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Dead Space 2023 est le Remake du mythique premier épisode sorti en 2008 2008, alors que le genre "survival horror" était en perte de vitesse, Dead Space aura grandement surpris. En effet, depuis quelques années déjà, le genre mutait et laissait peu à peu place à l'action au lieu d'enflammer le trouillomètre. Et Resident Evil est un excellent baromètre de l'état du survival horror, lui qui n'a pas inventé le genre mais qui l'a porté à bout de bras depuis la sortie du premier opus. En somme, depuis la sortie de Resident Evil 4 (en 2005), le genre se plait à laisser parler la poudre plutôt que de réellement inciter la peur. Résultat en début 2009 sortira Resident Evil 5 et si au fond le jeu est bon, peut-on encore réellement parler de survival horror ? Idem pour Silent Hill, dont les épisodes s'enchainaient mais restaient loin de la qualité des épisodes 2 (sorti en 2001) et 3 (sorti en 2003).
Bref, c'est dans ce contexte un peu morose pour le genre que le premier Dead Space a vu le jour en octobre 2008... et ce fut un carton ! Un carton critique puisqu'il a reçu des notes dithyrambiques et des appréciations ultra élogieuses. Il faut dire que la formule séduisait grandement car si le jeu a ses défauts (comme un héros aphone et une certaine linéarité) derrière c'est vrai qu'il est excellent. Ce mélange de science fiction à bord d'un vaisseau spatial, et d'ennemis ultra agressifs au design franchement flippant, Dead Space fut une réussite sur tous les rapports... sauf peut-être celui des ventes.
En effet, malgré ses nombreuses qualités et un public plus que séduit, les ventes furent correctes mais ont vite plafonnées (à peine 2 millions d'exemplaires à travers le monde). Jugé tellement violent, il a même été interdit au Japon et dans quelques pays du monde, mais qu'à cela ne tienne, à l'image de certains titres qui sont adulés mais qui ne se vendent pas (Okami ?), Dead Space est un coup de cœur.
Un 
Alors que tout espoir de voir sortir un jour Dead Space 4 était perdu, finalement un Remake du premier opus fut annoncé en 2020. Le jeu sortira presque 3 ans plus tard peu plus de 2 ans plus tard (en janvier 2011), la licence refait surface avec un épisode 2 encore plus ambitieux : les développeurs corrigent les petits défauts du premier opus et donne même à son héros (Isaac Clarke) une voix ! Une nouvelle fois acclamé par la presse et les joueurs, même s'il s'oriente un peu plus vers l'action (au détriment de l'horreur), Dead Space 2 fait l'unanimité, il est même l'épisode le plus vendus de la trilogie (4 millions de ventes). Après quelques chemins annexes (spin-offs, film d'animation, comics), la série termine sa route avec Dead Space 3, sorti en février 2013. Beaucoup disent que le jeu est mauvais mais c'est faux ! Ce 3e opus est un très bon titre SF, qui certes n'égalait pas ses 2 prédécesseurs mais qui avait beaucoup de qualités. Personnellement, ce qui me dérange le plus dans cet opus-là, c'est la puissance au rabais des armes, alors que jusque-là, c'était un plaisir de découper ses ennemis en fines tranches.
Hormis ça, dans l'ensemble le jeu était bon mais cette fois les ventes furent jugées décevantes, en mettant plusieurs mois pour atteindre timidement les 2 millions d'exemplaires. A partir de là Electronic Arts (l'éditeur) va fermer le robinet et abandonner la licence. Visceral Games (le développeur), qui n'avait pas spécialement brillé mais qui a cartonné avec les Dead Space (tout du moins du point de vue des joueurs) se voit alors relégué sur des DLCs ou des jeux de seconde zone. En 2015 ils sortent Battlefield Hardline, un sympathique spin-off de la célèbre série de DiCE, mais ce nouvel échec commercial ne pardonne pas : bien que travaillant sur un nouveau titre dans l'univers de Star Wars, le studio est fermé en octobre 2017, et avec lui tout espoir de voir un jour sortir Dead Space 4.
Cependant, si personnellement j'adore la licence, je dois reconnaitre qu'une chose me chiffonne dans cette trilogie : le scénario. Au bout de 3 épisodes, au scénario maigrelet et qui n'avance pas, Visceral Games aurait dû en finir avec l'Unitologie et les Monolithes. Mais ne sachant pas raconter ses histoires, ils ont fait trainer ça en longueur et au final tout le monde s'est retrouvé le bec dans l'eau, sans espoir de connaitre le dénouement final.
Tout 
Ce Remake a été développé par Motive, un studio first party d'EA, déjà à l'oeuvre sur Star Wars Battlefront II et Star Wars Squadrons était fini pour Dead Space, cette trilogie mythique entra dans l'histoire, certains parlent même d'un beau gâchis. Moi le premier, j'aurai apprécié d'avoir un Remaster compilé de la trilogie sur la Génération suivante, exactement comme nous l'avons eu pour Uncharted, Crysis ou Mass Effect. Mais Electronic Arts semblait réellement fâché envers la licence, ils ne voulaient plus en entendre parler. Les possesseurs d'Xbox Series X avait tout de même un net avantage sur les autres, puisque leur console est rétrocompatible avec un maximum de jeux Xbox 360 et les Dead Space y tiennent le beau rôle avec du FPS Boost à 60 images/sec, du HDR et même des textures améliorées. Voilà comment je fais pour profiter (mieux encore que sur ma vénérable Xbox 360) de cette trilogie sensationnelle, tout en ayant un petit pincement au cœur suite à la fermeture de Visceral Games.
