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Plus que jamais, Kratos ne fait pas dans la dentelle la PlayStation 3 est née en 2006, il aura fallu attendre 2010 pour que cette suite arrive. En regardant un peu en arrière, on comprend mieux pourquoi. En effet, à la sortie de la PS3 européenne (en 2007), le géantissime studio de Santa Monica sortait ce qui allait très vite devenir l'un des tout derniers blockbusters de la PS2 : God of War II. S'il est vrai que le premier opus peut à la rigueur être dispensable (notamment parce qu'il est chiant sur certaines phases de jeu), le 2 est par contre un incontournable. Meilleur en tous points (et je dis bien tous), cette suite fut magistrale ! De là, le studio de Santa Monica s'est mis au travail sur l'épisode 3 quand en parallèle le studio Ready at Dawn sortait Chains of Olympus et Ghost of Sparta, 2 spin-offs inédits parus sur PSP.
En marge du God of War Collection, l'épisode 3 fut déclaré meilleur beat-them-all de tous les temps, jeu le plus beau de la console, avec en plus, une mise en scène de folie. Beaucoup de superlatifs ont fusés dans tous les sens et avec eux des promesses hautes comme des montagnes, le genre de mots lancés au cours d'une interview, ces mêmes mots qui font rêver les fans et qui généralement, déçoivent une fois le jeu sorti. Avec God of War III les développeurs nous ont promis du lourd et c'est vrai, c'est même incontestable, aussi bons que soient les beat-them-all sortis avant lui (tels que Darksiders, Bayonetta, Devil May Cry 4 ou encore Dante's Inferno), aucun ne lui arrive à la cheville ! God of War III signe donc le chapitre final, l'apothéose d'une trilogie, l'épilogue sanglant et violent de cette lutte de Kratos envers la trahison de Dieux de l'Olympe.
Evidemment, les scénaristes (dont la plus connues est Marianne Krawcyzk) y sont encore allés de leur propre interprétation de la Mythologie Grecque, une sorte de réécriture façon "le côté obscur de la Force". Certes il y a une part de vraie (tout du moins dans ce que nous racontent les mythologues... maintenant à savoir si c'est la vérité absolue, étant donné qu'on n'y était pas pour vérifier par nous même, c'est difficile à dire ^.^) cependant comme Kratos n'existe que dans la tête des scénaristes et non dans les livres d'histoire, il est clair qu'il a bien fallu enrober tout ça.
Ce 
Le gameplay n'a presque pas évolué mais doit-on vraiment s'en plaindre ? 3e opus commence exactement là où l'épisode 2 s'est arrêté : accompagné des Titans déchus, le fantôme de Sparte grimpe sur le Mont Olympe pour mettre une grosse déculotté à Zeus. Mais vous vous doutez bien que ça ne sera pas aussi direct. Si au départ on possède la quasi panoplie dont on dispose à la fin de God of War II et pour des raisons évidentes de challenge, Kratos va tout perdre. Enfin tout... disons presque tout car les ailes d'Icare et la Toison d'Or font partie intégrante du packaging. Assez classique, finalement le gameplay n'aura jamais vraiment changé depuis le premier épisode, tout de même né en 2005. Bien sûr nous avons quelques ajustements ça et là, quelques nouveautés mais globalement rien de vraiment neuf. Très vite on retrouve l'arc, le trident pour pouvoir nager sous l'eau et bien entendu les fameuses Lames d'Athena.
Au rang des nouveautés, Kratos chopera (de force) les bottes d'Hermès (le messager des Dieux), ce qui lui permettra de se prendre pour le Prince de Perse : il court sur les murs, en grimpe d'autres... exactement comme dans le jeu d'Ubisoft. Autres inspirations, le labyrinthe de Dédale semble tout droit sorti de Cube (le film) et on passera souvent à travers des portails interdimensionnels, exactement comme dans PREY ou Portal (ne vous inquiétez, ça passe très bien dans l'univers du jeu). Bien entendu on dispose de nouvelles armes, de nouveaux artéfacts et la Colère des Titans est remplacée par la Lame de Sparte (un mélange entre Colère des Titans et d'Epée de l'Olympe). A côté de ça, on ne change pas une équipe qui gagne : les orbes rouges, les yeux de gorgones et les plumes de phénix répondent toujours à l'appel (ils ont ajoutés les cornes de minotaure qui visent à augmenter la jauge d'objets tels que les flèches pour l'arc).
Pareillement, le stick droit sert à réaliser les évitements au lieu de gérer la caméra. Ça fait je ne sais combien de fois que tout le monde peste contre cette idée-là, car bien souvent l'angle de vue privilégie le spectacle au confort, à l'appréhension du level. Et j'ajouterai que je n'arrive pas à gérer les évitements sur ce stick, je trouve ça contre-intuitif. Dans la plupart des jeux du genre, c'est la touche "rond" qui officie et c'est nettement plus pratique, plus instinctif. Enfin bref, comme vous le voyez, les vieilles (et mauvaises ?) idées ont parfois la peau dure.

