Dossier Neo-Geo MVSX (Chapitre 2 : Arcade ou consoles, pour l'amour du jeu vidéo) -- Review sur SoloGamerTest

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La boite officielle




Bartop de base


Bartop hacké



Dates de sortie : novembre 2020 aux Etats-Unis - décembre 2020 en Europe - janvier 2021 au Japon

Conception du modèle d'origine : SNK
Conception du Bartop : Unico

Version testée : européenne
Textes de l'interface : français
Textes dans les jeux : anglais ou japonais

Format : Bartop
Nombre de joueurs : 2
Type de contrôles : 1 stick et 6 boutons d'action par joueur + 4 boutons de gestion

Alimentation : 12 volts - 3 ampères (fourni)
Affichage vidéo : 1280 x 1024 (4:3) en 60 hz sur l'écran intégré de 17 pouces

Chipset principal : SoC Actions ATM7051H (contenant CPU et GPU)
Processeur central (CPU) : ARM Cortex-A7 (Quad Cores) cadencé à 1 Ghz
Processeur graphique (GPU) : PowerVR SGX544MP cadencé à 450 Mhz
Mémoire vive (RAM) : 2 Go de DDR3
Espace de la Mémoire Flash : 8 Go type EMMC

Nombre de jeux inclus : 50
Nombre de jeux extensible : officiellement non
Prix au lancement : 500€

Appellations connues : Neo-Geo MVS - Neo-Geo MVS X - Neo-Geo AES - Neo-Geo AES X



La musique de la semaine :
♫ ZERO DIVIDE




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Les sites partenaires :





















Unico / SNK

Neo-Geo MVSX








Sommaire

01 - Présentation
02 - En mode raconte ma life : Arcade ou consoles, pour l'amour du jeu vidéo
03 - L'histoire de SNK de 1973 jusqu'à 2020
04 - La Neo-Geo : une borne d'Arcade et une console d'exception

05 - Neo-Geo MVSX : le packaging et les accessoires
06 - Neo-Geo MVSX : le design, l'écran, les sticks et les boutons
07 - Neo-Geo MVSX : l'interface
08 - Neo-Geo MVSX : le point hardware, de la carte mère jusqu'aux boutons
09 - Neo-Geo MVSX : les jeux 50 intégrés
10 - Neo-Geo MVSX : Hylostick et les modifications possibles du Bartop

11 - Neo-Geo MVSX : la conclusion







En mode "raconte ma life"
Arcade ou consoles,
pour l'amour du jeu vidéo

On peut le dire, ce chapitre est le plus facultatif de tout le dossier. Pourquoi vous raconter ma vie ? Et bien pour 3 raisons. D'abord parce qu'ainsi vous allez comprendre pourquoi j'aime les jeux d'Arcade, pourquoi j'ai cette "relation" avec eux. Ensuite parce que je suis arrivé à un âge (ça y est, voilà que je parle comme mon grand-père ^_^) où je n'aime plus savoir quel âge j'ai, justement. Vous savez, le genre qui inverse les chiffres pour ça fasse moins, ou qui enlève carrément 10 ans (bientôt 20) pour tenter de se rajeunir. Mais c'est évidemment un fail... Et enfin parce que ça me fait plaisir. Beaucoup vont se dire que c'est du remplissage, que ça ne sert à rien, mais si au moins une personne lit ce chapitre, le trouve intéressant et comprend pourquoi je l'ai fait, alors je n'aurai pas perdu mon temps. Et puis je vais vous l'avouer, la MVSX est ma première borne d'Arcade (à la maison) et ce sera sûrement la dernière. C'est donc l'unique occasion de coucher ces mots, de raconter mon histoire et de vous faire comprendre pourquoi, la Neo-Geo et l'Arcade continuent de faire battre mon cœur de gamer, quand en face je possède déjà les consoles de dernière Génération.
Je suis né au milieu des années '70 (ne cherchez pas à compter quel âge j'ai, je suis vieux, n'épiloguons pas là-dessus je vous prie), à cette belle époque où est le jeu vidéo a plus ou moins déployé ses ailes. En prenant de grands raccourcis et en allant à l'essentiel pour éviter que ça devienne indigeste, l'histoire nous raconte que le premier jeu vidéo est né sur un oscilloscope dans les années '50, d'abord avec OXO ensuite avec Tennis for Two. Mais au final, le premier véritable jeu vidéo en tant que tel, est bel et bien Pong, développé par Atari en 1972. Pong était belle et bien la première borne d'Arcade, son succès fut phénoménal et très vite le jeu sera décliné en modèle de salon.
A partir de là, les choses vont s'accélérer, avec d'abord la sortie de l'Odyssey de Magnavox, puis la sortie de l'Atari 2600 en 1977, première console à cartouches interchangeables. Vint alors un premier âge d'or (celui de l'Arcade) qui verra naitre les plus grandes licences de l'époque : Space Invaders, Asteroïds, Centipede, Missile Command, Pac-Man, Donkey Kong, Galaga, Xevious, Zaxxon, Dragon's Lair et j'en passe. D'aussi loin que je me souvienne, la première pièce que j'ai jeté dans une borne d'Arcade, c'était pour 1942, le fameux shoot-them-up signé Capcom, sorti en 1984. Cette année-là mon petit frère (Aquel) venait de naitre, et j'étais un petit garçon heureux même si quelque part, j'avais déjà un autre petit frère : mon cousin qui avait sensiblement le même âge que moi.





