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La 
Le scénario est finalement assez quelconque... la mise en scène est par contre de qualité série des Splinter Cell a débuté en 2002 avec un premier opus pétrie de bonnes intentions, qui devait à l'origine, rester une exclusivité Xbox. S'en suivi 3 épisodes aux évolutions plus ou moins notables, jusqu'à la sortie d'un 5e opus (Conviction) qui vint chambouler un peu tout ça. Car si la formule du Chaos Theory reste (pour de nombreux fans) l'épisode ultime de la saga Splinter Cell, l'épisode Conviction a cherché à s'affranchir au maximum de ses propres codes, en imposant presque un nouveau genre : l'infiltration/action où comment mettre une bonne dose d'action bien pêchue et non punitive, si l'infiltration ne fonctionne pas. Et personnellement, j'ai trouvé cette "formule" très séduisante car si certains ont crié au scandale, en disant qu'Ubisoft a trainé sa licence dans la boue, moi j'ai beaucoup aimé et je ne suis pas le seul puisque de grands noms de l'infiltration ont suivi cette tendance tels que Hitman Absolution et Ghost Recon : Future Soldier.
Malheureusement pour Ubisoft, sa licence et son héros sont toujours restés dans l'ombre d'un certain Metal Gear Solid et de Snake (son personnage principal, quelque soit son âge ou son origine). Malgré tout, les ventes se sont toujours bien portées (presque 20 Millions d'exemplaires tout épisode confondu), il est donc naturel de revoir l'ami Fisher, après quelques 3 ans et 4 mois d'absence. Avant toute chose, il faut savoir que la version Xbox 360 dispose de 2 DVDs (le jeu nous demandera par ailleurs d'en changer à la moitié de l'aventure solo) et le second disque sert à installer un pack de textures HD sur le disque dur... oui oui exactement comme dans Battlefield 3 ! Alors évidemment la différence est notable (sans quoi les textures sont floues, les angles mal dégrossis), preuve que notre bonne vieille console de Microsoft est un peu au bout du rouleau.
Ceci dit je tiens quand même à vous mettre en garde : en installant les textures haute-définition, le jeu tournera automatiquement via le lecteur DVD (si vous avez l'habitude d'installer les jeux "en entier" sur votre HDD, vous sentirez bien que les loadings sont plus longs). Autre détail : l'installation est extrêmement longue (environ 40 minutes), elle met à mal le lecteur (comme si les textures étaient décompressées à la volée, comme sur PC en fait) et vous n'êtes pas à l'abri d'un plantage. En clair, si vous n'avez pas une console récente (une Slim quoi) ça risque d'être compliqué pour votre machine (le cas du PC et de la PS3 ne se pose pas puisque tous les jeux doivent être installés, chacun à sa manière).
Bon, 
La difficulté est parfois mal équilibrée, notamment lors de missions secondaires bien trop ardues trêve de bavardage, Splinter Cell : Blacklist nous propose de retrouver notre héros habituel, à savoir Sam Fisher, et ce quelques années après les aventures de Conviction, et que ce bon papa ait retrouvé sa fille. L'histoire nous raconte que les Etats-Unis ont des troupes stationnées dans 153 pays. Plusieurs pays ne supportent plus cette "présence" et organisent une "blacklist" : une série d'attaques croissantes contre les intérêts américains en commençant par la destruction de la base militaire de Guam. Manque de chance pour eux, Sam Fisher est sur le point de quitter la base lorsque l'attaque a lieu. Accompagné de Victor Coste (qui finit gravement blessé) ils parviennent à stopper l'assaut. Sam Fisher est alors nommé à la tête d'Echelon 4 (successeur d'Echelon 3) par la Présidente Caldwell, et dont le QG est situé à bord d'un avion de transport modifié (nom de code : Paladin). L'objectif est simple : mettre un terme à la Blacklist par tous les moyens nécessaires...
Vu qu'il n'existe plus de notice dans nos coûteuses boites de jeu, il y a un dossier "in game" qui détaille chaque élément, chaque objet du jeu, le passif de la série et des principaux personnages. De quoi rattraper son retard, même s'il serait absurde de découvrir la licence des Splinter Cell avec cet épisode-ci. La mise en scène se fait uniquement via des cut-scenes gérées en temps réel (on le voit parfaitement à l'armement choisi et aux modifications de la combinaison de Sam) et de bonne qualité. On apprécie par ailleurs une synchro labiale le plus souvent respectée, ce qui reste rare, même de nos jours. Par contre on sera beaucoup moins ébloui par l'écriture... Si le nom du père Clancy est sur la boite, comme à chaque fois ce n'est pas le romancier qui a écrit le scénario (par ailleurs il décédera à peine 2 mois après la sortie du jeu). Bref le scénario est un peu téléphoné et sans grande surprise. A noter aussi que les modélisations ne sont pas bien folichonnes.