Cependant, une lueur d'espoir est née le 20 juin 2020, lors d'un EA Play, lorsque l'annonce d'un Remake est officialisée... Whaaat ?! Dans ma vie de gamer, rares sont les annonces qui m'ont fait autant plaisir ! Ce qui a motivé l'éditeur à remettre la licence en selle, c'est sans doute l'immense succès du Remake de Resident Evil 2, qui répondait à une longue attente de la part des fans. Son succès, autant critique que commercial (à l'heure où j'écris ces lignes, il s'en est vendus plus de 12 millions d'exemplaires) aurait sans doute incité l'éditeur à remettre une pièce dans le monnayeur, afin de revenir sur la scène de l'horreur et pour ça, qui de mieux que l'ancien maitre-étalon de la marque ?
Notre Remake est développé par Motive et pour la petite histoire, c'est un studio canadien appartenant à Electronic Arts, fondé en juillet 2015 par Jade Raymond, l'ancienne dirigeante d'Ubisoft Toronto et productrice d'Assassin's Creed. En 2017 ils ont sortis Star Wars : Battlefront II (avec DiCE et Criterion Games) et en 2020 ils ont sortis Star Wars : Squadrons. Visiblement amateur de science-fiction, dès la fin de ce dernier, le studio s'est mis au travail et il aura fallu être patient car le Remake de Dead Space n'aura vu le jour qu'en janvier 2023.
Au 
Dead Space est l'un des premiers jeux exclusivement sorti sur les consoles de 9e Génération, voilà pourquoi on l'a payé au prix fort rang des anecdotes, Jade Raymond quitta Motive dès octobre 2018 pour rejoindre plus tard Stadia Games (elle fut sans doute débauchée par Google avec un gros chèque, mais tout le monde sait comment a fini cette histoire) et derrière le Dead Space original (celui de 2008), un nom sort du lot, celui de Glen Schofield. L'homme a un CV long comme le bras et des succès à la pelle en étant vice président de Crystal Dynamics (Pandemonium, Gex, Tomb Raider) puis cofondateur de Sledgehammer Games (qui bosse exclusivement sur la licence Call of Duty), il était aussi le vice-président et le directeur général de Visceral Games. Il est le créateur et le producteur exécutif du premier Dead Space et il a participé à des titres assez mythiques tels que Call of Duty : Modern Warfare 3 et Advanced Warfare, Akuji ou encore Gex 3 (il a également eu ses ratés avec par exemple le très mauvais Street Fighter : The Movie). Bref, récemment il a fondé le studio Striking Distance et en décembre 2022 ils ont sortis The Callisto Protocol, un jeu largement inspiré de... Dead Space ! Ainsi la boucle est bouclée.
Je le concède, avoir confié le Remake de Dead Space à Motive, ne m'a pas spécialement mis en confiance au début. J'avoue, les 2 jeux Star Wars qu'ils ont sortis sont sympas mais ce n'était pas non plus des chef-d'œuvres et leur confier une licence aussi précieuse au cœur des fans, c'était risqué. Avant d'en finir avec cette longue intro, sachez que Dead Space Remake/2023 est l'un des premiers véritables jeux Xbox Series / PS5 et pour cause, il n'est pas sorti sur PS4 et Xbox One. Pas de cross-gen et donc pas de performances tirées vers le bas, le retour de médaille c'est qu'alors on ne parle plus de Smart Delivery et que le jeu est vendu au prix enflé de 80€.
Je vous parle de ça car les consoles de 9e Génération sont sorties en 2020 et en 2023 il y a encore des jeux cross-gen qui voient le jour. Mine de rien, il y a des raisons à ce long statuquo mais à un moment donné, il faut passer le flambeau, passer à autre chose, évoluer, sans quoi on va stagner encore pendant des années...
Un dernier mot, 
Une option permet de limiter (voire d'éviter) les scènes trop choquantes. Désolé mais on ne joue pas à Dead Space si on est une chochotte, il y a des tas d'autres jeux pour contenter les fragiles... il existe également une version Deluxe du titre où pour 10€ de plus (soit 90 balles tout de même !) on nous rajoute 5 cosmétiques, en réalité 5 tenues pour Isaac, pas toutes belles en plus. Vous avez bien lu, on parle d'édition Deluxe, on nous la vend 10 balles plus cher pour au final avoir 5 putains de "skins" qui ne servent à rien ! Ils prennent vraiment les gens pour des cons chez EA...
Une fois le jeu lancé, on s'aperçoit que les menus sont très similaires à ceux du titre d'origine. Les options sont nombreuses et on retrouve même quelques fonctions d'accessibilité qui permettent entre autre d'être prévenu d'une scène choc voire même de la zapper. Perso, le jeu étant en PEGI 18, j'estime que cette option n'a pas lieu d'être. On ne joue pas à Dead Space pour éviter les scènes choquantes, pour ça il y a Animal Crossing ou Pokémon, à un moment donné faut arrêter de jouer les fragiles. A part ça, les niveaux de difficulté sont suffisamment nombreux pour contenter tout le monde, d'ailleurs le niveau "histoire" porte bien son nom puisque le jeu est alors vraiment très facile.
La santé remonte toute seule (plus besoin de médikits), les ennemis sont toujours agressifs mais les dégâts sont très limités, bref le mode porte bien son nom et laisse au joueur le soin de profiter de l'histoire sans jamais lui prendre la tête. Bien entendu, pour celles et ceux qui veulent du challenge, qui veulent que chaque rencontre soit peut-être la dernière, qui veulent ressentir la peur de façon plus prégnante, angoissante, viscérale... les niveaux maximum sont là pour les contenter.