De 1985 à 1988, mon cousin est moi étions comme 2 doigts de la main, inséparables et bien souvent j'allais dormir chez ma tante, en centre ville (moi j'habitais déjà un petit village). Je me souviens très bien de leur appartement, de l'aquarium dans le coin, du salon... ainsi que du restaurant chinois au rez-de-chaussée, et de la salle d'Arcade de l'autre côté du boulevard. Cette salle s'appelait Flip2000 (oui le nom était très original ^_^), on y trouvait des bornes bien sûr, mais aussi des flippers, des jeux de palets, des baby foot... De mes yeux de gamin, c'était le paradis ! A l'époque les crédits étaient à 1 Franc à peine, donc on partait souvent avec 10 ou 20 Francs en poche, et on y passait l'après-midi. C'est là-bas que j'ai développé mon amour pour les shoot-them-ups, avec entre autre quelques pièces jetées dans des Galaga, Choplifter, Salamander, Side Arms et autres.
En parallèle, le jeu vidéo subissait son premier krash pour les raisons qu'on connait bien (si vous ne les connaissez pas, je vous invite à lire mon dossier, tout y est expliqué) mais un développeur de jeux d'Arcade, ancien constructeur de jouets va sauver la situation : Nintendo. En effet, c'est grâce à la NES (version occidentale de leur console Famicom) et au succès foudroyant de Super Mario Bros, que l'industrie va repartir sur des bases plus saines. Dans le même temps, l'Arcade n'a pas vraiment subi le même sort que les consoles de salon, car mine de rien, le public était un peu différent. En effet, alors que les consoles étaient largement considérées "pour les enfants" (ce qui est une hérésie j'en conviens), le jeu d'Arcade de son côté attirait un peu toutes les tranches d'âge.
Il faut dire que contrairement aux consoles de salon, l'Arcade ne se limite à un seul Hardware, au contraire, les composants évoluent vite et à l'image de ce que deviendra plus tard le PC, il existe une multitude de configurations. Les développeurs et les constructeurs ne se limitaient quasiment jamais, n'hésitant pas doubler la RAM, à inclure plus de ROMs, parfois même à ajouter un second processeur s'il le fallait, car l'Arcade était un secteur rentable et surtout le fer-de-lance du jeu vidéo. Il devait en mettre plein la vue, proposer les meilleurs graphismes, les jeux les plus impressionnants, afin de nous inciter à mettre des pièces (ou des jetons) dans le monnayeur.




Voici le PCB d'un jeu d'Arcade, aussi appellé "carte JAMMA" en rapport avec le standard du même nom.

Au milieu des années '80, j'ai reçu ma première console : l'Atari 2600. Nous n'étions pas riches et les jeux étaient déjà assez chers (250 Frs si je me souviens bien, ce qui fait environ 40 de nos actuels €uros). Il était donc hors de question de réclamer la fameuse NES dont tout le monde parlait. Je me souviens qu'à l'époque, le jeu vidéo était si marginal et uniquement destiné aux enfants, que les consoles et les jeux s'achetaient dans les magasins de jouets. Mon cousin lui, toujours friand de technologie, a reçu sa console Nintendo au Noël de 1987, et ce fut une nouvelle aire pour nous. Certes chez une autre tante je jouais déjà à un clone de Pong, à la maison l'Atari 2600 possédait quelques excellents titres (Enduro, Vanguard, Commando, Centipede... et non pas E.T, déjà parce que je n'ai jamais aimé ce film, ensuite parce que le jeu ne m'intéressait pas) mais ce n'était rien en comparaison des performances d'une NES ultra puissante ! Vous l'aurez compris, c'est à ce moment-là que je suis devenu un joueur console, mais je n'ai pas renié l'Arcade pour autant.
En 1988, mes parents m'ont envoyé dans un foyer à la montagne, non pas parce que j'étais indiscipliné, mais à cause de mon asthme (oui vous saurez tout ! :). Une période noire où vivre loin de sa famille fut une déchirure. Ceci dit, lorsque mes parents venaient me voir (en général un samedi sur 2), nous allions en premier lieu boire un coup au plus grand café de la ville locale. Et devinez ce qu'on y trouvait dans le sous-sol ? Des jeux d'Arcade bien entendu ! C'est durant cette période que j'ai découvert des titres mythiques tels que Cabal, OutRun dans une version avec siège et volant (un modèle "deluxe" dont je garde de très bons souvenirs) ainsi que l'inoubliable Altered Beast. Ceci dit, dans notre foyer montagnard, il y avait aussi une salle de jeux, nettement plus modeste certes mais au milieu des jeux de fléchettes et autre baby-foot, devinez ce qui attirait mon regard comme une flamme attire le papillon de nuit ? L'unique borne d'Arcade des lieux et en son sein l'excellent Moon Patrol, auquel je jouais le plus souvent possible.





