Art of Fighting (Neo-Geo) -- Review sur SoloGamerTest

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Narration
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Testé sur :

 


Aussi disponible sur :




Sortie sur Neo-Geo MVS : septembre 1992
Sortie sur Neo-Geo AES : décembre 1992
Sortie sur Neo-Geo CD : septembre 1994

Développeur : SNK
Editeur : SNK
Genre : versus fighting

Version testée : NTSC américaine
Voix dans le jeu : anglaises (Robert) / japonaises (Ryo)
Textes à l'écran : anglais

Support : cartouche de 102 Mb sur Neo-Geo AES - 1 CD-Rom sur Neo-Geo CD
Difficulté :
Temps de jeu : environ 1 heure
Multi-joueurs : 2 joueurs simultanément

Abréviation : AOF
Titre alternatif : Ryûko no Ken (JAP)
Prix au lancement : 1450 Frs sur Neo-Geo AES - 450 Frs sur Neo-Geo CD






La musique de la semaine :
♫ SOFT NIGHTFALL ♫




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Art of Fighting

(Ryûko no Ken)




En
AOF est l'un des jeux de combats les plus difficiles de la console et pas le plus jouable en plus...
sortant sa Neo-Geo, SNK avait pour but de devenir l'un des grands rois de l'Arcade, une domination jusque-là imposée par Capcom et SEGA. Si SNK mettra du temps à proposer des titres vraiment innovants ou techniquement supérieurs, il est évident que comme tout un chacun, c'est l'expérience et l'échec qui feront "grandir" ce studio qui jusque-là, se voulait relativement modeste. Cependant, il y a un challenger que beaucoup de développeurs ont cherché à concurrencer, j'ai nommé Capcom et son Street Fighter II. Un jeu au succès intarissable, une véritable manne financière tant les bornes s'arrachent et les pièces coulent à flot dans les monnayeurs.
Si SNK a déjà cherché à imposer sa version du versus fighting avec Fatal Fury (un jeu au gameplay original mais à la réalisation qui ne tient pas la comparaison), en 1992 ils récidivent avec 2 nouveaux titres : Art of Fighting et 3 mois plus tard, un Fatal Fury 2 qui sera le premier vrai concurrent sérieux à la suprématie de Capcom. En somme il n'y a pas de miracles : si on veut faire mieux que les autres, il faut s'en donner les moyens ! Le premier point de ce Art of Fighting qui débarque en fin d'année 1992, c'est qu'il offre un véritable mode "story", malheureusement très bridé puisque vous ne pourrez prendre que Ryo ou Robert.
De plus, ces 2 persos, hormis l'habillage bien sûr, sont trop similaires pour insuffler une quelconque variété (c'est comme jouer Ken ou Ryu, les coups sont presque identiques). Heureusement qu'en versus, les 8 persos que compte le jeu sont disponibles. Il est par contre dommage que les 2 boss de fin ne soient pas sélectionnables lorsqu'on affronte un ami. Une astuce permet de jouer avec, mais c'est moins pratique qu'un simple cheat-code ou lorsqu'ils sont disponibles directement (une erreur que Capcom rattrapera cette même année avec son Street Fighter II' : Champion Edition).



   

L'écran titre occidental et japonais.

A
Art of Fighting est la première cartouche de plus de 100 Mb ! Et les sprites sont gigantesques !!!
noter que la tardive version Neo-Geo CD (sortie 2 ans plus tard), fait elle-aussi l'impasse sur cette sympathique option, alors que les portages Mega Drive et Super Nintendo le proposent (merci Takara pour cette plus-value du coup). A l'image du concurrent dont il s'inspire, Art of Fighting propose 3 bonus-stages : ils sont originaux (casser des bouteilles, briser de la glace et encore fracasser un panneau à coups de boule feu) et vous permettent, en cas de réussite, de connaitre de nouveaux coups ou d'augmenter la barre de vie, ou celle de la force (représentée par le Chi).
D'ailleurs vous remarquerez que si la narration des jeux de combats s'est démocratisée, à contrario les bonus-stages ont peu à peu disparus au fil du temps. Dommage... Malheureusement, jamais un jeu n'aura autant énerver les joueurs ! Car un constat s'impose de suite : le jeu triche ! C'est pas bien compliqué, si vous donnez un coup et le CPU aussi, c'est vous qui prenez, votre adversaire prenant systématiquement le dessus. Si 2 boules de feu s'entrechoquent, la votre sera effacée et vous reprenez. Si le CPU donne un coup et que vous arrivez après, y'a de forte chance pour vous preniez encore. Si vous sautez et retombez après une boule de feu, vous la prendrez quand même.
Le jeu use et abuse des coups spéciaux alors que de votre côté, vous galèrerez à les sortir et souvent, même en vous protégeant, vous morflerez... Il est évident que dans ces conditions-là, on peut trouver ce Art of Fighting difficile ! Et cette difficulté trouve son apogée face au dernier boss (Mister Karaté), qui ne vous laissera pas en placer une. Si on regarde bien, un jeu comme Fatal Fury Special est difficile (je sais pertinemment qu'ils ne jouent pas dans la même cour) mais il ne triche pas, il vous met la pâté à la "loyale".