La Deluxe Edition nous propose 3 nouvelles armures plus 2 textures (en gros, elles "habillent" les armures existantes), et ce pour 10€ de plus. Alors certes dans ce jeu il n'y a pas de DLC, ni de micro-transaction, ce qui est une bonne chose, mais en attendant cette édition Deluxe pue l'arnaque...
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L'histoire 
Comme autrefois, le scénario s'avère assez léger et prétexte à une tuerie de masse. On apprécie quand même que la mise en scène soit plus travaillée et l'écriture un peu plus avisée se déroule au 26e siècle, et suit les (més)aventures de l'ingénieur Isaac Clarke, un membre d'équipage du vaisseau de réparation USG Kellion. Ce dernier est affecté à l'USG Ishimura, un énorme vaisseau type "brise surface" (un navire minier planétaire), qui est au-dessus de la planète Aegis VII et dont on a plus de nouvelles. L'équipage de Kellion arrive à la périphérie d'Aegis VII, mais ils s'écrasent à bord de l'Ishimura en raison d'un dysfonctionnement d'amarrage. Johnston est blessée et reste donc en arrière pendant qu'Isaac, Kendra, Hammond et Chen enquêtent sur le navire apparemment abandonné. Mais rapidement, l'équipe de sauvetage est attaqué par des créatures fabriquées à partir de cadavres humains mutés, appelés Nécromorphes. Séparé de son équipe, Isaac est obligé de se débrouiller seul.
Alors qu'il tente de sauver ses coéquipiers et de remettre certains pans du vaisseaux en marche afin de s'en extirper, il apprendra la vérité sur la perte de l'Ishimura, ainsi que l'origine des étranges messages de Nicole, le médecin du navire et accessoirement, sa petite amie. Isaac découvre également la présence de l'Église de l'Unitologie, un culte de fanatiques qui a conduit sa mère (unitologue) à tuer son père puis à se suicider, ainsi que l'étrange présence d'un mystérieux monolithe noir et rouge, aux propriétés inconnues. Pour Isaac sa mission est simple : quitter cet enfer par tous les moyens, en sauvant le plus de monde possible. Mais ce n'est pas parce qu'un plan est simple, que sa réalisation l'est aussi...
On peut le dire, l'histoire accroche le joueur, d'autant que les premiers moments de l'aventure sont particulièrement intenses. Cependant, comme dans bien des jeux du genre, le scénario s'avère globalement léger. Quelques retournements de situation, des coups de sang, des monstres qui nous sautent à la gorge, nos fesses qui décollent du siège mais au final, si on fait abstraction du contexte spatial (qui sert plus au gameplay qu'au scénario), il n'y a rien de vraiment original. Le jeu puise dans plusieurs sources d'inspiration avec en premier lieu le film Event Horizon, mais aussi DOOM 3 ou encore Starship Troopers pour le côté Reine-Mère qui contrôle ses "petits" à distance.
Inspiré 
On retrouve le même type de mise en scène qu'à l'origine, et même si on apprécie les améliorations, pour le grand spectacle, on repassera... de Bioshock cette fois, pour donner du corps à la narration, nous aurons divers textes à lire ainsi que des messages audio à écouter en temps réel. D'ailleurs sachez que quoi que vous fassiez au sein du jeu, il ne se met pas en pause, ainsi il est tout à fait possible de se faire bouffer la carotide alors qu'on était en pleine séance de lecture ou alors qu'on gérait son inventaire. Appelé RIG, Isaac est équipé d'une interface holographique très avant-gardiste qui lui permet aussi de recevoir des appels en visio ou de regarder des vidéos. Entièrement en plan séquence, le jeu ne charge qu'une seule fois ses données au lancement puis se débrouille pour tout charger en arrière-plan. Cette "feature" était déjà d'actualité en 2008 et elle est admirablement remise au goût du jour, avec par exemple une reprise de son jeu instantanée, au sens strict du terme (merci le SSD :). Malheureusement, s'il y a de belles nouveautés dans ce Remake, il y a aussi certaines choses qui ne changent pas.
Je commencerai par le fait que le plan séquence est bien joli, mais toujours tout voir des yeux d'Isaac ne favorise pas la mise en scène. Certes c'est plus immersif (on vit les événements en même temps que le personnage) mais pour ce qui est des grandes cinématiques explicatives, ou à la mise en scène digne des plus grands films SF de ces dernières années, vous repasserez. Si lors de dialogues face à face les développeurs ont fait de beaux efforts avec des PNJs qui nous suivent du regard et une synchro labiale plutôt correcte, il en est tout autre des vidéos qui passent par le RIG, qui sont généralement assez mal faites et désynchro au possible. On sent bien qu'à ce moment-là le jeu ne gère pas la scénette en temps réel mais affiche une simple vidéo implantée dans l'interface. Maintenant je dois l'avouer, après avoir fini le jeu original au moins 100 fois (j'exagère à peine ^.^) je dois reconnaitre que les petites modifications sont le bienvenues.
Je pense notamment à la façon dont les événements sont présentés, le fond de l'histoire (avec son Unitologie et son omniprésent Monolithe) sont clairement mieux exploités, les détails sont un peu plus approfondis. Certes on aurait sans doute aimé une mise en scène plus spectaculaire mais en l'état des choses, Motive a fait de son mieux pour respecter au maximum le matériau d'origine, tout en apportant un minimum de changements et en détaillant un peu plus le fond de l'affaire.
