Streets of Rage 3 (Mega Drive/Genesis) -- Review sur SoloGamerTest

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Narration
Jouabilité & Gameplay
L'image
Bruitages/voix
Musiques

Note (version US/EU)
Note (version JAP)


Testé sur :




Sorties du jeu : mars 1994 au Japon - juillet 1994 aux Etats-Unis et en Europe

Développeur : SEGA CS3
Editeur : SEGA
Genre : beat-them-all

Versions testées : européenne (PAL) et japonaise (NTSC)
Voix dans le jeu : ?
Textes à l'écran : anglais (pour la version EURO)

Support : cartouche de 24 Mb
Difficulté (version JAP) :
Difficulté (version US/EURO) :
Temps de jeu : 2 à 3 heures
Multi-joueurs : 2 joueurs simultanément

Abréviations : SOR III - SOR 3
Titre alternatif : Bare Knuckle III (JAP)
Prix au lancement : 400 Frs (60€)












La musique de la semaine :
Outer Space




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Streets of Rage 3









Un
Les versions EURO/US sont très différentes de la version japonaise. Par exemple cette séquence est totalement absente de la version occidentale
an et demi ans après le magnifique Streets of Rage 2, SEGA est en manque d'argent et d'idées par la même occasion, alors il nous pond un 3e épisode de sa célèbre licence de beat-them-all. Si Golden Axe est marrant à jouer, il faut tout de même reconnaitre que techniquement les 3 épisodes sont à la ramasse. Et justement, avec Streets of Rage, SEGA a toujours su tirer le meilleur de sa console 16-bits, en alliant un bon gameplay à une réalisation qui faisait vraiment honneur au support. Ce qu'il faut savoir en premier lieu, c'est que ce 3e opus n'aura pas mis longtemps à arriver en Europe et aux Etats-Unis (car comme d'habitude, tout l'occident profite d'une même version) puisqu'il n'aura mis que 3 mois à voir le jour. Mais nous allons le voir tout au long de ce test, beaucoup de choses ont été modifiées et encore une fois, la version japonaise s'avère de bien meilleure qualité (d'où la double notation). On commencera par l'intro qui, chez nous, se résume à 3 fois rien.
Mister X est de retour et fait colporter de drôles de rumeurs sur le compte d'Axel. De plus des bombes ont été placées un peu partout en ville, elles peuvent sauter à tout moment et certains pontes de la ville sont remplacés par des cyborgs... Bref, c'est une drôle de soupe que nous livre SEGA mais les développeurs ont cherchés à véritablement scénariser leur jeu. Ainsi entre chaque chapitre nous avons quelques images avec des dialogues. Du côté de la version japonaise, nous avons une intro plus longue et surtout quelques changements. Tout d'abord les phases de dialogues entre personnages profitent de quelques bruitages ambiants (au lieu du vide de la version occidentale), on ne parle plus de bombes mais d'un gaz mortel et le général Petrov a été remplacé par le chef de la police.
Un détail certes mais déjà ici, on se demande pourquoi avoir opérer de telles modifications. Dans tous les cas, Streets of Rage 3 propose 4 fins différentes. En "facile" le jeu s'arrête au niveau 5 et vous obtiendrez une mauvaise fin. Il faut donc jouer en "normal" ou en "hard", pour débloquer les niveaux 6 et 7, et selon vos choix et vos compétences (arriver à sauver le chef de la police et/ou tuer le boss final en temps imparti) vous pourrez accéder aux épilogues 2 à 4, le meilleur étant celui où on sauve tout le monde, bien entendu.



   

   

La séquence d'intro occidentale : Axel reçoit une lettre de Blaze, un texte en anglais défile et rien d'autre. La musique est toute pourrie, il n'y a aucune animation, aucune image sympa à regarder, la séquence animée où Axel fracasse l'écran a été supprimée... c'est la première déception du jeu, et ce sera malheureusement loin d'être la dernière :(