Après un an au goulag (du haut de mes 12 ans c'est comme ça que je l'ai vécu), c'est le retour à la maison. Au début des années '90, la Mega Drive sort en Europe mais elle est extrêmement chère. Petite évolution, nous avons eu (mon frère et moi) l'Atari 7800 mais aussi et surtout la Master System II ! A cette époque-là, je commençais à me faire une jolie collection de magazines, tels que Joypad, Génération 4, Mega Force, Tilt, Nintendo Player, ou encore Player One mais mon préféré était clairement Consoles +. En 1990, en vacances dans le sud de l'Espagne, à plus de 1000 kms de chez moi (en vue de rendre visite à la famille), le soir venu nous allions souvent à la "bodéga", une sorte de bar dansant à ciel ouvert. Connaissant ma passion pour les jeux vidéo, ma mère me donnait quelques pièces de 100 pesetas (plus ou moins l'équivalent de notre ancienne pièce de 5 Francs) pour que je passe un moment sur les bornes d'Arcade locales, sur lesquelles je posais mon Fanta "naranja" (qui était bien meilleur à l'époque qu'aujourd'hui ^_^). C'est en Espagne que j'ai principalement connu 2 jeux : Hammerin' Harry et Liquid Kids. 2 titres absolument géniaux, que je n'ai jamais retrouvé en France.
En septembre 1990, la Game Boy sort en France et dans la boite, en plus des piles et des premiers écouteurs "type puces" du marché (bien que la qualité n'était pas au top, notamment parce qu'ils produisaient beaucoup trop d'aigus), il y avait le mythique Tetris ! Bien entendu, j'étais très intéressé par la console, moi qui n'avait connu jusque-là que des jeux à cristaux liquides de marque Tiger. C'était pas si mal comme jeu portable, mais ça ne valait pas les fameux Game & Watch de Nintendo, qui étaient bien trop chers pour moi. Je me souviens qu'à l'époque, j'avais eu Double Dragon et Mega Man 2, qui étaient de chouettes petits jeux.
Donc mine de rien, quand la Game Boy a pointé le bout de son écran monochrome, c'était une révolution. Je me souviens qu'à chaque fois qu'on allait au supermarché, je m'éclipsais au rayon des jeux vidéo. Jeux vidéo qui ont commencé à se démocratiser et qui ont peu à peu quitté les rayons des magasins de jouets pour les supermarchés qui à leur tour, leur dédieront un rayon entier. Les plus anciens se souviennent sûrement qu'à l'époque de la NES, il existait des bornes de démo, où on pouvait faire tourner plusieurs jeux en temps limité : c'était le fameux NES M82 Demo Unit. J'ai passé des heures sur cette borne et pour la Game Boy, Nintendo a récidivé, à ceci près qu'il n'y avait qu'un seul jeu.




Les jeux électroniques de chez Tiger : Double Dragon et Mega Man 2.

Pour mes 14 ans, j'ai reçu l'un des plus beaux cadeaux possible : une mobylette MBK 51 Passion, oui celle avec le beau carénage et le refroidissement liquide. Une aire de balades sans fin, seul face au vent commence. Bien que gamer dans l'âme, j'ai toujours aimé l'évasion... et ce sentiment est sans doute lié aux jeux vidéo qui, en un sens, permettent de faire de même. Noël passe et vous savez comment c'est, quand quelqu'un ne sait pas quoi vous offrir, il vous fait une enveloppe. Entre 2 fêtes, mon cousin passe à la maison et on décide d'aller balader. Un coup de "meule" et nous voilà dans les rayons du supermarché, à flâner, à tuer le temps. Et là on tombe sur la Game Boy, au milieu d'une allée.
Sa superbe boite au design hi-tech m'attire comme un aimant, mais dans mon enveloppe il n'y a que 300 Francs (environ 45€) et la console est vendue à 590 Francs (environ 60€). Voyant mon désespoir et sentant qu'il pouvait me faire plaisir comme jamais, sans hésiter mon cousin me tend son enveloppe, pleine de biftons. Il me fait crédit car de son côté, il ne sait pas faire de son pognon, alors autant qu'il serve à quelqu'un qui en a besoin (me dit-il). Avec cet argent si gentiment prêté, j'ai acheté la Game Boy, ainsi que Super Mario Land. Au fil du temps j'ai également eu R-TYPE, le magnifique Gargoyle's Quest, Robocop (j'ai encore des frissons lorsque j'écoute en boucle le magnifique thème d'intro), Kirby's Dream Land, Super Mario Land 2 et ce qui deviendra (selon moi) son plus grand jeu : The Legend of Zelda : Link's Awakening.
Pour l'anecdote, oui petit à petit j'ai rendu l'argent à mon cousin, et en intégralité. A son anniversaire, au mois de février suivant (en 1991 donc), mon frère a voulu la même chose que moi. Mon frère aimait marcher dans mes pas, et moi j'aimais tant mon petit frère. Durant l'année 1991, c'est en jouant à R-TYPE, un jeu extrêmement difficile même sur cette console-là, que de rage j'ai mis un coup de boule à ma console ! Oui, il faut être un gros abruti pour faire ça et je l'ai chèrement payé puisque j'ai explosé mon écran ! Une semaine après, mon frère fait exactement la même chose... sur exactement le même jeu ! On est pas frères pour rien, hein... ^_^ Ma mère a bien voulu financer la réparation d'une console (pas les 2) qu'on devait alors se partager à tour de rôle. Depuis, je n'ai plus jamais frappé un appareil électronique et la Game Boy est restée à jamais un merveilleux souvenir.



   

La MBK 51 Passion était vraiment magnifique. On a fait de super trajets ensemble, rouler sur des milliers de kilomètres. La Game Boy aussi m'a beaucoup fait voyager... mais d'une autre manière

En 1991, des révolutions sont nées, telles que Sonic, Super Mario Bros. 3 arrive enfin en Europe (il sera suivi de près par Super Mario World), Another World, Wonder Boy V... mais un autre jeu accaparait toutes les discussions : Street Fighter II ! Son succès fut tel qu'à lui seul, il a fait en sorte que les salles d'Arcade se re-remplissent. Les cafés sont soudainement submergés d'ados qui jettent leurs pièces de 5 Francs, en vue de montrer à son meilleur pote à quel point il maitrise le jeu. Mon cousin n'habitait plus en ville (en réalité, on habitait désormais le même village) mais de temps en temps, nous avions la chance d'y retourner.
Nous n'allions plus à Flip2000 (qui avait sans doute déjà fermé depuis) mais à "La Tortue". Evidemment, il me sera très difficile de vous montrer des photos de cette superbe salle, à la fois crasseuse (les chaussures collaient au sol) et totalement enfumée, car à l'époque nous n'avions pas de téléphone pour photographier tout et n'importe quoi (remarquez, la photo ci-dessous s'en rapproche). Certes le prix du crédit avait doublé en quelques années, mais c'est là que j'ai rattrapé mon retard sur certains jeux tels que Shinobi, 1943, Forgotten Worlds, Ghouls 'n Ghosts, R-TYPE, Captain Commando, Strider ou encore le magnifique Final Fight (oui dans le lot il y avait déjà pas mal de jeux Capcom).