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La VF est globalement de bonne qualité. Par contre les divers personnages (refaits pour l'occasion) sont nettement plus "lisses" et moches qu'autrefois attendant, les personnages ont été entièrement redessinés et on ne va pas se mentir, je ne les trouve pas mieux qu'avant. Kendra (qui selon moi avait un agréable petit côté Jessica Alba) est devenue moche, Nicole semble bien plus vieille qu'elle ne l'est réellement, Hammond est bien moins charismatique et Isaac semble tellement plus "lisse" qu'auparavant... Par contre, et c'est vraiment une bonne chose, Isaac parle et même enlève son casque de temps en temps. Ainsi on évite l'incompréhensible mutisme de l'opus originel, ainsi que ce côté Master Chief où tel un Mandalorian, enlever son casque est proscrit par le crédo. A l'époque ça n'avait aucun sens, c'était même ridicule et cette faute corrigée par l'épisode 2, l'est tout autant dans celui-ci. Ainsi notre héros parait plus humain, il a un visage (pas très beau mais soit), il converse... quoi de plus normal me direz vous ?
Au passage on notera que le casting vocal a été entièrement revu et notre ingénieur trancheur de Nécromorphe ne dispose plus de l'excellente voix de Xavier Fagnon, introduite dans Dead Space 2. Désormais c'est Boris de Mourzitch qui assure le poste, et dont le timbre est très proche de celui de Xavier, surtout lorsqu'Isaac parle à travers son casque. Ensuite on reconnaitra les voix de Raphaël Cohen (Scott Ryder dans Mass Effect Andromeda), Cyrille Monge (Joël dans The Last of Us) ou encore Pierre Tessier qui prête sa voix à ce fol-dingue de Dr Mercer. Au casting de notre VF on retrouve également Marie Chevalot, Céline Melloul ou encore Benjamin Pascal.
Globalement, le doublage est de qualité, il fait clairement le job même si avouons-le, elle n'a rien d'exceptionnel non plus. Quand aux visages, ils sont naturellement plus expressifs qu'autrefois, ce qui parait normal 15 ans plus tard et 2 Générations de consoles plus loin, même si on reste loin d'une grosse motion capture digne des jeux les plus narratifs qui existent. La "MoCap" s'est limitée aux visages, en plus de ne pas être la plus détaillée qui soit. Le résultat est sympa mais se voit à l'écran, et ne tient pas la comparaison avec certains jeux nettement plus ambitieux sur le secteur, comme The Last of Us : Part II, pourtant 2 ans et demi plus vieux.

Y'a clairement eu un gros nivellement par le bas au niveau du design des personnages. Dans l'ordre nous avons Isaac Clark, Kendra et Nicole. Tout d'abord Isaac est bien trop lisse, et il manque sincèrement de charisme. Kendra était autrefois le joli pendant féminin du jeu, aujourd'hui elle est simplement moche. Enfin Nicole c'est le clou du spectacle puisqu'elle ne ressemble plus du tout au personnage de l'époque, en plus de paraitre vieille, bien plus vieille qu'Isaac ! On dirait presque sa mère !
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Désormais Isaac a un visage et surtout une voix ! Il n'a pas attendu le second épisode pour s'exprimer et c'est une bonne chose... dois l'admettre, après The Last of Us : Part I qui est un Remaster qu'on a fait passé pour un Remake, en commençant ce Dead Space 2023, présenté comme un Remake lui aussi, j'ai eu peur. En effet, je fus assez saisi car à part le visage et la voix d'Isaac, rien n'avait pour ainsi dire changé ! L'intro est quasiment la même, avec le crash, tout le début de l'aventure, les premiers Necromorphes ainsi que le remplacement du tramway... Je me suis alors dit que j'avais à nouveau payé 80€ pour un Remaster de luxe, une seconde arnaque que j'allais naturellement mal vivre, surtout que j'ai rejoué au Dead Space original il y a moins d'un an de ça. Fort heureusement, les nouveautés sont arrivées petit à petit, et cette angoisse naissante s'est changée en un délectable plaisir ludique, puisque je ne m'en cache pas, j'adore Dead Space.
En fait, je pense sincèrement qu'à l'origine, Motive avait pour but de justement faire un Remaster de luxe (comme TLOU Part I), puisque tout le début est presque identique à l'œuvre originale. Mais je pense qu'au fil du développement, les petits gars de Motive se sont dit qu'il serait plus pertinent et pérenne de faire un Remake. Donc suite à une première heure beaucoup trop classique à mon goût, on commence à réellement apprécier des changements (cette fois) notables. En lui-même, Dead Space n'a pas vraiment inventé l'eau chaude, mais il s'est inspiré avec brio des "formules qui marchent". Et le jeu est fait pour vous faire peur ! Loin des monstres qui sortent des placards comme dans DOOM 3, Dead Space reprend quand même ses meilleurs aspects avec entre autre des moments bien paisibles mais lourds de sous-entendus et de bruits étranges.
Autrement dit, c'est le calme avant la tempête. Et plus ces passages d'accalmie sont longs et plus vous flipperez lorsqu'un truc immonde débarquera de nulle part en courant droit vers vous. Dead Space n'est donc pas un jeu à mettre en toutes les mains car on est loin d'avoir une ambiance en demi-teinte. Ici y'a du ketchup collé partout, des boyaux visqueux et des monstres dégueulasses, alors autant vous dire qu'il faut par moment avoir les nerfs bien accrochés. Et non seulement le jeu est assez long pour le genre mais en plus, on avance à tâtons, avec beaucoup de prudence par peur de tomber (encore !) sur un truc bien flippant.
