Super Turrican (Super Nintendo) -- Review sur SoloGamerTest

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Narration
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


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Sorties du jeu : mai 1993 en Europe et aux Etats-Unis - décembre 1993 au Japon

Développeur : Factor 5
Editeurs : Seika Corp. / Hudson Soft / Tonkin House
Genre : action (run 'n gun)

Version testée : Euro PAL (50hz)
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : anglais

Support : cartouche de 4 Mb
Difficulté :
Temps de jeu : 1h à 1h30

Multi-joueurs : non
Titres alternatifs : Mega Turrican / Super Turrican : Director's Cut
Prix au lancement : 450 Frs






La musique de la semaine :
♫ ON THE ROAD AGAIN




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Super Turrican









La
La série Turrican est née de l'esprit de Manfred Trenz mais après 2 épisodes, il abandonne sa série qui sera alors reprise par Factor 5, un autre développeur allemand
série des Turrican commence en 1990, lorsque Rainbow Arts (une société allemande d'édition et de développement de jeux vidéo, fondée en 1984 mais qui a fermé ses portes en 1999) sort le premier épisode de Turrican sur Commodore 64. Tout droit sorti de l'esprit de Manfred Trenz (qui est alors designer et programmeur) et malgré les grosses limitations technique du C64, ce premier opus est très bien accueilli et se voit alors adapté à presque tous les supports de son époque. Manfred Trenz et Rainbow Arts récidivent la même année avec Turrican II : The Final Fight. Il est intéressant de noter que cet épisode fut modifié pour coller avec la sortie du film Universal Soldier avec un Jean-Claude Van Damme qui avait le vent en poupe, et Dolph Lundgren qui jouait déjà les gros méchants.
Turrican II fut alors adapté à cet univers avec un seul but : profiter du succès du film et sortir le jeu sur Mega Drive et Game Boy. Par la suite, Manfred Trenz et Rainbow Arts ont laissé tomber la licence. Partis développés l'excellent Rendering Ranger (qui n'est pas si éloigné de Turrican, vous en conviendrez), c'est Factor 5, un autre studio de développement allemand né 1987, qui prend alors en charge la pérennité de la licence. Sous leur joug, nous verrons naitre 3 nouveaux épisodes : Super Turrican sur NES (vous avez bien lu, un jeu NES est sorti en 1992 alors que la Super Nintendo avait déjà 2 ans), Turrican III / Mega Turrican sur Amiga et Mega Drive (les autres supports furent abandonnés) et notre sujet du jour, Super Turrican sur Super Nintendo.
Oui je sais, la série est un joli méli-mélo avec un Super Turrican à la fois sur NES et Super NES, mais que voulez-vous, les voies du markéting sont impénétrables... Donc nous y voilà, Super Turrican version Super Nintendo, a vu le jour en 1993, sur une toute maigrelette cartouche de 4 Mb, quand en face Super Mario All-Stars faisait 16 Mb et Street Fighter II Turbo crevait une fois de plus le plafond avec ses 20 Mb. Mais soit, après tout ce n'est pas la cartouche qui fait le jeu tout comme ce n'est pas la taille qui fait l'homme (enfin, il parait ^_^).



       

Super Turrican est à l'origine sorti sur NES en 1992...


