le choix entre un mode Performances et un mode Qualité.
Alors le mode Performance nous offre un 1440p upscalé en 4K, avec HDR et un framerate en 60 fps plus ou moins constant. A l'inverse, le mode Qualité nous offre du 4K natif avec HDR et même du Ray-Tracing... mais il faudra alors se contenter d'un maigre 30 fps. Bon, je vais être franc, j'avoue être un peu déçu car je pensais sincèrement que Naughty Dog réussirait là où d'autres ont échoués. Personnellement, le Ray Tracing je m'en fous, par contre le 60 fps a son importance. En effet, si le 30 images/seconde suffit la plupart du temps, il en est tout autre lorsque vous pivotez sur vous-même.
Et moi, je fais ça tout le temps, notamment lorsque je fouille minutieusement les lieux. Résultat des courses : un rendu saccadé, dégueulasse... alors qu'il offre bien plus de détails que le mode Performances. J'aurai grandement apprécié avoir du 4K natif et du 60 fps, quitte à faire l'impasse sur ce dispensable Ray Tracing qui au fond, n'apporte pas grand-chose. D'ailleurs, vous remarquerez assez vite qu'en mode Performances, le jeu utilise le SSR (le "faux Ray Tracing") qu'on a déjà pu apprécier dans The Last of Us Part II. Le résultat est tout à fait probant, la technique est parfaitement maitrisée par le studio, comme quoi vous le voyez, on n'a pas vraiment besoin de ça...



Remake ? Remaster ? Non... Remakester !


Vous
C'est un fait : plus la TV est grande et moins on supporte le 30 fps. Donc on joue dans des résolutions moins élevées, un véritable paradoxe !
l'aurez compris, en mode Performances le jeu est moins détaillé (bien qu'il reste exceptionnellement beau) mais il est bien plus fluide, au contraire d'un mode Qualité magnifique mais au framerate aujourd'hui insupportable. Car beaucoup arguent qu'à l'époque le 30 fps ne gênait personne... et moi le premier, ça ne me gênait aucunement. Mais il y a une explication à ça : ma télé était nettement plus petite ! Aujourd'hui ma TV est 2 fois plus grande, je suis passé de Full HD 1080p au Ultra HD 4K, résultat le 30 fps fait rapidement mal aux yeux. Voilà pourquoi j'ai rejoint la horde des joueurs qui prônent le 60 fps comme norme minimale d'aujourd'hui, car plus l'écran est grand, et plus le manque de fluidité est aussi visible que désagréable. Pour ce qui est de la grande question :

"Est-ce vraiment un Remake ?" La réponse est NON !

Naughty Dog et Sony se sont foutus ouvertement de notre gueule et ce pour 2 raisons. D'abord il n'y a aucune législation sur les termes markéting et donc il est impossible de leur en vouloir pour fausse publicité (même si ici, ça en est !). Car c'est un fait, le terme "remake" est sûrement plus vendeur que celui de "remaster" d'autant plus si on comptabilise la totalité des Remasters qui se payent la tronche des acheteurs (au hasard je dirai Resident Evil : Code Veronica HD, Killzone ou encore Silent Hill 2/3). Pour info, un "vrai Remake" va partir sur des bases nouvelles, profiter d'un nouveau moteur graphique, proposer de nouvelles mécaniques, un level design revu, des graphismes flambant neufs, une nouvelle bande-son, un nouveau doublage... donc techniquement ça n'a plus rien à voir avec le jeu d'origine. C'est un tout nouveau titre qui ne reprendra que le scénario de base et les personnages, exactement comme l'ont fait les Resident Evil Rebirth, 2, 3 et 4 (oui c'est devenu une spécialité chez Capcom), Oddworld : Abe's Oddysee, Metal Gear Solid : Twin Snakes, Metroid Zero Mission ou encore Black Mesa... Or dans le cas bien particulier de The Last of Us Part I, nous sommes bien en présence d'un Remaster.



C'est donc un 2e Remaster vendu au prix fort ?