Sam Fisher est cette fois incarné par Eric Johnson (l'acteur canadien, pas le guitariste ou le joueur de foot ^_^), pour on s'en doute, son travail de motion-capture. Il est par contre dommage que Fisher ait encore tant changé de visage (notamment après Conviction), idem pour Anna Grimsdottir, qui était bien jolie dans le précédent opus et qui est bien moche cette fois. Charlie, mélange de Max Boublil et Michael Gregorio, est lui aussi bien vilain comme garçon, et enfin Briggs (le coéquipier de Fisher) est simplement laid. Bref, c'est la crème du bo-goss' même si avouons-le, on ne joue pas à un jeu tel que celui-ci pour voir sur son écran un parterre de mannequins qui "swag" à fond.
Côté 
Le gameplay est toujours aussi bon. Quel plaisir de retrouver Sam Fisher doublage, on retrouve tout le gratin habituel de la licence : Daniel Beretta (la voix d'Arnold Schwarzenegger) pour Sam Fisher, Nathalie Homs pour Grim (présente depuis l'opus Conviction), David Krüger (qu'on entend de plus en plus) pour Riggs (c'est la voix du héros de Far Cry 3 : Blood Dragon), mais aussi Patrick Borg (qu'on ne présente plus), Brice Ournac, Emmanuel Karsen (la voix de Sean Penn) ou encore Christine Pâris. Le doublage est de qualité lui aussi, comme à chaque épisode finalement. La durée de vie se pare de nombreux atours, à commencer par les modes multi-joueurs. Blacklist voit le retour du mode Spies vs Mercs apparu dans l'épisode Pandora Tomorrow puis l'excellent Chaos Theory, ainsi que l'implantation assez insidieuse du co-op'. En effet, seules certaines missions sont praticables à 2 (en local ou en ligne) alors que tout le solo peut être parcouru en duo.
Sur Xbox 360, Kinect permet d'activer certaines commandes vocalement... mais je dis juste ça à titre indicatif (moi je ne souille pas l'une de mes consoles préférées avec ce "truc" :). L'aventure se déroule en 2 temps : les missions principales et les missions secondaires. Si les missions principales sont relativement abordables (malgré quelques pics de difficulté qui nous forcent à reprendre un certain nombre de fois un même passage - c'est un peu chiant à la longue), au contraire les objectifs secondaires sont souvent hardcores ! En 3 exemples, soit le moindre faux-pas nous fait reprendre la mission du début, soit il faut survivre à 5 vagues d'ennemis dans des phases orientées TPS (alors que le jeu n'est pas vraiment taillé pour ça) ou encore, à chaque fois qu'on est découvert, l'alarme est sonnée et 10 nouveaux ennemis apparaissent alors qu'il faut nettoyer la map.
Bref, si les missions sont intéressantes, qu'elles débloquent des bonus et nous font gagner de l'argent, il est par contre rageant que la difficulté soit si élevée ! D'accord les fans de challenge seront ravis, seulement celles et ceux qui veulent du challenge n'ont qu'à jouer à difficulté max car en attendant, ces missions-là ne sont pas accessibles au plus grand nombre, ce qui est un peu rageant et rétrécis forcément l'intérêt du titre sur la longueur. Il est également à déplorer que beaucoup de missions se passent de jour, ce qui est aussi crétin qu'un Assassin's Creed qui se prend pour un jeu d'infiltration : c'est inadapté !
Avec 
Les nouveaux gadgets (comme ici les lunettes sonar) sont bien sympathiques l'argent qu'on gagne au fil du jeu, on va tout améliorer à commencer par le Paladin. L'améliorer permet de débloquer certaines fonctions ou gadgets, d'ailleurs cette base flottante rappelle sans mal le vaisseau d'un certain Mass Effect. On y discute avec le staff, on téléphone à Sarah (la fille de Sam), et surtout on accède à une map monde où sont disposées les missions actives. Après niveau améliorations, tout se monnaye ! Mais c'est aussi l'occasion de s'acheter de nouvelles armes, de les upgrader, d'améliorer sa combinaison (pour quelle soit plus furtive et/ou plus résistante, qu'elle porte plus de gadgets, etc...) ou ses lunettes triglobes (pour une pratique fonction "sonar" qui permet de détecter les ennemis quelque soit leur position). Si bien sûr on retrouve la fameuse caméra-serpent, on pourra aussi se payer des grenades, des mines en tout genre, des caméras-glue ainsi qu'un drone tri-rotors directement inspiré de Ghost Recon : Future Soldier.
D'ailleurs dans l'auto-plagiat, il faut savoir que Fisher est plus alerte que jamais : un vrai petit singe ! Il est capable de tout escalader, à croire que Prince of Persia lui a donné quelques leçons. Question armement, l'équipement de base est assez moisi mais très vite, suite à quelques achats/améliorations, on obtiendra un matériel de bien meilleure qualité. Sam dispose d'une arme de poing (généralement avec silencieux), d'une arme lourde et d'une arme non létale (taser ou arbalète) en vue d'extrader un ennemi à interroger (ce qui rapporte bien entendu, de l'argent supplémentaire, à l'image de ces PCs portables à pirater). On peut également échanger son matos pour les armes laissées par les ennemis, on retrouve les exécutions automatisées (celles apparues dans Conviction), on peut déplacer les cadavres, on retrouve la mise à couvert, les actions contextuelles et même le "ghost" (fantôme) de notre dernière position connue par l'adversité.
