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Avec 
Directive 8020 fait parti de la série des Dark Pictures et ça n'aura son importance qu'à la toute fin du jeu Chacha, on apprécie certains films d'horreur. On en n'est pas boulimiques, mais on aime s'en faire un de temps en temps. C'est pour cette raison qu'on aime bien les jeux de Supermassive Games qui, s'ils ne sont pas des hits en puissance, nous proposent (la plupart du temps) des expériences horrifiques vraiment sympas. Ainsi après Until Dawn et The Quarry, nous étions impatients de goûter aux joies de l'horreur spatiale proposée par leur dernier jeu en date : Directice 8020. C'est un jeu d'horreur cinématique (en effet, ne vous attendez pas à retrouver un titre comme Dead Space), il s'agit du premier épisode de la deuxième saison des Dark Pictures Anthology et du 5e épisode de la saga. Il est sorti en mai 2026 au prix très correct de 50€. Une édition Deluxe vendue 60€ (vous pouvez aussi upgrader l'édition de base pour 10 balles, aucune économie n'est possible en ces temps difficiles) est également disponible et propose comme souvent avec Supermassive, du contenu sans grand intérêt.
Voyez plutôt : OST du jeu (sur un jeu d'horreur, ça n'a aucun intérêt), 100 artworks, un pack de tenues et des filtres graphiques (docu 8mm, VHS, N&B... useless quoi). Notez que sur Xbox Series X, c'est visiblement la seule édition qui existe (l'édition n'existe apparemment pas). Développé sous Unreal Engine 5, le jeu était plein de promesses même si le studio anglais ne traverse pas sa meilleure période entre les licenciements et l'annulation du pourtant prometteur Blade Runner. Directive 8020 est donc un jeu de science fiction et d'horreur spatiale.
Dans celui-ci, on y incarne (entre autre) Brianna Young (la fille qu'on voit sur la pochette), une astronaute explorant l'univers à bord du vaisseau colonisateur Cassiopeia (oui le nom est à coucher dehors). Avec son équipage, elle a quitté la Terre avec pour mission d'explorer la planète Tau Ceti F dans le but de la coloniser pour en faire le nouveau foyer de l'humanité. Malheureusement pour les astronautes, le vaisseau reçoit une météorite qui va propager une entité extraterrestre capable de prendre l'apparence des membres d'équipage, tout en récupérant une partie de leurs souvenirs. Les problèmes s'accumulent et le vaisseau finit par s'écraser sur la planète, après avoir découvert que plusieurs membres ont réussis à s'infiltrer dans le groupe.
Après 
Voici l'équipage du Cassiopeia au complet, mais vous n'aurez entre les mains que la vie de 5 membres le prologue avec Simms et Carter, on 'aperçoit qu'on a surtout 5 membres d'équipage à sauver : Nolan Stafford le commandant, Laura Eisele la scientifique, Samantha Cooper la toubib, Josef Cernan l'ingénieur et bien sûr Brianna Young, la pilote. On les jouera à tour de rôle, comme dans chaque jeu Supermassive auquel on a joué (nous ne connaissons pas spécialement les autres) et la mort d'un membre ne signifie pas le "game over". A partir de là et à l'image du Detroit Become Human de Quantic Dream, on nous laissera le choix de continuer l'aventure ou de revenir en arrière pour tenter d'autres perspectives et sauver le personnage. La meilleure fin s'obtient comme toujours en sauvant tout le monde, mais il peut être intéressant d'observer les répercutions que peuvent avoir tel ou tel choix, et ce qui se passe si un personnage est manquant.
Une run dure en moyenne 6 à 8 heures, mais le jeu est fait pour être retenté plusieurs fois, en variant les prises de décision. Au final, tout tenter et tout explorer, devrait vous prendre au moins 18 heures. A noter aussi qu'en dehors de son aspect cinématographique, il y a un système de Chat qui permet d'approfondir certaines relations ou de découvrir quelques détails en plus. Mine de rien, sur ce jeu, il y a beaucoup à dire... à redire, pour être tout à fait franc. Je commencerai par le fait que chaque document qu'on récupère n'est pas traduit, ils sont systématiquement en anglais.
