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Nous 
Matrimelee est le 5e épisode de la série des Power Instinct et il est longtemps resté exclusif à la Neo-Geo sommes en 2003, SNK a fait faillite, a été racheté par des enfoirés (Aruze), Playmore Corporation a été fondé par l'ex PDG Eikichi Kawasaki afin de sauver tout ce qu'il pourra (et j'adore repenser à la combativité de cet homme qui a tout fait pour sauver sa marque, sa Neo-Geo et ses jeux - et le plus beau, c'est qu'il y est arrivé !), bref la Neo-Geo a désormais 13 ans, elle est en fin de vie après une tumultueuse carrière mais elle respire encore. Je dirai même que grâce à Playmore, elle va reprendre du poil de la bête !
En effet, en 2001 puis 2002, ce fut vraiment le creux de la vague, avec à peine 3 jeux sortis par an. Vous réalisez ce que ça fait 6 jeux en 2 ans, quand en 1996 (sa meilleure année) elle a reçu 19 nouveaux titres ? Mais en 2003, Playmore va reprendre les choses en mains, reformer des équipes, racheter une à une les licences et recommencer à sortir des jeux à un rythme plus régulier. Pour dire, l'année 2003 a vu la sortie de 6 nouvelles cartouches, même si ça n'empêchera pas le constructeur de plier boutique dès l'année suivante (entre avril et juillet 2004) en sortant son baroud d'honneur, son dernier titre officiel. Mais on en est pas encore là et mine de rien, même si les jeux sont peu nombreux, à minima ils sont de qualité. En 2001 on retiendra Sengoku 3 et KOF 2001, en 2002 on a eu Rage of the Dragons, Metal Slug 4 et KOF 2002, quand en 2003 on a reçu SVC Chaos, Samuraï Shodown V, KOF 2003, Metal Slug 5 et le présent Matrimelee. Avouez que c'est pas mal, non ?
Car je le redis, même si ce n'étaient pas les meilleurs titres de sa ludothèque, on ne peut renier la qualité de chacun d'eux. Matrimelee est justement le 5e de la série des Power Instinct. Série qui débute au Japon sur Arcade en novembre 1993, avant d'être porté sur Super Famicom en octobre 1994 puis sur Mega Drive novembre de la même année. Ce jeu, j'y ai joué (il y a longtemps) et il m'a paru sympa. Aller hop! je le mets sur cette interminable "do to list" qui ne cesse de grossir, en espérant avoir un jour le temps de le tester proprement. ^_^ Le second volet (sobrement intitulé Power Instinct 2) paraît septembre 1994 sur Arcade, alternant comme Street Fighter II et Mortal Kombat, un chevauchement des sorties Arcade et consoles. Power Instinct 2 sera ensuite porté sur PlayStation en octobre 1995.
Vous 
Matrimelee fait parti des 10 derniers jeux officiels à sortir sur le support Neo-Geo, support qui va bientôt prendre sa retraite l'avez sans doute remarqué, la série a bien du mal à quitter sa terre natale, c'est pourquoi le 3e opus (Gogetsuji Legends) sort sur Arcade en septembre 1995, mais ne quitte pas l'archipel nippon, malgré un franc succès dans les salles. Groove on Fight: Gōketsuji Ichizoku 3, le 4e volet, sort simultanément au Arcade et Saturn en 1997 et à partir de là, la série se fera discrète durant 6 longues années, avant de renaitre avec ce qui semble être son meilleur épisode : Matrimelee. Le jeu voit d'abord le jour sur Neo-Geo MVS en mars 2003, avant de définitivement atterrir sur Neo-Geo AES dès le mois de mai suivant.