Hécatombe sur Katakis


Cet
Les derniers niveaux sont directement inspirés de l'univers Alien...
épisode présente des similitudes avec Mega Turrican (Turrican III) mais reste exclusif à la machine de Nintendo, pour des raisons techniques évidentes que nous verrons en temps voulu. L'histoire nous raconte qu'aux confins de l'univers, les forces du mal connues sous le nom de "The Machine", ont envahit Katakis et le peuple fut mis en esclavage. Heureusement pour eux, l'USS Freedom passait par là, avec à son bord un héros qui a entendu les cris de désespoir de millions de personnes. Equipé de sa combinaison d'assaut Turrican, il va tout faire pour rectifier cette injustice et rétablir la paix sur Katakis... Avant toute chose, notez pour l'anecdote que Katakis est également un shoot-them-up développé par Rainbow Arts.
Il est sorti sur C64 en 1988 et fut converti sur Amiga par Factor 5 la même année... c'est finalement un joli clin d'œil à leur relation de longue date. Retour à nos moutons, on le sait, les jeux des années '90 étaient rarement dotés de grands scénarios donc on fermera volontier les yeux sur cette trame banale et clichée au possible. Par contre on appréciera d'avoir une véritable intro, avec de belles images et un texte explicatif, ce que bien des jeux ne prenaient même pas la peine de faire. Pour une cartouche si petite, je suis agréablement surpris. Par contre la fin est un peu expédiée et se veut déconcertante. Excusez ce léger spoil mais on n'affronte pas le grand antagoniste de l'histoire. A la place on dessoude une reine Alien tout droit sorti de l'univers créé par H. R. Giger (le créateur des célèbres Xénomorphes) et le big vilain de son côté, s'en va. Fin de l'histoire.
J'avoue rester très réservé quand à la tournure de cet épilogue... Si le jeu n'a pas été supervisé par Manfred Trenz, trop occupé à donner vie à Rendering Ranger, cette fois c'est Holger Schmidt qui est "lead designer" et derrière la programmation du jeu. Ceci dit la formule ne change pas vraiment. Avant d'attaquer l'aventure, un petit tour dans les options nous permet de choisir sa difficulté, d'activer (ou pas) le rapid fire, de choisir entre un son mono ou stéréo (j'ai jamais trop compris l'intérêt d'une telle option mais soit) ainsi que la configuration de son pad. Une fois prêt, on presse Start et c'est parti pour la guerre !



   

   

Bien que la cartouche soit ridiculement petite, le jeu nous offre une belle intro.


Yes, you (Turri)can


Super
Malgré certaines limitations vieillottes, le gameplay est fun et se veut immédiatement accessible
Turrican est un jeu d'action/plate-formes pure souche, ce qu'aujourd'hui on appelle un "run 'n gun". Et c'est vrai qu'on court et qu'on tire partout ! Les bases de la licence ont été respectées, un peu trop même puisque notre gaillard dans son armure de combat ne sera pas fichu de tirer vers le haut et encore moins en diagonales. A l'heure où les jeux d'action proposent des gameplays de plus en plus complexes (comme par exemple Alien 3), Super Turrican nage a contre-courant, et se veut quelque peu arriériste pour le coup. On le sait, la licence est connue pour son action frénétique et ses armes qui déboitent... et bien rien n'a changé et c'est tant mieux !
Les coffres d'armes sont nombreux, ce qui permet soit d'upgrader son armement, soit d'en changer, et toujours tourné vers le scoring, on récolte des milliers de diamants (points) tout au long des niveaux. L'armement est d'ailleurs très incisif, orientant presque le jeu sur un shoot-them-up, en troquant le classique vaisseau spatial pour un héros posé sur ses 2 pattes. En parlant de héros, si malheureusement on ne peut pas cumuler les armes (soit on les upgrade, soit on en change), nous avons à disposition une sorte d'arc électrique qu'on peut faire tourner sur 360° et qui sert à "geler" les ennemis (pratique contre des hordes bondissantes de bestioles affamées) et nous avons une jauge de santé qui évite qu'on perde une vie au moindre contact avec l'ennemi. D'ailleurs c'est une bonne chose : lorsqu'on perd une vie on reprend là où on était et les ennemis ne reviennent pas.
Une fois tué c'est définitif donc on peut explorer en profondeur les niveaux, sans être embêté par des sales bêtes qui passent leur temps à "respawn". Pour se protéger, en plus d'un armement particulièrement efficace, nous avons un bouclier de protection et même des "bombes" (une sorte de vague d'énergie) qui aide à faire le ménage de l'écran. Assujetti à une deuxième jauge, on peut également se rouler en boule façon Morphing Ball de Super Metroïd, et bien que l'utilité soit très différente, sous cette forme nous sommes plus ou moins invincible et on peut lancer des missiles ou des mines. Pratique pour les passages ardus. Les niveaux sont parfois immenses, et avec une multitude de chemins possibles.