Mais à côté d'un certain Fatal Fury qui faisait sensation, c'était bel et bien Street Fighter II la grande star du moment ! Le rouleau compresseur de Capcom emportait tout sur son passage, on entendait parler que de lui, les bornes se multipliaient et on vit même apparaitre des clones (des bootlegs), sans doute moins chers car sans licence, où on pouvait simplement switcher de personnage à la volée et où Ryu était entre autre capable de tirer des boules de feu en l'air. Du grand délire.
En 1992 sortait le sanglant Mortal Kombat, le jeu qui allait imposer aux Etats de réguler la violence dans nos médias (d'où l'instauration des ESRB et autre PEGI). En réalité, Mortal Kombat ne sera qu'un bouc émissaire, la "tête de turc" pour montrer du doigt à quel point les jeux sont violents, alors qu'en réalité, le problème ce n'est pas le jeu vidéo mais la nature même de l'être humain.
Toujours en 1992, à la belle période de Noël, la Mega Drive arrive enfin dans notre foyer, on passe enfin à la 4e Génération, celle des consoles 16-bits et c'est (selon moi) la meilleure de toutes ! A la même période, mon cousin reçoit une Super Nintendo (plus récente et plus chère) mais je ne me sens pas léser car la 16-bits de SEGA est une merveilleuse machine qui propose des titres fantastiques. De son côté mon cousin a choisi la console de Nintendo parce qu'il a toujours aimé sa NES, qu'il aime bien les Super Mario et les Zelda (on le comprend) et surtout parce qu'après des mois d'attente, Street Fighter II sort sur Super Nintendo et c'est à nouveau une énorme claque ! Le jeu est si bon, si proche de la version d'Arcade, qu'il fera en sorte de faire vendre beaucoup de consoles. Nintendo s'en frottera les mains mais fort heureusement, la superbe console 16-bits du géant nippon ne se résumera pas à cet unique jeu, avec des titres tout aussi mythiques (qui sortiront plus tard, ça va de soi) tels que Zelda III, Axelay, Mega Man X, Donkey Kong Country ou encore l'impressionnant Starwing.



   


Un beau matin entre 1992 et 1993, voilà que Fredo (mon demi-frère - oui ma mère s'est remariée) débarque à la maison avec son Amiga 500. Tout fier de nous présenter sa bête achetée hors de prix (car les micro-ordinateurs étaient bien plus chers que les consoles), il branche tout son bazar sur ma télé (car oui, on avait la chance d'avoir notre propre télé dans notre chambre, mon frère et moi) et il commence à faire valser les disquettes. Quelques jeux furent assez impressionnants comme Alien Breed, Lemmings, Turrican ou encore Commando, mais au final je n'ai retenu qu'un nom : DROL. Allez savoir pourquoi, c'est l'adaptation de ce jeu d'Arcade qui m'a hypnotisé toute la soirée, alors que ce n'était même pas un titre natif du système, mais un jeu C64 (l'Amiga 500 étant rétrocompatible). Dans tous les cas, je n'étais pas jaloux de mon demi-frère car son Amiga 500 ne me plaisait pas. Trop volumineux, des périphériques pas terribles, des temps de chargement parfois longuets et surtout, des jeux qui étaient loin d'égaler ma précieuse Mega Drive, qui aura reçu parmi ses meilleurs jeux : World of Illusion, Ecco the Dolphin, Alien 3 mais aussi la quintessence du jeu 16-bits sur console de SEGA, avec le trio infernal Sonic 2, Thunder Force IV et Streets of Rage 2 ! Si bon soit-il, l'Amiga 500 ne pouvait pas lutter !
Comme évoqué, pour moi le jeu vidéo ce n'est pas uniquement passer des heures devant sa télé, j'aime aussi tout ce qu'il y a autour. J'aime la musique (à l'époque je m'en faisais des cassettes audio, ce qui peut paraitre idiot aujourd'hui puisque l'écoute de musique de jeu vidéo est bien plus dans les mœurs), je voulais comprendre la programmation, les limitations imposées par un Hardware, savoir comment fonctionne un processeur... et pour ça, je lisais beaucoup de magazines. Et dans les magazines dédiés au jeu vidéo, on parlait de plus en plus d'une console, elle-même directement issue de l'Arcade : la Neo-Geo. La console était très chère (environ 3.000 Frs / 450€) mais c'est surtout le prix des jeux qui était impensable : 1.450 Frs soit environ 220€ ! Et dire qu'on se plaint du prix des jeux actuels...
Très vite la Neo-Geo est devenue un fantasme, certes inaccessible, mais il est clair qu'elle faisait baver tous les joueurs de l'époque. Il suffisait de regarder les tests des jeux Neo-Geo pour se dire que les Mega Drive et Super Nintendo ne jouaient clairement pas dans la même cour. Les graphismes étaient si détaillés, si colorés, les effets étaient si époustouflants, les sprites si imposants, que les consoles dites "grand public" étaient larguées. Et c'est en partie ça qui rendait les jeux si chers, le système si élitiste. Et dans une large mesure, la réputation de la Neo-Geo vient de là : un Hardware ultra performant pour des jeux hyper avant-gardistes que même les premières consoles 32-bits auront bien du mal à encaisser.



   

Les tests de Robo Army (février 1992) et Samuraï Shodown II (janvier 1995) par le magazine Consoles + (cliquez pour agrandir).