Alors
The Last of Us Part I n'est qu'un autre Remaster du jeu PS3, en aucun cas un Remake ! Sony et Naughty Dog se sont bien foutus de notre gueule sur ce coup-là !
certes, c'est sans doute le Remaster le plus travaillé que j'ai vu, il n'a aucun égal face à tous les jeux qui se sont fait liftés depuis tant d'années. Maintenant si on met de côté les belles paroles markéting de Naughty Dog, qui disent avoir repris le jeu de A à Z (ce qui est sûrement leur pire mensonge), on s'aperçoit vite de la supercherie. Déjà ils nous auraient proposé un jeu qui tourne en 4K et en 60 fps sans devoir faire de concessions, ensuite ils auraient sûrement proposé le contenu de Left Behind directement dans l'aventure principale, plutôt que de la proposer encore et toujours comme un contenu à part. Et puis je vous l'ai dit, avec Chacha on est de grands fans de ce jeu, on l'a retourné 100 fois, on le connait par cœur, et si bon soit-il, on espérait quelques nouveautés, notamment dans la construction des niveaux.
Qu'elle ne fut pas notre déception lorsqu'on s'est (vite) rendu compte qu'au-delà d'un Remastering d'une qualité exceptionnelle, en fait on jouait encore et toujours au même jeu. Pour s'en rendre compte c'est simple, toutes les zones sont strictement identiques, le studio ne s'est même pas donné la peine de faire quelques changements, tout est exactement à sa place ! Avec Chacha on espérait que les niveaux seraient un peu modifiés, qu'il y aurait même quelques nouvelles maps, mais en réalité il n'y a absolument rien de nouveau dans ce 2e portage.
Ce 2e Remaster qui nous prend pour des cons ! Oui pour des cons, car rien n'a bougé, Naughty Dog n'a fait qu'appliquer une nouvelle (bien que superbe) couche de vernis, afin de nous torpiller le tout à 80€ ! Vous avez bien lu, 80 balles le Remaster, croyez-moi on l'a tous eu en travers ! Et c'est peut-être aussi pour ça que les markéteux, ces fiélons en costard qui avilissent notre beau médium, ont décidé d'appeler le jeu "Remake" sans quoi ils auraient bien eu du mal à pigeonner les acheteurs avec un autre Remaster. The Last of Us Part I c'est une vieille voiture de 2013 avec une peinture neuve qui veut passer pour un modèle de 2022 qui sort à peine de l'usine...



The Last of Us Remastered Remaked ?


Car
Il n'empêche que la Remasterisation est de grande qualité : techniquement, le jeu est vraiment magnifique
rappelons que The Last of Us Remastered (la version sortie sur PS4) était vendue (en 2014) à 50€. Sony avait encore une once d'honnêteté, tout en sachant que cette version-là (grâce à la rétrocompatibilité) tourne parfaitement sur PS5... Maintenant, peut-on considérer que le jeu n'en vaille pas le coup ? Bien sûr que non, The Last of Us a toujours été un jeu "magique", avec son ambiance très particulière et son histoire qui nous prend aux tripes. D'ailleurs, quand je dis que c'est un Remaster d'une qualité encore jamais atteinte, je le pense vraiment et le niveau de détails est désormais ahurissant. Tous les protagonistes ont été refaits, les visages sont hyper détaillés, plus naturels que jamais, les expressions sont ultra réalistes. Les détails atteignent un tel niveau, qu'on voit même les personnages postillonner... bien que ce genre de minutie (comme les poils disgracieux du second épisode) on s'en serait bien passé (par moment ils crachent comme des chameaux les gros dégueulasses !).
Grâce au SSD, les temps de chargement ont été raccourcis de façon très notable (moins de 10 secondes pour le plus long, c'est dire), nous avons de véritables miroirs où notre héros se reflète parfaitement (ça parait tout bête et pourtant, les miroirs sont encore trop rares, même dans les productions les plus récentes) et il y a un sympathique effet de grain qui donne un aspect cinématographique à l'image (tout en lissant les textures au passage).
Le réalisme est exacerbé avec par exemple ces raies de lumière où on voit la poussière flotter tranquillement, le pire étant les endroits envahis par les spores, où les surfaces rongées par le Cordyceps sont plus flippantes que jamais. Les spores sont tellement envahissantes et semblent être si nocives, qu'on a envi de passer la zone tout en apnée. Il y a aussi un réel (re)travail sur les surfaces aqueuses comme les flaques d'eau, où les reflets et les vaguelettes sont directement induites par les mouvements du personnage. La réaction est hyper naturelle, c'est rare d'obtenir un tel rendu...