Matrimelee est donc le premier jeu Neo-Geo de 2003 mais son problème à lui, c'est d'être sorti affreusement tard. Le jeu est développé par Noise Factory et si ce nom vous dit quelque chose, c'est tout à fait normal. Noise Factory fut fondée en janvier 1998 à Osaka par d'anciens employés d'Atlus, et devenez qui est basé à Osaka ? SNK, oui bonne dame. Le studio se fait remarquer dans l'univers de l'Arcade avec Gaia Crusaders en 1999, puis il devient un partenaire privilégié de SNK en contribuant aux musiques de Metal Slug 3 (sorti en 2000) puis en participant au développement de Sengoku 3 en 2001. Ensuite ils co-développeront Metal Slug 4 (2002), Rage of the Dragons (2202), Matrimelee (2003) et enfin Metal Slug 5 (2003). Si la société a fermé ses portes en 2017, plusieurs de leurs jeux subsistent dans le temps, avec des titres notables tels que les Metal Slug Advance, 3D, 6 (le vrai 6 pas le bootleg) et Anthology, KOF Maximum Impact (même si ce n'est pas une réussite) ou encore les portages tout azimut de leurs anciennes gloires, Matrimelee et Rage of the Dragons en tête de liste.
D'ailleurs il est cocasse de se dire que Noise Factory sont des transfuges d'Atlus alors que la licence Power Instinct leur appartient et que par conséquent, l'éditeur a fait confiance à SNK et à ses anciens collaborateurs, pour faire renaitre leur IP. Mais comme je le disais, notre Power Instinct 5 sort à une période difficile, à la fois pour le versus fighting mais aussi pour le jeu vidéo en 2D dans sa globalité.
En 
Le scénario du jeu est complétement débile, mais c'est pas grave parce que... Jaaaaaaaapon !!! effet, ça fait maintenant plus de 10 ans que la 3D a fait sa révolution, et pas seulement sur Arcade. PlayStation, Saturn, Nintendo 64 ont dors et déjà laissées leurs places aux PS2, GameCube et Xbox, la DreamCast est déjà sortie pour mourir juste après... en pendant tout ce temps, cette bonne vieille Neo-Geo née en 1990, est toujours là ! Il faut dire qu'en matière de jeux d'action pêchus ou de versus fighting, la 2D avait encore son mot à dire.
Mais la concurrence était rude car ces dernières années sont sortis des monstres tels que Capcom vs SNK, Tekken Tag Tournament, Guilty Gear X, Street Fighter Alpha 3, Virtua Fighter 4 ou encore Dead or Alive 3. Même si l'engouement pour les jeux de combats n'est plus ce qu'il était au grand temps des Street Fighter II et des premiers King of Fighters, mine de rien, Matrimelee arrive dans un paysage déjà surchargé, notamment sur une Neo-Geo où le genre a littéralement explosé. Avait-il les reins assez solides pour sortir la tête de l'eau ? C'est ce que nous allons voir. Vous ne le savez peut-être pas, mais la série des Power Instinct est loin d'être sérieuse et le scénario de notre jeu du jour, nous prouve une fois encore qu'on va partir assez loin dans le délire. L'histoire prend place après les 3 premiers épisodes, et le tournoi pour la domination du clan Gôketsuji est mondialement connu.
L'enjeu de l'édition de cette année est de trouver un époux ou une épouse, pour l'un des 2 héritiers du trône. Dans ce pays, on considère que les membres du clan Gôketsuji doivent figurer parmi les plus robustes combattants de la planète, il n'y a donc qu'une seule condition pour en être le digne héritier : être le (ou la) plus fort(e) ! Que la bataille du mariage commence ! Oui c'est complètement débile mais comme dirait notre ami Le Joueur du Grenier : "Jaaaaaaaaapon !!!". Et il n'aurait pas tort. Vous l'aurez compris, en digne successeur des Power Instinct, ce titre est placé sous le signe de l'humour et du grand n'importe quoi, c'est pourquoi le casting mélange autant les ninjas que les grands fighters, mais aussi les mémés et même un homme-chien (?).
L'intro 
Le roster de base propose 15 persos, ce qui est déjà pas mal, mais avec 2 jolis cheat-codes le chiffre monte à 20 ! est dynamique, elle présente succinctement les 15 fighters de base mais pas le scénario, comme toujours. Faut que ça aille vite, que ça fasse du bruit afin d'inciter le chaland à insérer des pièces, pas qu'il reste à consulter une storyline qui détaillerait les délires d'un scénariste sous overdose de saké. Notez que les épilogues sont individuels à chaque personnage, ils sont plein d'humour mais souvent expédiés, se résumant généralement à 5 images avec quelques lignes de textes. On presse Start et déjà là c'est la bonne surprise, en plus d'un classique mode histoire, nous avons un mode Versus.
