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La petite saga des God of War s'est forgée une sacrée réputation en seulement quelques épisodes. Souvenez-vous, c'est en 2005 que le studio de Santa Monica nous sortait le premier épisode. En marge des 2 grandes licences adverses, les Prince of Persia d'Ubisoft et les Devil May Cry de Capcom, la PlayStation 2 se parait d'un nouveau beat-them-all violent et particulièrement bien réalisé, dont le scénario mélangeant Mythologie Grecque et fantasme de la scénariste Marianne Krawczyk, ont su charmer un grand nombre de joueurs. Acclamé par la presse, c'est plus de 4 Millions de copies qui auront trouvées preneur. C'est énorme pour une licence qui sortait de nulle part. 2 ans plus tard, le studio remet ça avec un God of War II en tout point meilleur. La réalisation, le développement scénaristique, le gameplay, une aventure plus riche et plus variée... tout y est meilleur, faisant de ce dernier gros jeu PS2 (puisque la relève était déjà là), une sorte de baroud d'honneur à une console qui aura su nous faire rêver (et les joueurs ne s'y sont pas trompés puisque cette suite s'est encore vendue à plus de 4 millions d'exemplaires). Depuis, la série des God of War a gagné ses lettres de noblesses, rendant jaloux ceux qui n'y ont pas accès. Consacré au rang de meilleur beat-them-all de tous les temps, il est naturel de voir débarquer la précieuse licence de Sony, sur la console portable de la marque. En attendant un God of War III qui aura mis 3 ans à sortir, le studio Ready at Dawn a entre temps sortis Chains of Olympus, un spin-off.
La série peut donc se targuer d'une véritable manne, d'une aura particulière et respectée de la part de la concurrence. Et c'est en 2010 de la licence va connaitre sa plus grande année. En mars est sorti le grand God of War III qui aura remis tout le monde à sa place et pour Noël, la PSP s'est dotée d'un nouveau spin-off : Ghost of Sparta. Si l'épisode PSP est un semi-échec, l'épisode 3 est au contraire un véritable carton, pulvérisant les scores des chapitres précédents avec plus de 5 Millions de copies vendues. Entre temps, histoire de combler un vide laissé par 3 ans d'attente, le studio a sorti God of War Collection. Suivant la propension actuelle à compiler et "HDiser" les grands hits de la PS2 (Prince of Persia Trilogy, The Sly Trilogy, Tomb Raider Trilogy, Splinter Cell Trilogy ou le très apprécié ICO & Shadow of the Colossus Collection), God of War n'a pas pu échapper à la tendance et se voit offrir une seconde chance sur PS3. Développé par Bluepoint Games et non par Santa Monica en personne, sur un seul Blu-Ray nous retrouvons les 2 anciens plus grands chapitres des aventures de Kratos, avant qu'il n'écrase tout dans sa 3e édition. A présent voyons si cette mini-compil' vaut vraiment le coup ou si à la place, il est plus simple d'acheter une PS2...

Il existe une autre compilation nommée God of War Saga. Elle regroupe les 5 épisodes de la série, du premier jusqu'au 3 en passant par le Remaster des 2 épisodes PSP. Cette version spéciale est également compatible avec les TV 3D. Malheureusement, God of War Saga n'est sorti qu'aux Etats-Unis en août 2012 (cliquez pour agrandir).
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God of War c'est avant tout une gueule pas bien avenante, celle de son héros, Kratos. Le Fantôme de Sparte est un personnage peu accueillant, plein de haine et sans grande cervelle. Il ne pense qu'à faire la guerre, à tuer et se venger des Dieux, sans chercher à savoir s'il fait du mal autour de lui. En ça, c'est un "homme de base" qui prône le "moi vois, moi tue", au détriment de la réflexion. Cependant, God of War c'est également un univers riche et très attrayant. Se basant sur la Mythologie Grecque mais s'arrangeant la sauce à sa manière, il est à la fois bon pour la culture (puisque pas mal de détails sont repris tels quels) et mauvais, dans le sens où il serait regrettable d'avoir un examen d'histoire et de se baser sur le jeu, puisque ce dernier modifie quelques facettes assez rudimentaires de la Mythologie pour se l'approprier (comme le pouvoir de la Foudre de Poséidon, qui lance des éclairs alors que c'est clairement l'apanage de son frère Zeus).