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Rassurez-vous, malgré un début d'aventure un peu copié-collé, cette édition 2023 est un vrai Remake parlant de durée, contrairement à ce qu'on aurait pu penser, le jeu est plus long qu'à l'origine puisqu'autrefois il fallait environ 12 heures pour le terminer, quand aujourd'hui il en faut 15. Bien que le parcours soit sensiblement le même, avec le même enchainement d'événements, l'explication vient du fait que les développeurs ont implantés un ingénieux système d'habilitation. En gros, certaines portes et certains coffres ne s'ouvriront que lorsque vous aurez obtenu le niveau d'accréditation suffisant. Dès lors vous avez 2 solutions : soit vous re-parcourrez les niveaux déjà nettoyés à la recherche de tout ce qu'on a laissé trainé faute d'avoir le bon pass', soit vous vous laissez guider par le jeu qui vous fera parfois revenir sur vos pas, mais vous manquerez alors quelques bons items.
Nous l'avons vu, le RIG est un HUD hyper sophistiqué, une interface holographique qui permet de consulter tous types de documents, de parcourir son inventaire, de lire ses ordres de mission ou encore d'avoir une carte détaillée des lieux, avec en bonus l'itinéraire à emprunter. Si le jeu impose beaucoup de touches qui font qu'on s'emmêle un peu les pinceaux au début, mais on peut quand même féliciter les développeurs pour cette interface intuitive et résolument de très haute technologie. Comme évoqué, l'activation du RIG ne met pas le jeu en pause et on peut très bien se faire attaquer en traître. D'ailleurs le jeu n'affiche aucune donnée directe : le nombre de munitions restantes est directement affiché sur l'arme et la jauge de santé est implantée sur l'armure. Difficile de faire plus immersif.
Pour se défaire de ce parterre de monstres on aura à disposition des armes surpuissantes. En plus d'avoir un design très futuriste qui nous change des éternels fusils de space-marines, les armes sont originales et nous permettront de littéralement démembrer les monstres. C'est d'ailleurs conseillé car en arrachant leurs membres, ils meurent plus vite. Notez que lorsque le niveau de difficulté est assez bas, le jeu est d'ailleurs assez permissif sur le sujet et le démembrement devient relativement facultatif (tirer dans le torse est presque aussi efficace), ce qui n'est évident pas le cas pour ceux qui joueront en "difficile", dans le but de retrouver les sensations brutales d'un survival horror prêt à en découdre.
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Varié et vraiment flippant (pour qui joue dans les bonnes conditions), Dead Space c'est aussi un arsenal ultra puissant ! cours d'aventure on récupèrera de nouvelles armes, sans avoir besoin de les acheter, comme autrefois. Isaac peut porter 4 armes sur lui et il faudra clairement faire un choix (il y a 7 armes au total, dont une nouvelle, le choc laser). Personnellement, j'ai trouvé que certaines armes, bien qu'efficaces, sont peu pratiques donc on se retrouve vite à utiliser les 2 ou 3 meilleures. D'ailleurs le jeu vous proposera toujours des munitions pour les armes que vous avez dans l'inventaire, et non pour celles qui sont stockées dans le coffre, comme c'est le cas de presque tous les autres jeux (ce qui est toujours un peu crétin, admettez-le). La grosse originalité de ce survival horror bien trash comme on aime, c'est aussi de proposer une impressionnante variation des situations et d'effets de surprise.
Les monstres n'attaquent quasiment jamais sous le même schéma, ce qui les rend imprévisibles même si c'est très scripté et qu'on finit par comprendre la logique. En effet, le début de l'aventure est véritablement traumatisant mais à force de découper du Nécromorphe et de comprendre comment fonctionne le jeu, forcément la composante angoissante perd un peu de son aspect anxiogène. Malgré tout, on sursautera encore, tellement les façons de procéder sont diverses et variées. Je l'ai évoqué tout à l'heure : la grande originalité de Dead Space c'est son environnement spatial. On fera donc quelques balades dans des zones sans gravité, où il faudra déjouer quelques puzzles bien sympathiques. Loin d'être difficiles, ces petites énigmes se comprennent assez vite et varient un peu le déroulement du jeu.
D'ailleurs, même elles sont dans l'esprit du jeu d'origine, on apprécie également qu'elles n'aient pas été reprises à l'exacte, mais légèrement modifiées afin de varier l'expérience. Bref, pour y arriver Isaac possède 3 fonctions/pouvoirs. La première est la faculté de se déplacer avec une grande aisance dans ces environnements sans pesanteur. Si autrefois on se déplaçait via un système de déplacements scriptés, désormais inspiré de Dead Space 2, notre ingénieur se déplacera librement, avec ce que ça implique de tête s'en dessus-dessous. Une belle nouveauté.
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Isaac retrouve ses jouets habituels (télékinesie, stase) et pour les zones sans gravité, on retrouve le même dispositif de vol que dans Dead Space 2 dans ces zones il faudra réparer une machine en déplaçant de gros objets. Pas de problème, Isaac est aussi doué en télékinésie. Ainsi il peut déplacer certains objets (cette "fonction" intervient aussi dans des passages plus "normaux" où il faut par exemple remplacer une pile d'alimentation ou déblayer le passage). Autant dire que le pistolet anti-gravité de Gordon Freeman a encore fait des émules, d'ailleurs la gestion de la physique est toujours aussi bonne. Dernière fonction avancée du bonhomme, il peut ralentir le mouvement des ennemis (pour mieux les découper) ou de certains objets pour mieux interagir avec eux : c'est la fonction de stase (la stase n'est pas infinie, elle est liée à une jauge qu'il faut recharger, soit via des items soit via des bornes).