Alors certes on est encore loin d'obtenir ce que faisait déjà le vieux Street Fighter II sur Super Nintendo, mais on ne va pas se mentir, c'est déjà bien sympa. Quant aux options, on peut choisir son niveau de difficulté, le temps des rounds et le nombre de manches à gagner, le réglage de sa Super Gauge (nous y reviendrons plus tard), la langue des textes (anglais ou japonais seulement) et même la possibilité de désactiver les flashes. Ce dernier me touche particulièrement car avec ma plus jeune fille on adore se friter le museau sur les divers de baston et comme elle est épileptique... je ne vous fais pas de dessin. Aller c'est parti, on se lance dans le Story Mode et première originalité, le panel de fighter est présenté sur un tableau circulaire des plus stylé. Stylé oui mais pas du tout ergonomique !
En effet, qu'on joue sur borne d'Arcade, sur le stick Neo-Geo ou avec la manette Neo-Geo CD, nous n'avons pas de stick analogique et donc choisir son personnage n'a rien de pratique. Dans tous les cas, nous avons dès le départ un bon roster de 15 personnages jouables et je ne vous ferez pas l'affront de vous faire croire que je les connais puisque c'est la première fois que je touche à un Power Instinct. Bien entendu j'ai très vite eu mes petits préférés (comme Saizo Hattori le ninja, choix facile par excellence ou Reiji Oyama, qui est visiblement le héros emblématique de la série) mais on ne peut pas dire que le casting soit si déglingo que ça... à part le papy, les 2 mamies et le clébard bien entendu.

Le menu principal et le menu des options.
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15 
Le jeu est quand même pas mal difficile, parce que tous les opposants ont tendance à être plus ou moins relous... persos c'est vraiment pas mal, même si face à un KOF, ça parait ridicule car rappelons que (par exemple), KOF 96 propose 29 persos et KOF 97 est pléthorique avec pas moins de 36 persos jouables ! Après je l'avoue, la réalisation n'est pas la même et j'ai toujours privilégié la qualité à la quantité (même si cette règle ne s'applique pas forcément ici). De toute façon si jamais les 15 persos de base ne vous suffisent pas, il existe un code qui permet de débloquer 4 combattants supplémentaires, tous issus de Rage of the Dragons (dont Jimmy, qui est plutôt class').
Et oui, ça aide d'être le développeur des 2 jeux et d'être dans les petits papiers d'Atlus et de SNK. Enfin un ultime code débloque le boss final du jeu : Princess Sissy. Ce qui nous fait donc un total très respectable de 20 fighters, déblocables via 2 codes ou par l'Unibios. On retrouve un gameplay finalement assez classique pour une Neo-Geo qui ne dispose que de 4 touches. Ainsi A et B servent aux petits coups (poing et pied), C et D aux coups moyens et il faudra utiliser les combinaisons A+B pour faire une roulade et C+D pour obtenir la grosse attaque. J'ai jamais été fan de ce genre de combinaisons qui, dans le feu de l'action, ne sont pas vraiment instinctives, préférant et de loin, l'accessibilité d'un Real Bout par exemple. De plus, si sur le stick Neo-Geo ça reste encore faisable, dites-vous que sur la manette cacahuète de la Neo-Geo CD c'est juste imbuvable...
Et comme on ne peut pas reconfigurer ses touches, tout de suite ça complique les choses (et je trouve vraiment dommage que les développeurs ne songent jamais à ça). En plein combat, la difficulté est assez élevée car les adversaires ne nous lâchent pas une seule seconde ! Impossible d'être un minimum tactique, d'ériger ses plans, de préparer mentalement ses combos et ses coups spéciaux car on est littéralement harcelé par notre opposant ! Le jeu se veut très aérien avec son système de double-saut mais on place rarement ses coups spéciaux car il n'y aucune immunité et la plupart du temps, on se fatigue pour rien ! Résultat, on finit par jouer bien bourrin, à distribuer les patates autant qu'on peut dans l'espoir d'arriver au bout du combat. Pour tout vous dire, avec un timer réglé sur 60 secondes, j'ai plus souvent fini par un time out que par un KO.