Turrican, le Contra selon Manfred


A
Si les premiers niveaux sont aussi fun qu'agréables, très vite la difficulté deviendra hardcore ! Finir le jeu risque d'être compliqué
côté de ça on retrouve ce fichu "timer" qui ne sert à rien (on n'est plus sur Arcade, faut arrêter avec ça !), ceci dit il est assez large donc il ne sera pas spécialement une source de stress. Question durée de vie, on reste dans la moyenne du genre avec une séquence de fin qui apparait aux alentours des 1h à 1h30, après avoir franchi pas moins de 13 niveaux. J'avoue même qu'après avoir battu le boss final, j'ai été surpris d'avoir fini le jeu... je ne m'attendais pas à ce que ça se finisse ainsi ! Comme évoqué, le dernier monde est très largement inspiré d'Alien (les œufs, les facehuggers, les combattants et un boss final qui ressemble à une reine, ça laisse peu de place aux spéculations) et moi qui pensais affronter le vrai boss de cette aventure, celui qui contrôle "The Machine"... en fait non.
D'ailleurs c'est un non-sens de finir le jeu là-dessus : qu'on s'attaque à la ruche Alien, moi je veux bien mais en quoi tuer la reine fera fuir le grand antagoniste ? En quoi ça libérera le peuple de Katakis du joug de "The Machine" ? Non là on a beau dire, c'est sans queue-ni-tête... Autre gros détail : la difficulté. Si bien entendu on n'est pas au niveau d'un Jim Power humainement infaisable (et ne venez pas me dire que des mecs y arrivent sur Youtube... faites-le vous-même sans tricher, et on en reparle), ici aussi les amateurs de jeux hardcore vont s'en donner à cœur-joie ! Alors bien sûr, le début de l'aventure est tout à fait abordable, c'est même un immense plaisir de découvrir la licence avec cet opus-là. Mais dès le 2e monde (une sorte d'usine), la chanson commence à changer.
Puis vint le monde 3 où j'ai littéralement déchanté car si les niveaux de neige sont déjà chiants dans Mario, dites-vous qu'ici c'est l'Enfer ! Et pourtant j'ai persévéré et au monde 4, le monde Alien, j'ai pleuré... à chaudes larmes ! Quelque soit le level, certains passages sont vraiment prises de tête, certaines phase de plate-formes nous demandent d'être extrêmement précis alors que la jouabilité ne s'y prête pas, tout comme la raideur du personnage et son inertie (comme lors de cette course effrénée sur le toit d'une sorte de train : bonjour la galère !).



Turrican en mode SUPER !