Le
SEGA a cherché à plus scénariser cette suite. L'idée est louable même si le jeu ne va pas au bout des choses
jeu commence et on aura comme dans Streets of Rage 2, 4 personnages à disposition. Le scénario nous fait une cabriole pour évincer Max afin de nous imposer Zan, un cyborg qui a trahi Mister X afin de nous aider. Entre nous, j'aurai vraiment préféré rejouer Max ou encore mieux Adam car Zan est un personnage foireux. A côté de ça on retrouve Axel, la jolie Blaze et le jeune Skate. Il y aura également 2 persos cachés et jouables via un cheat code : le très puissant Shiva (le garde du corps de Mister X) et le kangourou Roo (nommé Victy au Japon). Oui un kangourou, je sais, le ridicule ne tue pas et la crédibilité du jeu en prend un coup. Niveau gameplay, les développeurs ont repris toute la base de Streets of Rage 2 et l'ont agrémenté de quelques nouveautés. Par exemple on pourra faire une esquive sur la profondeur, il y a de nouveaux coups (comme Axel qui est désormais capable de sauter et de frapper avec ses genoux) mais aussi et surtout de nouveaux pouvoirs.
C'est pas grand chose mais chaque perso aura une arme de prédilection (par exemple Blaze c'est le couteau, Axel c'est le katana) et il lui sera alors possible de réaliser une attaque spéciale et particulièrement puissante. A côté de ça, les armes sont désormais friables, voire fragiles. En effet le couteau ne peut servir que 2 fois, et à peine plus pour le sabre ou la batte. Oui, c'est une idée saugrenue qui rend les armes bien moins utiles qu'auparavant. D'ailleurs en frappant normalement on jette cette même arme alors qu'avant il fallait réaliser une combinaison de touches pour s'en débarrasser. Encore une mauvaise idée à mettre au compte de cette suite. A noter aussi qu'en version japonaise, les armes ont leur propre jauge de vie, alors que chez nous cette indication a purement et simplement disparue.
Autre nouveauté (sympathique cette fois), si l'utilisation des pouvoirs consume toujours notre barre de vie, une petite jauge annexe, qui se "recharge" avec le temps, nous permet d'utiliser un pouvoir de temps en temps, sans que ça ampute notre santé. Un bon concept car il faut l'avouer, dorénavant les pouvoirs consomment beaucoup de santé, trop peut-être, d'autant que leur efficacité est parfois à revoir. Sans quoi ça reste du Streets of Rage 2+, comprenez par là qu'on joue à cette séquelle exactement comme dans le second opus.



       

L'écran titre japonais, le choix de son personnage et l'écran titre occidental.

Niveau
Le gameplay est repris de Streets of Rage 2, agrémenté de quelques nouveautés...
difficulté, j'aimerai comprendre comment SEGA s'est mis en tête que Bare Knuckle III (la version japonaise donc) était trop facile. Résultat notre version occidentale a été durcie... et pas qu'un peu ! Les ennemis sont très résistants, ils sont agressifs, leurs coups font vraiment mal... en clair chez nous le jeu est très difficile ! Pour avoir joué aux 2 versions (EURO et JAP) je peux vous dire que la version japonaise était en fait bien équilibrée (un peu dure en solo, plus abordable en duo) alors que la version européenne est simplement imbuvable ! De plus, on nous impose parfois des épreuves inéquitables, avec par exemple des lasers qui nous massacrent (et pas les ennemis, comme par hasard !) ou pire encore, ce passage où on est poursuivi par un bulldozer et où on doit détruire des murs atrocement résistants. Bref, dans la version occidentale les vies fondent comme neige au soleil.
Un autre nouveau concept s'immisce dans le jeu, à savoir qu'à force d'utiliser un pouvoir, ce dernier s'upgrade. Super vous vous dites, malheureusement les upgrades disparaissent à chaque vie perdue. Autant dire que vous n'en profiterez quasiment jamais. Au rang des graphismes, encore une fois, on se demande pourquoi SEGA a opéré de tels changements. Si le boss "so gay" du premier level a disparu (ça on peut le comprendre vu l'attitude grotesque du personnage), pourquoi la version occidentale est-elle salie par de telles couleurs ? En effet, chez nous Axel est habillés en jaune poussin et pantalon noir (c'est moche), Blaze porte une robe grise et déprimante (une sortie d'enterrement peut-être...) et la plupart des ennemis possède des couleurs criardes, limite fluo. C'est idiot car au Japon, Axel et Blaze sont habillés comme dans l'épisode 2 et les couleurs semblent plus rationnelles.
Bref, pour en revenir aux graphismes, c'est sûr qu'il aurait été vraiment difficile de faire mieux que Streets of Rage 2, tant le niveau est élevé, presque inégalable. Mais ce 3e chapitre fait presque honte au support. Comprenez bien que la plupart des sprites principaux sont presque intégralement repris de l'épisode 2, et que pire encore, la plupart des ennemis sont repris à l'exact ! Mais ça encore ça passe, non le problème c'est qu'il faut voir la gueule des décors pour vraiment se rendre compte que SEGA a cruellement manqué d'inspiration sur ce jeu.



   

   

Si vous souhaitez jouer à un jeu traduit en français, sachez qu'il existe un patch de traduction. Bien sûr, il faudra alors jouer sur émulateur à une ROM téléchargée. Le patch se trouve chez TRAF, A CETTE ADRESSE.