Les modélisations ont été grandement retouchées, il y a plus de détails, les visages sont plus expressifs. Ellie paraît moins juvénile, moins joufflue (son visage se rapproche plus du personnage joué dans Part II), Joël possède des traits plus prononcés, il parait volontairement plus vieux (il a 52 ans durant cette première aventure). Enfin, toute la partie graphique profite du HDR pour afficher un contraste à la fois plus élevé et plus naturel (cliquez pour agrandir).


Rien de nouveau à l'ombre d'une liasse de billets


Quand
Au final, lorsqu'on achète Part I, c'est uniquement pour les graphismes et les options d'accessibilité, sans quoi c'est exactement le même jeu qu'avant ! IL N'Y A STRICTEMENT RIEN DE NOUVEAU...
à la violence, elle est clairement montée d'un cran avec des ennemis démembrés, des blessures franchement crades et des projections de sang qui recouvrent n'importe qu'elle surface. C'est aussi superbement fait que tristement réaliste face aux conséquences d'une guerre armée. D'autant plus que les blessures sont très joliment localisées, et qu'on tire dans une jambe ou dans un œil, le résultat sera forcément différent, le pire étant les bombes qui dispersent les membres d'ennemis souvent trop curieux.
Enfin, les panoramas naturels ou les couchés de soleil, restent parmi les plus beaux moments. Un instant de quiétude et de beauté qui n'a jamais été plus splendide que dans ce portage-là. Au final, on pourrait se laisser aller et dire que c'est plus qu'un simple Remaster car il faut l'avouer, le travail de remasterisation est énorme ! Sans blague, le jeu n'a jamais été aussi beau qu'aujourd'hui. Cependant, lorsqu'on voit que rien n'a bougé, que le moindre objet est toujours à sa place (comme les palettes pour faire traverser Ellie), que le doublage est identique à celui de 2013 (et ce, même si les pistes semblent mieux mixées, et mieux gérées au niveau de spatialisation), que les bruitages n'ont pas changé d'un iota, que les musiques sont toujours les mêmes et qu'elles se déclenchent exactement aux mêmes endroits, que les ennemis sont toujours dans les mêmes cachettes, qu'ils utilisent toujours la même IA et les mêmes patterns... il parait alors clair que Naughty Dog a repris son Remaster PS4, et l'a à nouveau amélioré.
Comprenez bien que si vous achetez cette version, c'est uniquement pour les options d'accessibilité et la qualité des graphismes, car à part ça, c'est strictement le même jeu depuis 2013 ! Vous vivrez exactement la même aventure, en affrontant les mêmes ennemis aux mêmes endroits, en traversant les mêmes lieux et en regardant les mêmes cinématiques. Tout est plus beau certes, mais rien n'est nouveau. Quand je compare le jeu avec une voiture qui s'est fait faire une peinture neuve, on ne peut pas faire de meilleure et de plus explicite comparaison...


Portage PC


Une version PC rongée par les spores...


