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En 2003, SNK-Playmore commence à aller mieux, les comptes retrouvent une certaine stabilité et ce pour une unique raison : en Arcade, la Neo-Geo garde une certaine popularité, notamment dans le versus fighting 2D. C'est pour cette raison que le studio n'a jamais lâché le pari fou de sortir un nouveau King of Fighters chaque année. Etant donné que le constructeur commence à respirer, il se permet d'investir plus d'argent dans les développements, et surtout, il reforme des équipes pour développer en interne certains de ses titres. Ceci dit, même s'il y a un mieux, ce n'est pas encore Byzance et je dirai même que ça ne le sera plus jamais. Imaginez bien que cette année-là signe l'anniversaire des 3 ans de la PlayStation 2, la DreamCast aurait fêté ses 5 ans et les GameCube et Xbox ont déjà 2 ans de carrière. Dans ce contexte là, il est incroyable de se dire que la Neo-Geo est encore debout et qu'elle tient tête à des consoles infiniment plus performantes qu'elle ! Après 2 années où seulement 3 jeux par an sont sortis, en plus avec une qualité des titres parfois discutable, en 2003 la Neo-Geo MVS va recevoir pas moins de 6 jeux (soit autant que les 2 dernières années cumulées).
Ceci dit, les sorties AES seront presque toujours décalées de plusieurs mois, afin de mieux étaler les sorties et de profiter d'un calendrier plus propice aux meilleures ventes possibles. Voilà pourquoi 2 d'entre deux, et je dirai même les plus importants, ont été décalés à 2004. Sur MVS sont sortis Matrimelee, le 5e épisode des Power Instinct, qui sera suivi quelques mois plus tard par l'impensable cross-over des 2 frères ennemis, j'ai nommé SNK et Capcom. En réalité, cet accord fut dans les 2 sens puisque Capcom sortira Capcom vs SNK dans une formule basée sur Street Fighter, tout en reprenant (bien entendu) les plus emblématiques personnages de SNK. Le premier Capcom vs SNK sortira en août 2000, le second en août 2001 et pas la peine de se mentir, ces 2 jeux sont excellents, bien meilleurs que le SVC Chaos de SNK, sorti en 2003. Ce retard de production s'explique par le fait que l'accord fut signé aux alentours de 2000, au moment même où SNK était en train de sombrer. Voulant sans doute développer le jeu en interne, sa production fut mise en stand-by durant 3 ans.

Matrimelee, SVC Chaos et Samuraï Shodown V. |
Pour son Samuraï Shodown V, SNK n'a pas réalisé le boulot lui-même, c'est Yuki Enterprise (un studio japonais totalement inconnu jusque-là) qui va s'en occuper. Si ça fait plaisir de revoir cette licence mise en sommeil durant 7 longues années (et oui, Samuraï Shodown IV date de 1996), on ne peut pas dire que cet ultime opus soit irréprochable... comme ce que font tous les studios tiers finalement. De son côté, après SVC Chaos, SNK-Playmore a développé en interne un Metal Slug 5 vraiment pas mal, et un King of Fighters 2003 assez imparfait, mais déjà bien meilleur que les 2 opus caca développés par Eolith (j'exagère bien sûr... mais qu'un petit peu). Enfin l'année sera clôturée par l'anecdotique puzzle-game nommé Pochi and Nyaa (qui restera exclusif au MVS). Le bilan de 2003 reste malgré tout très positif, surtout en termes d'image de marque. Les 2 grandes licences populaires d'SNK (Metal Slug et King of Fighters) ont reçues leurs suites, Samuraï Shodown est de retour après des années d'absence, les développements par des studios tiers ont été minimisés au maximum et si les finances ne permettent pas encore de jouer les John Hammond (dépenser sans compter) et que les jeux sont clairement moins bons qu'à la grande et glorieuse époque, c'est déjà infiniment mieux qu'en 2001 et 2002.