En 1993, mon cousin troque sa Super Nintendo et ses quelques jeux (Street Fighter II, Super Mario World et Zelda III) contre une NEC CoreGrafx équipée de plusieurs manettes et d'un paquet de Hu-Cards. Toujours friands de technologie mais finalement de moins en moins gamer, mon cousin m'a laissé la fameuse console japonaise à la maison, et j'ai eu l'honneur d'avoir durant 2 semaines, l'autre console que les joueurs fantasmait et qui était si peu connue : la PC-Engine. Bien entendu, en France la console était importée plus ou moins officiellement mais son succès restait modeste par rapport aux consoles de Nintendo et SEGA. Au rang des joyeusetés nous avions du Darius Plus, du Final Soldier, du PC Kid, du Thunder Blade, du Ninja Spirit et du Coryoon, plus d'autres jeux dont je ne me souviens plus du nom, d'autant que la plupart étaient entièrement en japonais.
Pas de lecteur CD-ROM² mais des souvenirs impérissables, comme si j'avais été l'unique joueur du pays à y avoir droit (remarquez, dans mon entourage la plupart de mes camarades ne savaient même pas que la console existait). Mais après cette période, les parents du jeune garçon ayant sans doute découvert l'échange (d'autant que les jeux PC-Engine étaient très chers à cause de l'import) et mon cousin regrettant son geste, finalement l'échange se (re)fit en sens inverse. Le grand gagnant dans tout ça, ce fut moi, car j'ai passé 15 jours inoubliables, en compagnie d'une console quasi intouchable et qui ne m'appartenait même pas ! Quelques semaines plus tard, j'achetais enfin ma propre Super Nintendo.
De son côté la Neo-Geo continuait son bonhomme de chemin, SNK avait enfin rattrapé Capcom en terme de "versus fighting" et peu à peu leur système allait quasiment s'y consacrer corps et âme. Les images dans les magasines me faisaient de plus en plus envie, d'autant que les performances de la console allaient crescendo au fur et à mesure que les cartouches grossissaient. Mais même d'occasion, à plus de 1.500 Francs (230€) la console et plus de 700 Francs (110€) le jeu, ça restait hors de mon budget. J'étais un ado comblé par mes consoles, mais que voulez-vous, l'herbe est toujours plus verte chez le voisin et quand d'autres fantasmaient sur les mannequins à moitié nues des Entrevues de leurs pères, moi je rêvais d'avoir une Neo-Geo (je vous rassure, les filles me faisaient également rouler les yeux *_* j'étais disons... plus discret).



       

Quelques-unes des pubs qui parcouraient les magazines de l'époque, notamment celle au centre, avec la femme frustrée. Croyez-moi qu'en 1993, en feuilletant son mag' de jeu vidéo, si vous tombiez sur cette pub là, ça faisait votre journée (cliquez pour agrandir).

Depuis quelques temps déjà, Capcom a de plus en plus de mal à séduire et même si son Super Street Fighter II est excellent, c'est finalement sur consoles que je préfère les hits de la marque. Au contraire, les jeux Neo-Geo subissent des portages généralement désastreux. Certes je m'amusais bien sur mon Fatal Fury sur Mega Drive, mais je savais pertinemment que c'était rien à côté de l'original, et mine de rien le brave Street Fighter II' (entre temps sorti sur la console de SEGA) n'avait aucun souci à se faire. Toutefois, c'est sur Super Nintendo que j'ai découvert la licence Samuraï Shodown et même si les sprites étaient tout petits, j'ai poncé ce jeu tellement il était excellent ! Et puis quelque part, avec un peu d'imagination, c'est comme si je jouais à la Neo-Geo...
Nous étions alors en 1994 et sur un coup de folie, j'ai acheté un Amstrad CPC 6128 (on m'a même donné un CPC 464 avec), sans doute parce que j'avais envie d'entrer dans le monde de l'informatique. J'ai même appris le langage BASIC dessus, mais malgré mes dizaines de disquettes, je n'ai retenu aucun jeu (aller, peut-être un vague Rick Dangerous à la rigueur). Je l'ai revendu moins d'un an plus tard, ce qui a en partie financé l'achat de la PlayStation...
Du côté de l'Arcade, fin 1994 est sorti un certain Killer Instinct. Pour être honnête, je n'aime absolument pas ce jeu, je déteste son gameplay et ne parlons même pas de cette infecte difficulté, surtout sur Arcade. Cependant si je rends hommage à ce titre, c'est pour sa réalisation. La carte mère disposait d'un processeur 64-bits et ici pas de ROMs, les données étaient stockées sur un disque dur ! Le rendu était juste ahurissant, avec des décors et des personnages tout en images de synthèse, d'une beauté sans précédent. Si je n'aime vraiment pas ce jeu, mais je peux vous dire que je suis quand même resté planté des heures devant l'écran, juste pour le plaisir des yeux.




L'impressionnante borne de Killer Instinct, ainsi que sa carte mère dotée d'un disque dur.

Cependant en ce milieu des années '90, un autre phénomène se prépare à bouleverser nos vies de joueurs : la révolution de la 3D et la sortie des consoles de 5e Génération. Et cette fois j'étais là : le 29 septembre 1995, quelques jours après la rentrée scolaire, je suis allé au lycée en mobylette car en sortant de cours, j'avais une mission à accomplir : acheter la PlayStation ! Direction Star Games (une vieille boutique dédiée aux jeux vidéo, je crois même l'une des premières de ma ville) où j'ai acheté "day one" ma console (neuve forcément) pour 2099 Francs (environ 300€), une carte mémoire pour 399 Francs (60€) et 2 jeux : Ridge Racer et Toshinden ! Mais comme évoqué, si les consoles de 5e Génération étaient douées pour la 3D, la Neo-Geo restait la grande reine du jeu en 2D, la preuve avec les sorties successives des premiers King of Fighters ou encore des excellents Pulstar et Art of Fighting 3 que j'adore !
C'est à cette époque-là, mal dans ma peau (je veux dire, plus que d'habitude) et ne sachant pas comment trouver ma place, que j'ai commencé à composer de la musique et à m'intéresser à l'univers du PC, lui qui est si ouvert et si prometteur, surtout depuis la sortie de Windows 95. C'est d'ailleurs cette année-là que j'ai découvert avec un peu de retard ce monument du jeu vidéo qu'est DOOM ! Ceci dit, ce mal-être était un peu compensé par ma passion de toujours (à l'époque sortaient les mémorables Resident Evil, Tomb Raider, Alien Trilogy, Die Hard Trilogy, Ace Combat et autre Fade to Black), même si la musique gagnait peu à peu du terrain.
En avril 1997, je me retrouve dans le bar du village pour fêter un anniversaire, celui de mon cousin avec qui je m'entendais encore très bien. La fête bat son plein quand tout à coup, je m'aperçois qu'une borne fait beaucoup de bruit dans un coin. C'était nul autre que l'excellent Metal Slug, qui faisait tout pour attirer mon attention. J'ai jeté quelques pièces dans le monnayeur et j'ai passé un merveilleux moment, seul devant cette borne. Un moment magique qui explique peut-être pourquoi j'aime tant ce jeu.