Quand 
Le boss final (Sissy si vous jouez un garçon, sinon c'est son frère) est absolument infernale à vaincre ! Il y a peu de chance que vous finissiez le jeu à la loyale :( au boss final (la princesse Sissy), sous ses traits mignons se cache en réalité un véritable monstre ! Avec elle ça part dans tous les sens, ses attaques sont incessantes, elles font mal et de son côté, il sera difficile de l'étaler ! Elle enchaine les coups impossibles à éviter, elle nous en met plein la gueule tout en esquivant tous nos coups et en feintant nos projections. Pour quelqu'un qui cherche l'amour, c'est chaud ! Si le jeu est déjà assez difficile comme ça, il y a peu de chances pour que vous la battiez sans tricher.
Niveau gameplay, nous avons un dash avant et arrière, un double-saut (d'ailleurs la caméra fera de son mieux pour suivre nos altitudes) et la touche Start permet de se moquer de son adversaire et de remplir son "Stress Meter", jauge qui permettra ensuite de réaliser des attaques très spéciales (Stress Shoot et Special Move) qui sont sympathique mais loin d'être aussi impressionnantes (visuellement parlant) que dans Garou par exemple. Après bien sûr on retrouve les classiques projections, contre-attaque, coups spéciaux à base de quart de cercle... rien qui ne sort finalement de l'ordinaire. La jouabilité est très bonne, le jeu est réactif, les coups spéciaux sortent facilement... en gros, il n'y a rien à redire là-dessus. Si le casting n'est pas aussi loufoque que je l'espérais (on reste loin d'un Waku Waku 7) au contraire le design des attaques se montre souvent décalé, ce qui rend les affrontements assez imprévisibles car on ne sait jamais ce qui va nous tomber sur le coin de la gueule.
Et que dire des niveaux ? Là franchement, il y a de quoi être surpris avec des décors souvent très fouillés, où ça bouge beaucoup (merci le Read ROM encore une fois) et on assistera à diverses dingueries. Malheureusement, malgré une cartouche assez folle qui pèse pas moins de 646 Mb, on aura finalement que 5 véritables décors. Et oui, c'est vraiment très peu et si vous vous demandez à quoi à bien pu servir une aussi grosse cartouche, dites-vous en premier lieu que 20 persos, c'est déjà pas rien (mais la vraie raison arrive après).

Voici l'intégralité des décors du jeu. Alors oui, il y a des variantes mais il faut reconnaitre que 5 pauvres décors, ça fait vraiment peu...
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Bref 
Si les dialogues pré-combats n'ont rien d'originaux, j'ai par contre adoré la trogne des perdants :) on aura le stade avec une grosse foule et un écran géant, le magasin, le salon de karaoké, la forêt et enfin la chambre d'hôtel. C'est éclectique mais pas pléthorique. Par contre vous vous doutez bien qu'on aura de grosses variantes selon qui on affronte. Par exemple face à Clara, on nous propose une musique mélancolique, limite déprimante avec un écran en fond nous montrant une fille sous prozac mangeant des sushis.
La musique et le contexte du niveau changent car lorsqu'on affronte Reiji ou Sissy, pile au même endroit, l'ambiance sera très différente. Il y a même parfois un arbitre (type Kuroko) et lorsqu'on affronte Clara, le bougre est carrément dans nos pattes et il prend lui aussi des coups. Heureusement qu'il n'est pas rancunier (après il n'a qu'à pousser son gros luc lui aussi ^.^). Le magasin est vraiment pas mal aussi, puisque 3 collégiennes viennent nous tirer la chansonnette tout en dansant. Dans tous les cas, gagner sera l'occasion d'apprécier la trogne assez loufoque du perdant. Techniquement, on sent bien que nous sommes sur un jeu sorti en fin de carrière de la console. Le support est parfaitement maitrisé avec des sprites de bonne taille et des animations particulièrement fluides. Les effets et les coups spéciaux "classiques" ont de la gueule, quand les coups aux "visuels bizarres" sont bien sûr là pour nous rappeler que nous sommes dans un Matrimelee et pas dans King of Fighters.