Au bout du compte, nous avons donc un jeu extrêmement riche pour le genre, qui varie d'agréable manière les scènes de tueries car la stase et la télékinésie offrent des opportunités d'attaques disons plus "exotiques". Et puis il faut l'avouer, les passages sans gravité sont absolument fabuleux niveau sensations. Il est aussi à noter que lors de courtes mais intenses escapades en plein espace, vous aurez en plus une jauge d'air, tel un cosmonaute (jauge sur laquelle il faut constamment garder un œil sans quoi c'est l'asphyxie). Vous l'aurez sans doute compris, le jeu impose aussi un système monétaire (à base de crédits) qui permet divers achats au magasin.
Le magasin a 2 fonctions : la première est de vous vendre des munitions, des items de soins mais aussi de nouvelles armures. Et oui, notre perso est équipé d'une armure évolutive : plus elle sera évoluée, plus elle vous protégera des agressions et vous permettra d'emporter des objets. Le magasin peut aussi racheter vos items superflus afin de renflouer votre compte. L'autre utilité du magasin est de vous proposer un coffre de stockage... comme dans un bon vieux Resident Evil ! Cet espace réservé nous permet d'entreposer tous les objets qu'on veut, afin de pouvoir les récupérer n'importe où ailleurs. C'est pas neuf, mais c'est diablement efficace.
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La durée de vie avoisinne les 15 heures, ce qui fait que ce Remake est légérement plus long que l'original cours de jeu on trouvera aussi des points de force. Véritable Graal du titre, ces points permettent d'upgrader son matos : sous la forme d'un arbre de compétences qui ressemble à une carte électronique sur laquelle on irait souder des plots, on peut augmenter la capacité de ses armes (nombres de munitions, vitesse de rechargement, puissance) et de sa combinaison (plus d'oxygène, stase plus longue, portée de la télékinésie). Ça nous force à bien fouiller les lieux mais attention à ne pas les gaspiller inutilement. D'ailleurs, j'ai trouvé crédible qu'on soit quelque peu obligé d'upgrader les fonctions de façon équilibrée, au détriment de la puissance pure par exemple. De plus, dans ce Remake les développeurs ont implanté un astucieux système de schémas, qui nous permettront de débloquer les upgrades suivants à condition de bien fouiller les lieux.
Par contre, Motive a supprimé les zones à débloquer via les points de force, remplacé par le système d'habilitation. Entre 2 niveaux, on devra prendre le tramway pour aller d'une zone à l'autre et les points de sauvegardes sont assez nombreux (en plus d'un bon nombre de checkpoints intermédiaires), ce qui nous évite de mourir et de tout refaire sans cesse. Grande constante des survival horror, on fera quelques allers-retours dans des niveaux déjà vus. Heureusement, on visitera bien souvent des zones jusque-là inaccessibles, notamment celles soumises à la fameuse habilitation.
Evoquons la jouabilité, qui a le bon goût de nous laisser paramétrer nos touches, ou de proposer la configuration des anciens épisodes. A la manette, la visée est agréable, précise et l'assistance fait parfaitement son travail. Bien sûr on pourra pester contre un perso très raide, un peu lourd à déplacer et qui prend un paquet de place à l'écran. De plus il n'a pas l'aisance, l'agilité qu'on peut avoir dans Resident Evil 3 Remake par exemple, notamment pour faire demi-tour. Heureusement le jeu n'en souffre pas vraiment et ça ne nuit pas à l'angoisse permanente qui règne à bord de ce vaisseau fantôme, je dirai même qu'il fait lui aussi parti de cette formule gagnante qui fait de Dead Space ce qu'il est.
Bref, 
Le New Game + nous permet de profiter de nos upgrades, mais aussi d'avoir accès à une nouvelle armure ainsi qu'à une séquence de fin inédite retrouver l'excellent gameplay de Dead Space, ça fait du bien ! Comme je le disais, au départ j'étais inquiet de voir que si peu de choses avaient changé, mais je me suis rapidement ravisé. En réalité, il y a beaucoup de modifications mais elles ont été intelligemment mises en place et Motive a bien entendu (par soucis d'identité) repris les plus grandes scènes du jeu original.
Le léviathan dans le garde-manger, les voyages en tramway, le harcèlement par le "chasseur", cette sale bête immortelle qui revient toujours à la vie, les balades en extérieur, l'astéroïde et sa balise de détresse à placer, le relai d'antenne à réparer, l'USM Valor qui vient (soi-disant) à notre secours, les niveaux sur Aegis VII ou encore le gargantuesque boss final... tous les grands et mémorables passages du jeu d'origine répondent naturellement présents, et ce dans une version légèrement modifiée.
J'en veux pour preuve le seul passage que je déteste dans le jeu d'origine, celui où on prend le contrôle des canons pour détruire les astéroïdes qui menacent la coque du vaisseau. Véritable point dur du jeu, ce passage a été entièrement repensé pour quelque chose de plus épique et de nettement plus abordable. Enfin, sachez que le jeu propose un New Game + (intéressant pour profiter de nos armes boostées) qui vous donnera également accès à une tenue de niveau 6 (la tenue de niveau 5 est la dernière lors du premier run) ainsi qu'à une fin secrète. Un bon moyen d'inciter les joueurs à faire un second tour de piste.

Ce n'est qu'au second run que vous pourrez débloquer l'armure de niveau 6. Si comme moi elle vous fait penser à DEATH de Darksiders II, levez la main ! :)
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Comme 
Le 30fps ne dérange absolument pas sur un jeu au rythme lent comme celui-ci, alors autant profiter au max des graphismes ! tous les jeux édités par Electronic Arts ces dernières années, Dead Space 2023 utilise le Frostbite Engine, le fameux moteur développé par DiCE, à l'origine conçu pour son Battlefield. Vous le savez sans doute, le Dead Space de 2008 était l'un des plus beaux jeux de sa Génération. Bien que souffrant par moment d'aliasing, le moteur graphique (emprunté du jeu Le Parrain) était fluide, il offrait des performances étonnantes et une qualité visuelle impressionnante. Seuls les PNJs étaient assez fades, mais pour ce qui est de l'ambiance, des monstres et des décors, il n'avait pas son pareil. 15 ans plus tard, les mauvaises langues pourraient vous dire que si peu de choses ont changées et qu'il ne sert à rien de mettre 80 boules dans ce Remake... et ils auraient tout faux !