Plusieurs versions furent disponibles au lancement du jeu, notamment une version une "Collector" et une "Pandora Box" regroupant le jeu et plein de contenus exclusifs comme "The Art of God of War". Enfin, la version "God of War III : Ultimate Trilogy Edition" possède tout le contenu de la Pandora Box, avec en plus le jeu God of War Collection. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
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Tiens 
Caméra et jouabilité nuisent parfois à la bonne appréhension d'un level, créant ainsi des pics de difficulté assez agaçants en parlant de ça, les QTEs font évidemment parties de la fête. Ces séquences où on doit appuyer sur un bouton au bon moment pour réaliser une attaque scriptée, nous gâche toujours un peu le jeu. Il faut être concentré, sans quoi on se loupe avec obligation de recommencer, tout en ratant une bonne partie du spectacle. Après c'est vrai que ça a toujours fait partie intégrante du titre et un God of War sans QTE, ce serait comme manger sans sel. Heureusement pour nous, les QTEs sont généralement permissives, elles acceptent des petites erreurs et même une latence assez large. Pourtant tout n'est pas parfait car une fois de plus, on subit certaines séquences bien gonflantes, qu'il faut recommencer une bonne dizaine de fois uniquement parce que les commandes ne répondent pas ou que Kratos ne veut pas s'accrocher à une corniche (et je citerai le vol à dos de harpies ou encore cette séquence de Guitar Hero un peu hors de propos).
Idem pour les coffres et les leviers, où pour les ouvrir il faut être bien en face, comme si Kratos ne les voyait autrement pas ! Le gameplay est donc toujours entaché de ces petits bugs, de ces petits tracas (comme ce double-saut qui réagit vraiment très mal) et s'il est vrai qu'on ne fustige pas tout un jeu pour ça, à la longue, force est de reconnaitre que c'est un peu gonflant. Ce 3e épisode était l'occasion de nous proposer une jouabilité au poil mais ce n'est pas le cas. Voilà pourquoi chez nous, God of War III ne peut pas prétendre à un 19/20 qu'il aurait pourtant pu mériter... Quant à notre héros spartiate, son histoire reste malgré tout légère et surtout, la morale est passée à la trappe.
Le jeu est hyper violent, à un point même qu'on en reste surpris par moment : Kratos est mauvais comme la peste, et dans son périple, dans sa quête de vengeance, il se fout complètement de tuer des innocents. Je sais que la mode est aux "bad boys" mais moi ça me gêne un peu de voir l'empreinte qu'on laisse aux joueurs, dont la simpliste interprétation pourrait être : faites le mal, c'est payant ! Evidemment le drame est plus profond que ça, mais sans dire qu'il faut rentrer dans le "politiquement correct", je suis sûr que certaines mises à morts gratuites auraient pu être évitées. Il ne faut pas verser le sang des innocents, uniquement parce que la bidoche est à la mode et que les joueurs n'attendent que ça...
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Certaines scènes atteignent un tel degré de gigantisme, que ça en devient épique et très impressionnant parler de cette vengeance qui, par moment, tourne à l'obsession d'adolescent qui fait une crise parce qu'il n'a pas le dernier Smartphone à la mode ! OK, Kratos a la rage, OK Zeus a déconné, cependant Kratos a déjà eu sa vengeance et en rejouant à God of War II, et vu comment le nouveau Dieu de la Guerre était devenu un connard sanguinaire, on peut comprendre que Zeus ait réagi comme ça. Et comme les 2 gaillards se sont déjà mis sur la gueule à la fin de l'épisode 2, il aurait peut-être été judicieux de passer à autre chose non ? Après c'est un fait, quiconque a lu la Mythologie Grecque sait que Zeus lui-même était un sacré salopard qui a fait beaucoup mal et a puni beaucoup de monde sur de simples présomptions. Lui aussi n'était pas tout blanc... Pour ce qui est de la mise en scène, à ce jour aucun jeu ne vous déboitera autant la mâchoire !
Impressionnant de bout en bout, God of War III profite de scènes absolument jubilatoires, d'une violence jusqu'alors inexplorée et d'un gigantisme sans pareil. Shadow of the Colossus est vaincu sur son propre terrain car se battre aux côtés (ou contre) un Titan de la taille d'une montagne, a de quoi vous écarquiller les yeux ! De plus, toutes les cinématiques ont été conçues à partir du moteur graphique. Bon d'accord, certaines sont des vidéos, sans doute afin de faciliter certaines séquences ultra chargées et de rajouter off-line, quelques détails de plus. Reste que comme ça, le rendu est uniformisé. Les autres cinématiques sont de 2 types : celles du "présent" sont en 3D, classiquement gérées en temps réel, ensuite il y a les flashbacks du passé, dont le design est assez original.