A
La réalisation offre des graphismes superbement détaillés et colorés, sans parler d'effets graphiques intelligemment mis en oeuvre
ça s'ajoute des pièges vicelards, des trous où on perd instantanément une vie et à la fin du jeu, les "facehuggers" vous chopent la gueule (impossible de s'en débarrasser) puis ils explosent !!! C'est complètement débile ! Et après ça, la Reine Alien je l'ai défoncé en 2 minutes : allez comprendre la logique dans tout ça... Non vraiment, j'ai adoré ce Super Turrican mais il m'a gâché le plaisir avec sa difficulté punitive et totalement absurde. Techniquement, la cartouche a beau être petite (4 Mb c'est la plus petite taille sur cette console), Factor 5 s'est efforcé d'utiliser au mieux tout ce qu'offrait la 16-bits de Nintendo, à commencer par des dégradés absolument somptueux, qu'on appréciera surtout dans les premiers niveaux.
La belle palette de couleurs de la Super Nintendo a grandement été mise à contribution ! Globalement le jeu est toujours très coloré, finement détaillé et avec un design assez particulier mais séduisant. Notre héros est parfaitement fluide mais ce ne sera pas le cas des ennemis, qui n'ont pas subi le même traitement de faveur. Quand au Mode7, il est à l'honneur plus d'une fois : plusieurs parallaxes, des zooms, des rotations, des mosaïques, des transparences... la Super Nintendo nous dévoile tous ses atours et le jeu sait en profiter avec justesse : pas d'étalage outrancier mais une utilisation pertinente de chacune d'entre elles.
Comme quoi, une petite cartouche peut faire de grands jeux, en supposant que derrière il y a eu une très bonne compression/optimisation des données. Nous avons également une excellente bande-son, surtout dans les premiers niveaux qui profitent de mélodies envoutantes. Malheureusement ça ne dure pas : la qualité est toujours là, mais les musiques cherchent plus à poser une ambiance qu'à la rythmer. Il n'empêche que la qualité de l'instrumentation (le sampling) est impressionnante, même pour une Super Nintendo. Enfin les bruitages sont bons : ils auraient pu être plus explosifs, mais en l'état, ils font largement le travail.



Conclusion

Super Note



Turrican sur Super Nintendo (qu'il ne faut pas confondre avec le Super Turrican de la NES sorti un an plus tôt) est un excellent jeu d'action, un "run 'n gun" (comme on dit aujourd'hui) particulièrement pêchu. Et c'est vrai que le rythme est très soutenu par une action incessante, un gameplay simple d'accès et des musiques rythmées qui donnent bien le ton. Malheureusement, le plaisir sera en partie gâché par une difficulté particulièrement rebutante. Soyons clairs, c'est un super jeu qui mérite peut-être même une meilleure note mais franchement, il accumule les passages chiants au possible ! Des segments super hard et qui n'avancent à rien... à part flatter l'égo du pro du pad qui se sentira fier d'y être arrivé sans tricher. Mais entre temps, tous les autres joueurs, ceux sans un "skill de tueur" seront largués. A quoi bon ? C'est quoi l'intérêt de faire des passages aussi difficiles, si ce n'est faire chier le gars ou la nana derrière sa manette ?
Et là je parle bien entendu d'un joueur normal, d'un être humain, pas ces machines qui font des vidéos sur Youtube où on les voit finir leurs jeux avec une seule vie, un bras attaché dans le dos et la télé tournée contre le mur ! Bref, tout ceci est vraiment dommage car certains passages (notamment les premiers niveaux) sont juste jubilatoires ! Car c'est un fait, le jeu est bon, très bon même ! Les graphismes sont vraiment superbes, les effets sont utilisés avec pertinence, certaines musiques sont aussi envoutantes que magnifiques... Conclusion, en reprenant le travail de Rainbow Arts et Manfred Trenz, Factor 5 a réalisé un très bon titre, certes imparfait mais qui mérite (malgré sa difficulté) qu'on se penche sérieusement sur son cas, à minima pour ce qu'il a à offrir (jusqu'à ce vous soyez bloqué en somme).






Points négatifs

  Gameplay un peu vieillot (comme ne pas pouvoir tirer vers le haut et en diagonales)
  Trop hardcore par endroit, phase de plate-formes d'une incroyable difficulté !!!
  Dommage que les musiques ne gardent pas le charme des premiers niveaux
  Des facehuggers qui explosent ? Vraiment ?
  L'incompréhension de l'épilogue...


Points positifs

  Certaines musiques sont vraiment splendides ! Les autres gardent malgré tout un certain charme
  Un rythme hyper soutenu par une action incessante, un gameplay pêchu et des musiques rythmées
  Une jolie intro malgré le manque de place sur la cartouche
  La beauté de certains niveaux !
  Le Mode7 est à la fête !




La séquence de fin (spoil) : cliquez pour ouvrir


Test réalisé par iiYama


article initial : mai 2021
mise à jour : septembre 2026


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