On
Développé par le tristement célèbre Iron Galaxy, le portage PC fut lancé dans un état catastrophique !! (cliquez sur l'image pour l'agrandir)
termine par la version PC, qui est sortie 6 mois après la version console et qui fut développée par Iron Galaxy Studios. Si ce nom vous dit quelque chose c'est normal, ce sont eux qui ont repris Killer Instinct pour le compte de Microsoft, bien qu'ils soient généralement spécialisés dans les portages. On peut par exemple citer Dark Voïd et BioShock Infinite pour les versions PS3 et Xbox 360, Bioshock 2 pour la version PS3, Borderlands 2 sur PS Vita, ou encore les adaptations Switch d'anciennes gloires telles que Diablo III et Skyrim. Ils sont également derrière le très bon Metroïd Prime Remastered, ainsi que derrière la catastrophique adaptation PC de Batman Arkham Knight, un véritable cas d'école à ce niveau d'incompétences. Pour The Last of Us Part I, faire appel à eux paraissait sans doute normal puisqu'ils s'étaient déjà occupés de la compilation Uncharted : Legacy of Thieves Collection (portée sur PC 9 mois après la PS5).
Sachant que les jeux PlayStation ne se vendent pas des masses sur PC, on peut également supposer que derrière, la qualité des portages est directement proportionnelle à l'investissement. Et en effet, si le jeu est vraiment excellent et qu'il tourne à merveille sur console, il en est tout autre sur PC. Avec une bonne configuration, vous aurez rapidement de très belles mauvaises surprises comme cette VRAM totalement vampirisée (même si elle fait 16 Go et plus), des cartes graphiques assez musclées être mise à genoux pour un framerate assez bas (dépassant difficilement les 45 fps), un jeu farci de bugs, des commandes qui souffrent de latence, des lags, des plantages sans raison apparente... en clair, l'optimisation est catastrophique, le syndrome Batman Arkham Knight nous revient en pleine poire !
Après bien sûr, à l'image de ce jeu qui fut trainé dans la boue au point qu'il a disparu des Stores pendant un temps, divers patches furent peu à peu déployés afin de corriger un maximum de bugs. Au fond, The Last of Us reste une perle de narration, offrant un bon gameplay et une ambiance unique. Il a juste fallu lui laisser le temps de mûrir un peu car à l'heure où j'ai écris ces lignes, les choses se sont arrangées (merci Internet et merci aux mises à jour de nous offrir toujours autant de jeux pas finis !).



Conclusion

Pour Note



Chacha et moi, The Last of Us est un chef d'œuvre, c'est l'un de nos jeux préférés. Nous l'avons essoré plusieurs fois et ce fut toujours un plaisir. Dans notre collection de jeux PS4, il fait clairement parti du Top 3. 8 ans plus tard, cette "masterpiece" s'est vendu par palettes et bien conscient de son succès, et de son aura auprès du public, le couple Sony / Naughty Dog nous propose une 2e réédition, un 2e Remaster de ce titre mythique, afin d'avant tout alimenter une PS5 qui n'accueillera l'épisode 3 que dans bien des années. Remaster ? Pourtant il est bien écrit "Remake" sur la boite, non ? En réalité, non, c'est écrit nulle part. Nulle part vous verrez mentionné le mot "remake". Du coup, en jouant sur les mots et avec une campagne markéting aussi mensongère que bien ficelée, on a tous acheté ce nouvel exemplaire... pour la 2e fois.
Car oui, après la version PS3 et la version PS4, et à l'image d'un GTA V qui ne veut décidément pas lâcher l'affaire (mais tant qu'il y a du fric à se faire vous répondra Rockstar...) The Last of Us revient sous la forme d'un second Remaster. Oui d'un Remaster et en aucun cas d'un Remake qui aurait nécessité plus de ressources et bien plus de temps pour être développé. Comprenez bien que si vous achetez cette version, c'est uniquement pour l'exceptionnelle qualité des graphismes ainsi que les options d'accessibilité, car à part ça, le jeu est strictement identique aux 2 autres versions : les mêmes objets sont aux mêmes endroits, les pièges restent inchangés, les cinématiques sont identiques, le gameplay n'a pas bougé d'un iota... pour dire, il n'y a même pas une seule nouvelle arme, ni une seule nouvelle map, tout en supprimant le contenu multi-joueurs. Comme dirait Merlin dans Kaamelott : putain ils sont forts ces cons !