Pour voir la traduction, le studio a eu l'idée stupide d'aller cacher ça dans le menu pause, sous l'onglet "secrets", ce qui vous oblige à ouvrir plusieurs sous-menus plutôt que de proposer une traduction avec de simples sous-titres. Ensuite, l'aventure est découpée en 8 chapitres, avec entre deux, une musique hors de propos et des plans séquences qui ne servent à rien, comme si nous étions dans un vieux feuilletons SF des années '70. Cette cassure est ce qu'il y a de pire pour l'ambiance et le suivi narratif.
Après 
Le gameplay se résume à de l'exploration, faire quelques choix et jouer à cache-cache. C'est tout sauf passionnant ! si vous connaissez ce genre de jeux, il faut savoir que le gameplay est extrêmement limité. On a des QTEs, de l'exploration et la plupart des scènes sensibles se résument à des séquences de cache-cache. La progression est ainsi très lente, parfois fastidieuse et loin d'être motivante. En effet, nous sommes sur un "film interactif" et au premier abord, son ambiance façon Alien a de quoi séduire... mais très vite le soufflet retombe. On a bien quelques jump-scares bien placés, mais l'ambiance monte en pression très, très, très lentement. Le jeu démarre hyper mollement, d'autant que l'intrigue de départ n'est pas forcément très captivante. Au bout d'une heure de jeu, il ne s'est encore rien passé, résultat l'ennui s'installe. A vrai dire le scénario ne prend une tournure intéressante que sur le dernier tiers, avec quelques révélations assez intrigantes mais entre temps, on aura souvent eu l'occasion de pouffer d'ennui.
Et tout le problème de ce jeu est là : lorsqu'on baille et qu'on s'endort la manette dans les mains, ce n'est jamais bon signe. Afin de dynamiser un peu son aventure et de donner du corps à sa narration, le jeu fera quelques bonds dans le temps, tantôt dans le passé (afin d'épaissir le scénario) tantôt dans le futur, souvent pour une scène plus orientée vers l'action ou l'horreur. Mais au final, ça rend le fil de l'histoire plus décousu et ça n'apporte pas grand-chose. Techniquement, Supermassive a fait le choix de se servir de l'Unreal Engine 5, un peu comme tout le monde en fin de compte. Sur PC, on a pas mal de réglages vidéo mais j'ai subi aussi beaucoup d'aliasing, même en activant les options adéquates.
Après il faut le reconnaitre, les décors sont superbes, avec des reflets métalliques très réussis, on a un bon design et des monstres véritablement dégueulasses (c'est le but). J'ai également beaucoup aimé la façon dont le parasite phagocyte peu à peu tout ce qu'il touche, ce qui rappelle un peu le Flood de la série Halo. On notera tout de même que le jeu est extrêmement sombre et que par conséquent, beaucoup de détails visuels nous échappent. N'hésitez pas à pousser la luminosité car de base, on se casse les yeux à saisir ce qu'on regarde à l'écran.
Malheureusement, 
Bien que très sombres, les décors sont réussis. Les monstres aussi. La motion capture et les modélisations humaines par contre... ce que vous aurez le plus sous les yeux, se sont les personnages et eux par contre, c'est une autre histoire. Bien entendu les séquences narratives ont été motion capturées, c'est même l'une des grandes spécialités du studio, mais je trouve que le résultat n'est pas top qualité. Le jeu est sorti en 2026 et pourtant les animations et les expressions faciales sont moins réussies que dans The Quarry, qui date de 2022. Il y a beaucoup de mouvements erratiques, un certain manque de précision, des animations peu naturelles, d'étranges mouvements de tête comme si les personnages avaient Parkinson... en gros ça manque un peu de réalisme et de finition. Oui les décors sont très réussis mais les personnages sont aussi naturels que des mannequins de supermarché ! Idem pour des scènes d'action largement perfectibles. C'est assez mou et mal fichu, bref on y croit pas vraiment.