En 1998 j'ai acheté mon premier PC, après avoir bossé tout l'été pour le financer. Il était modeste mais tout à fait honnête pour l'époque : CPU AMD K6-II 300 Mhz, 32 Mo de RAM et disque dur de 4,3 Go. Ne riez pas, c'était pas si mal à l'époque. Assez rapidement j'ai investi dans 32 Mo de RAM supplémentaire ainsi que dans une carte vidéo Voodoo Banshee, que j'ai rapidement rentabilisé avec un autre monstre sacré du jeu vidéo : Half-Life ! Durant les 3 ans qui suivirent, je me suis éclaté avec des titres mythiques : Unreal, Max Payne, Red Faction, Aliens vs Predator 2, Soldier of Fortune (ainsi qu'avec quelques jeux plus modestes comme Tonic Trouble, Ground Control et Forsaken).
Malheureusement, si mes consoles fétiches resteront à jamais dans mon cœur, je commençais à délaisser un peu le jeu sur consoles pour me consacrer à la musique, aux jeux sur PC ainsi qu'à mes études. Se faisant, c'est en 2001 que j'ai emménagé à Marseille, une vaste ville qui était bien loin de chez moi. J'ai bien entendu fait suivre mon ordinateur, qui commençait à devenir obsolète.
Et c'est là que j'ai découvert les joies de l'émulation et devinez vers quels jeux je me suis tourné en premier ? PC-Engine et Neo-Geo bien entendu ! D'ailleurs je me souviens très bien que NeoRageX (le parfait émulateur Neo-Geo) avait besoin de 128 Mo de RAM pour faire tourner les titres les plus ambitieux tels que Garou ou Metal Slug 3 (de son côté, Ootake, l'émulateur PC-Engine, se suffisait d'un rien). Mon premier achat en tant que marseillais fut donc d'acheter les 64 Mo de RAM qu'il me manquait. Enfin... enfin je pouvais toucher du doigt "sans payer" chaque crédit, le rêve que je couvais depuis tant d'année. Certes la magie était un peu tronquée dans le sens où je jouais sur mon PC avec une manette (USB) Microsoft Sidewinder... Mais comme on dit, qu'importe le flacon tant qu'on a l'ivresse.




L'interface de l'émulateur NeoRageX et la manette Sidewinder.

En 2002, après être "rentré au pays", je trouve un boulot en tant que technicien de maintenance dans les jeux grand public. En traduit, j'étais le technicien qui devait préparer et réparer tout ce qui est appareil de divertissement à destination des cinémas, des salles de jeux, des campings et autres cafés, bref ce qu'on pourrait définir sous l'appellation "jeux d'Arcade". Oui, j'ai en quelque sorte fait un métier de rêve... du moins sur le papier. Concrètement ça consistait à changer les tapis des billards, à réparer les flippers, à entretenir certains Bartops (comme les Photo Play que nous avons précédemment vu) ainsi que de gérer un parc de babyfoots. Nous avions aussi des jeux à pinces (sauf que contrairement aux forains, nous n'étions pas des voleurs puisque le gamin pouvait jouer jusqu'à ce qu'il obtienne un lot), des jeux de palets sur coussin d'air, on avait même quelques distributeurs de mini boites de conserve contenant des apéros (cacahuètes, amandes, olives, etc).
L'entreprise n'était pas très grande mais j'avoue que notre catalogue était plutôt bien fourni, avec plusieurs dizaines de machines. De mon côté j'étais en charge de les préparer avant de les déposer sur leur lieux d'exploitation. Une fois sur place je venais faire l'entretien en cas de panne, il m'est même arrivé que je fasse le comptage des caisses (bien que ça, c'était généralement le patron qui s'en occupait).
Mais je l'avoue, la meilleure partie de mon boulot, c'était les bornes d'Arcade. J'ai touché à des systèmes NAOMI, Chihiro, Lindbergh, à du Capcom CPS-2 et 3, du Sammy Atomiswave ou encore du Taito Type X. On avait de tout : du bon vieux beat-them-all, du shoot-them-up, on avait bien entendu pas mal de versus fighting tels que les Street Fighter récents (au début des années 2000 nous en étions au 3e opus) et nous avions aussi de très grosses bornes. Des gros rail-shooters tels que House of the Dead 2 et 3, Time Crisis II, Virtua Cop 3, ou encore l'énorme borne de Jurassic Park (The Lost World).



   

   

Ce fut mon métier durant 3 ans...