Bref c'est propre et travaillé mais jusque-là, rien ne justifie les quasi 650 Mb de ROM. En réalité, ce qui bouffe autant de place c'est qu'on nous propose ici de véritables chansons ! Et je ne parle pas de 3 pauvres digitalisations perdues au milieu d'une banale musique, mais bien de chanson braillées en japonais ! On serait sur Neo-Geo CD et son disque optique, on trouverait ça presque normal (presque) mais sur cartouche, autant vous dire que l'exploit technique force le respect ! Bien entendu les chansons ne durent pas très longtemps avant de boucler, mais vous n'imaginez quels efforts techniques ont dû être surmontés pour réaliser un tel exploit ? Plus fort encore, il arrive même que la chanson soit synchro avec la chorégraphie ou simplement la gestuelle de celui ou celle qui chante (comme par exemple dans le magasin), c'est vraiment bluffant !
Maintenant 
On salue la performance technique mais sincèrement, ces chansons japonaises aussi niaises que loufoques, sont vite insupportables ! si les chansons japonaises assez fadades vous sont insupportables, alors pas de bol car ce ne sera (presque) que ça que tout du long !!! Mettez la pause une seconde, la chanson continue de beugler et c'est juste insupportable ! Désolé pour les amateurs mais la pop japonaise extravagante et excentrique, moi je peux pas. ^__^ Et que dire du couple qui fait un karaoké dans ce bar miteux, ou encore de cet écran géant qui diffuse les images d'une invasion extra-terrestres avec ces mêmes aliens qui sont venus tirer la chansonnette sur le bord du ring ?
Et encore vous n'avez pas entendu la chanson finale... un meddley de tous les morceaux chantés du jeu. Mon dieu, c'est infernale !!! ^__^ Quand au boss final, Princesse Sissy, vu qu'elle est là pour se marier, quoi de plus normal qu'un remix de la marche nuptiale ? Sincèrement, je salue la technicité, je félicite les gars de Noise Factory d'être arrivé à faire quelque chose qui n'est pas censé exister, mais tout à fait entre nous, ces musiques là, une fois passé la surprise et une fois qu'on s'est remis de ce tour de force technique, on trouve ça gonflant. Heureusement d'autres pistes, nettement plus classiques, existent comme lorsqu'on affronte Jimmy où nous avons à un bon petit rock bien sympa. J'ai également beaucoup apprécié le thème chinois qu'on peut par exemple entendre lorsqu'on affronte Lynn. Superbe et mélodieux, ce genre de musique tranche littéralement avec les chansons, mais elles sont en minorité.
Du côté des bruitages il n'y rien à dire, c'est dynamique. On a entendu plus puissant, plus efficace mais étant donné la teneur du titre, franchement ça convient. Enfin les voix de la plupart des personnages gueulent à fond, quand les filles nous font leurs petits cris insupportables (notamment Clara). Vous l'aurez compris, Matrimelee excelle dans ses digitalisations (dois-je revenir sur les chansons qui sont clairement à base de ça ?) et il est normal que tout le monde en profite. Bref, le jeu est extrêmement "bruyant", je veux dire bien plus que les autres titres du même genre, à tel point que lorsqu'on éteint sa console, on a la tête saoule !