Niveau gameplay, le titre n'invente pas grand-chose mais la recette prend forcément, car il l'encense. Mélange assez savoureux de Prince of Persia (en moins acrobatique) et de Devil May Cry pour ses bastons contre des hordes d'ennemis, la jouabilité est fluide à défaut d'être précise. Par la suite Kratos gagnera des pouvoirs divins et upgradera ses facultés au cours de son périple (ce qui débloquera de nouveaux combos). Ce jeu est aussi l'un des embassadeurs des fameuses QTEs, cette mode où il faut réaliser une séquence de touches pour, par exemple, terrasser un boss. Malheureusement, aussi mythique et génial qu'il est, God of War c'est aussi des passages à encastrer la manette dans un mur ! Il n'est pas rare de s'énerver sur une scène au demeurant facile, simplement parce que Kratos ne veut pas s'accrocher à une corniche ou parce que le timing est trop serré. Pareil, certains QTEs sont vraiment difficiles à valider car le temps imparti est vraiment court.
Résultat, on est obligé de recommencer des dizaines de fois, jusqu'à ce que la chance nous sourit (car à ce stade-là, on parle bien d'avoir de la "chance"). On citera 2 zones dans ce genre : le déplacement de la caisse au début du jeu, où le feu ennemi nous la détruit (bien relou ce moment-là !), ou ce passage bien lourd-dingue où on doit déplacer une cage en métal dans une grotte pour pouvoir monter dessus. Tout le problème dans ce dernier cas, c'est que le sol renferme des pics qui nous tuent en un coup et détruisent la cage. Or le déplacement de la caisse est long, fastidieux et le temps imparti est bien trop court pour qu'on ne pète pas un plomb à chaque fois ! A côté de ça, God of War est un jeu passionnant et très impressionnant. On affronte des boss absolument titanesques, dans des décors d'une beauté exceptionnelle.
Même si à la sortie de cette compilation ce premier God of War a déjà 5 ans, trahissant une certaine vétusté des environnements, difficile de ne pas être séduit par l'esthétique du titre. De plus, le nouveau rendu HD lui va à merveille, donnant à cette aventure épique un sacré coup de jeune. Par contre, on regrettera que les vidéos soient directement tirées de la version PS2, ce qui tranche entre un jeu fin et fluide, et des cinématiques floues et vieillottes (un peu moins pour les vidéos en images de synthèses mais quand même). Enfin le son est de bonne qualité. Le doublage français est un peu surjoué (surtout pour Kratos, qui en français est doublé par un Eric Peter qui passe son temps à beugler) mais globalement ça tient bien la route, idem pour des thèmes orchestraux fabuleux et des bruitages incisifs. Reste juste à pester contre un équilibre des volumes absolument pas retravaillé. Sur le jeu original, les vidéos accusaient déjà ce problème et cette réédition ne corrige pas ce qui semble être une évidence, alors que ça aurait été tout simple de rectifier le tir. Un "remastering" graphique de qualité mais qui fait l'impasse sur la correction des détails...

Dans cette suite, qui reprend quelques temps après le premier opus, le studio de Santa Monica a eu fort à faire. Avec leur premier opus, ils ont mis la barre très haut, balayant toute la concurrence d'un revers. Le premier opus était donc le maitre-étalon à battre et en plus, il fallait que le studio corrige les pires facettes de son jeu. Pari réussi, God of War II est le baroud d'honneur d'une PS2 sur le déclin mais aussi une très grande suite. Alors que la PS3 est déjà sortie (malgré son petit retard pour arriver jusqu'en Europe), ce second épisode reprend les raines d'un scénario qui aurait pu s'arrêter là. Cette fois ça va beaucoup plus loin, servant d'introduction à un 3e épisode qui clôturera la trilogie. Un peu plus respectueux de la Mythologie, les rencontres qu'on fera s'inscrivent un peu plus dans la lignée des livres d'histoire, ce qui n'est pas un mal.
Malheureusement certaines choses n'ont pas évoluées. On retrouve toujours cette alternance de vidéos basées sur le moteur graphique et de cinématiques réalisées en images de synthèses. Encore une fois le tout est resté "d'époque", comprenez bien que les cut-scenes vieillissent, en tout cas plus vite que les vidéos en CGi. A côté de ça, God of War II assurait une prestation graphique absolument irréprochable sur PS2 et le retrouver en HD est à nouveau un plaisir. Les environnements sont plus éclectiques que dans le premier jeu, et surtout, c'est bien plus beau ! La profondeur de champ est impressionnante, le travail des graphistes est sublime, le design est fabuleux, les boss sont chaque fois plus impressionnants... en clair on en prend plein les yeux !
Plus mature que le précédent, et déjà à la pointe de la technologie à sa sortie, le rendu HD rivalise sans mal avec certaines des productions actuelles. Pareillement, la qualité des musiques et du doublage sont restés à peu de chose près les mêmes, ce qui est de bonne augure. Par contre on désapprouvera une nouvelle fois un mixage déplorable. Les voix sont très atténuées lors des vidéos, donc il faut jongler avec le volume de la télé à chaque scène, ce qui est pénible. Mais il n'y a pas que la réalisation qui a su profiter de l'oreille attentive de son développeur. En effet, si les galères sont légions dans le premier God of War, cette suite est nettement plus abordable.