Que s'est-il passé ? Supermassive Games a t'il manqué de temps, de personnel ou de financement ? Peut-être même les 3, car en attendant, j'ai bien l'impression qu'Until Dawn et The Quarry étaient nettement plus travaillé que ça. D'ailleurs si globalement le doublage est de qualité (avec de vrais professionnels de la voxographie et non une IA), à part peut-être Stafford dont le doubleur ne convient pas vraiment (mais ce sera le seul), à côté de ça, la synchro labiale est à la rue. Alors je sais, le studio n'a jamais vraiment fait d'efforts là-dessus mais l'Unreal Engine 5 propose justement des sous-routines qui automatisent la synchro avec les doublages et il est vraiment dommage qu'une fois encore, ils fassent l'impasse sur cette critique qu'ils prennent en pleine gueule à chacun de leurs jeux. Parce que bon, si en 2004 Half-Life² a montré la voie et que The Witcher 3 le faisait déjà en 2015, on peut se dire qu'en 2026 ce laxisme devient inacceptable.
Enfin l'OST est signé par Jason Graves, ce compositeur américain qui monte qui monte. L'homme a déjà composé les bandes-son de la plupart des jeux Supermassive, mais aussi ceux de la trilogie Dead Space, FEAR 3, le reboot de Tomb Raider (celui de 2013), Far Cry Primal et beaucoup d'autres. Bref, que dire si ce n'est qu'on se retrouve avec de classiques musiques de film de science fiction / horreur ? L'OST fait le boulot, mais on en retiendra rien de spécial, donc pas de quoi craquer pour l'édition Deluxe. Gardez vos 10€, ils seront sûrement plus utiles ailleurs.
Si
Note
Directive 8020 a reçu un accueil assez tiède (72% sur Metacritic et à peine 5,9 de la part des joueurs) ce n'est sans doute pas un hasard. Et c'est bien dommage car personnellement, j'ai toujours aimé les épopées spatiales et les 2 premiers films Aliens sont parmi mes préférés. Alors c'est un fait, les jeux Supermassive Games n'ont jamais été des gros "bangers", mais il n'est pas très difficile d'apprécier Until Dawn ou The Quarry, pour peu qu'on s'immerge un minimum dans leurs ambiances. Mais ici, malgré l'atmosphère et le décorum spatial, il nous a été très difficile de ne pas bailler d'ennui. La faute à une intrigue de départ peu passionnante, et un scénario qui n'a trouvé (à mes yeux, tout est subjectif hein) d'intérêt que lorsque la fin pointait déjà le bout de son nez. Et si les décors sont une vraie réussite technique, difficile d'en dire autant du reste. Synchro labiale à la rue (comme toujours avec ce studio), scène d'action mollasses et imprécises, Motion Capture qui semble ne pas être aussi précise qu'elle le devrait. Animations parfois bizarres, expressions faciales étranges... comment en 2026 et avec un Unreal Engine 5 qui fait tout pour faciliter les développements, on peut se retrouver avec un jeu qui semble faire moins bien que les productions précédentes ?
En somme, on sent qu'il y a un essoufflement de la formule et le cadre SF n'y change strictement rien. Le gameplay se résume à de l'exploration, du cache-cache et des choix (avec toujours seulement 2 possibilités), le rythme est mou au possible et très vite l'ennui s'installe pour ne jamais nous quitter. Après bien sûr, tout n'est pas à jeter. Les décors sont très réussis, les révélations rendent le scénario intéressant (mais ça n'arrive que très tard dans le jeu), la menace extraterrestre est intéressante... mais la façon dont s'est amené, manque de dynamisme et de rigueur. Directive 8020 est donc un jeu tout à fait "moyen+" et je pense que son prix a été étudié en sachant pertinemment qu'ils n'avaient pas développé là, le meilleur slasher qui soit. Si bien entendu vous êtes familier avec les productions de Supermassive Games, vous pouvez vous laisser tenter, dans le cas contraire, je vous conseille vivement de regarder quelques "let's play" ou de l'essayer manette en mains, avant de sortir la carte bleue. C'est encore le meilleur conseil que j'ai à vous donner.