Comme d'habitude j'ai envi de dire, puisqu'on ne peut pas demander à un troll de réfléchir avec le vide abyssal qui règne entre ses oreilles. Avant d'entrer dans les détails, sachez que le jeu n'est vraiment pas gourmand puisqu'il pèse moins de 40 Go. Autant dire que l'optimisation fut aux petits oignons et qu'on peut aussi conclure que bien souvent, ce qui prend finalement autant de place sur nos disques durs, ce sont les modes multi-joueurs (il suffit de voir à quel point les derniers Call of Duty sont devenus ventripotents !).
Comme c'est de plus en plus le cas, sur consoles le jeu nous propose 2 modes : Performances et Qualité. Je l'ai déjà évoqué, le fait qu'il ne sorte pas sur l'ancienne Génération a clairement eu un côté bénéfique puisque les développeurs ont réellement pu tirer parti des performances des machines de 9e Génération, notamment de leur CPU multi-cœurs très puissants et de leur SSD. Mettons de côté cette brave Series S qui ne propose qu'un seul mode en 1440p/30fps tout à fait honorable, et intéressons nous aux PS5 et Series X. Le mode Performances nous propose donc un 1440p en 60fps (que votre TV se fera un plaisir d'upscaler jusqu'en 4K) quand en face, le mode Qualité vous propose du 4K en 30 fps avec Ray-Tracing et occlusion ambiante.
Avec 
Malgré quelques ratés, la réalisation exploite parfaitement nos consoles et PC de 2023... le temps et depuis que j'ai une très grande TV, j'ai tendance à pencher du côté du framerate car le 30 fps sur une 65" c'est juste imbuvable. Et bien figurez-vous que Dead Space est le jeu qui me fait mentir. Pour une fois j'ai pu jouer en 4K / 30 fps sans soucis, et profiter de graphismes au maximum de leur potentiel. Le jeu s'est montré très fluide tout au long de l'aventure et le 30 fps ne s'est absolument pas fait sentir. Le Ray Tracing est assez discret, il apporte notamment de superbes reflets sur l'armure d'Isaac et quelques réflexions sur des parois ou des sols souvent brillants. De toute façon, Dead Space est un jeu à la progression lente, notre personnage ne court que rarement et de toute façon, ce n'est pas une fusée pour autant. A vous de voir, selon votre équipement ou vos besoins en matière de confort visuel (je comprends que le 60 fps puisse être obligatoire pour certains, surtout sur les TV qui ne sont pas équipées de compensations de fluidité type Motion Flow).
Mais je le redis, de mon côté (et contrairement à certains jeux comme The Witcher 3 où il m'a été impossible de jouer en 30 fps) le mode Qualité m'a régalé et c'est bien une première. Dans tous les cas ce Remake nous propose un design très proche de l'opus d'origine et c'est tant mieux, tant ce dernier était sublime. La direction artistique est intouchable, l'aspect hi-tech est superbe, les monstres sont véritablement effrayants, les virées dans l'espace sont hypnotisantes... non vraiment, Dead Space a toujours été un jeu magnifique, et ce n'est pas ce Remake qui changera la donne. On en prend plein les yeux, l'ambiance est délicieusement soutenue, les textures sont hyper détaillées, je n'ai eu au bug, aucun plantage, bref la réalisation est d'une qualité admirable.
Bien sûr on pourra toujours reprocher des modélisations qui ne sont pas au maximum de leur performance pour un jeu de 2023 (d'autant que le plan-séquence n'aide pas à avoir une mise en scène plus travaillée) ou encore une certaine redondance des décors, puisque 90% de l'aventure se déroule sur l'Ishimura (même si je vois mal comment ils auraient pu faire pour varier d'avantage les environnements). Il n'empêche que cette alternance de design visqueux et de vaisseau spatial, de recoins extrêmement sombres et d'éclairages ambrés, rendent vraiment hommage à ce titre qui est, techniquement, l'un de plus réussis de ces dernières années.

Comparatif sur la même scène : version 2008 à gauche, version 2023 à droite (cliquez pour agrandir).
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On 
Même si les armes sont un peu moins dynamiques, la partie sonore souligne admirablement l'ambiance anxiogène du titre termine comme souvent par la partie sonore du titre, qui autrefois profitait des compositions d'un certain Jason Graves (l'homme derrière les OSTs de Tomb Raider 2013, The Order, DmC, Until Dawn et j'en passe). Bien sûr on retrouvera les inspirations du bonhomme mais cette fois c'est Trevor Gureckis qui fut en charge des musiques. Le compositeur newyorkais n'est pas spécialement connu mais il a bossé sur quelques films (The Crowed Room, Old, Voyagers, Bloodline) et il nous livre ici une prestation semblable à celle de son confrère. Si on ne peut pas parler de véritables musiques, le jeu distille par contre une ambiance sonore aux petits oignons. Avec des sonorités lugubres, chargées et même angoissantes par moment, tout est fait pour qu'on entre dans l'armure d'Isaac Clarke, qu'on ressente son intime frayeur. Et ça marche !