Le jeu nous évite les passages "à la con" où un timing de misère se révèle être une vraie plaie et contre le plaisir de jouer. Il subsiste encore 2~3 passages un peu coton (comme celui où on saute de piliers en piliers avec le grappin) mais il n'y a rien de méchant. Généralement, après une poignée de tentatives, on y arrive sans trop de mal. Et c'est là l'une des forces du jeu. Le gameplay a légèrement été retouché, Kratos profite de nouveaux pouvoirs et de nouvelles aptitudes, tandis qu'il conserve le meilleur avec ses orbes et ses upgrades. A noter aussi qu'une fois le jeu fini, on débloque des modes bonus (ce que ne fait pas le premier opus), afin d'apporter un peu plus de longévité à ce titre sans commune mesure dans le genre.
Alors
Note
qu'il est sorti en novembre 2009 aux Etats-Unis, God of War Collection n'a vu le jour chez nous qu'un mois après God of War III (soit en avril 2010). Autant dire que le timing est plutôt mauvais car il est logique de commencer les aventures de Kratos au début, plutôt que de commencer par la fin. Ça n'empêche pas que cette mini-compilation s'est plutôt bien vendues (un peu plus de 2 Millions de ventes) même si elle ne propose que 2 jeux. A vrai dire, s'il est logique que Ghost of Sparta ne soit pas inclus au disque (puisqu'aux USA, les 2 jeux sont sortis en même temps), on peut par contre se demander pourquoi nous n'avons pas droit au Chains of Olympus. D'accord c'est un jeu PSP, d'accord on n'a pas besoin d'y avoir joué pour entamer God of War III mais ça n'empêche que ça aurait apporté une belle plus-value (NB : il s'avérera qu'une seconde compilation, proposant la Remasterisation des 2 opus PSP, était en préparation). Ceci dit, pour à peine 40€ nous avons une durée de vie qui tourne autour des 20 heures (hors contenu bonus), ce qui est vraiment pas mal.
D'ailleurs si vous trouvez le 2e épisode plus court (alors que dans le fond, c'est tout le contraire), c'est tout simple, c'est uniquement parce qu'il est bien moins chiant ! En effet malgré son statut de jeu culte, je ne peux m'empêcher de pester encore un peu contre le premier épisode, avec ces passages bien lourds où il faut recommencer 20 fois, tout ça parce que le timing est hyper serré. A croire que les développeurs n'ont pas testés certaines zones et qu'ils n'étaient pas au courant que c'est gonflant ce genre de situations. Car finalement, sur God of War II on ne bute plus sur ce genre d'épreuves stressantes. Plus fluide et mieux maitrisé en tout point, le 2e opus est un véritable chef-d'œuvre, tant sur un gameplay rondement mené, qu'une histoire qui prend des dimensions insoupçonnées ou une réalisation absolument bluffante. Quant à cette remasterisation en haute-définition, si quelques passages trahissent des origines plus modestes (PS2 oblige), difficile de ne pas trouver le nouveau rendu très beau.
Le travail de Bluepoint Games est admirable car même si rien ne change fondamentalement, ils ont corrigés les bugs, lissés l'aliasing, le framerate est plus fluide (en 60 fps constant) et les nouvelles textures sont très détaillées, faisant de God of War Collection un jeu plus beau que certaines productions actuelles, développées originellement pour la PS3. C'est bien la preuve que déjà à l'époque, les God of War étaient avant-gardistes. Par contre je ne comprends pas pourquoi les réglages audio (avec des différences de volumes énormes) n'ont pas étés rectifiés et que les vidéos soient réinjectées telles qu'elles. Quitte à se faire suer à reprendre le jeu dans son intégralité, pourquoi laisser les vidéos dans leur habillage d'antan et pourquoi ne pas rectifier les bugs les plus évidents ? Si les vidéos en images de synthèses arrivent encore à suivre, les vidéos basées sur le moteur graphique de l'époque, font vraiment tâche !
Il n'empêche qu'il est difficile de ne pas succomber aux sirènes de cette "fausse" collection. Même si je possède déjà les 2 opus PlayStation 2 dans ma ludothèque, j'ai craqué pour celui-ci (qui apporte tout de même quelques bonus sous forme de vidéos). Le premier God of War, malgré ses défauts, reste un monument du jeu vidéo, quant au second opus il reste, même à l'heure actuelle, l'un des gros standard du beat-them-all scénarisé. Cette seconde jeunesse à tarif réduit est donc un must-have de choix. Si de toutes les compilations sorties avant lui, God of War Collection reste le plus pauvre en matière de contenu (avec seulement 2 titres), il a tout de même pour lui 2 énormes jeux indémodables, qui sont toujours de très grosses références.