On avait du jeu de danse comme Dance Dance Revolution et bien entendu on avait des jeux de bagnoles tels que Ridge Racer, Daytona USA (c'était toujours un succès celui-là ^.^), SEGA Rally 2, Crazy Taxi, Out Run 2, Star Wars Episode 1 : Racer (une chouette borne celle-ci) et certaines étaient même montées en "link" pour jouer jusqu'à 4. Croyez-moi, placer 4 grosses bornes de Daytona USA côté à côte pour les relier, ça faisait une sacrée logistique ! D'ailleurs ces machines demandaient un entretien régulier car l'Hardware était parfois capricieux et les bourrins avaient tendance à les malmener, alors que ce sont de gros investissements (on parle de plusieurs milliers d'€uros pour l'exploitant).
Mais ce que j'ai eu le plus souvent entre les doigts... ce sont des bornes Neo-Geo MVS ! Généralement nous avions des MV-4F et MV-6F, qui contenaient 4 et 6 jeux simultanément. Nous avions une belle collection de cartouches, avec des puzzle-games type Puzzle de Pon ou Puzzle Bobble 2, mais aussi et surtout la complète Metal Slug, plusieurs épisodes de King of Fighters, Fatal Fury Special, Art of Fighting 2, Top Hunter, Spinmaster, les premiers 3 épisodes de Samuraï Shodown, les 2 premiers Sengoku, World Heroes 2 et le clou du spectacle n'était autre que Garou : Mark of the Wolves, l'un des jeux les plus rentables avec KOF '98 et Metal Slug 3. Bien entendu nous avions aussi quelques classiques car aussi fou que ça puisse paraitre, un bon vieux Bubble Bobble ou un Pac-Man, ça faisait toujours autant recette. Comme vous le voyez, depuis mon enfance l'Arcade me suit partout, et je dirai même que depuis quelques années, la Neo-Geo en fait de même. Ainsi quand je prétends bien connaitre l'Arcade, ce n'est en rien de la vantardise puisque j'ai bossé dans le milieu durant 3 ans...



   


Lorsque j'ai lâché cette entreprise, je ne jouais presque plus aux jeux vidéo, je n'avais plus aucune console (toutes revendues), mais je composais toujours sur mon ordinateur et par conséquent, je me faisais de temps en temps un bon petit FPS, à l'image du premier Far Cry ou de DOOM 3. Mais voilà qu'un matin de 2004, dans le conteneur où je jettais mes poubelles, je vois une PlayStation 2, comme ça et dans un état qui n'a pas l'air si mal en plus. Toujours curieux des dernières technologies, je la récupère et je la démonte, histoire d'observer sa carte mère. Et là je m'aperçois qu'elle est en réalité en très bon état... seule la lecture des disques merdouille un peu (et vous l'avez jeté pour ça ? o0?).
Ayant fait mes études dans l'Electrotechnique, j'ai quelques (bonnes) bases en électronique et je décide de la réparer. En fait, la panne était toute simple : les potentiomètres d'ajustement des 2 lentilles (CD et DVD) étaient déréglés. Avec un peu de patience et de doigté j'ai corrigé le problème et me voilà avec une PS2 tout à fait fonctionnelle ! Un signe du destin pour me remettre le pied à l'étrier, sans doute ! Le lendemain je me suis rendu au supermarché du coin afin d'acheter tout ce qui me manquait à savoir une carte mémoire, une manette en meilleur état et bien entendu quelques jeux. J'ai donc remis le doigt dans l'engrenage et la fièvre du jeu vidéo est repartie de plus belle... ^_^



   

   


A partir de là les choses s'enchainent un peu avec la réalisation d'un vieux fantasme : rédiger mes propres articles sur le jeu vidéo (chose que j'avais déjà fait en étant gosse, en écrivant des tests à la main - c'est aussi touchant que ridicule). A cette époque, le meilleur moyen était d'ouvrir un blog et pour ça, le meilleur endroit où parler JV était Gamekult. Nous sommes alors en mai 2005, j'ouvre mon premier blog sous le nom d'iiyama98 puis en éternel perfectionniste, j'en ouvre un second sous mon actuel pseudonyme (iiYama) qui porte le nom de Play my Game. Durant plus d'un an, Play my Game était dans le Top 5 des blogs Gamekult (parfois même dans le Top 3) et très vite j'ai eu envie d'ouvrir mon propre site. Ce rêve se réalisera en mai 2008 sous le nom de gamEvolution. Encore une fois très perfectionniste, ce premier site sera fermé en septembre 2009 au profit d'un autre site : GRAVITORBOX !
Entre temps je me suis reconstitué une collection de consoles et de jeux (GameCube, DreamCast, PlayStation, Super Nintendo, Mega Drive, Game Boy Advance... en plus de cette bonne vieille PS2 que j'ai sauvé de la déchetterie), tout en ayant acheté les 3 machines du moment : Wii, PlayStation 3 et Xbox 360. Cependant vous l'avez sans doute remarqué mais je n'avais toujours pas de vraie Neo-Geo et encore moins de borne d'Arcade. La raison est toujours la même : le prix. En effet, bien que la carrière de la console de SNK fut arrêtée en 2004, les prix ont continué de flamber et se constituer une collection Neo-Geo restait un objectif d'amateur fortuné. Ceci dit j'ai quand même fini par sauter le pas en 2012, et je suis passé par toutes les étapes !
J'ai d'abord eu une superbe Neo-Geo AES équipée d'un Unibios, à laquelle j'ai ajouté pas moins de 5 jeux (Fatal Fury Special, World Heroes 2 Jet, Alpha Mission II, Robo Army et Samurai Shodown II). Bien que déjà dépassés et finalement assez vieux, le moins cher d'entre eux m'a coûté 60€ quand le plus cher m'a coûté 90€. Du coup j'ai fini par acheté une Neo-Geo CD, car les jeux sur CD-Roms sont nettement plus abordables, même ceux qui sont encore neufs sous blister. Mais il faut l'avouer, la Neo-Geo CD n'a clairement pas le même charme. Enfin quelques mois plus tard, j'achetais une MVS MV-1F, à savoir un Hardware Arcade mono-slot, dans le but de la "consoliser". Chose que j'ai fait mais qui n'avait finalement pas le panache de certains amateurs bien plus doués que moi dans l'exercice. Les Neo-Geo CD et MVS furent revendues assez vite.