Metal Slug 5, King of Fighters 2003 et Pochi and Nyaa. |
Il ne sert à rien de se cacher la vérité, au début des années 2000 et après plus d'une décennie de bons et loyaux services, le système MVS est devenu obsolète. Certes il excelle en 2D et reste un système performant, mais les temps ont changé. Les gamins qui avaient 10 en 1990 et qui ont fantasmé la Neo-Geo durant toute leur adolescence, vont bientôt fêter leur 25 ans. Si performante et si maitrisée soit-elle, la 2D est devenue has-been, pratiquement tous les jeux sont en 3D désormais, même les versus fighting. Si tout a commencé en 1993 avec Virtua Fighter, imaginez une seconde où nous en sommes une décennie plus tard. Le versus fighting, terrain privilégié de la Neo-Geo depuis des années, fait face à Dead or Alive 3, Dragon Ball Z : Budokai 2 et 3 ou encore Virtua Fighter 4 Evolution. Alors c'est vrai, le versus fighting 2D fait encore de la résistance, même chez Capcom (Hyper Street Fighter II, Capcom Fighting Jam) mais c'est peine perdue, la 3D a fini par gagner le combat. C'est dans cette ambiance un peu étrange, un peu particulière, qui signe clairement la "fin d'une époque", que la Neo-Geo MVS va recevoir son tout dernier jeu : Samuraï Shodown V Special. Nous étions alors en avril 2004. La Neo-Geo AES ne fera que retarder l'échéance puisqu'elle recevra en début d'année les jeux en retard (ceux sortis en 2003), à savoir Metal Slug 5 et King of Fighters 2003. Le couperet final tombe en juillet 2004, lorsque Samuraï Shodown V Special sort officiellement sur Neo-Geo AES. Ce sera le tout dernier jeu officiel à voir le jour sur Neo-Geo AES.
Tristesse...

2004 sonne le glas de la Neo-Geo. La Neo-Geo AES va recevoir ses jeux en retard (KOF 2003 et Metal Slug 5) et le tout dernier titre à voir le jour n'est autre que Samuraï Shodown V Special. C'est le fin d'une époque... |
Dans tous les cas, le système Neo-Geo est l'un des plus connus et reconnus dans le monde du jeu vidéo. Bien que la console AES ne fût vendue qu'en faible quantité, elle est longtemps restée le fantasme de bien des joueurs. D'ailleurs, elle reste encore à l'heure actuelle un objet de collection, tant la console est coûteuse et encore ce n'est rien en comparaison de certains jeux, qui dépassent sans mal les 3 chiffres. Ainsi même si le support n'a officiellement accueilli que 156 jeux, tous les réunir, se faire un "full set" de luxe, risque de réclamer une fortune que bien peu de joueurs sont capables de verser pour l'obtenir. Une fascination pour une console hors norme, et bien plus mégalo que toutes les machines sorties à ce jour. La Neo-Geo a vu naitre parmi les plus prestigieuses licences de l'Arcade tels que Fatal Fury, Samuraï Shodown, Metal Slug, Art of Fighting et bien entendu King of Fighters.
Aujourd'hui encore, plus de 30 ans après sa sortie initiale, elle conserve une aura particulière, une fan-base indécrottable et qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. D'ailleurs, malgré la sortie des consoles Mini, des diverses compilations et de la mise en ligne officielle de la plupart de ses jeux sur les Stores dématérialisés de nos machines modernes, la Neo-Geo AES reste un produit prisé et convoité. Car c'est un honneur d'avoir une Neo-Geo qui trône fièrement sur son étagère gaming, à côté des plus prestigieuses consoles qu'a vu naitre notre média. La Neo-Geo a eu une longévité exemplaire de 14 ans, surtout pour les exploitants qui l'utilisent encore (si si il en reste encore). Faut dire que lorsqu'on se retrouve dans un café et qu'on voit au fond de la salle une borne utilisant par exemple un bon vieux King of Fighters '97, un Pulstar ou un Metal Slug X, ça ne s'explique pas, on y jette une pièce ou deux, et on fait honneur à cette gloire du passé, à ce support de légende...
A présent, la Neo-Geo MVS (Arcade) va donc vivoter dans quelques bars et salles de jeux, mais bien entendu, le système n'aura plus la même aura puisqu'aucun nouveau jeu ne va officiellement sortir. Pour les exploitants, c'est l'occasion de rentabiliser des cartouches qui désormais, ne coûtent plus très chers et puis mine de rien, les jeux gardent un inexplicable charme qui les rendent quelque peu intemporels (là où par contre, la 3D a souvent mal vieillie). A l'inverse, la Neo-Geo AES gardera sa popularité, en tant objet de collection ultime dont les cartouches atteignent parfois des prix totalement délirants. Imaginez une seconde qu'un exemplaire en bon état de Metal Slug (cartouche, boite, notice) coûte plus cher qu'une PS5 Pro (avec lecteur) neuve ! Certains exemplaires sont devenus tellement chers, qu'ils coûtent le prix d'un gros PC neuf, avec le plus gros CPU et la plus grosse carte vidéo du moment ! Cette inflation ne semble avoir aucune limite, elle est devenue totalement absurde car personnellement, je ne mettrai jamais entre 3000 et 5000€ dans un seul jeu !