   

L'écran de sélection de son perso : 2 en solo et 8 en versus.

   

Il n'existe pas de cheat code pour débloquer les 2 boss du jeu (Mr. Big et Mr. Karate). Cependant, il existe une astuce bien spécifique pour pouvoir les incarner en mode Versus. Lancez une partie en Mode Histoire et atteignez l'un des 2 boss. Dès que vous serez face au boss, appuyez sur le bouton Start de la manette 2 pour rejoindre la partie. L'écran de sélection des personnages va s'ouvrir pour le mode Versus et vous verrez alors 10 combattants au lieu de 8. Oui la procédure n'est pas commode et le meilleur moyen reste encore d'utiliser un Unibios (là au moins, c'est instantané).

Dans
Art of Fighting signe une nouveauté de taille : le zoom ! Malheureusement, les animations sont saccadées
cette même optique, la jouabilité n'est pas des meilleures. Les coups se placent mal, le perso n'est pas très réactif, les coups spéciaux sont de vraies tortures à sortir... bref on s'énerve, la difficulté n'aidant pas. En plus, si Art of Fighting se veut original sur bien des plans, à côté de ça il ressert des formules connues, voire même il manque cruellement d'originalité sur le plan des certaines attaques : boule feu, dragon-punch, multiples coups de pieds, coup projeté en avant... le titre d'SNK n'impose aucun style propre. Pourtant, s'il n'est pas du tout original vis-à-vis de son gameplay, d'autres facettes du titre le sont clairement, à commencer par le zoom.
En effet, il est le premier jeu a inaugurer le zoom sur action ("zoom in" quand les persos s'approchent, "zoom out" lorsqu'ils s'éloignent). Procédé on ne peut plus original pour un jeu de baston, et qui sera repris dans bon nombre de jeux du même type, notamment les Samuraï Shodown. Autre point notable du titre : à zoom maximal, les personnages sont immenses ! De plus, le design n'est pas mauvais non plus (persos et décors sont finement dessinés), le rendu graphique étant très bon, avec entre autre un bon niveau de détails, surclassant facilement la plupart des versus fighting de son époque.
Malheureusement, bien souvent les jeux étaient soumis à un vieil adage, à savoir que plus un sprite est gros, plus mal il est animé... et ça se vérifie une fois de plus. Pire encore, la Neo-Geo a bien du mal à gérer des sprites qui font tout l'écran, plus le zoom, plus les effets spéciaux. Résultat le jeu saccade beaucoup. L'animation est donc déplorable, les persos sont mal décomposés et le zoom est hoquetant. Une belle formule pour attraper de jolis maux de tête !



       

Les 3 types de bonus stages.

Autre
La version Neo-Geo CD n'apporte strictement rien à la version cartouche... pas même la possibilité de jouer les boss sans se prendre la tête
originalité, il y a une jauge de puissance (le "Chi", sous la barre d'énergie) qui permettra d'user de coups spéciaux mais une fois vide, vous serez à sec. Encore une fois, le concept est original et sera repris en autre par Dragon Ball Z sur Super Nintendo. D'ailleurs les coups spéciaux sont pour la plupart impressionnants, normal lorsqu'on affiche les plus gros personnages jamais créés dans un versus fighting (et Art of Fighting restera longtemps le premier à cette place). Enfin, côté son, j'ai particulièrement aimé la sauvagerie des bruitages.
Extrêmement violents, ils rendent bien service à l'ambiance et à la violence des coups portés (dommage que ce soit presque toujours dans notre tronche). Quant aux musiques, elles sont sympas et les voix sont loin d'être mauvaises. Dernier point, sur Neo-Geo CD et malgré une sortie calée 2 ans plus tard (normal, il fallait bien que la console voit le jour avant de proposer des jeux), nous n'avons malheureusement rien de nouveau. On appréciera d'avoir des chargements assez courts (bien plus courts que sur certains jeux récents et/ou ambitieux où avec le misérable lecteur 1x ça met des plombes) et même un jeu 100% similaire à la version cartouche... trop peut-être !
Rien n'a été corrigé au niveau du manque de fairplay du jeu, la bande-son est à l'identique (pas de nouvelles musiques), idem pour des cinématiques qui n'ont pas été agrémentées. En gros, sur le CD-Rom il y a les 13 Mo de la ROM originale et rien de plus ! Si bien entendu on apprécie d'obtenir l'exact Art of Fighting d'origine et ce, pour un prix nettement plus raisonnable, à minima on aurait aimé un vrai menu d'options et le déblocage de Mr Big et Mr Karaté lors du versus.