Quant à l'infiltration, comme toujours elle se révèle assez grisante et plus gratifiante que l'action brute, mais généralement le jeu n'en proscrit pas l'usage. A l'image de certains titres récents, on peut alterner les 2 façons d'entreprendre les missions, d'autant que bien souvent, nous avons à disposition plusieurs façons d'opérer. Il est donc fini le temps de l'infiltration punitive et hardcore, on gère son approche selon ses goûts et son équipement, même s'il reste encore quelques passages "à l'ancienne" qui demanderont qu'on s'y reprenne à plusieurs fois.
Malheureusement 
La réalisation est globalement de qualité mais Blacklist est loin d'être le plus beau des jeux et les bugs sonores font véritablement tâche ! le jeu n'est parfait (lequel l'est, me direz-vous), puisque les ennemis sont soit aveugles, soit équipés de yeux bioniques puisqu'ils sont capables de nous calculer, sans même nous regarder ! Mieux encore, le gars nous percute alors qu'on est totalement dans le noir. Non vraiment, ils sont trop forts ces mecs-là ! De même, l'atténuation des sons est très mal gérée, car le "bruit" généré par les mercenaires (bruits de pas, dialogues) est mal mis en œuvre. Ainsi on ne sait jamais si un garde est tout prêt ou derrière un mur, puisque ça donne exactement le même résultat. Techniquement, Splinter Cell : Blacklist fonctionne encore et toujours sous un Unreal Engine 2.5 modifié, à défaut d'utiliser la version 3 ou 4 du middleware d'Epic Games.
Globalement la réalisation est une réussite, l'aliasing se fait relativement discret, les textures sont bonnes, le moteur tourne bien (quelques chutes de framerate mais rien de méchant) et les décors sont sympas. Reste que le jeu semble moins beau que l'épisode Conviction, et surtout qu'en 2013 et sur nos consoles en fin de vie, on a vu bien mieux. A côté d'un Crysis 3, d'un Tomb Raider ou d'un Last of Us, le titre d'Ubisoft traine un peu la savate. Mais après tout, ce n'est pas très important, et on appréciera des ordres de missions (et même des affichages informatiques complets) encore une fois incrustés dans le décor. Par contre, on appréciera beaucoup moins des temps de chargement hyper longs, tellement longs qu'on en n'avait plus l'habitude.
Enfin la partie sonore profite des compositions de 2 inconnus (Mike Zarin et Tony Hajjar), pour des pistes pas super inspirées mais qui restent dans le ton et dans l'ambiance. Les bruitages sont très réalistes et hormis ce souci d'atténuation sonore qui ne fonctionne pas, la qualité est au rendez-vous. Je finirai par le doublage, sans revenir sur le fait que les personnages principaux profitent d'un très beau travail voxographique. La tuile, c'est que le jeu accuse souvent des bugs de doublage, et qu'un mercenaire est capable d'enchainer son doublage français, anglais puis espagnol. Si à la rigueur les ennemis parlaient dans leur langue natale, je ne dirai rien, sauf que là, c'est clairement un bug que la dernière mise à jour n'a pas été foutu de régler.
Splinter
Note
Cell : Blacklist n'est clairement pas le meilleur épisode de la célèbre série d'Ubisoft, pourtant il n'est pas non plus le pire. A l'image de son gameplay qui marie parfaitement action et infiltration, cette "loi du milieu" fait de lui un produit tout à fait dans la norme qualitative de la série. Pourtant je dois avouer qu'étrangement, il ne m'a pas séduit autant que l'épisode Conviction, qui avait pourtant certaines tares génétiques bien agaçantes. De même, on ne trouvera le jeu réellement fun qu'une fois qu'on aura bien assimilé son gameplay, qui est (il faut bien l'admettre) de plus en plus riche. Reste que Sam Fisher ne joue plus les Jason Bourne survitaminé (les interrogatoires sont bien moins musclés), sans doute parce qu'il commence à vieillir. On notera enfin des graphismes sympathiques mais loin de tirer 100% de ses supports respectifs, un scénario un peu téléphoné et surtout des missions secondaires gâchées par une difficulté souvent exagérée dû à des impératifs inutiles, visant juste à faire plaisir aux amateurs de challenge. Malheureusement, les joueurs "classiques" ne pourront pas en profiter, au risque de se lasser bien vite. Et ce serait dommage car le multi est charnu et la campagne solo est attrayante. Le gameplay est ciselé et ce mélange action/infiltration reste toujours aussi attrayant. Bref, Splinter Cell : Blacklist est un bon épisode et ses petits défauts (à quand le Splinter Cell parfait ?) n'entache pas un jeu au demeurant très sympa mais qui est loin de culminer au sommet de la franchise et du genre...