Tarif d'octobre 2026. Cliquez sur les images pour les agrandir.
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Ceci dit, maintenant que sa carrière est terminée, la Neo-Geo (que ce soit sur MVS comme sur AES) va recevoir des tas de cartouches contrefaites. Des bootlegs (des versions modifiées de titres connus), des converts (des versions MVS auxquelles on a dessoudé les puces pour les réimplanter sur une cartouche AES), des Linkers (afin d'y mettre tous les jeux qu'on souhaite, bien que les plus connus coûtent une blinde) et bien sûr, des compilations. Ce sont bien évidemment des productions pirates, utilisant des cartouches à base de Mémoire Flash et non des ROMs classiques, comme le concevait SNK. Et je suis sûr que vous avez déjà entendu parler des cartouches 8 en 1 (oui ils ont commencé modeste), Super 120 in 1 et la plus célèbre d'entre toutes, la fameuse 161 in 1, qui réunit donc 161 jeux en une seule cartouche ! Ce sont des contrefaçons qui coûtent le prix de 1 ou 2 "vrais" jeux, mais c'est aussi l'occasion de pouvoir jouer sur sa console d'origine, avec les manettes d'origine, sans se ruiner. Bien entendu sur les 161 titres il y a énormément de bootlegs (en réalité il y a 65 jeux officiels dont 39 valeurs sûres, des gros titres en somme) et vous vous doutez bien que ça reste un produit chinois de basse qualité. Mais en attendant de pouvoir se constituer une vraie ludothèque, j'estime que ça reste un bon palliatif.

La cartouche 161 in 1, ici en V3, vendue avec sa shockbox. On la trouve neuve aux alentours de 200€ et elle propose 65 véritables jeux (les autres sont des bootlegs). Une alternative intéressante et bien sûr provisoire, le temps de se constituer une vraie ludothèque de cartouches officielles...
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Autre phénomène, étant donné qu'elle n'a jamais voulu mourir dans le cœur des joueurs, la Neo-Geo va continuer à recevoir de nouveaux jeux. Et je ne parle de ces titres sans aucun intérêt comme Neo Pang, ces jeux contrefaits (tels que Crouching Tiger Hidden Dragon ou King of Fighters 10th Anniversary) et autre bootlegs plus ou moins travaillés (comme ce Metal Slug 6 qui n'a rien à voir avec le véritable 6e opus que SNK prépare en coulisses), mais bien de vrais jeux, codés pour la console et sortis sur de vraies cartouches. Le premier studio à se lancer dans l'aventure n'est autre que la célèbre NG:Dev.Team qui sortira dès juillet 2006, le fameux Last Hope. Une nouvelle vie attend dès lors le support, qui va recevoir à rythme régulier de nouveaux titres (en général 1 nouveau jeu par an), souvent très ambitieux. Fast Striker, Gunlord, Xeno Crisis, Neo XYX, Final Vendetta, Kraut Buster, Razion, Looptris... que d'excellents jeux, qui bien sûr au prix d'une conception rigoureuse, et d'un faible nombre d'exemplaires, coûtent une fortune (400 à 600€ neuf en moyenne). Au contraire, les versions Neo-Geo CD coûtent bien moins chères (dois-je vraiment comparer le prix d'un CD à celui d'une cartouche ?), mais elles sont aussi moins nombreuses, la console étant encore et toujours limitée par sa RAM Cache.