   

   

Quelques exemples de systèmes MVS "consolisés". Je peux vous dire que le mien était loin d'être aussi beau...

Plus de 10 ans plus tard, après avoir bien entamé la décennie des années 2020, après avoir constituer petit à petit une jolie collection de jeux, et après avoir rédiger plus de 2000 articles sur mon propre site (avec le recul, j'avoue que ça fait une sacrée masse de travail 00"), l'idée de posséder une borne d'Arcade me travaillait toujours. Certes j'ai déjà eu une Neo-Geo Mini mais je l'ai revendue car elle ne convenait pas à mes besoins (si elle avait été mieux conçue, j'avoue que je m'en serais contenté). Depuis tout ce temps, j'ai largement entamé mes 40 ans et même s'il est vrai que bien des jeux me vendent encore du rêve (comme récemment Assassin's Creed Odyssey ou Cyberpunk 2077), je dois admettre que les seuls jeux intemporels, ceux qui me font encore vibrer alors qu'il y a bien longtemps qu'on en entend plus parler, ce sont les jeux 2D. Ceux sortis avant la première PlayStation, les jeux 16-bits, ceux de la 4e Génération, les jeux des vieux boomers (alors que je suis de la génération X, ma femme et mon frère sont de la génération Y), appelez-les comme vous voulez. C'est pour ça que sur mon site, si je parle beaucoup des jeux récents (qui ont moins de 10 ans dirons-nous), je teste aussi pas mal de jeux rétro, pour les raisons que vous connaissez bien désormais. C'est aussi pour ça que je suis mis à développer mon propre jeu : Super Mario World : The Other Quest...
Durant le mois de janvier 2024, je relisais justement mon dossier sur la Neo-Geo Mini (perfectionniste, ne l'oubliez pas) et cherchant des images de meilleur qualité, je tombe sur une page Internet qui parle du Bartop MVSX. A sa sortie en 2020 j'en avais entendu parler mais le format Bartop ne m'attirait pas vraiment. Ceci dit un détail à piquer ma curiosité : la possibilité d'y adjoindre un pied afin que le "form factor" ressemble à une vraie borne, mais aussi et surtout la possibilité de craquer la machine pour y adjoindre un max de jeux d'Arcade. Seul le prix restait un problème mais j'ai pris une décision : financer ce vieux rêve en revendant une grande partie de mes jeux, ces mêmes jeux qui prennent la poussière depuis des années et que je me suis juré de jouer, de tester et qu'au final, je n'ai jamais touché plus de 5 minutes suite à leur achat.



       

A gauche une partie de mon ancienne collection de jeux (il manque tous les jeux sur cartouches, les jeux PlayStation et PS2). A droite Super Mario World : The Other Quest (cliquez pour agrandir).

Ainsi je me suis séparé de mon entière collection de jeux et consoles PlayStation, PS2 et PS3. J'ai également revendu ma console PS4 (puisque tous les jeux fonctionnent sur PS5, que j'ai) et de ma Xbox 360 S accompagnée de tous les jeux qui ne passaient pas sur Xbox Series X. Il m'a fallu un peu de temps pour tout vendre mais l'argent était là et sans regret, car ces centaines de jeux prenaient une place folle et rendaient chaque déménagement un peu plus fastidieux (tout ça pour des jeux auxquels je ne joue jamais, rappelez-vous).
En 2024, ça fait déjà 18 ans que je rédige des articles, que j'écris des tests, que je réalise des dossiers. Je ne fais plus de musique parce que cet exutoire n'a plus de raison d'être. Fut un temps, je faisais aussi des vidéos sur Youtube mais devant l'insuccès, j'ai tout arrêté. Avec le recul, je me dis que j'aurai dû persister... De toute façon, je me sens bien plus à l'aise à l'écris. Je me suis marié, j'ai 2 enfants, j'ai changé un nombre incalculable de fois mon PC, je ne vois plus du tout mon cousin, mais je suis resté très proche de mon frère, avec qui on partage toujours cette passion du jeu vidéo. En 2024, mon site GRAVITORBOX va fêter ses 15 ans, le bel âge, l'âge exact où j'ai reçu ma Mega Drive (oui ce fut vraiment un moment très particulier de mon adolescence, sans doute l'un des plus marquant de ma vie de gamer). Je joue toujours, pratiquement tous les soirs car mon épouse est une femme formidable qui me laisse vivre ma passion comme je l'entends.
Nous y voilà, le Bartop Neo-Geo MVSX arrive à la maison, suivi de son pied, l'achat de tabourets pour le confort et enfin d'une clé USB Hylostick, contenant des centaines de jeux d'Arcade, dont la plupart sont déjà passés entre mes mains, que ce soit durant mon enfance ou lorsque je bossais dans le milieu du divertissement. Oui, j'ai voulu acheté ce modèle car je savais qu'il était évolutif tant pour son meuble que le contenu de sa mémoire. Maintenant que vous savez pas mal de choses sur moi, sur mon histoire, j'espère que vous comprenez pourquoi j'ai écrit tout ça, un peu comme "un mémoire", une fenêtre sur le passé. Vous comprenez sûrement aussi pourquoi j'entretiens ce site depuis maintenant 15 ans et aussi pourquoi je voulais une borne à la maison, qui plus est, une borne Neo-Geo. En effet, aujourd'hui que je suis un homme comblé, je fais tout pour transmettre à mes enfants ma passion du jeu vidéo...



   

   

   

   

   



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Dossier réalisé par iiYama


article initial : juillet 2024
mise à jour : septembre 2026