Alors certes, il n'a jamais été plus beau et c'est un fait, le travail de Remasterisation sur les graphismes est admirable. Les décors sont ultra détaillés, les modélisations sont juste parfaites, le niveau de détails de chaque environnement est ahurissant. Le jeu atteint un niveau de réalisme bluffant, c'est donc tout naturellement la meilleure version existante à ce jour (car oui on n'est pas à l'abri d'un futur portage sur PS6). Seulement, ce qui justifiait son tarif prohibitif de 80€ sur PS5, c'était justement son statut de Remake, alors qu'au final, The Last of Us Part I est tout simplement le Remaster le plus cher de tous les temps ! Si encore c'était une compilation qui incluait le Part II avec la même qualité de Remasterisation, j'aurai volontiers mis la main au porte monnaie, mais là payer 80 balles pour un jeu de 2013 qui est passé 2 fois sur le billard pour se faire lifter les rides, c'est franchement abusé.
Je mets volontiers de côté une version PC buguée jusqu'à l'os (tout du moins à son lancement, puisque de nombreux patches ont peu à peu colmaté les brèches), car lorsqu'on demande à Iron Galaxy de faire un portage, il ne faut pas s'étonner d'obtenir le même lancement catastrophique que Batman Arkham Knight. Quant au jeu dans sa globalité, j'aurai vraiment apprécié que certaines choses soient réellement améliorée comme la configuration des touches, l'IA des alliés, et surtout j'aurai apprécié que Left Behind soit enfin intégré à l'aventure principale car le DLC est clairement moins bon que le reste (bien qu'il reste intéressant à faire malgré ses longueurs). En l'intégrant à la campagne principale, le jeu aurait été plus long, plus cohérent, et on aurait mieux apprécié le temps qui s'écoule entre la blessure de Joël et le moment où on rejoue avec lui.


Maintenant si vous vous posez la question de l'utilité de cet achat, on a plusieurs axes de réponse. Tout d'abord, si vous n'avez jamais joué à ce jeu, foncez ! Dans ce cas précis, il vaut son argent et vous pouvez même rajouter 1 à 2 points sur la note finale tant The Last of Us est un titre unique, avec une narration magistrale, une aventure vraiment agréable à faire, le tout porté comme je le disais, par des graphismes splendides (sans doute les plus beaux que j'ai vu à l'instant T sur cette Génération, c'est dire !) et une bande-son en tout point mémorable. Maintenant si vous n'avez joué qu'à la version PS3, c'est sûr, le choc technique va être net et sans bavure. Enfin, si vous avez déjà la version Remastered sortie PS4, je vous conseillerai de le prendre d'occasion et à moitié prix (c'est ce que nous avons fait, nous l'avons payé 40€ dans un état neuf).
Quoiqu'on en dise, The Last of Us Part I n'est pas parfait, il ne l'a jamais été, mais ce qu'il nous propose de vivre est singulier : rares sont les jeux à offrir un tel équilibre entre narration, violence démentielle, exploration et une émotion palpable qui n'a rien à envier au cinéma. A moins d'avoir un cœur de pierre et de ne rien comprendre au "message" qui se tisse dans cette aventure, vous allez vivre (ou revivre) une histoire passionnante et touchante, au sein d'un survival horror huilé et plus beau (graphiquement parlant) que jamais...






Points négatifs

  Ce n'est pas un Remake, c'est un Remaster ! Sony et Naughty Dog se sont bien foutus de notre gueule sur ce coup-là...
  Pourquoi Left Behind n'est toujours pas intégré à l'aventure principale ? C'est absurde !
  Un Remaster vendu plein pot à 80€ et sans le mode Factions. On croit rêver !
  La catastrophique version de lancement sur PC... une honte !
  Les corps disparaissent beaucoup trop vite
  La gestion des alliés


Points positifs

  Narration toujours aussi exceptionnelle avec un scénario émouvant, des personnages attachants et une mise en scène d'une qualité cinématographique
  Le jeu n'a jamais été aussi beau, réaliste et détaillé qu'aujourd'hui. C'est un Remaster certes, mais la qualité graphique est admirable
  Enormément d'options d'accessibilité et 6 niveaux de difficulté, afin de contenter tout le monde
  Pas mal de sympathiques bonus à débloquer une fois fini
  De la survie et de l'infiltration bien mise en œuvre
  La magnifique bande-son de Gustavo Santaolalla
  Portée acoustique joliment retravaillée
  Décors extérieurs souvent superbes !






Test réalisé par Chacha, Selenor & iiYama


article initial : septembre 2023
mise à jour : avril 2026


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