Pour
Note
ce Matrimelee, Noise Factory a repris le moteur de Rage of the Dragons (sorti un an plus tôt) afin de remettre en selle cette série des Power Instinct dont on entendait plus parler depuis des années. D'ailleurs le "lee" de Matrimelee ne serait-il pas une petite référence aux frères Lee de Double Dragon, dont Rage of the Dragons est une sorte de suite non-officielle (il devait l'être mais ils n'ont pas réussi à obtenir les droits) ? Possible mais on n'est pas là pour parler de l'autre gros morceau du studio, mais bien pour évoquer un Matrimelee qui m'a séduit d'un côté, et franchement saoulé de l'autre. En tant que 5e épisode de Power Instinct, il faut bien comprendre que nous sommes en présence d'un jeu tout sauf sérieux. Il y a des blagues, des attaques complètement loufoques, une ambiance dézinguée au possible avec notamment des attaques spéciales extravagantes et quelques personnages assez excentriques (Poochi l'homme-chien, Kanji le pépé grabataire qui veut quand même pécho la jeune princesse et même les 2 sœurs décrépies tout droit sorties de l'HEPAD). Car oui, le scénario est complètement barré et s'il n'y aucune narration durant le jeu, au contraire les épilogues (comme les trognes des perdants lors des dialogues inter-combats) sont vraiment marrants. Ajoutons à ça un gameplay sympa, une bonne jouabilité, une réalisation très propre et même un panel de combattants qui peut monter jusqu'à 20 personnages et vous en conviendrez, nous sommes en présence d'un bon jeu.
Un bon jeu oui, je le concède, maintenant Matrimelee pose là d'autres problèmes. Le premier d'entre eux, ce sont évidemment les chansons. Alors entendons-nous bien, la note attribué au son récompense la prouesse technique, le challenge qu'a dû représenter un tel défi puisque nous avons de véritables chansons japonaises (et pas seulement des musiques) ce qui est quand même assez dingue quand on y pense, puisque le jeu tient sur une cartouche. C'est d'ailleurs ce qui doit imposer en grande partie sa taille, car sans ça, je suis sûr qu'elle ferait la moitié de son poids (ce qui serait déjà pas si mal). Maintenant au delà de ce défi technique que Noise Factory a relevé haut la main, il faut reconnaitre que les chansons sont aussi originales et excentriques, que particulièrement gonflantes au bout d'un moment ! Oui il y a d'autres morceaux, qui sont superbes d'ailleurs, mais les chansons sont majoritaires. Ajoutons à ça qu'au fond nous n'avons que 5 véritables décors. OK il y a des déclinaisons mais ça ne masque que partiellement ce manque de contenu et cette rapide redondance, notamment pour le niveau du stade qui verra au moins 3 fois par run. Enfin le fameux "SNK Boss Syndrome" viendra vous cuire le cul lorsque vous serez face au boss final. Car tout au long du jeu, si on peut trouver certains adversaire un peu chaud à vaincre, en général il n'y a rien d'insurmontable mais elle (Princesse Sissy), c'est juste impossible de la battre à la loyale ! J'entends par là qu'à moins d'être un super crack sur ce jeu ou d'utiliser un Unibios, vous ne verrez jamais la fin du jeu.
Alors je sais, on viendra me rétorquer qu'un versus fighting ne s'apprécie vraiment qu'à 2. Je suis d'accord avec ça, mais en général, je suis un joueur solo et je vous livre ici mon ressenti, je n'ai pas à me conformer à l'avis général. Et puis Matrimelee entre en concurrence directe avec les autres jeux du genre. Sans parler des autres supports, Rage of the Dragons est déjà son premier concurrent, auquel il faudra ajouter tous les jeux sortis avant , donc certains sont des gros hits intemporels comme King of Fighters 98, The Last Blade et bien sûr l'indéboulonnable Garou, qu'aucun jeu ne saurait détrôner un jour. Au final Matrimelee est un jeu sympa, bien réalisé et sa bande-son (à défaut de porter vos joutes) vous impressionnera. C'est fluide, agréable à jouer et sur le secteur du jeu de combats loufoque, c'est sans doute meilleur et bien plus complet qu'un Waku Waku 7 franchement chiche en contenu. Maintenant au prix des cartouches Neo-Geo, je ne suis pas sûr qu'il doit figurer sur les plus hautes marches de votre "wishlist", à moins bien sûr que les dingueries à gogo vous séduisent, que vous ne jouez qu'en duo ou encore que vous déjà tous les autres jeux et qu'un vent de fraicheur vous ferez du bien.