Les
La réalisation a beaucoup régressé depuis l'épisode 2 mais le pire reste sans conteste les musiques, qui sont désastreuses ! :(
décors sont vides, granuleux, le design est sans génie, les niveaux sont plus longs que d'habitude mais aussi bien moins variés, il n'y a aucun effet pour flatter la rétine... en somme, à part le fait que la console gère bien un écran souvent submergé d'ennemis, il est clair que Streets of Rage 3 est une déception technique. Côté son, les développeurs ont eu la bonne idée de reprendre la panoplie de bruitages déjà créés. En effet, issus du second opus, les bruitages claquent et dynamisent énormément l'action. C'est un vrai plaisir de faire valser les dentiers des ennemis ! Cependant, le bonheur sera de courte durée car la qualité des digitalisations s'est grandement amoindrie d'un épisode à l'autre. Les samples sont cracheux, parfois dégueulasses, comme s'ils sortaient d'un autre temps. Pire, la version européenne a reçu un tout nouveau panel de voix digitales, souvent à l'inverse de ce qu'on connait. En effet, il faut jouer à la version japonaise pour retrouver les mêmes expressions que dans Streets of Rage 2, à croire que SEGA a tout fait pour saborder son jeu en occident.
Mais le fin du fin, le summum de la critique, la cerise sur le gâteau, reste sans équivoque les musiques. Toujours composées par Yuzo Koshiro, vous trouverez ici l'une des pires bandes-son de la console ! Se vantant d'avoir imaginé un algorithme qui permet de créer aléatoirement des morceaux de techno, le bougre n'a pas réfléchi que d'abord il ne se donnait pas la peine de composer lui même ses musiques et surtout, que le résultat final est vraiment archi-mega-pourrave !! Nous avons donc de la techno de bas-étage, composée à la presse hydraulique et souvent très très très répétitive (le morceau se répétant toutes les 5 à 10 secondes).
Quelle déception ! Quand on pense que c'est cet homme qui a composé les merveilleuses bandes son du Sonic de la Master System, Revenge of Shinobi ou les 2 premiers Streets of Rage, on se demande comment le compositeur phare des années '90 a pu tomber si bas !! Comment SEGA a-t'il pu accepter d'incorporer de telles musiques à son jeu ? Et le pire, c'est que le gars n'a même pas honte d'avoir son nom sur l'écran titre, le désignant comme le compositeur du jeu. Mais avec un tel rendu, il y a de quoi être mort de honte !! C'est vraiment de la merde, DE LA MERDE...



Conclusion

En Version occidentale



Version japonaise



lisant l'intégralité de ce test vous l'aurez sûrement compris : ce Streets of Rage 3 est loin d'égaler le 2e épisode, sorti 1 an et demi plus tôt. Et dire que ce dernier a touché la cime du genre, qu'il est vite devenu l'une des grandes références du beat-them-all, et que cette suite est lourdement retombée au sol au lieu de pérenniser un savoir-faire et une ambiance unique. De plus j'en parle tout au long de cet article, mais la version japonaise est de bien meilleure qualité. Si on ne comprend plus les textes écris (mais est-ce si important ?) au moins on profite d'une intro plus longue, d'une narration plus aboutie, d'une difficulté plus équilibrée, d'un jeu de couleurs moins criards, des meilleures digitalisations... bref d'un titre mieux fini.
Pourquoi SEGA s'est-il mis en tête d'apporter tous ces changements, totalement absurdes et dispensables, qui font clairement baisser la qualité globale du jeu, dans sa version occidentale ? Et puis si Streets of Rage 3 tente d'apporter quelques nouveautés (comme cette mise en scène qui est clairement la bienvenue), derrière on a vraiment trop l'impression de jouer de jouer à un Streets of Rage 2.5. Tout a été repris du jeu original et ce n'est pas le fait de coller des couleurs affreuses qui va nous duper.


           