       

       

L'intro du jeu. Art of Fighting propose quelques cut-scenes (et dialogues) plus travaillés que sur la plupart des titres du genre. D'ailleurs la Neo-Geo en fera vite sa petite plus-value.


Conclusion

Art Note



of Fighting est un jeu d'anthologie, en premier parce qu'il est le tout premier titre à passer la barre symbolique des 100 Mb ! Alors certes, 100 Megabits aujourd'hui ce n'est rien (ça fait environ 13 Mo), pourtant à sa sortie en 1992, la plupart des jeux consoles faisaient entre 8 à 16 Mb pour les plus gros, donc le jeu d'SNK pesait à lui seul 6 à 12 fois plus que n'importe quel jeu concurrent ! C'est bien à partir de ce point-là qu'SNK va commencer sa fulgurante ascension avec des jeux toujours meilleurs, toujours plus gros, toujours plus mégalo, et une Neo-Geo qui nous dévoilera des capacités hors normes, dépassant même ses propres limites. D'ailleurs si Art of Fighting est en parti peu original, en lorgnant sur les recettes éculées d'un Street Fighter II dont le succès ne tarit pas, à contrario le jeu innove sur plusieurs plans : la jauge de "Chi" qui une fois vide, nous prive de pouvoirs spéciaux, le visage des fighters qui se tuméfient à force de prendre des coups, un zoom sur action encore jamais vu ou encore des personnages énormes qui, à zoom max, prennent tout l'écran ! C'était du jamais vu ! Malheureusement, il faudra aussi faire avec quelques soucis de conception, à commencer par le fait que si on apprécie la scénarisation du mode solo, elle se cantonne à seulement 2 personnages (Ryo et Robert).

D'ailleurs le versus ne propose que 8 persos, là où peu à peu la norme est de 10 à 12 persos jouables. Mais tout ceci n'est rien devant le manque que fairplay de l'IA, qui ne se prive pas de "tricher" et ce, de façon aussi voyante que perfide, afin de toujours nous en mettre un maximum dans les gencives. La jouabilité est peu précise, les coups spéciaux ont du mal à sortir et si les graphismes sont globalement très bons, l'animation n'est pas fluide, et le zoom encore moins, preuve qu'SNK a apporté pas mal d'innovations, mais que la console sature à afficher des sprites aussi imposants. Malgré toutes ses bonnes volontés, Art of Fighting rate donc le coche et c'est un peu dommage car il pose les bases de quelques originalités : ces visages qui se dégradent (une feature qui ne sera pour ainsi dire jamais reprise dans un autre jeu), les bonus stages (qui disparaitront peu à peu des titres du genre) et le zoom fera office de plus-value sur bien d'autres versus fighting (tels que Double Dragon, Galaxy Fight, Samuraï Shodown ou encore The Last Blade). Ceci dit ce premier opus offrira tout de même une jolie brochette de fighters qui traverseront les années, notamment au sein des King of Fighters. Malgré ses qualités et ses innovations, Art of Fighting aura bien eu du mal à séduire, surtout les joueurs qui gardaient en tête que Fatal Fury 2 sortait à peine quelques mois plus tard. Etant donné le prix assez prohibitif des cartouches Neo-Geo, j'imagine que le choix fut vite trouvé...






Points négatifs

  La version Neo-Geo CD n'apporte strictement rien de plus que la version cartouche, alors que 2 ans les séparent (comme d'habitude j'ai envie de dire)
  Le mode versus se limite à seulement 8 persos
  Le jeu n'est vraiment pas fairplay en solo
  Zoom et animations sont tout sauf fluides
  La procédure pour jouer avec les boss
  Seulement 2 persos en mode histoire
  La difficulté : épouvantable !
  Des soucis de jouabilité


Points positifs

  Version CD strictement à l'identique à celle sur AES (je dis ça parce qu'avec Art of Fighting 3...)
  Les sprites les plus gros jamais vu ! Et ça le restera pendant très longtemps...
  Narration plus développée que dans la plupart des jeux du genre
  Temps de chargement relativement courts sur CD
  Le zoom sur action, une sacrée nouveauté !
  Les bruitages, sacrément violents !
  L'originalité des bonus stages
  Un design vraiment réussi



Test réalisé par iiYama


article initial : juillet 2006
mise à jour : octobre 2026


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