Last Hope, Xeno Crisis, Gunlord, NEO XYX, Looptris et Kraut Buster, sont tous des jeux indépendants, sortis des années après la mise à la retraitre de la Neo-Geo. Une véritable seconde vie pour le support, même si pour ça, il faut parfois être prêt à dépenser beaucoup d'argent...
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Enfin depuis quelques temps déjà, la Neo-Geo commence à accueillir des portages plus ou moins fidèles d'anciens hits de l'Arcade. On pense notamment à Golden Axe (le hit de SEGA sorti en 1989), Shinobi (la version originale, à nouveau de SEGA, sortie en 1987) ou encore la récente adaptation plus ou moins officielles de Zero Wing (Toaplan, 1989). Ces portages sont rendus possibles parce qu'à l'époque, les systèmes Arcade utilisaient le même jeu de puces que la Neo-Geo (Motorola 68K et Zilog Z80), il suffit alors de réaliser une rétro-ingénierie sur le jeu d'origine puis d'adapter le code à l'Hardware Neo-Geo. Bon ça parait rien comme ça, mais c'est un vrai travail d'ingénieur et de programmeur de talent.

Golden Axe, Shinobi et Zero Wing sont les portages d'anciens hits de l'Arcade sur Neo-Geo.
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Durant la carrière officielle de la Neo-Geo, le Gigabit (soit 1000 Mb) ne fut jamais franchi. Ce nouveau palier symbolique sera pulvérisé par Fast Striker, développé par la NG:Dev Team en 2010, avec une cartouche monstrueuse de 1560 Mb ! On est loin, très très loin d'un Mega SWIV (8 Mb) ou d'un Axelay (8 Mb) pour rester sur le même type de jeux. De son côté Final Vendetta, développé par Bitmap Bureau et sorti en 2024, a atteint les 1346 Mb... Comme quoi, il a fallu que sortent des jeux indépendants, qui ont vu le jour bien des années après l'arrêt officiel du système Neo-Geo, pour voir les compteurs exploser !
Fast Striker et Final Vendetta, les 2 plus illustres titres indépendants à avoir dépassé le fameux Gigabit !
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Quoiqu'il en soit, on saluera l'exceptionnelle longévité du support Neo-Geo, qui a tenu bon durant 14 longues années, ce qui fait de la Neo-Geo l'un des systèmes Arcade (et par conséquent l'une des consoles) les plus endurants de l'histoire. En janvier 2004, les Neo-Geo Land sont tous officiellement fermés et cette année sonne le glas d'une console mythique. Une carrière qui n'a pas été de tout repos car l'avènement de la 3D aura fait beaucoup de mal à SNK. Mais la grande histoire d'SNK ne s'arrête pas là ! Cette année-là, SNK s'associera avec Sammy pour sortir ses futurs titres sur Atomiswave (un système d'Arcade 32-bits, bien plus performant que l'Hyper Neo-Geo 64) et dès la fin de l'année, nous verrons apparaitre The King of Fighters Neowave, qui a tenté de poursuivre (non-sans mal) l'héritage de la saga. Dès 2004, SNK-Playmore va tenter de rentabiliser au maximum son patrimoine, en portant le plus de jeux possible sur les consoles du moment, notamment la PlayStation 2 qui fait un carton planétaire. Il faut dire que les adaptations sur les consoles de 4e et 5e Génération (16 et 32-bits pour simplifier) n'étaient pas fameuses, mais avec la Génération des Xbox, GameCube et PS2, SNK va enfin pouvoir proposer des portages proches du pixel perfect.
En plus de ça, l'ancien constructeur en profitera pour proposer des accessoires au design Neo-Geo (notamment les gros sticks) et bien entendu, comme les jeux coûtaient nettement moins chers que les cartouches originales, ils ont eu un certain succès. Le plus étonnant étant que ces portages n'ont pas fait dévaluer le prix toujours exorbitants des cartouches AES, bien au contraire. Que ce soit via des compilations (SNK Arcade Classics vol.1, Art of Fighting Anthology, Metal Slug Anthology, Fatal Fury : Battle Archives, Sengoku Anthology, KOF Orochi Collection), via des portages de jeux uniques (Metal Slug 3, Garou) ou via des duologies (The Last Blade 1&2, KOF 2000 & 2001), SNK a fini par se tourner vers les consoles des autres constructeurs. Enfin, c'est toujours en 2004 que SNK-Playmore obtint officiellement la licence pour fabriquer des machines pachislot (machines à sous japonaises utilisées dans les salles de pachinko). La société lança ses 2 premières machines cette année-là : Metal Slug et Dragon Gal. Les pachislots occuperont une place de plus en plus importante dans leur catalogue de produits au cours de la décennie suivante.