Pour expliquer comment on en est arrivé là, il faut savoir que ce n'est pas le SEGA CS2 (secondé par Ancient Corp) qui a développé le jeu, mais le SEGA CS3 (en solo). C'est bien évidemment un autre studio interne de SEGA, sauf qu'ils sont malheureusement bien moins talentueux. Que faisait le CS2 durant tout ce temps, au lieu de créer eux même ce 3e opus ? Et bien ils développaient tout un tas de jeux Game Gear et Mega-CD mais devant la liste des titres (mauvais pour la plupart) qui sont sortis, on pense inévitablement à un beau gâchis. Encore un superbe move d'un SEGA qui n'a jamais su pérenniser ses licences. Quant à la CS3, ils ont participé au très bon Sonic CD et au sympathique Ristar, mais ces 2 jeux sont loin d'égaler les 2 premiers Sonic. Après, ils sont également responsables des OutRunners, Tempo, Chaotix et autre Stellar Assault, oui des jeux parfois sympas mais loin d'être au top. Ça explique sans doute ce penchant pour le mauvais goût, ainsi qu'une mauvaise programmation du DSP (souvenez-vous de Ristar, la partie audio est une catastrophe).
Dans tous les cas, Streets of Rage 3 fait parti de ces 3e opus qui n'égalent pas les numéros 2 : Sonic 3 (et j'assume cette affirmation), Street Fighter III, Fatal Fury 3, PC Kid 3, Golden Axe III, Mortal Kombat 3, Donkey Kong Country 3, Dragon Ball Z 3, Super Mario Land 3 (et oui, Wario Land porte bien ce nom-là)... et dans le lot, on peut même mettre Terminator 3, tant le film fut une déception par rapport au 2 (oui je sais, je suis hors-sujet là ^_^). Même si ce n'est pas une recette immuable, et qu'il y a bien entendu des contre-exemples (comme The Witcher 3), ça se vérifie quand même suffisamment souvent et Streets of Rage 3 n'y échappe pas, en étant clairement 2 crans en dessous de ce prédécesseur qui touchait à la perfection. Je vous conseille donc vivement de prendre la version nippone qui, quitte à jouer à ce 3e opus, est bien meilleure que celle sortie en occident.




Maintenant, quelque soit l'origine du jeu, on ne pardonnera jamais une bande-son à chier, au point de regretter de ne pas pouvoir couper les musiques ! En effet, je ne sais ce qui est passé par la tête du grand Yuzo Koshiro (secondé à nouveau par Motohiro Kawashima), mais l'OST de cet épisode est une immondice, une fosse à purin où l'excellence de l'Electro est venue se noyer, afin de venir nous salir l'âme et les oreilles ! Sérieusement, c'est quoi cette chiasse acoustique, venue des tréfonds de l'Enfer ? D'ailleurs vous noterez que c'est à partir de là que ce compositeur, autrefois hautement estimé, considéré comme un génie de l'Electro (notamment sur Mega Drive) ne brillera plus jamais. Tu m'étonnes, le gars a littérament pété un câble et lorsqu'on passe 2 heures (car oui la durée de vie est bonne) à écouter cette bouillie purulente qui nous massacre les tympans, forcément on perd toute crédibilité et on en vient même à se dire que ses précédentes (et excellentes) contributions, n'étaient finalement que le fruit du hasard... Je vous invite à vous rendre sur le site Video Game Music et à écouter par vous même à quel point cet OST est un carnage !
Côté réalisation, on est bien en deçà des capacités d'une machine en fin de vie, avec en plus un flagrant manque d'inspiration, preuve que le CS3 ne s'est vraiment pas foulé. C'est vraiment à se demander à quoi à servi cette "grosse cartouche" de 24 Mb... En marge de tous ses défauts (et Dieu sait qu'il y en a !), Streets of Rage 3 reste un beat-them-all sympathique, je dirai même qu'en version japonaise, il peut même se montrer agréable. C'est sans doute là sa plus grande force car après un Streets of Rage 2 tellement performant et bien réalisé, on s'attendait tous à un épisode 3 au moins aussi bon. Qu'elle ne fut pas notre déception...






Points négatifs

  La bande-son est une ABOMINATION !! C'est véritablement dégueulasse à entendre, à croire que Yuzo Koshiro s'est lavée les oreilles avec de la merde avant de pondre le pire OST de toute sa carrière !
  Les décors sont nombreux mais ils manquent sérieusement d'inspiration. C'est du déjà vu, en plus d'être souvent moches
  Les couleurs de nos héros sont vraiment affreuses mais ce n'est rien à côté du mauvais goût de certains ennemis
  En occident, l'intro est lamentable et amputée de sa meilleure séquence
  Une version occidentale bien moins bonne que la version japonaise
  Pourquoi n'y a-t'il aucun son lors des cinématiques occidentales ?
  Le kangourou en personnage caché... vous êtes sérieux là ?!
  Pourquoi avoir rendu la version occidentale plus difficile ?
  Des digitalisations qui ont beaucoup perdues en qualité


Points positifs

  Une jouabilité toujours au top, et un large panel de coups qui permet de varier les plaisirs
  4 fins possibles mais pas facile d'arriver à obtenir la plus gratifiante
  Une bonne durée de vie pour le genre (2 heures environ)
  Shiva en personnage caché, ça c'est pas mal du tout :)
  Quelques sympathiques nouveautés de gameplay
  Des bruitages toujours aussi dynamiques
  La narration apporte un petit plus au jeu




Les séquences de fin (spoil) : cliquez pour ouvrir





Test réalisé par Aquel & iiYama


article initial : août 2006
mise à jour : juin 2026


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