Si le moteur graphique n'affiche que du 720p, c'est pour éviter de perdre de précieuses ressources dans une résolution plus élevée et au demeurant inutile. A côté de ça, on nous offre un rendu d'une fluidité exemplaire en 60 images/seconde et surtout, surtout un travail d'orfèvre au niveau de la qualité visuelle. Le jeu de lumières (comme la lueur des lames qui se reflète) est bluffant, Kratos n'a jamais été aussi détaillé et les décors sont parmi les plus beaux jamais vus sur cette Génération de consoles ! Si on met le PC à part (et encore), God of War III est à l'heure actuelle la nouvelle référence en matière de réalisation graphique. Extrêmement beau, il est aussi très varié et nous offre un design grec (plus quelques inspirations diverses) vraiment très réussi.
Si 
God of War III est la nouvelle référence en matière de qualité graphique. Enormément de jeux sont à présent largués en plus on ajoute à ça un framerate quasi imperturbable et des titans absolument gigantesques (et que la console semble gérer sans problème), alors on peut le dire, le studio de Santa Monica est passé maitre dans l'art d'exploiter jusqu'aux derniers retranchements, les capacités des consoles Sony. Une maitrise technique sans grande comparaison (à part peut-être Naughty Dog et leur Uncharted 2) et qu'on félicitera ouvertement. Petite cerise sur le gâteau : le jeu ne s'installe même pas sur le disque dur. Si lors d'une reprise (ou d'une mort subite) le chargement est un peu long, après l'aventure se déroule d'une traite. C'est bien la preuve que sur PS3 aussi, quand on veut on peut ! God of War III nous démontre qu'on peut tout exploser en matière de graphismes, sans pour autant passer notre temps devant des écrans de chargement, alors que plusieurs giga-octets de notre disque dur se sont fait vampiriser.
Après c'est sûr, il y a certains détails qui font un peu tâche comme des squelettes qui perdent du sang lorsqu'on les frappe (?), la synchro labiale n'est valable que pour les dialogues anglais (en français ils n'ont fait aucun effort) et pire encore, hors cinématique certains ennemis (comme Piritous ou Poséidon) nous parlent sans même ouvrir la bouche. Si on peut pardonner ça d'un jeu PS2, étant donné la puissance du rendu et les performances affichées tout au long du jeu, excusez-moi mais c'est vraiment ridicule.
Dernier point, le son a pris du galon. Si le doublage n'est pas exempt de tout reproche, il s'est tout de même amélioré. Les bruitages sont bons en général (bien qu'un peu en sourdine par moment, ils manquent de niaque, de dynamisme) et les musiques apportent une dimension soutenue à chaque situation. Enfin niveau bonus, les développeurs nous ont gâtés : défis individuels, arène de combats, costumes à déverrouiller, des caisses de vidéos à débloquer (en finissant le jeu), dont un très bon making-of et en HD s'il vous plait. A ce propos, c'est en ramassant les objets de nos victimes qu'une fois le jeu fini, on pourra profiter d'une nouvelle partie avec quelques avantages supplémentaires comme avoir toutes les jauges à fond dès le début (un New Game+ quoi ^_^). Encore faut-il les trouver...
God
Note
of War III déchire autant qu'on puisse l'espérer. D'une durée de vie impeccablement gérée (environ 12 heures), la replay-value est assurée par les artéfacts à trouver et les bonus, et puis c'est tellement impressionnant, qu'on se régale de revivre ça. Violent à l'extrême (c'en est même un peu trop parfois : coupage de têtes, éviscérations, démembrements... Kratos n'a vraiment aucune pitié, pas même pour les innocents) mais beau à pleurer, se battre aux côtés des Titans a de quoi vous filer quelques frissons. Certaines bastons sont totalement épiques, voire carrément titanesques et malgré toute cette débauche, le jeu est fluide, l'aliasing est très discret et le niveau de détails est bluffant (comme le sang qui immacule Kratos, le sol et les murs).
C'est donc une très belle conclusion que nous propose Santa Monica Studio, un épilogue qui remet les pendules à l'heure en reléguant les autres jeux du genre au rang de vieilleries techniquement dépassées. Une fois de plus, ce sont les exclusivités qui nous prouvent que la PS3 est capable du meilleur, même si on pourrait montrer du doigt un scénario un poil faiblard (à ce propos la note récompense son impressionnante mise en scène, pas l'écriture), un gameplay qui n'a pas vraiment évolué ou encore quelques écueils comme cette jouabilité imparfaite, les problèmes de caméra ou encore le manque de synchro labiale.
Dommage, le passage à la PS3 était clairement l'occasion de briller et c'est pour ces raisons là que God of War III n'écope pas de la note maximale (contrairement à une presse hypnotisée qui n'a pas jugé bon de pointer du doigt ces quelques défauts... le jeu parfait n'existe pas). Mais je ne suis pas fou, ce 3e épisode est avant tout un très grand titre, un véritable tour de force technique et une incommensurable claque dans la gueule !