Dès les premières minutes de jeu, le taux de stress grimpe en flèche, le cœur s'affole, on s'éjecte de sa chaise et intérieurement on jubile parce que ça faisait bien longtemps qu'on n'avait pas eu une trouille pareille ! Petite anecdote au passage : certains airs (notamment au début du jeu) rappellent Alien, le premier film. Pure coïncidence ou hommage ? On ne revient pas sur le doublage, qui est globalement bon et qui (hors vidéos sur le RIG) est synchro, et on finira par les bruitages, qui malheureusement ont perdus de leur violence acoustique. Je vous rassure, les armes font encore de bons gros et jolis bruits mais ça n'est plus aussi dynamique et jouissif qu'à l'origine. Je suppose que Motive voulait sans doute un peu feutrer ces bruitages qui en 2008 envoyaient clairement du lourd, trop peut-être.
Mais rassurez-vous, une fois qu'on a passé le cap de la surprise (oui je connais l'opus de 2008 par cœur) on trouve que les nouveaux FX sont pas si mal, notamment pour la grosse mitrailleuse qui envoie (comme toujours) grave du pâté ! Comme on s'en doute, le reste des bruitages ne sont pas en reste : chaque son est calibré, et de grande qualité. Autant dire que les cris des monstres sont véritablement terrifiants et qu'une fois de plus, l'ambiance est de mise. Enfin le jeu ne lésine pas non plus sur les effets sonores avec par exemple une occlusion acoustique particulièrement réussie lors des passages dans l'espace.

Trevor Gureckis, compositeur de la bande-son.
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A
Note
mes yeux, Dead Space a toujours été un "master class", un titre magistral que je prends plaisir à rejouer de temps en temps, et ce depuis sa sortie initiale en 2008. Alors qu'on pensait la licence morte et enterrée, et sans doute sous l'impulsion des excellents Remakes de Capcom au succès mérité (je parle bien sûr des Resident Evil 2 et 3), Electronic Arts s'est enfin décidé de ressortir Isaac Clarke de son caisson cryogénique, pour que le combat contre les Nécromorphes et le Monolithe reprenne de plus belle. Au lieu de développer un 4e opus réclamé à cor et à cri, ils ont demandé à Motive Studios de réaliser un Remake du mythique premier opus. Normal me direz-vous, vu que nous n'avons pas eu de trilogie Remasterisée, alors que j'aurai été le premier à l'acheter. Ils l'ont fait pour Mass Effect, pourquoi pas ici ? Bref, presque 15 ans après sa sortie initiale, Dead Space revient d'entre les morts, plus beau et plus performant que jamais. Ceci dit, les premiers instants m'ont fait un peu peur car à l'instar du trompeur The Last of Us : Part I, j'ai un instant redouté d'être à nouveau tombé sur un Remaster maquillé en Remake, afin de mieux nous le vendre à prix fort. Car oui, Dead Space est un jeu exclusif à la 9e Génération et si on peut être heureux de cette nouvelle (qui insinue que le développement n'a pas été limité par la Old Gen) comme bien des titres depuis maintenant 3 ans, c'est aussi ce qui justifie un tarif de base à 80€ sur consoles.
D'ailleurs les gens qui disent que ce Remake est identique à celui de 2008, tout en arguant avoir joué à l'opus original il y a moins d'un an, sont tout simplement des charlatans. Certes les grands passages du jeu original répondent toujours présents, le design est similaire, tout comme le scénario et c'est bien normal sinon comment retrouver l'identité même du jeu d'origine ? Car si vous changez ce qui fait de lui un Dead Space, alors c'est un tout autre jeu, il suffit de voir le Remake de Flashback pour comprendre que trop de modifications font perdre en identité. Et pourtant, on appréciera un cheminement assez différent, un héros qui enlève son casque et qui parle, un système d'habilitation histoire d'inciter à l'exploration, de nouveaux puzzles (comme ceux basés sur le changement de sources électriques), 2 fins différentes, des améliorations du système d'upgrades, une nouvelle arme (le choc laser), un New Game+ vraiment intéressant ou encore des ballades en gravité zéro tout droit inspirés de Dead Space 2. Tout en respectant l'œuvre originale, beaucoup de changements ont été apportés mais les grands moments ont été conservés comme l'astéroïde, le Léviathan, le Valor, les zones où il faut tuer les monstres qui empoisonnent l'air, Aegis VII, les retrouvailles avec Nicole, etc.
Dead Space est donc l'un des tous premiers jeux exclusifs à la 9e Génération (tout comme le raté Forspoken) et techniquement, ça se voit ! Le jeu est tout simplement magnifique et de mon côté j'ai largement pu apprécier un mode Qualité dont le framerate limité à 30 fps ne m'a (pour une fois) pas du tout gêné. Déjà très beau en 2008, et ayant encore de très beaux restes aujourd'hui (puisque j'y ai récemment joué sur ma Xbox Series X), Dead Space était un maitre-étalon et Motive l'a remis à la place qui était la sienne. On découvre ainsi réellement la puissance de nos PS5 et Xbox Series X, qui depuis 3 ans, s'efforcent timidement d'améliorer des jeux d'ancienne génération. Elles vont enfin donner leur plein potentiel et c'est très prometteur pour l'avenir. En conclusion, c'est en jouant dans les bonnes conditions que Dead Space vous fera peur, le jeu est toujours aussi gore et flippant, l'ambiance est anxiogène, les scare-jumps sont monnaie courante et au fond, c'est un véritable plaisir de revoir en si grande forme l'un des meilleurs titres pré-2010. Sur cette bonne lancée, on espère sincèrement qu'Electronic Arts et Motive développent le Remake de Dead Space 2. On croise fermement les doigts...
